Archives de Catégorie: Champagne-Ardenne – Semaine 4

Mode d’emploi élaboré par les lycéens de Rethel

Dans le cadre de la semaine Transfo , nous étions allés en immersion, le 4 avril 2012, au lycée agricole de Rethel où spontanément les lycéens s’étaient bien investis pour travailler sur lycéO. Ils avaient notamment proposé un nouveau mode d’emploi de la carte lycéO. Nous sommes retournées, Isabelle et moi, à Rethel le 31 mai où les lycéens ont été enchantés de nous revoir. Ils ont été très agréablement surpris de constater que le prototype de mode d’emploi qu’ils ont créé lors de l’immersion de la transfo, a été retenu pour être généralisé et adressé à tous les lycéens et apprentis de la Région. Ce mode d’emploi est conforme à leurs attentes, ils y trouvent les informations pertinentes et le format est plus approprié à la conservation du document (avec la carte lycéO dans leur portefeuille). La CPE du lycée agricole a été satisfaite et nous a remerciées pour la valorisation du travail des lycéens.Cette rencontre a également permis de répondre aux questions sur l’aide à la restauration et la validation des cartes lycéO par les établissements. A POURSUIVRE.

Maryline

 

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Champagne Ardenne SEMAINE 4 / JOUR 5 : Quand la Transfo vient interroger le résident dans son activité initiale

« Il faut absolument que vous vous dotiez d’un cadre, sinon vous ne pourrez rien faire. »
Ce commentaire, venu d’un jeune homme stagiaire à la Région, lors du temps de discussion sur le « labo rêvé« , nous avait interrogé : avait-il compris notre démarche ? Palpait-il notre cheminement par tâtonnement vers un « pas encore défini », un « en construction » ? Notre conclusion était alors assez radicale : « à côté des clous ». Effectivement, le cadre tel qu’il semblait l’entendre (fiches de poste, salle dédiée, personnel permanent, ordres de mission..) ne correspond définitivement pas au processus en cours. Cependant, à la lumière du dernier jour, cette phrase nous revient en tête : et si le cadre s’immisçait plus vite que nous le pensions ?

Après une demi-journée consacrée à la prospective, l’objectif de la dernière journée est, comme prévu, très opérationnel.
L’équipe de résidents fait ses valises le soir même et les agents doivent absolument être dotés d’outils leur permettant d’être autonomes jusqu’à la prochaine semaine, début octobre. Mais pour autant, pas question de leur fournir ces outils tout cuits ! D’autant que ce n’est pas ainsi qu’ils voient les choses… La veille, nous avons identifié trois thématiques de travail et constituons ainsi trois groupes à l’arrivée des premiers participants. Mais ce que chaque atelier va produire, nous n’en savons encore quasiment rien, en réalité !

Il nous semble intéressant de faire ici un point d’arrêt réflexif sur la place du résident.
La 27e région revendique le principe de « co-conception ». Dans ses fondements, ce concept revendique le fait de pouvoir « réinterroger en profondeur les manières de concevoir les politiques en proposant une façon résolument nouvelle, plus participative et ouverte ». « Produire des politiques publiques par et pour les gens ». Cependant, le programme « La Transfo » ne se situe pas tant au niveau des usagers qu’au niveau des agents. De même, si nous tentons d’ouvrir ces agents à la mécanique de l’immersion sur le terrain, cette sensibilisation se traduit également par une co-conception entre eux et nous, résidents.

Ce double mécanisme, sorte de mise en abîme de la co-conception, est à la fois méthode non négociable et postulat politique : on ne forme à l’autonomie qu’en l’expérimentant, on ne se forme à la co-conception qu’en la mettant en œuvre. Continuons alors notre interrogation de la place du résident. Lorsque nous constituons les trois groupes de travail, nous n’avons qu’une idée plutôt vague de ce qui va être créé ou décidé à l’issue. Celle-ci se réduit souvent à l’intitulé de l’atelier : « document présentant la démarche suivie sur LycéO », « to do list des prochains mois » et « outil-journal de bord interne ». Nous savons que nous allons nous répartir dans les groupes pour accompagner les questionnements et propositions mais, et là est toute la singularité de la démarche, nous allons surtout  nous autoriser à être surpris. L’attitude du résident se doit d’être subtile : écouter l’idée émise, tenter d’approcher ce qu’elle dévoile d’un fonctionnement actuel, surveiller l’émulsion du groupe, autoriser à pousser l’imagination un peu plus loin encore, par petites touches.

La Transfo vient alors titiller le résident dans son cœur de métier. Par principe, ce cœur de métier constitue l’approche singulière que pourra proposer chacun des résidents : designers, sociologues, anthropologues, architectes, … Or celle qui rédige ces lignes se destine au métier de professeur des écoles. M’étant longuement intéressée aux pédagogies alternatives, notamment pour leur capacité à « instaurer le collectif » dans la classe, je milite pour une école différente, faisant le pari a priori de la capacité de tous à réussir. Ce pari nécessite une posture professionnelle et des méthodes différentes. On pourrait légitimement s’interroger sur la place d’une future enseignante dans une équipe de résidents. Cependant, l’une des postures essentielles de l’enseignant se trouve être précisément au cœur de la Transfo : « s’autoriser à être surpris ». Mais ce n’est pas la seule…

« L’enseignant doit être le garant du cadre institué pour que les apprentissages puissent se dérouler dans une atmosphère sécurisée et sécurisante. » Ces mots de Philippe Meirieu, professeur de Sciences de l’Éducation à Lyon 2, peuvent prêter à sourire si l’on tente de les appliquer à la Transfo. Les agents ne sont pas plus des élèves que nous des enseignants, piège d’une infantilisation à bannir. Mais si l’on se place du côté des « méthodes actives » et de « l’éducation nouvelle », le mécanisme s’enrichit : la mobilisation d’individus aux parcours divers autour d’un objet de travail, avec ses contraintes, permettant de construire de nouveaux savoirs chez chacun, par leur mise en discussion au sein du collectif. N’y reconnait-on pas là un peu notre démarche ? L’ « éducation nouvelle » date de 1920…

Je ne réalise que maintenant à quel point la Transfo peut mobiliser une vision pédagogique. Je m’autorise alors soudain à relire son déroulement sous le filtre de ces connaissances : les « conseils », moments de réunion et de prise de décision en pédagogie Freinet, sont-ils si différents de nos moments de « mise en commun » ? Les « cahiers de râlage », où les enfants peuvent faire part des sujets à y traiter, ne peuvent-ils être rapprochés du « mur d’idées/questions » ? Voir les choses sous cet angle engage alors à réinterroger les deux milieux : un fonctionnement de classe plus « Transfo » ? Une Transfo qui tirerait profit des expériences pédagogiques ?
Un incident qui a eu lieu le matin avec un visiteur qui n’acceptait pas de suivre une règle émise par le groupe entre parfaitement dans ce cadre : en pédagogie institutionnelle, les « lois » sont discutées en grand groupe, votées puis ré-envisagées. Extérieures aux individus et garanties par tous, elles sont l’incarnation de la sécurité intellectuelle du groupe. Faudra-t-il ici re-questionner cette règle avec les participants directement ?

Nos trois groupes de travail carburent. Nous instaurons un rythme qui oblige les agents à tourner d’atelier en atelier pour être certains que ce travail sera le fruit du collectif. Peu à peu, des outils concrets émergent : le « document sur la démarche » donne lieu à un tableau de suivi de la transformation d’un dispositif ! La « to do list » se mue en calendrier, accessible à tous sur un intranet – que nous découvrons ! Et le « journal de bord » devient un outil de mise à jour quotidienne pour l’ensemble des participants avec ses règles et sa méthode !

Ainsi, voilà donc notre cadre. Il apparaît alors que nous ne l’avions abordé : simple et évident, fruit de négociations, issu d’un nécessité indiscutable, implicite et ressentie par tous. La joie du concret se lit sur les visages des agents. L’enseignante en moi n’envisage alors pas une seule seconde de cheminer différemment avec sa classe, quel qu’en soit l’âge moyen…

Une petite bibliographie, si amateurs !
Philippe Meirieu,
Apprendre… oui, mais comment ?
Célestin Freinet,
Les invariants pédagogiques
Catherine Pochet & Fernand Oury,
Qui c’est l’conseil ? La loi dans la classe

Champagne Ardenne SEMAINE 4 / JOUR 4 : de la réalité au rêve…

Au risque de nous répéter, cette semaine 4 est définitivement un moment pivot. Point d’étape entre réflexion concrète et projection, entre animation des seuls résidents et véritable co-animation, entre recherche guidée et tâtonnement franc.

Débriefing

DU LANGAGE COMMUN AUX CODES DE LA RÉGION

« Quand on parle d’immersion, ça ne signifie pas la même chose pour nos collègues. » Après un rapide débriefing sur le travail au corps des élus qui a eu lieu la veille, les agents questionnent à nouveau leur place au sein du Conseil Régional. En effet, chaque incursion du monde extérieur dans notre « parenthèse Transfo » est l’occasion de faire le point sur la façon dont l’expérience est perçue. « J’ai compris que j’étais attendue au tournant, il va falloir produire des résultats » souligne Maryline. Il est rapidement question de la communication à mettre en place entre élus et agents afin de mener le travail le plus efficacement possible. De la communication au langage, il n’y a qu’un pas : « il faut qu’ils comprennent qu’en face d’eux, nous ne sommes plus un service mais une équipe ».

La construction d’un langage commun se fait de plus en plus concrète : langage commun entre agents, langage commun entre élus et agents… et le langage de la Région ? Tirant les enseignements de nos moments de flottement du premier jour, nous nous constituons peu à peu un « glossaire Région » : ces éléments de contexte, en plus de la compréhension de la culture professionnelle administrative nous apparaissent aujourd’hui cruciaux. A quand la livraison du code source du Conseil Régional ?

Exposition

LA TRANSFO S’EXPOSE

Les moments d’expositions sont devenus un rite de la Transfo. Il faut donner à voir ce qui s’y passe et tenter de rendre explicite notre démarche ! La présence de partenaires extérieurs à la Région (Mission Locale, MJC, …) nous permet de s’interroger sur le format : trop de texte ? trop de post-it ? Cependant, nous constatons avec ravissement que nous sommes loin d’être seuls à réfléchir la place de chaque panneau. Malgré un timing très serré, les tâches se répartissent très rapidement. Les premiers visiteurs arrivent et les agents se chargent tout naturellement de les guider. Désormais leur implication leur semble bien plus claire : ils ont tous, sans se concerter, profité de ce moment pour savoir ce que chaque visiteur percevait de la démarche.

DES OUTILS POUR LES AGENTS

Une fois l’effervescence autour du buffet retombée, certains agents expriment leur difficulté à présenter des travaux auxquels ils n’ont pas participé. La question des outils opérationnels internes devient prégnante : pouvoir se tenir au courant des travaux en quelques minutes, faire le point en permanence sur le travail à répartir. En bref, être efficaces et opérationnels. Le programme de demain ?

Rêve ton labo !

LE LABO D’APRÈS-DEMAIN

Laissant de côté, pour un bref instant, les questions très opérationnelles, nous hackons délibérément la dynamique et proposons un temps de respiration : « Ce laboratoire de 2014, vous l’imaginez comment ? ». Pas besoin de lancer beaucoup la discussion, le rêve est rapidement au rendez-vous. « Et d’abord, pourquoi vous l’appelez labo ? » Du nom au nombre (« Et s’il y avait plusieurs labos ? »), les possibles s’envisagent : « Il faudrait que ce soit aussi un lieu de formation», « il serait est un ensemble de compétences et de ressources, à géométrie variable », « des permanents, du temps libéré pour les agents ? On dirait un syndicat ! ».

Et quitte à rêver, rêvons ! Françoise Bronner, spécialiste des espaces de créativité et d’innovation, vient apporter ses lumières : lieux existants, configurations, modalités, possibilités… Mais nos agents gardent les pieds sur terre : quelles expériences dans le service public ? Comment concilier ce type de démarche avec l’administration si française ?

Semaine 4, Jour 3 / Une rencontre avec les élus en perspective

Mise à niveau de l’information

Après un bref week-end, nous tirons les enseignements des deux jours premiers jours où il avait clairement manqué un temps de mise à plat du travail effectué entre les semaines de Transfo.

Nous proposons donc un temps de bilan afin de mettre à jour les absents. Comment restituer le travail pour que celui qui rejoint le groupe en marche puisse rester dans la boucle ? Cette question rejoint une question plus globale qui est celle de la visibilité et de la communication de ce qui est produit pendant les semaines de Transfo.

Après un court temps de réflexion individuelle, les langues se délient vite. Certains expriment de la frustration, des doutes mais une certaine satisfaction semble également établie. Nous sentons que les choses évoluent et avancent : les questions ne sont plus les mêmes. Ils se font plus concrets : liés à la gestion de l’inter-transfo, à la possibilité de réinterroger la commande politique, aux conditions de la co-élaboration. En définitive, ce qui est exprimé par les agents est plutôt raccord avec notre analyse et nos réflexions exprimées sur le blog à propos des deux jours passés.

Passage de relais

L’après-midi est un grand jour pour les référents : une dizaine d’élus de la majorité se rendent disponibles pour passer du temps à la Transfo. La rencontre est prise très au sérieux : elle devrait permettre, entre autres, d’avoir des réponses à une question cruciale « Comment travailler ensemble au choix des dispositifs qui entrent à la Transfo ? ».

Comme convenu avec les référents le vendredi, nous nous effaçons pour les laisser organiser cette rencontre. Certains prennent la main et commencent à mener le groupe pour tenter de faire un planning précis de l’après-midi. Ceux-ci se confrontent soudain à des questions très pragmatiques : mais combien seront-ils ? Combien de temps vont-ils rester ? Plusieurs scénarios s’échafaudent… On sent que les méthodes Transfo deviennent naturelles, le passage de relais n’est pas une illusion. À tel point que c’est un référent qui raconte ci-dessous son retour sur la rencontre avec les élus !

 Comment continuer à travailler ensemble, élus, agents et usagers ?

 La commande

Poursuivre le travail induit par la Transfo pose en premier lieu la question de la commande par les élus. Travailler sur la carte lycéO, ce n’est pas la même chose que travailler sur l’accès des jeunes à la culture. Par conséquent, c’est le positionnement du travail demandé, entre le dispositif, la politique et la stratégie qui est questionné. Sans remettre en cause l’organisation fonctionnelle de la Région, la co-construction de la commande induit un changement de posture.

Le public

Par extension, ce sont les points de contacts avec les utilisateurs qui doivent être éclaircis. A quels moments interviennent-ils, en amont, en aval, tout au long de la démarche (est-ce réellement nécessaire) ?

Construire une politique ou un dispositif avec les usagers, c’est avant tout, apprendre à se reconnecter avec l’utilisateur.

L’évaluation

L’introduction de nouvelles méthodes de travail, de nouvelles approches du sujet, de nouvelles postures méthodologiques des agents, des élus et des usagers, pose également la question d’une nouvelle conception de l’évaluation des politiques. Elle doit davantage être centrée sur la qualité de la conception du dispositif et non plus uniquement sur des critères de consommation. Le dispositif doit être évalué en tant que projet participant à une politique régionale et non plus uniquement comme un « objet » qui marche ou qui ne marche pas…

L’ensemble de ces questionnements, de ces remarques, de ces point durs qu’il faut travailler, serviront de fil rouge à la poursuite des chantiers engagés à la suite de la remise à plat du volet culture de la carte lycéO.

Les idées fusent déjà sur de nouvelles thématiques, de nouveaux dispositifs : la mobilité des jeunes, la prise en charge des licences sportives, etc. Les fiches actions réalisées lors de la troisième semaine deviennent alors des outils indispensables pour les agents, pour consigner les futurs possibles…

Champagne Ardenne SEMAINE 4 / JOUR 2 : Vous croyiez connaître la Transfo ?

Mise en place

En semaine 3 – du 2 au 6 avril dernier – nous avions pu mener l’ensemble de notre planning d’expérimentation quasiment au pied de la lettre. Il soufflait comme un air d’évidence, un constat de réussite partagé par tous les participants comme en témoignait notre dernier post. Nous comprenons aujourd’hui que ce qui semblait naturel était dû à quelques facteurs que nous analysons a posteriori :

  • Nous avions particulièrement planifié cette semaine,
  • La plupart des participants de la Région avaient fait l’expérience des deux premières semaines en septembre et janvier : pour eux, la démarche de la Transfo n’est pas une découverte,
  • L’objet de travail émanait d’une commande politique claire et motivée par un objectif à court terme : la rentrée scolaire 2012,
  • Le sujet d’expérimentation, LycéO, était très concret,
  • Le dispositif se prêtait particulièrement bien à l’exercice car l’enjeu d’amélioration de ce dispositif était relatif, Lycéo fonctionnant déjà plutôt bien.
    > La voie vers le laboratoire d’innovation nous semblait presque tracée !

Mais si nous revenons sur les conditions de notre satisfaction en semaine 3, c’est bien parce qu’elles ne sont pas toutes au rendez-vous en ce début de semaine 4. Dans le planning initial (pourtant tout aussi travaillé qu’en semaine 3), nous avions prévu de profiter des deux premiers jours pour aboutir le travail mené sur Lycéo. Les participants nous avaient en effet indiqué leur besoin d’expérimenter la démarche « jusqu’au bout », de passer des idées aux actes. Nous souhaitions ensuite , durant les trois derniers jours, nous attacher à la préparation des prochains mois nous séparant de la prochaine semaine de Transfo (début octobre !) : outiller les participants, leur donner les moyens de fonctionner en autonomie.

Sauf que, surprise, nous mettons un certain temps à comprendre qu’ils ont si bien travaillé à passer des idées aux actes pendant notre absence… que notre planning si léché est déjà obsolète !
Une surprise qui transfo-rme !
Nous sommes l’après-midi du premier jour. Nous avons un train de retard. Qu’à cela ne tienne, rattrapons et… devançons ? Non. Et c’est précisément là que tout devient très intéressant.
En effet, ce qui nous est apparu comme un revirement de situation délicat à surmonter instantanément pendant la première journée, s’avère en réalité bien plus « esprit Transfo » que nos prévisions !

Nous atteignons manifestement le moment charnière. Alors que nous étions encore jusque là des « coordinateurs-référents-résidents-animateurs », voilà que nous touchons au « co »  que nous souhaitons si familier de « conception », « création », etc. Soudain, ce préfixe (parfois victime de la mode) prend tout son sens. Soyez prévenus, s’en suivent « émancipation » ou « autonomisation » ou encore « encapacitation » !
Il ne s’agit plus du tout de devancer, mais bien d’avancer « co »njointement.

Cartes sur table

LIVRER LE CODE SOURCE

« Comment sait-on si on doit travailler en petits groupes ou en grand groupe ? »
Au cours du déjeuner de vendredi, nous souhaitons tirer les enseignements de la veille et proposons de mettre cartes sur table (littéralement !). L’échange informel nous permet de comprendre combien le groupe a mûri et nous découvrons leur désir d’autonomie. Nous leur racontons les coulisses de la préparation : nos interrogations de la veille, notre (très) longue soirée de brainstorming pour élaborer le mode opératoire de la journée… « Avant aujourd’hui, nous ne pouvions pas vous livrer toutes les astuces au péril de votre confiance et votre implication : on devait créer de la surprise pour vous donner envie d’aller plus loin ». Aujourd’hui, « …c’est le moment, nous sommes tous prêts à passer ce cap ».

Comment livre-t-on les ficelles de l’innovation ? Nous réalisons dans le train qui nous ramène vers Paris pour un week-end de break mi-Transfo que nous ne sommes pas réellement détenteurs de ce savoir si évolutif. Décidément le « co » revient à nouveau : dans ce travail de « co »élaboration de plus en plus égalitaire, quel est notre nouveau rôle ? Du travail en perspective mais le meilleur qui soit : l’invention.

Prise de recul sur quatre mois

LA POSTURE D’INDÉPENDANCE QUI PERMET LA FORCE D’INITIATIVE

Parallèlement, nous nous heurtons aussi à des différences fortes dues à nos cultures professionnelles parfois éloignées. De même que nous mettrons plusieurs heures à comprendre ce qu’une « note » signifie en langage administratif, nous nous interrogeons sur le rôle des agents par rapport à celui des élus.
« Proposer » est-il un acte qui ne revient pas aux agents car, intrinsèquement politique, il relèverait du pouvoir et de la légitimité des élus uniquement ?
Au fil de nos échanges, nous dressons des modes de fonctionnement possibles pour le futur labo :

  • répondre à une commande politique formulée par l’exécutif,
  • profiter du cadre de la commande pour investiguer librement le sujet et pouvoir proposer des réponses alternatives aux solutions préconisées par l’exécutif,
  • aller en immersion au contact des compétences régionales et proposer des sujets de travail, en auto-saisine.

Cette dernière proposition est très vite fortement controversée. Nous comprenons que le labo n’a – pour l’instant – aucune légitimité à « proposer », il doit d’abord « résoudre » de manière innovante, c’est-à-dire en tenant compte du point de vue des usagers. « Les élus doivent valider, c’est leur rôle ». Les propos du Président de Région nous apparaissent sous un nouveau jour.

TRANSFO Champagne-Ardenne SEMAINE 4 / JOUR 1

Cette semaine, de nouveaux résidents arrivent. Un référent jeunesse d’une direction pas encore représentée dans la Transfo, un jeune stagiaire au cabinet du Président, un curieux sous l’effet produit par l’exposition de clôture de la semaine 3 et enfin un dernier qui…je ne sais pas.

Il est à noter que les semaines 3 et 4 sont très rapprochées. Et c’est tant mieux car les implémentations en vue d’améliorer le dispositif Lycéo connaissent un sort différent selon qu’elles soient plus ou moins techniques ou plus ou moins politiques. Et cela tombe bien, nous voulons connaître ce qu’il s’est passé depuis notre départ. Où en sommes-nous des améliorations jugées « faciles » pouvant être implémentées pour le mois de septembre ? Quel a été le fonctionnement des personnes concernées ? Est-ce que tous les résidents ont été sollicités ? Qu’est-ce qui a été décidé ?

Grille, outils et planning de la semaine 4

Réunion à la DLA avec les résidents

C’est donc naturellement à la Direction des Lycées et de l’Apprentissage, la fameuse DLA, que le storytelling de chaque fiche produites en semaine 3 s’écrit selon une grille de lecture que nous avions préparée. Les deux groupes formés se retrouvent à la fin de la matinée pour une mise en commun des travaux effectués.

Le déjeuner vite avalé, nous abordons la seconde phase de la journée : rédiger les “fiches actions” qui ne l’ont pas encore été.

Mais d’abord, les 9 premières fiches ayant connu un sort différent, nous tentons de définir les points d’étape incontournables pour que ces dernières puissent être validées le plus rapidement possible. Nous voulons faire un saut qualitatif, c’est un saut en arrière que nous faisons.

En effet, à la question, Qu’y a-t-il lieu de ne pas oublier de penser pour ne pas entraver la bonne marche en avant de telle ou telle action ?, quasi unanimement, la question de définir le processus de validation de chaque fiche se pose. Qui valide quoi ?, qui décide de quoi ?

Plusieurs discussions s’amorcent. Un flottement s’installe car nous finissons par identifier que nous sommes dans une phase de transition de la Transfo. La question de la gouvernance de la Transfo et donc du futur laboratoire d’innovation régional se pose de nouveau avec acuité . L’expérience menée jusqu’à maintenant ne permet pas encore au groupe de se sentir légitime pour faire des propositions directement aux échelons supérieurs de la hiérarchie régionale et aux élus alors même qu’ils en ont le mandat.

Qu’à cela ne tienne, l’écriture des fiches reprend. Et même si ce travail n’est pas terminé, nous avons suffisamment de matériau pour aller demain en immersion dans les directions qui sont impactées par les améliorations à apporter au dispositif.

Demain sera un autre jour pour faire un point et observer, représenter et critiquer le chemin parcouru ensemble jusque là. Un pas de côté nécessaire dans notre cheminement.