Archives de Catégorie: La Transfo Provence-Alpes-Côte d’Azur

Semaine 9.2 : préparer la construction du labo

La construction du Labo est l’objet prioritaire de la Transfo. Dans le cas de PACA, cette construction a commencé en mai 2013 par la tenue de  plusieurs ateliers qui ont produit des formes intéressantes de fonctionnement, des grands principes dans les méthodes et dans l’action, des idées pour la mobilisation.

A la rentrée, les résidents de la Transfo et les complices se sont fixés pour objectifs de mettre en œuvre par des expérimentations en « milieu réel » le résultat des travaux des ateliers (voir blog 7.2).

Deux projets ont éprouvé la résistance du scénario labo : le projet du lycée Claret à savoir le recours dans un premier temps à une Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) pour la réalisation d’une prestation de design des politiques publiques avec les agents de la Direction des Lycées.

L’autre projet « Mon avenir Num’ERIC » se déroule dans la continuité du travail sur les emplois d’avenir avec pour opérateur l’école de Design de l’Université de Nîmes.

Une mission de coordination importante

La mission de l’AMO dans ces deux scénarios a été prise en charge par les résidents de la Transfo pour envisager la somme de travail demandé par la mission.  Les premières conclusions de ce test montrent la nécessité de se doter d’une fonction de coordination technique sur le labo, d’un chef de projet référent et garant de l’organisation, de la communication, de la capitalisation, de la mobilisation.

Ainsi, nous avons pu étudier lors d’une réunion le 6 février après-midi le cahier des charges lancé par la Direction de la Prospective du Grand Lyon, document exemplaire pour la commande d’une telle prestation.

Le projet de renforcer la coordination est en cours de montage. Un budget propre pourrait éventuellement être dégagé du fondex, le fond d’expérimentation actuellement disponible à la Région.

Monter un réseau de référents Animation/ Innovation

Suite au séminaire des Directeurs en janvier 2014 où un petit nombre d’agents familiers de la Transfo avaient eu la mission d’animer des groupes de coproduction, le Directeur Général des Services a décidé de mobiliser les agents régionaux sur ces compétences en animation.

En effet, dans le cadre des compétences régionales, la mission de nombreux agents consiste souvent à coordonner différentes échelles de territoire et donc d’acteurs institutionnels, privés ou publics autour de sujet majeur. La montée en compétence des agents sur un volet de coproduction importe particulièrement au DGS qui souhaiterait développer un réseau de référents animations.

Ce réseau ressemble étrangement au réseau imaginé lors des ateliers de mai et juillet 2013. Rien n’est pour l’instant décider mais une opportunité se dégage pour la constitution d’une fonction innovation portée par un réseau libre de personnes intéressées et volontaires… A suivre.

 

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Semaine 9.1 : Le retour du sujet des emplois d’avenir

Lors de l’apéro Labo du 14 novembre, nous avions un peu de mal à dégager un « futur » pour le travail important réalisé par les agents et les résidents de la Transfo sur le sujet emplois d’avenir. Ce sujet sensible était le sujet prétexte du début de Transfo avant que celle-ci ne se réoriente sur la création du laboratoire d’innovation.

Un contexte peu propice en juin 2013

Ainsi, un scénario de « retour d’usage » avait été créé en partenariat avec une association locale mais aucun service au sein de la Région (et notamment le service concerné en priorité) ne souhaitait tenter l’expérimentation. L’aspect multi-partenarial, les travaux délicats de collaboration avec l’Etat (réel porteur du sujet) ne semblaient pas propices à ce qu’on vienne introduire un processus de modernisation par le design des politiques publiques. La temporalité du projet ne semblait pas s’y prêter également.

Une suite potentielle début 2014

Or, une demande sur ce sujet est parvenue courant décembre 2013 aux résidents de la Transfo. Le contexte des emplois d’avenir a évolué : les chiffres de déploiement du dispositif sont bons, les objectifs quantitatifs on été atteints et la commission en charge du suivi des emplois d’avenir souhaite lancer un suivi de cohorte de jeunes afin de travailler plus précisément sur les aspects qualitatifs du dispositif.

Il va s’en dire qu’étant donné l’investissement des agents et des résidents sur le sujet, il semblait impossible de ne pas saisir cette opportunité. Nous avons donc imaginé un second scénario (le premier n’étant plus forcément d’actualité) pour travailler et coproduire un mode d’action avec la commission en charge des emplois d’avenir.

Ceci nous a demandé de synthétiser un certain nombre d’éléments produits en début de Transfo : les ateliers des acteurs de l’emploi en PACA, ateliers jeunes et employeurs, l’ensemble du travail d’entretiens et de recherche. L’objectif étant de montrer comment ces méthodes de recueil d’informations et de données sensibles sur les usagers pouvaient venir accompagner la démarche plus cartésienne et chiffrée actuellement menée.

Le document produit  (à télécharger ici) est donc une forme de capitalisation de la méthode mais aussi un exemple du type d’information que peut produire cette méthode.

Le point positif réside dans le fait que les principes de la Transfo commencent à se diffuser doucement dans les discussions entre agents. En effet, cette sollicitation a été celle d’un agent.

On peut donc penser qu’au bout d’un an et demi de présence, la plus-value de la méthode et l’identification des contextes propices à son utilisation commencent à émerger plus spontanément dans  l’imaginaire des agents.

Ne pas retomber dans les mêmes travers

Une fois ce document terminé, il a été présenté aux décideurs techniques en charge du sujet. Ceux-ci ont décliné la proposition courtoisement en invoquant l’inopportunité de la proposition dans un contexte délicat avec les autres partenaires.

Encore une fois, les décideurs et chef de projet non convaincus par les apports de la méthode ne peuvent adhérer. Encore une fois, les travaux « autosaisis » ne portent pas leurs fruits…

Il y a donc un aspect contextuel très important dans la possibilité de pouvoir ou non avoir recours à ces méthodes de design des politiques publiques.

Un champ important en termes de formation et de sensibilisation s’ouvre pour le Labo entre des convaincus, des agents à convaincre, des récalcitrants par manque de connaissance, des récalcitrants pour non intérêt.

TRANSFO PACA – Semaine 7.4 – Presentation du projet Mon Avenir Num’ERIC par les étudiants

Le 14 janvier dernier, les étudiants du master Design Innovation Société de l’université de Nîmes ont présentés Le projet Mon Avenir Num’ERIC.

Les étudiants ont eu l’occasion de présenter leur projet devant les agents de la Région PACA, plusieurs ERIC-Cyberbase, les Complices de Transfo.

Les étudiants présentent leur projet sous forme d’une time-line accompagné d’outils et de vidéos. Voir la  Time-Line

Voici la vidéo qui présente le projet.

Voici  le processus par lequel les étudiants sont passé.

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Semaine 8.5 : préparer la suite

La semaine 8 nous a permis de terminer les projets et de faire le point sur les conditions de réalisation optimales dans la perspective d’un labo autonome.

Dans ce sens la semaine 9 doit permettre de définir plus précisément le fonctionnement de ce labo dans la pratique. Cette semaine sera aussi l’occasion de préparer la sortie de la TRANSFO. En effet, c’est bientôt la fin de l’accompagnement et donc notre ambition est de partir en laissant derrière nous les meilleurs conditions possibles pour la création du labo.
A savoir :
➢ un fonctionnement tangible,
➢ des modes d’actions formalisés,
➢ un argumentaire approprié,
➢ une équipe motivée et des référents sensibilisés,
➢ un germoir de projets réalisés ou pas encore développés.

Voici donc les objectifs de la semaine 9 :
➢ Développer l’opérationnalité du Labo en travaillant sur le cahier des charges de l’appel d’offre Assistance à Maîtrise d’Ouvrage qui sera en charge de piloter le labo avec le coordinateur et des agents référents
➢ Identifier avec les agents leur compréhension des différents process de projets réalisés (voir article de blog 8.3).
➢ Clarifier avec eux les points sur lesquels ils souhaiteraient être formés
➢ Poser les bases pour la dernière semaine qui sera la semaine CAMPUS du LABO

Semaine 8.4: premier bilan sur les expérimentations

Suite à l’exercice de décryptage des projets (article de blog 8.3), nous avons dégagé un certain nombre d’enseignements relatifs à nos expériences.

Créer la participation autour du labo
Si entrer dans le vif d’un sujet « réel » et non « prétexte » amène un véritable investissement des agents régionaux concernés par ce sujet, la plupart des complices (ou « agents TRANSFO », ou « membres de la communauté du labo ») ont décliné l’invitation à participer aux travaux de terrain. Un certain rôle d’agents externes avait été proposé mais il semble que sans la légitimité liée à la nature du projet, il soit difficile de dégager du temps à consacrer à l’innovation.
Le premier enseignement sur la participation serait donc de diversifier l’origine administrative de l’équipe actuellement intéressée par les travaux de la TRANSFO. Ceci permettrait de faciliter les possibilités de participation au sein des travaux menés avec le LABO. Pourquoi ne pas former des agents dans chaque Direction Générale Adjointe, voire dans chaque Direction ?

Comprendre la figure du chef de projet
Dans chacune des expérimentations que nous avons menées, le chef de projet est réellement une figure particulière. Fort de sa connaissance du terrain, de ses compétences techniques, celui-ci a souvent une vision très précise de ce qui doit être mené. C’est lui qui réunit, qui organise la planification, qui crée les liens nécessaires avec les partenaires et maintient l’intérêt autour du sujet : il connait son dossier.
Plus qu’une adhésion à l’intervention de la fonction innovation, il doit être convaincu des apports de la démarche pour la thématique ou le projet. Partir sans lui est peine perdue pour la suite des travaux, partir avec lui « à moitié convaincu » est un vrai risque, partir avec lui est un gage de succès.

Ainsi, il nous semble que la formation au design devrait privilégier ce rôle de chef de projet, voire proposer un module spécifique allant vraiment plus loin qu’une sensibilisation. Par exemple, travailler avec lui sur les propositions suivantes :
« Comment intégrer le prototypage dans le projet ? »
« Comment expliquer la démarche à des partenaires internes et externes à la Région ? »
« Comment remettre en question les procédures sans remettre en question les agents personnellement ? »
« Comment aborder les outils du design et les utiliser à bon escient ? »

Envisager la position de l’expert dans les travaux de design
Si le design de service définit l’usager comme expert de ses propres pratiques et besoins, l’expert technique n’est pas exclu de la démarche. En effet, certains moments nécessitent des éclaircissements sur des contraintes techniques et légales complexes. Une expertise utilisée au bon moment du process de projet peut faire gagner du temps mais également permettre de se projeter dans l’avenir avec le benchmark ING, les évolutions réglementaires et techniques révélées par la veille de l’expert sur son sujet.
L’idée est certainement de faire appel à plusieurs experts proposant des approches complémentaires. La posture d’ouverture de ces personnes est également un critère important pour la réussite d’un projet face aux techniciens et usagers.
Dans beaucoup de cas, des agents régionaux sont experts d’un sujet autant que manager ou chef de projet. Il semble intéressant de les convoquer à ce titre même s’ils ne font pas partie de l’équipe projet intéressée au départ.

La saisine, un des critères d’opérationnalité du système
La question de la commande du projet est cruciale pour mener à bien une expérimentation. On retrouve ici la nécessité de trouver du sens, de fonder le travail sur des aspirations et des ambitions politiques réelles.
Dans le cas du Lycée Claret, l’aspiration est clairement exprimée au sein de plusieurs délibérations. Il s’agit bien d’offrir un service régional de restauration lycéenne efficient et porteur des principes d’actions nouveau (développement du Bio, de la politique Santé, etc.). L’intégration de l’élue dans le processus de projet offre une autre dimension aux travaux. La méthode utilisée qui peut être considéré comme une fin en soi dans le cas de la TRANSFO (qui s’intéresse aux processus et aux outils) redevient un moyen. On entre alors dans une vraie démarche porteuse de sens et de nouveaux outils.
Le rôle de l’élu dans l’impulsion du labo peut donner une crédibilité aux travaux d’expérimentation et une ouverture à leur éventuelle réalisation technique par la suite.
La saisine du labo par un service est une autre possibilité. Dans le cas du projet Mon avenir num’Eric, l’intervention du labo est plébiscitée. Elle devient alors légitime.
L’auto-saisine dans le cas étudié sur les emplois d’avenir n’a pas réellement conduit à des résultats tangibles. Cela laisse penser que l’auto-saisine n’est pas forcément souhaitable pour des dispositifs existants et sans l’accord des chefs de projet et acteurs techniques. Cependant cette proposition pourrait être vérifiée avec un autre projet. Le sujet des emplois d’avenir est en effet hors compétences régionales. Les marges de manœuvre de ce type de projet multi partenarial sont moins évidentes dans le sens où la Région devrait convaincre ses partenaires d’entrer dans une démarche innovante. La sensibilité du sujet, les enjeux politiques locaux et nationaux nécessitent de prendre du temps avec chaque acteur pour envisager ses capacités et son désir de produire des expérimentations ou des améliorations. D’où la nécessité de sensibiliser d’une part les agents mais aussi l’ensemble des partenaires de la Région. Ce vaste programme fait par exemple l’objet de recherches au sein du Secrétariat Général à la Modernisation de l’Action Publique

Sensibiliser et préparer les agents
En juin 2012, la TRANSFO s’est donné pour objectifs de faire une preuve de concept en réalisant des travaux pratiques de design avec les agents.
L’objectif affiché au départ était de construire la fonction innovation de la Région. Cet objectif passe forcément par une forme d’acculturation aux grands principes de l’innovation mais aussi d’une prise de conscience de la nécessité de changer les modes de création de l’action publique en profondeur.
Après avoir mené à bien plusieurs projets, il semble que la démarche soit mieux comprise par un groupe entre 15 et 20 personnes.

>> Sensibiliser à l’animation…
Au sein de ce groupe un petit nombre a été sollicité pour participer à l’animation du séminaire des Directeurs en janvier. Plusieurs ateliers autour de sujets de management avait été organisés et ont été animés en duo « un agent/un directeur »
Forts de leur expérience d’animation et de la participation assidue aux ateliers et travaux de la TRANSFO, ces agents ont été amenés à adopter des postures différentes axées sur l’écoute, la reformulation, la « spacialisation » de l’information dans des schémas ou des formes graphiques.
Nous avons échangé avec eux sur cette expérience. Tous sont d’accord sur le fait que les ateliers TRANSFO leur ont permis d’envisager la posture d’animateur d’une autre manière. Pour moi, ceci est lié principalement à la forme de « neutralité engagée » des animateurs et intervenants de la TRANSFO. En effet, en animation, l’enjeu est de savoir conserver un regard frais et neuf, non partisan. Dans ce cas, les agents – qui étaient peut-être moins directement concernés par les sujets abordés au sein des ateliers – ont eu la possibilité de « ne pas prendre parti » et d’observer les arguments apportés de-ci delà avec une forme de détachement nécessaire à la co construction d’objets ou de concepts.
Ces agents avaient tous un bagage de chef de projet, cependant un certain mimétisme des postures de la TRANSFO leur a permis d’assumer cette mission de co-construction avec peut-être plus de confiance.

>> … N’est pas former à l’animation
Lors des derniers ateliers, nous avons recueilli quelques critiques sur le fait que les agents ne se sentent pas en capacité aujourd’hui de créer un atelier de coproduction, d’engager seuls une « idéation » ou un « prototypage ».
En effet, ces agents même s’ils ont suivi la TRANSFO n’ont pas forcément les compétences pour mettre en forme ou mettre en mouvement des acteurs autour d’une table. De plus, s’il s’agit de le faire dans leur champ de compétences (ou sur les sujets dont ils ont la charge), il est peu évident de conserver cette neutralité engagée exprimée plus haut.
Il nous semble essentiel d’aller un peu plus loin sur des points de formation accessibles, premiers jets d’un cursus de formation à la coproduction qui pourrait voir le jour dans le laboratoire d’innovation ou dans le réseau qui le fondera.
La semaine 9 et la semaine 10 seront donc orientée sur ces enjeux de transmission ou du moins sur la construction d’un référentiel de « montée en compétences » pour les agents « transformers » à envisager sur plusieurs mois ou années.

Semaine 7.1 – La rentrée et les premiers bilans pour la TRANSFO

La rentrée 2013 a permis de faire le point sur les différentes étapes de la TRANSFO. Le programme démarré en juin 2012 a  pour ambition de prototyper un laboratoire d’innovation  en Région PACA en s’appuyant sur un ou des sujets « prétextes » à l’expérimentation et au prototypage.

Le sujet de l’emploi, exploré pendant une année, a suscité une participation nombreuse des agents de la Région. De l’emploi, un resserrement a été proposé et la question des Emplois d’Avenir a concentrée toute l’attention des résidents et des complices TRANSFO. L’écosystème d’acteurs a été décrypté et décortiqué pour produire cartographies et autres outils d’interprétation de ce dispositif étatique visant à intégrer les jeunes non qualifiés dans le monde du travail et par ce biais leur proposer des formations qualifiantes.

Bien choisir les sujets à traiter

Le premier constat concernant ce sujet est qu’il n’est pas directement de la compétence de la Région. Ainsi l’ensemble complexe d’interactions (entre mission locale, employeurs, dispositif de formation, DLA, etc.) identifié grâce aux deux cartographies (septembre et décembre 2012) a une marge d’évolution globalement faible depuis l’initiative régionale.

Le second constat concerne le contexte d’intervention de la TRANSFO en début de dispositif avec une injonction très forte du gouvernement dans l’objectif d’atteindre des objectifs quantitatifs.

Au terme de la période d’immersion en juin 2013,  les conclusions des résidents marquaient fortement le manque de prise en compte des éléments qualitatifs telle que l’information des employeurs, l’adaptation de la formation au besoin de la personne en emploi d’avenir, l’accompagnement de cette dernière dans les démarches administratives et de recherche d’un employeur.

La question de la « qualité » du dispositif en termes de formation, d’accompagnement des jeunes et des employeurs n’intervient réellement qu’aujourd’hui, un an et demi après l’entrée en vigueur du dispositif.

Suite à cette première phase, des enseignements peuvent être tirés sur le choix des sujets à soumettre au LABO :

–         le choix d’un sujet doit bénéficier d’une temporalité favorable. Soit en amont, au moment de la réflexion autour d’un besoin nouveau ou d’un problème, soit en amélioration d’un dispositif existant mais ayant déjà montré des dysfonctionnements ;

–         il semble également évident que les sujets de compétences régionales sont à privilégier au maximum pour pouvoir expérimenter librement.

Emergence de projets liés aux emplois d’avenir

Si le chemin fut parfois chaotique, plusieurs idées de projet sont nées des travaux d’immersion et d’ateliers. Les plus concluants ont été schématisés:

–          le « dispositif d’amélioration continue des politiques publiques » permettrait  de produire dans des délais acceptables et efficaces une parole des usagers  qui puisse être transmise aux élus et techniciens, permettant à ses derniers de produire des améliorations.

–          un outil de valorisation des compétences informelles dans le numérique à destination des jeunes faiblement qualifié.

Le premier projet pourtant imaginé collectivement en atelier n’a pas trouvé de services souhaitant le développer et l’expérimenter. Il a donc été pour le moment écarté en termes de prototypage. Cependant, l’élue à la formation  a manifesté un intérêt important et  nous a rappelé lors d’une entrevue le 23 septembre 2013 la nécessité de la mise en place de ce genre d’outil.

Le second projet a été pris en main par le Service Innovation Economie Numérique. Il est actuellement en développement grâce à la collaboration précieuse avec le MASTER Design d’Unîmes. Alain Findelli, Fabien Labarthe et Georges Schambach sont les trois enseignants en charge de l’accompagnement des 12 étudiant(e)s. Le projet se déroulera jusqu’au 11 janvier et fera l’objet de développement de maquettes opérationnelles.

Semaine 8.2 /Apéro Labo 2 : les jeunes designers d’Unîmes ont de l’avenir

C’est à la Friche de la Belle de Mai que les étudiants du Master … d’Unîmes ont présenté leurs travaux le 14 janvier 2014. Ce projet visait la  création d’un outil de valorisation des potentiels et des savoir-faire liés au numérique pour les jeunes peu ou pas qualifiés dont les emplois d’avenir.

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A travers la narration d’un scénario précis, illustré par des vidéos, une timeline peaufinée et des prototypes d’outils, les étudiants ont captivé l’auditoire composés de deux directrices d’ERIC, d’agents régionaux des services de la formation professionnelle, de l’orientation professionnelle, du Service Innovation Economie Numérique, d’un représentant de l’association ARSENIC (partenaire privilégié de la Région PACA sur le développement des emplois d’avenir dans le numérique) et des résidents de la TRANSFO.

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Theo, 16 ans, sans qualification mais pas sans compétences…

Ainsi, nous avons pu écouter les trois équipes d’étudiants nous raconter l’histoire de Theo, jeune homme de 16 ans, sorti du système scolaire et passionné de jeux vidéo.

3 grandes phases jalonnent le parcours de Theo :

–       le premier contact et la perception de ses appétences dans  le domaine du numérique,

–       l’identification de ses compétences et la création de liens avec les métiers du numériques,

–       la valorisation de ces compétences sur Internet et auprès d’employeurs potentiels,

A chaque étape, plusieurs outils ont été proposés pour maintenir Théo dans « le circuit ».

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Un des enjeux du parcours proposé est de faire en sorte que Theo puisse exprimer ses envies grâce à des procédés familiers proches du jeu vidéo : application disponible facilement sur le net, création d’un avatar, questionnaire à choix multiples révélant un premier profil dans les 7 profils synthétisés par les étudiants par un croisement fin de données (gamer, etc).

Un second enjeu réside dans la mise en lien avec un ERIC et notamment le repérage de l’ERIC le plus proche et vers lequel Theo pourra se tourner pour continuer son parcours d’identification de ses compétences. Grâce aux animateurs des ERIC formés pour révéler les compétences numériques, Theo peut entrer dans une démarche qui le conduira sur plusieurs chemins que ce soit celui du monde du travail, d’un retour en formation ou de stages de perfectionnement courts et inédits.

Schéma et outils de mon avenir num’ERIC : voir la Time-Line

Un parcours complet et personnalisé

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Il est intéressant de voir que la proposition de design est complète et tente de coller aux besoins de l’usager du début à la fin du parcours décrit. Si quelques-unes des propositions méritent d’être revues ou affinées, les outils proposés sont pensés en fonction des capacités, des attentes et des aspirations d’un jeune de 16 ans non qualifié. L’idée première est de remettre ce jeune dans un projet, dans la définition d’une envie.

Le parcours de Theo est donc imaginé en fonction d’un type de personne ayant des caractéristiques et des besoins singuliers. Dans ce modèle, on ne cherche justement pas le modèle qui soit applicable dans tous les cas.

Theo est confronté directement aux animateurs d’ERIC. C’est une proposition précise d’orientation, un travail de fond accompagné par des professionnels du numérique à même de révéler des compétences dans un cadre donné.

Une projection de la mission des ERIC dans l’avenir

La proposition des étudiants d’Unîmes est ambitieuse dans le sens où elle donne de nouvelles compétences et un nouveau rôle aux ERIC. Au fil des discussions qui ont suivi les présentations ce jour-là, les interventions montrent qu’il y a un  « vide » dans le repérage des compétences pour les métiers du numérique. Aujourd’hui, les grands groupes numériques internationaux montent leurs propres écoles pour former des jeunes prometteurs, le service public est encore loin derrière et une mission pourrait être dévolue aux ERIC dans ce domaine. La proposition a été faite de présenter le projet des étudiant au niveau national auprés de la Délégation des Usages de l’Internet.

La confrontation au terrain

Ce travail a pu voir le jour grâce aux travaux organisés avec de vrais usagers potentiels du parcours « Mon avenir num’ERIC » au sein de deux ERIC partenaires du projet.

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L’intérêt d’une confrontation à la réalité est de préciser tant les objectifs que les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre par exemple de créer des systèmes souples et exempts au maximum de multiples démarches administratives ou écrites freins pour certains usagers notamment ceux qui peuvent prétendre au dispositif des emplois d’avenir.

Semaine 8.1 – L’immersion au lycée Claret du 9 décembre

Dans le cadre de la création d’un service de restauration au lycée Claret de Toulon. La Région PACA a décidé de faire intervenir une mission « créative » pour imaginer des scénarios de service.

Ainsi, un cahier des charges est prévu pour lancer l’appel d’offre « innovation » et une équipe projet a été identifiée pour accompagner la future mission durant le premier trimestre 2014.

Le Laboratoire d’innovation interne (en test) à la Région PACA a proposé à cette équipe de découvrir le terrain d’étude ensemble et de produire un travail sur les usages actuels en termes de restauration au lycée Claret.

Une journée d’immersion s’est déroulée  le 9 décembre 2013 :

9h20 : rendez-vous en gare de Marseille / train pour Toulon

Présentation du déroulement de la journée, remise de la carte du quartier / formation des équipes d’immersion

11h : accueil et visite par le proviseur du lycée

12h : observations, reportage photos et micros-trottoirs lycéens

14h : entretiens avec les acteurs clés de l’établissement

15h : mise en commun

15h50 : train pour Marseille

 

Le kit d’immersion :

  • La carte du quartier
  • Un guide du « photographe » ou du « journaliste »
  • Une grille d’entretien des acteurs clés

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Bienvenue à Toulon

 

Visite de l’établissement

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Le lycée Claret  dans le quartier

Le lycée Claret se trouve au cœur d’un quartier résidentiel avec des logements individuels et de petits immeubles collectifs. Au sud, vers la gare se dessine une zone avec des immeubles hauts et une réputation de quartier « sensible».

L’extension du lycée d’origine (classé) date de 1994/1995. La surface totale de l’établissement est de 3000m². C’est une surface de petite taille avec des espaces « ramassés ». Pour autant l’ensemble est très bien agencé.

Le climat intérieur est agréable passé la grille d’entrée en sous-sol. En effet, le terrain étant particulièrement en pente, on retrouve au moins 4 niveaux différents entre l’entrée donnant sur la rue et la cour supérieure.

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Le Proviseur nous accueille.

L’exploration pendant l’heure du déjeuner : quels parcours usagers ?

5 équipes ont arpenté les abords du lycée pour identifier les lieux et pratiques de restauration des lycéens entre 12h et 14h. Ces équipes, composées d’un membre du LABO, d’un « photographe » et d’un « journaliste » se sont livrées à des micros-trottoirs.

L’expérience consiste à ramener des témoignages permettant de savoir ce que mangent les jeunes le midi et quels sont leurs usages actuels de l’espace.

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Le déjeuner dans la cour

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La cafet’

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Sortie des lycéens à 12h, la course aux sandwichs

Ces micros-trottoirs ont été transformés en parcours usagers et verbatims.

« Je mange des pâtes tout le temps. »

« Je mange pas à midi, c’est trop cher et pas bon. »

« Je mange pas de sandwichs, j’ai pas envie de grossir comme mes copines de terminale. »

« Si on va manger en ville, on arrive en retard en cours, 1 heure c’est trop court. »

« La cafet’ est trop petite alors personne y va. »

« C’est quand même pas terrible de manger des sandwichs tous les jours. »

« Quand on achète, c’est pas super. On dépense 4 ou 5 euros. »

« Quand les repas sont préparés à la maison, ce n’est pas pratique, les boîtes prennent de la place dans le sac, on n’a pas de couverts sur place. »

« C’est toujours un peu la même chose : les restes de la veille, des plats préparés, des sandwichs.»

« A la maison, on compense. »

« Tout le temps des plats préparés, c’est monotone, ça manque franchement de variété. »

« On est associé au bordel mis par les jeunes du quartier Claret. »

«J’ai 20 à 30 euros par semaine pour déjeuner le midi. Si je calcule bien, je peux aussi m’acheter mes cigarettes. »

5 scénarios élèves ont été créés.

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Les entretiens

Afin de mieux comprendre les attentes et le contexte, les résidents ont mené en équipe des entretiens auprès d’acteurs clés du lycée.

Globalement, le manque actuel de restauration dans le lycée est un problème tant pour les lycéens qui ne peuvent pas déjeuner de façon satisfaisante le midi que pour le reste de la communauté éducative qui n’a pas le levier de la restauration comme outil d’éducation à l’alimentation.

Les attentes se tournent vers le self classique avec « entrée-plat-dessert ». Ce système est connu de tous et a fait ses preuves, difficile d’imaginer un autre système et de sortir de ce que l’on sait faire !

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L’équipe met en commun les informations issues des entretiens

Semaine 7.2 – Le chantier LABO, « workinprogress »

Du côté de la création du Labo, il semble que les travaux des ateliers de mai et juin aient porté leurs fruits. En effet, le 14 novembre lors d’un «Apéro Labo »*, Directeur Général Adjoint  en charge du Pôle Emploi Innovation et Formation a annoncé à la quinzaine d’agents ayant travaillé sur des scénarios de Labo son souhait de mettre en place la première forme d’une fonction innovation qui puisse être testée avant la fin de la TRANSFO.

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Voici le scénario qui sera donc testé jusque mars 2014 :

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Apéro Labo* définition : l’apéro labo est une rencontre informelle des agents intéressés par le processus d’innovation public en Région PACA. Il a été testé le 14 novembre pendant les heures de déjeuner. Une exposition, des présentations mais surtout des discussions entre agents ont animé ce temps convivial.

  • Un coordinateur
  • Une Assistance à Maîtrise d’Ouvrage
  • Une commande claire
  • Des membres d’une communauté du LABO ayant un rôle à choisir dans le projet

Le bouche à oreille fait son effet : un nouveau sujet pour le labo

La rentrée a été également l’occasion de démarrer un sujet nouveau… « Mieux manger au lycée ». Ce sujet avait été proposé lors de l’atelier LABO du mois de mai et un contexte particulier au lycée Claret de Toulon nous donne aujourd’hui l’occasion de tester un des modes de fonctionnement du futur LABO.

Dans ce fonctionnement,

  • Un chargé de mission du Directeur est coordinateur.
  • L’équipe de résidents fait figure d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage.
  • La commande a fait l’objet d’une rencontre le 17 octobre entre une équipe de la Direction des Lycées et l’élue en charge de la délégation « Santé-Alimentation ».
  • Des rôles ont été proposés (mais pas encore testés) pour les agents intéressés.

Un contexte nécessitant d’imaginer d’autres solutions pour la restauration dans le lycée

Avec plus de 10 millions de repas servis annuellement dans les lycées, l’alimentation des lycéens fait l’objet d’un regard attentif de la région PACA. Une aide financière soutient les familles et la Région est engagée pour un service de qualité. L’un des objectifs est de contribuer à l’éducation alimentaire à travers le régime méditerranéen et l’introduction de produits bio et locaux dans les menus. Cependant, faire adhérer les lycéens à ce type de proposition n’est pas évident et les attentes des lycéens sont bien souvent plus tournées vers le fast food que vers le slow food.

Ayant participé à un atelier TRANSFO en 2013, Anne-Marie HAUTANT, élue en charge de la délégation « Santé, alimentation » propose de travailler sur les attentes des lycéens en termes de restauration dans l’optique de créer une offre de restauration alternative au sein du lycée Claret de Toulon.

En effet, un service de restauration est actuellement en projet avec un calendrier de lancement de concours (auprès d’architectes et concepteurs) pour juin 2014.

Or, des contraintes très fortes en termes d’espace rendent la construction d’un self classique particulièrement difficile. Les lycéens disposent d’un foyer équipé de réfrigérateurs  et de micro-ondes pour réchauffer leur repas du midi. Certains utilisent cette possibilité mais la plupart déjeunent dans les cafeterias, brasseries ou kebab environnants. D’autres achètent sandwichs ou plats à emporter et se restaurent dans l’espace public, s’installant où ils peuvent trouver un siège ou un abri.

De cette dernière situation est née une pétition d’une soixantaine de riverains du quartier dénonçant les nuisances liées à ces déjeuners « dans la rue » (papiers jonchant le sol, installation sur les perrons privés, etc.) et demandant au Préfet de Région, au Proviseur du lycée et à la Région Paca de se pencher rapidement sur la question.

La direction des lycées, un nouveau partenaire

L’idée est de proposer au lycée de mener un travail de création de scénarios pour la future restauration du lycée Claret par le biais d’une étude basée sur les méthodes de design de service. Ces scénarios viendraient enrichir et inspirer le document de programmation pour le lancement du concours en juin 2014. L’équipe projet est constituée des agents de la Direction des lycées. Le labo en test assisté des résidents de la 27é Région vont accompagner la Direction des Lycées dans  l’écriture collaborative d’un cahier des charges.

Le Laboratoire d’innovation en test est support pour la méthodologie. Le Principal, le Gestionnaire et la Conseillère Principale d’Education rencontrés le 5 novembre 2013 adhèrent à l’idée de relance du projet par le biais de la méthode participative. Il conviendra de susciter des attentes prenant en compte la faisabilité du projet. La phase de programmation pourra bénéficier des propositions et ne pas être ralentie.

Afin de respecter les délais techniques, les deux Assistance à Maîtrise d’Ouvrage  (programmation et qualité environnementale) en cours seront associés à la recherche.

La mise en place d’un travail collaboratif

Le pari est de miser sur un travail « collaboratif » dès l’écriture de l’appel d’offre pour rendre plus efficace l’ensemble du processus de programmation de ce futur équipement de restauration dont on ne connaît pas encore la forme.

L’ensemble de l’équipe projet se déplace le 9 décembre au lycée Claret pour mener un travail d’immersion préliminaire à l’arrivée de l’équipe de design appelé pour creuser le sujet.

Au programme :

  • Visite du lycée
  • Exploration des environs
  • Micros-trottoirs avec les lycéens
  • Entretiens avec des membres de la communauté éducative (Agents Régionaux des Lycées, Proviseur, Gestionnaire, Conseillère Principal d’Education, etc.)
  • Revue d’initiatives innovantes

Semaine 7.3 : Prototyper un nouvel outil « Mon avenir num’ERIC »

Au cours des différentes semaines de Transfo, les résidents et les agents de la Région ont, à plusieurs reprises rencontrés des jeunes en emploi d’avenir ou qui souhaitaient prétendre à des emplois d’avenir. Ces jeunes ont été mobilisés de multiples manières : entretiens individuels et collectifs, portrait, mini-jeux de rôle, jeux de questions, etc… Beaucoup ont parlé de la difficulté à se valoriser auprès d’un recruteur lorsqu’on n’a ni diplôme ni formation. Pourtant, certains ont des connaissances et/ou des savoir-faire dans des domaines variés (dont le numérique), mais ils ont des difficultés à évaluer leur propre niveau, ces compétences et savoir-faire n’étant certifiés par aucun diplôme.

Par ailleurs, le numérique représente aujourd’hui une filière d’avenir. L’Etat a souhaité que certains jeunes en emploi d’avenir soient recrutés dans ce secteur (2000 emplois d’avenir dans les Espaces Publics Numériques). Mais aujourd’hui, il existe très peu de postes pour des non-diplômés dans ce secteur (formations à bac +2, +3 ou +5). Pourtant, certains jeunes, même non-diplômés, ont un réel potentiel et/ou une appétence pour ce secteur, même si les métiers qu’il propose ne leur sont pas encore très familiers. Formés pour la plupart sur le tas ou en autodidactes, ils ont des niveaux et des connaissances très disparates.

Malgré cette attraction pour le numérique, les ERIC sont assez peu fréquentés par ces jeunes en difficulté (hormis dans les structures dédiées portant un ERIC : Maison des Jeunes et de la Culture, Centres sociaux, Bureau Information Jeunesse par exemple) dans la perspective de se former ou de connaître ce secteur. Les animateurs des ERIC rencontrent assez peu ces jeunes alors même qu’ils seraient, pour beaucoup, dans la capacité de les aider à se former ou à trouver la formation, les métiers et/ou les filières adéquates.

Enfin, il existe de nombreuses représentations et a priori sur ces jeunes. Digital natives, geek-bidouilleurs, pirates et autres gamers, ils seraient soi-disant « surconnectés », capables de pirater des ordinateurs ou de mobiliser 5000 personnes via facebook, ces capacités entraînant en revanche, des difficultés à entrer en contact avec autrui dans la vie réelle. Qu’en est-il réellement de ces capacités et de leurs conséquences sur le comportement, les besoins et les attentes de ces jeunes ?

Evidemment la réalité est plus complexe : s’il existe réellement des petits hackers capables de détourner certains systèmes, le jeune de 16 ans qui pirate les serveurs de la Banque de France reste un cas exceptionnel. De la même manière, si beaucoup de jeunes utilisent facebook, peu sont conscients de l’usage professionnel qui peut être fait des réseaux sociaux. Enfin, même les jeunes les plus attirés par le numérique disent leur envie d’aller vers les autres, d’apprendre à plusieurs, de ne pas rester tout seuls dans leur coin.

Le projet proposé est né du croisement de ces différents constats.

A noter que l’association Arsenic accompagne, avec le soutien de l’Etat et de la Région depuis septembre 2009, le déploiement des Emplois d’Avenir dits « numériques » (EAN) sur le territoire régional. Pour cela, Arsenic propose de mettre en place un plan d’actions basé sur les phases suivantes :
– Repérage des acteurs et des employeurs potentiels ;
– Création et mise à disposition des prescripteurs, d’un outil de repérage des compétences numériques et de supports de communication sue les 6 métiers du numérique EA ;
– Organisation de rencontres territoriales (présentation du dispositif, sensibilisation, etc.) ;
– Rencontres directes et individuelles d’employeurs potentiels sur le territoire régional ;
– Contribuer à construire une offre de formation adaptée aux EAN ;
– Reporting, communication et mobilisation par les outils numériques.

Les enjeux du projet
Comment permettre à des jeunes qui sont attirés par le numérique de repérer leurs savoir-faire et/ou leurs connaissances dans ce domaine ?
Comment leur permettre de prendre connaissance des différents métiers existants dans ce domaine et de définir vers lequel d’entre eux ils aimeraient se diriger ?
Comment créer un outil qui s’adapte aux différents niveaux des jeunes ?
Comment mettre les ERIC au centre de ce repérage et comment permettre aux animateurs d’aider les jeunes sur ces sujets ?

Le Master Design d’Unîmes
L’expérimentation visant la création de cet outil bénéficie d’un partenariat avec le Master Design de l’Université de Nîmes.

Créé depuis 3 ans, le Master propose :
• de former des spécialistes du design, concepteurs de projets au sein d’équipes pluridisciplinaires,
• d’apprendre à gérer la complexité des processus coopératifs dans différents contextes de projet,
• de développer des compétences d’éditeurs de concept sur des produits innovants,
• de favoriser l’esprit d’entreprise pour développer des projets réalistes aux avant-postes des créations dans un contexte d’écoconception et de développement durable.

Le processus de projet proposé par l’équipe pédagogique du Master repose sur le modèle anglosaxon ‘Double Diamond’ : Discover, Define, Develop, Deliver développé par le Design Council.

Les 12 étudiants de Master 2 impliqués dans le projet sont issus de différents parcours : design, arts appliqués, architecture, management.

Les objectifs du projet / la commande
L’objectif du projet est de créer un outil de valorisation des potentiels et des savoir-faire liés au numérique. Cet outil sera destiné principalement aux jeunes faiblement qualifiés mais pourra éventuellement être utilisable par n’importe quel autre jeune ayant envie de l’essayer.
L’outil sera mis à disposition dans les ERIC et les animateurs pourront en assurer la médiation.
L’outil pourra prendre une forme numérique ou non : jeu en ligne, QCM évolutif, exercice de mise en situation, jeu de société, combinaison de plusieurs de ces solutions…
L’outil pourra s’utiliser seul, en groupe ou en binôme (avec l’animateur de l’ERIC ou avec un autre jeune). Il faut tout de même noter que beaucoup de jeunes ont fait part de leur souhait de se former « à plusieurs » plutôt que tout seul derrière un ordinateur.
Il sera nécessaire de prendre en compte le fait que l’outil ne devra pas reproduire une situation « scolaire » (il ne s’agit pas d’un examen), les jeunes destinataires ayant bien souvent de mauvais souvenirs liés à l’école et ayant tendance, pour certains, à perdre leurs moyens dans une situation de stress. L’intégration dans le projet des notions d’estime de soi et d’empowerment semble à ce titre particulièrement importante.
L’outil devra pouvoir s’adapter au profil de son utilisateur : niveau de connaissances et/ou choix de métiers.

L’équipe projet
La TRANSFO
Le Master Design
La Région PACA
Il est proposé également que l’association ARSENIC, en tant que structure fédérant les ERIC et acteurs de la médiation numérique en région Provence-Alpes-Côte d’Azur et accompagnant le déploiement du dispositif Emplois d’Avenir Numériques, participe à l’équipe projet.