Archives mensuelles : février 2012

L’après Transfo : premiers enseignements (3/3)

La journée du 16 février (racontée en deux épisodes, l’un sur les critères de succès, l’autre sur les scénarios d’avenir) aura permis à tous les participants de mesurer toute l’ambition du programme la Transfo. Le défi est de taille, tant pour les équipes de résidents, que pour leurs interlocuteurs en régions. Il était donc d’autant plus important jeudi de ré-ajuster collectivement les objectifs du programme, afin d’éviter les effets d’annonce et les attentes démesurées.

Cette première Inter-Transfo s’est distinguée des rencontres inter-résidences déjà organisées, qui réunissaient seulement les équipes de résidents. Cette fois, les agents et parfois les élus des régions concernées et des observateurs d’autres régions participaient également. La teneur des débats s’en est trouvée modifiée : de l’avis d’un designer présent, ils portaient désormais autant sur le fond que sur les méthodes.

Parmi les difficultés mises en avant par les participants, certaines peuvent être considérées comme des obstacles, ou au contraire comme des formes à inventer, à l’aide du design. Les équipes pourraient par exemple inventer :
– une forme de labo qui soit à l’abri des revirements politiques,
– une manière de documenter qui prenne en compte le devoir de réserve des fonctionnaires,
– des modes de pilotage nouveaux (au-delà des comités etc.)

La communication autour de la démarche Transfo mérite d’être améliorée. Outre la nécessaire explication pédagogique du projet et de ses objectifs, il s’agit de faire passer l’idée que oui, on peut travailler en s’amusant, en prenant plaisir. La Transfo c’est passionnant, pour les équipes de résidents comme pour les agents qui y participent, mais ce n’est pas une perte de temps. Il faut donc arriver à raconter le travail de la Transfo de telle sorte que les agents aient envie d’y participer mais puisse aussi l’assumer vis à vis de leurs collègues.
La participation d’agents, observateurs « embarqués » dans les travaux de la Transfo, paraît être le moyen le plus efficace d’expliquer le projet. Les « observateurs » de Rhône-Alpes, PACA, et Nord-Pas-de-Calais présent lors de l’Inter-transfo y ont probablement beaucoup appris sur ce qu’est la Transfo, entre autres.

Enfin, un mot était particulièrement présent dans les débats de cette première Inter-transfos : la confiance. Dans le contexte d’institutions encore très souvent marquées par les stratégies politiques/électorales ou des rivalités internes, son existence est indispensable entre les résidents et leurs interlocuteurs en région. Des réunions extérieures et collectives comme cette première Inter-transfos peuvent aider à construire cette complicité.
Des relations de confiances peuvent certainement aider à limiter ce qui devient un point de vigilance pour la suite des programmes : l’auto-censure des agents, et parfois des équipes de résidents, ces derniers craignant de mettre en difficulté leurs interlocuteurs, agents tenus au devoir de réserve, ou partenaires de la région.

L’après Transfo : les scénarios (2/3)

A quoi pourrait ressembler la Transfo dans chaque Région partenaire, au terme du programme ? Répartis en 6 groupes, les participants ont imaginé des scénarios tangibles autour d’un « bidule », un laboratoire d’innovation embarqué à bord de la Région : comment ça fonctionne, qui décide, qu’y fait-on, qui finance… des visuels à retrouver ici.

Le triple CCC

On a perdu notre triple A, vive le triple C : Co-conception, Confiance, Créativité. Un projet à géométrie variable selon les projets étudiés. Les participants possibles sont élus, agents, habitants… le financement peut être variable aussi (possibilité de financement par acteurs du territoire lorsqu’ils sont concernés) Décision sur saisine, pour que le politique exerce son rôle. Implantation visible (affichage des travaux) pour irradier sur les autres politiques. Actions possibles : formation professionnelle aux outils de créativité, organisation de voyages d’études (dans d’autres CR..) Organisation d’un réseau des labos.

Aide à la décision
Les mots clés : « Curieux, simple, ouvert ». Le labo est une aide à la décision.
L’équipe initiale est organisé autour d’un noyau dur : designer + agent + entrepreneur, qui pourraient solliciter d’autres personnes suivant les projets. Pour les agents : équivalent de la 1/2 journée google. Financement : partie auto-financée, partie région, partie autres collectivités, partie privée. Le labo est « dans l’atmosphère » (par rapport à l’organigramme), et direction tournante. A tester dans la Transfo : immersion avec Elus, immersion avec DGS. Echanges inter-transfo. Lire la suite

L’après Transfo : critères de succès (1/3)

Le 16 février, les participants au programme La Transfo étaient réunis à Paris pour une première journée « Inter-transfo ». Rappelons que le programme La Transfo vise à aider 5 Régions à tester en 3 ans l’apport d’un laboratoire d’innovation « embarqué », mobilisant sociologie de terrain, ethnologie, design de services, tests et « prototypage de politiques publiques », etc.

L’objectif de ces rencontres est de construire l’après-Transfo, mais elles sont aussi bien sûr l’occasion d’échanger sur le déroulement des programmes en cours dans 3 Régions (Bourgogne, Champagne-Ardenne et Pays de la Loire). A terme, 5 régions devraient participer à la Transfo, et d’autres suivent aussi de près le travail qui y est mené.

Plusieurs « observateurs » de Provence Alpes Côte d’Azur, Rhône Alpes et Nord-Pas de Calais. étaient ainsi présents jeudi, aux côtés des représentants des Régions participantes, des équipes de résidents et de l’équipe permanente de la 27e Région.

L’échange d’expérience entre les parties prenantes aux trois programmes en cours s’est organisé autour de deux questions : quels seraient les indicateurs de succès du programme ? Quels sont les facteurs de réussite pour y parvenir, ou au contraire les principaux obstacles à lever ?

Le débat autour des indicateurs de succès du programme a donné l’occasion aux participants de s’exprimer sur les objectifs du projet. Des objectifs qui se précisent et s’harmonisent peu à peu, et sont exprimés d’une manière plus sensible désormais, ayant été mis à l’épreuve de la réalité.

Ainsi l’objectif d’appropriation et de diffusion en interne des méthodes proposées par la 27e Région prend une tournure concrète, des propositions émergent concernant l’évolution de la gouvernance interne et la pérennisation du changement : « embaucher des agents designers », « instaurer une double appartenance des agents, fonctionnelle et transversale », « intégrer les nouvelles méthodes à l’évaluation professionnelle des agents ».

Autrement formulé, le souhait qu »au terme de la Transfo, parler des choses à améliorer ne soit plus un problème » montre toute l’ambition du projet.

Une Transfo réussie, ce serait aussi, du point de vue des agents et des résidents, une notoriété qui dépasse les personnes directement impliquées dans le programme. Les participants soulignent qu’il est difficile d’expliquer la Transfo (une petite vidéo peut néanmoins vous y aider), surtout à des collègues enclins à penser que l’on s’y amuse. Et si c’était le cas ?

La discussion se déplace ensuite logiquement sur les conditions de la réussite, que l’on peut résumer ce qui pourrait être les points clés d’un « contrat de confiance » de la Transfo, visant à créer un climat de bienveillance vis-à-vis du projet :

– Portage politique par un groupe d’élus : faut-il par exemple qu’un élu porte une délégation à la Transfo ? ou bien qu’une commission d’élus ait en charge la Transfo ?

– Implication de la direction générale : le/la directeur/trice général(e) des services, en particulier, soutient-il la Transfo ? L’intègre t-il/elle dans la stratégie, le management ?

– Construction d’un discours pédagogique autour du programme : chacun au sein de l’organisation met-il le même sens derrière les expressions utilisées dans la Transfo ? A t-on pris soin d’expliquer les notions de design, innovation sociale, ethnologie, et les méthodes qui s’y rattachent ?

– Participation des agents (temps et espaces réservés) : du temps a t-il été libéré dans le quotidien des agents pour participer à la Transfo ? peuvent-ils y prendre part une semaine complète, ou plusieurs jours successifs ? comment rassurer l’encadrement sur ce temps « hybride », entre formation, recherche, action, qui peut paraître accessoire mais est au coeur du travail des agents et des politiques dont ils ont la charge ?

– Création de conditions propices à l’expression libre des agents : les agents peuvent-ils s’exprimer sans l’autorisation préalable de la hiérarchie ? comment convaincre agents et encadrement qu’il est possible de trouver un ton pour parler des améliorations possibles, et ce sans contrevenir à l’obligation de réserve ?

– Complicité de tous les services : les équipes de la Transfo ont-elles la possibilité de travailler avec tous les services, opérationnels et fonctionnels, sans restriction ?

– Multidisciplinarité au sein de l’équipe de résidents et des agents participants : les professionnels, agents et élus qui participent à la Transfo ont-ils des profils suffisamment variés, permettant une multiplicité des points de vue, et une vision plus ouverte des projets ?

Prochain billet : L’après Transfo, les scénarios  (2/3)

La Transfo en Pays de la Loire : semaine 1, dernier épisode

Dernier jour pour la semaine « Campus » de la Transfo en Pays de la Loire. 

"Ils ont participé à la Transfo en Pays de la Loire"

Une grande partie de la journée d’hier a été consacrée à la préparation de l’exposition. Le soir, les participants ont accueilli des agents de la Région et des élus qui sont venus découvrir le travail effectué durant cette semaine de campus créatif.

"La salle se transforme en hall d'exposition"

Les grandes baies vitrées de la salle ont été utilisées comme espace d’exposition, en laissant une grande place à l’illustration notamment par des photographies. Julie De Brito Ventura, chargée de mission au Conseil général de Loire-Atlantique a découvert à cette occasion toute la production de la semaine : « J’ai été vraiment surprise par le niveau de créativité : on y voit des choses très décalées par rapport à nos méthodes habituelles, ça fait bien du bien de sortir du cadre parfois » réagit-elle.

"Chaque jour fait l'objet d'une illustration"

Julie n’a pas eu l’opportunité de participer aux trois premières journées de la Transfo : « Il est important aussi de rencontrer ceux qui ont participé à l’ensemble de la semaine. Il y a des choses que je n’ai compris qu’après-coup, en parlant avec ceux qui les ont vécu » explique-t-elle, notamment à propos de la journée d’immersion à Saint Jean de Monts.

"Le mercredi à Saint-Jean de Monts"

Comment ces outils peuvent-ils s’intégrer à sa démarche professionnelle ? « Je pense que je pourrais utiliser l’approche cartographique par exemple. Proposer des scénarios radicaux et les représenter sur une carte, c’est vraiment une bonne technique pour se projeter » explique-t-elle. « Mais il n’y a pas que les méthodes : les rencontres aussi étaient intéressantes. Cela m’a ouvert des possibilités de nouvelles collaborations ».

"La cartographie"

Et maintenant ? Cette semaine de campus se conclut par la question de la prolongation de ce qui a été commencé. Il est notamment question d’imaginer un festival des futurs possibles, qui pourrait être crée dans le cadre de la Transfo.

La Transfo en Pays de la Loire ne s’arrête pas à cette première semaine « Campus ». A suivre…

La Transfo en Pays de la Loire : semaine 1, épisode 4

Suite de la Transfo en Pays de la Loire, après l’immersion à Saint Jean de Monts.  Au programme : retour sur les outils et préparation de l’exposition.

"La journée commence par un débriefing sur les méthodes utilisées en immersion"

Les participants ont un objectif en tête pour cette quatrième journée : préparer l’exposition à laquelle sont invités les élus et les agents du Conseil régional. C’est l’occasion d’y présenter les méthodes et les outils créatifs qui auront été testés tout au long de la semaine.

"Représenter les outils de la prospective"

"Un outil : la cartographie"

La matinée débute par un retour sur les outils utilisés à Saint Jean de Monts : qu’est-ce qui fonctionne ? qu’est-ce que l’on peut améliorer ? Un exemple avec la conduite d’entretiens : « Certains de nos interlocuteurs ont eu parfois du mal à se projeter directement en 2040. Nous avons donc proposé de commencer par les faire parler de leur présent, puis ensuite leur demander d’imaginer quels pourraient-être les principaux changements » explique Guénaëlle Bodet, chargée de mission à la Région Pays de la Loire.

"L'écriture de scénario"

Dans un second temps, le groupe a été invité à imaginer librement tous les outils possibles pour faire de la prospective. Certains sont bien connus : les entretiens, les questionnaires, la veille documentaire ; d’autres un peu moins : la cartographie, l’écriture de scénario, la BD, le micro-trottoir, le théâtre-forum… « On a aussi évoqué la télé-réalité comme un moyen d’aider à se projeter dans le futur » précise Guénaëlle. Ou encore le Mac Guffin : placer un objet mystérieux dans la ville pour provoquer les réactions des passants …

"La télé-réalité : une autre méthode pour la prospective ?"

Chaque outil est traitée comme une fiche recette : à quoi sert-il ? quels sont les ingrédients-clés ? Le groupe est invité à mettre en scène la recette dans une photographie. La restitution de ces recettes constituera la trame de l’exposition de ce soir.

Nouvelle étape dans le dispositif de consultation des jeunes mis en place par le Conseil régional de Champagne-Ardenne

Nouvelle étape dans le dispositif de consultation des jeunes mis en place par le Conseil régional de Champagne-Ardenne. Maintenant c’est l’heure d’un premier bilan !
Plus de 100 participants (élus régionaux, référents jeunesse de la collectivité, acteurs associatifs du réseau éducation populaire, représentants de l’Etat…) et, bien évidemment, les principaux acteurs des jeunes ayant participé aux rencontres territoriales de novembre 2011.

Les jeunes sont venus restituer leurs travaux devant le Président du Conseil régional. Ils ont surtout fait part de leurs besoins et de leurs préconisations pour que le Conseil régional adapte ses dispositifs à leurs attentes.

La Transfo en Pays de la Loire : semaine 1, épisode 3 : « en immersion »

« Immersion (nom féminin) : action de plonger un corps dans un liquide,  fait de se retrouver dans un milieu étranger sans contact avec son milieu d’origine » (Larousse).

"Prêts pour le grand bain"

Pour cette 3ème journée créative, la Transfo a proposé aux participants une journée d’immersion dans une ville de la côte Atlantique. Il faisait bien trop froid pour plonger qui que ce soit dans l’eau, et qualifier Saint Jean de Monts de « milieu étranger » est quand même très exagéré. L’idée de l’immersion, dans le cadre de ce programme, est d’aller à la rencontre des habitants pour les faire réagir sur les scénarios qui ont été définis lors des journées précédentes. Bref, de sortir de l’atmosphère feutrée de l’Hôtel de Région pour interroger des acteurs du territoire : des élus, des commerçants, ceux qui viennent faire leur marché, …

"A la médiathèque, avec le maire de Saint Jean de Monts"

La rencontre avec le maire a permis de cerner rapidement les enjeux de la ville, que l’on peut illustrer avec deux chiffres : Saint Jean de Monts, c’est 8 000 habitants l’hiver … et plus de 100 000 l’été. Bref, une ville balnéaire confrontée à une économie résidentielle. Les participants en binôme sont partis à la rencontre des commerçants et des habitants, notamment au marché. Certains mettent à profit les outils et les méthodes présentées les  jours précédents. D’autres ont plus de  difficulté : « Nous n’avons pas toujours utilisé les cartes à réaction que nous avions préparé la veille. C’est difficile en aussi peu de temps d’inviter les gens à se projeter en 2040. On nous parle volontiers du passé, du présent mais ce n’est pas évident d’imaginer le futur souhaitable, et pas seulement en termes de contraintes » souligne Lucie Debove, chargée de mission de l’association nantaise Factotum.

"Holiday sales shop" - l'économie résidentielle

"Le front de mer et les appartements de vacances"

L’après-midi, trois thématiques étaient proposées : environnement et urbanisme,   développement économique et touristique, jeunesse et vieillissement. Ce dernier groupe est parti à la rencontre du Conseil municipal des enfants. La projection dans le futur est plus immédiate, même si on y ressent quand même l’influence de la science-fiction : « Bien sûr il y aura des voitures volantes. Mais ils ont aussi imaginé qu’avec les progrès de la médecine, les maîtresses ne seront jamais malades et que d’ailleurs nous serons tous immortels » rapporte Sophie Bringuy, vice-présidente du Conseil régional et participante à la rencontre. Il a aussi été question de l’habitat partagé. Une maison où l’on vit avec les copains, une autre pour les parents (pas trop loin) et une dernière avec les grands-parents.

"A la rencontre des commerçants"

Prochain arrêt : la maison de retraite de Saint Jean de Monts. L’EPAD (selon la terminologie consacrée) porte un projet de nouveau bâtiment. On y pense évolution du lieu et de sa fonction : peut-être que ce lieu ne sera pas toujours une maison d’accueil, il ne faut donc pas la figer dans ce seul usage. L’échange avec les résidents est enrichissant : « On les sent à la fois satisfaits de l’accueil qui leur est réservé et inquiet pour les futurs générations : est-ce que leurs enfants ou leurs petits-enfants pourront bénéficier eux aussi de ces services ? En auront-ils les moyens ? » rapporte Sophie.

L’envie des habitants de raconter et de partager a marqué et parfois surpris les participants. Au terme de la journée, la mise en commun des expériences témoigne de la richesse des échanges mais aussi de la difficulté à amener les discussions sur le terrain de la prospective : « Il faudrait prendre plus de temps, mieux se préparer. Peut-être travailler davantage sur l’interpellation pour encourager ceux que nous avons rencontrer à se projeter davantage. Et puis 2040, c’est encore loin pour beaucoup de personnes » concluent les deux participantes.

"Dans le bus"