Archives de Tag: Ecole

Lundi, journée de mise en place et constructions de premiers scénarios

Lors de cette première journée, nous avons d’abord pris nos marques. L’équipe du lycée nous a réservé une salle dans le bâtiment pour installer notre « QG ».
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Nous avons passé l’après midi à discuter dans différents lieux du lycée (CDI, self…) pour élaborer entre nous la construction de la semaine, le choix du projet, et la manière dont nous voulions avancer.
Nous avons passé la nuit comme prévu dans les chambres pédagogiques du lycée, où nous bénéficions d’un deuxième espace de travail.
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Différents scénarios d’ouverture

Nous nous sommes attachés à définir différents scénarios le plus plausibles possible qui racontent ce que pourrait devenir le lycée, s’il apportait de nouvelles réponses à différents acteurs extérieurs: entreprises locales, associations, touristes, habitants de Revin etc…
Nous avons choisis de présenter ces scénarios en définissant des acteurs fictifs et en leur attribuant un visage, pour faciliter la compréhension et l’appropriation par le public. Nous présenterons ce travail lors de la présentation informelle prévue demain mardi à 16h30.
Vous pouvez visualiser et télécharger les scénarios ici:
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JOURNÉE DE REPÉRAGES A REVIN

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Campus convivial…
« Qu’est ce qu’il y a de positif à Revin? » ; « Qu’est ce qui marche? » ; « De quoi est-on fier ici? » La journée de repérages de la prochaine résidence au lycée Jean Moulin de Revin à permis de rencontrer des lycéens, des professeurs, une partie du personnel administratif et d’encadrement, des acteurs culturels extérieurs et de leur demander pourquoi ils aiment ce lycée… « L’ambiance est humaine » ; « les gens sont faciles d’accès » ; « les gamins sont attachants » ; « il y beaucoup d’affectif »… et puis « le site est splendide » ; « les courbes de la Meuse » ; « la vue sur toute la vallée »… Mais est-ce qu’on parle bien du lycée de Revin? Celui-là même que l’on nomme le lycée d’Orsy du fait du quartier du même nom en contrebas né de l’urbanisation des années soixante-dix et aujourd’hui qualifié de quartier ‘difficile’. Celui dont les grandes bâtisses un peu mornes et fatiguées ne donnent pas envie d’y inscrire ses enfants, pas plus qu’elles ne donnent à ces derniers l’envie de gravir la pente raide qui y conduit pour aller en cours… Oui c’est bien lui et cela fait du bien de l’entendre décrit sous une image différente de celle qui lui colle à la peau depuis sa construction.
Le lycée de Revin pourrait peut-être être vu comme une sorte de ‘campus convivial’. Un campus parce que Revin est à la fois un lieux, un site vaste et éloigné du centre: les lycéens y arrivent le matin et repartent en fin de journée. Il y a certainement plus à gagner à en faire un lieu agréable à habiter tout au long de la journée que de faciliter la mobilité des lycéens vers le centre de Revin. Un campus convivial parce c’est ce que l’on ressent en passant une journée sur place: les gens font le lycée contre les murs délabrés. « Les gamins discutent avec les profs dans les couloirs » ; « tout le personnel se sent traité d’égal à égal » ; « c’est un peu un grande famille ».

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La vie entre les cours…
Des trois thèmes pressentis pour focaliser la future résidence, habiter le lycée entre les cours semble être une préoccupation partagée par tous les acteurs rencontrés. Les lycéens les premiers: « quel est le lieux qui vous plaît le plus dans votre lycée? « Le CDI (Centre de Documentation et d’Information) parce qu’on est au chaud; il y a des fauteuils, un coin pour discuter; des ordinateurs, on peut aussi travailler… ». Cette réponse est emblématique des échanges de la journée. Elle recoupe aussi les deux autres thèmes envisagés: l’environnement du lycée et son accessibilité est un épineux problème de provenances multiples et éloignée des lycéens, d’horaires de bus, de financement des transports; la vie numérique au lycée est une problématique encore naissante; elle se traduit surtout par des questions d’accessibilité à des ordinateurs connectés tant sur place qu’à domicile.
En tout état de cause, ‘habiter’ le lycée est une vraie préoccupation: qu’il s’agisse d’attendre le matin en hivers le début des cours dans un préau mal chauffé; de trouver un endroit pour manger son sandwich si l’on en fréquente pas la cantine; d’occuper son temps de permanence entre le bus obligé du matin et celui du soir; d’inventer une palette d’activités intermédiaires entre ‘zonage’ et salle de cours.

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Faire passer l’information…

« Ils avaient dit qu’il y aurait un foyer mais apparemment c’est toujours fermé »; « un élève se désigne responsable et vient chercher la clé: c’est aussi simple que ça! »; « le foyer est toujours fermé alors ils mangent dans les escaliers et ils faut nettoyer »… Le lycée est une grande maison: plus de 600 élèves, 120 encadrants, un dédale de couloirs et de bâtiments. Faire passer l’information n’est pas une chose facile. Chacun est occupé justement par son travail, favorise la socialisation avec ses pairs, passe sans parfois prendre le temps de s’informer, de s’arrêter. Faire passer l’information est une vraie préoccupation. Les réunions pendant la journée de repérages ont été riche d’enseignements fournis par les uns et apparemment ignorés par les autres. Cette question de l’information se décline de toutes les manières: en interne, comment faire en sorte que toutes les populations du lycée soient au courant de ce qui s’y passe? En externe, comment faire passer une image juste du lycée de Revin au delà des préjugés qui lui collent à la peau? Enfin en terme de représentations, comment faire voir le récipient à moitié plein plutôt qu’à moitié vide et faire naître dans la tête de chacun des visions positives pour l’avenir?

Territoires en Résidences : deux lycées candidats en Champagne-Ardennes

Cette semaine, visite de deux lycées candidats à l’accueil d’une résidence d’innovateurs, en compagnie de Matthew Marino, designer (et auteur des photos qui illustrent ce billet), Bertrand Rigal et de Sylvain Petit de la Région Champagne-Ardennes, et moi-même. Nous étudions la possibilité d’y mettre en oeuvre une résidence durant le premier trimestre 2009.

Le lycée viticole d’Avize près d’Epernay, tout d’abord. Près de 400 lycéens et apprentis y apprennent les pratiques viticoles les plus récentes pour produire un fabuleux nectar : le champagne ! Les affaires tournent plutôt bien : pour un diplômé, trois offres d’emploi en moyenne.

Mais le proviseur du lycée regrette un déficit de vie social au sein de l’établissement. La configuration de l’établissement actuel, il est vrai, y concourt largement : De nouvelles salles de classes, des étages d’internat, un parking et de nouvelles annexes ont été ajoutés dans le périmètre du bâtiment d’origine (aujourd’hui consacré à l’équipe de direction) sans réflexion ni souci d’améliorer le confort des lycéens et du personnel. Le foyer des lycéens est situé de l’autre côté de la route. Et se repérer dans l’établissement constitue un défi pour le nouvel arrivant… Le proviseur cherche également à promouvoir une culture participative et expérimentale, mobilisant davantage les lycéens. Une autre grande question réside dans l’intégration de l’informatique dans la vie de l’établissement ; chacun sent bien qu’un nouveau cap doit être franchi, mais l’hésitation est grande, entre libérer l’utilisation de l’informatique, et en encadrer massivement les usages : l’établissement promeut l’usage d’un extranet, mais il n’existe que 4 ordinateurs en libre accès ; les élèves pourraient apporter leurs ordinateurs lorsqu’ils en ont, mais la réticence à l’installation du Wifi est forte ; ou encore, beaucoup de professeurs mobilisent l’informatique dans leurs cours, mais l’unique salle est fermée à clé.

A Revin, au nord des Ardennes, c’est un lycée flambant neuf qui verra le jour en 2013, en lieu et place des bâtiments actuels du lycée Jean Moulin devenus vétustes et inadaptés. Mais le proviseur du lycée et son équipe n’ont pas l’intention d’attendre le premier coup de pioche pour amorcer le travail de transformation des mentalités qui devra accompagner ce grand chantier.

Car les interrogations sont nombreuses, et comme au lycée d’Avize, elles n’appellent pas seulement des réponses d’ordre architectural, mais aussi d’ordre culturel, social, organisationnel, serviciel -toutes interdépendantes. L’accès au lycée et l’ouverture vers l’extérieur sont des enjeux prioritaires : Les lycéens doivent souvent se lever dès 6h pour rejoindre l’établissement… Comment traiter ce problème de transport ? Comment mieux articuler l’établissement avec le centre-ville, distant de plusieurs kilomètres et en contrebas ? Comment améliorer l’accès au lycée et l’organisation des transports ? Comment ouvrir davantage le lycée vers le tissu associatif, économique, vers les parents et vers toute la communauté locale ?

La mobilisation des lycéens, le réechantement de la vie collective au lycée sont d’autres préoccupations majeures, dans un territoire aussi fragile : Comment redonner aux adolescents l’envie de venir au lycée et d’apprendre ? Comment mieux prendre en compte les nouvelles pratiques éducatives et l’irruption du numérique dans la vie des adolescents (voir par exemple ce blog créé par les élèves) ? Comment donner la parole aux élèves, les responsabiliser et les associer à la vie du lycée ? Comment changer les regards ?

La question du temps est apparue essentielle : Où trouver le temps pour recréer du collectif, partager des expériences communes, transcender les disciplines ? Le besoin de décloisonnement transcende toutes les problématiques du lycée : Comment faire tomber les silos de la vie administrative ou éducative ? Les enjeux environnementaux se font également plus pressants : comment réussir la mise en œuvre d’une démarche environnemental, alors que l’application du programme Eco-Ecole n’a pas soulevé l’enthousiasme pour l’instant ?

A Revin comme à Avize, le principe de résidence est perçu comme une occasion, même modeste, d’amorcer progressivement un travail de transformation, de repartir de l’expérience du lycéen pour imaginer de nouvelles façons de vivre le lycée, d’inventer des méthodes nouvelles avec la communauté locale, et d’en tirer des solutions créatives pour répondre aux besoins des lycéens et de la population locale.

Les régions rêvent le lycée de 2020

C’est le titre de l’article consacré par le numéro de décembre du Monde de l’Education à notre opération Territoires en Résidences -et tout particulièrement à nos projets de résidences d’innovateurs au sein de lycées. Un article très clair, qui décrit bien les méthodes que nous mobilisons -immersion, innovation sociale, coproduction, design de services. Des exemples qui nous plaisent beaucoup sont cités, en Espagne (dans la Région d’Extremadure) et en Grande-Bretagne (dans la Région du North East England, dans le collège technique de Walker). A lire sans modération.