Archives mensuelles : février 2014

Transfo Pays de la Loire / Semaine 10 / La fin n’est qu’un commencement !

(une fois n’est pas coutume, nous nous limiterons pour cette semaine à un seul billet récapitulatif forcément non exhaustif mais que nous espérons expressif sachant que les photos sont toujours là pour compléter…)

Dernière semaine, derniers jours, nous y voilà donc ! Après 2 ans d’expérimentationS, voilà le moment de clore le chapitre Transfo Pays de la Loire… Et d’officialiser le lancement de l’équipe innovation de la Région !

D’abord une question : puisque nous parlons sans cesse d’expérimenter, puisqu’il n’a jamais été question d’autre chose que de faire, d’essayer, de tester encore et toujours, pourquoi notre dernière semaine devrait-elle être différente ?!

N’ayant trouvé aucune raison valable à nos yeux, nous avons concocté avec l’équipe innovation un programme des plus concrets et opérationnels :
– le sujet compliqué de « la proximité de la Région avec ces usagers » à ré-interroger (en vue d’un travail plus approfondi dans les mois à venir)
– une douzaine d’agents régionaux venus de différentes directions à embarquer avec nous dans l’aventure pour partager principes et méthodes et, peut-être demain, devenir des ambassadeurs au sein de la Région
– une première occasion pour l’équipe innovation d’être pleinement animateurs-passeurs d’une telle démarche

Et comme il se doit, l’expérience fut riche, intense et par conséquent difficile à décrire. De façon tout à fait normale, même les agents qui travaillent depuis 2 ans avec nous, depuis le début, avec lesquels nous avons donc eu amplement le temps de théoriser et de réfléchir, ont parfois eu des difficultés à trouver leur marques, montrant ainsi que rien ne vaut l’expérience maintes et maintes fois renouvelée. Comme l’a souligné Simon Munsch, Directeur Général des Services, en découvrant les résultats de la semaine, il s’agit en effet d’une posture de prise de risque, de requestionnement permanent et donc d’une forme d’inconfort que celle que nous proposons. Une posture qui fait aussi appel à des compétences spécifiques d’animation et de formalisation. Ca n’est pas simple…

Et pourtant, visiblement, quel pied ! A en juger, en fin de semaine, par les mines réjouies des agents nouvellement embarqués dans l’aventure, le plaisir est là ! En 2 jours, ils ont été gentiment malmenés. On les a fait passés à vitesse grand V par toutes les étapes de la démarche : questionnement du sujet, formulation des problématiques, immersion, dépouillement et prototypage. Ils ont fait face à un sujet réputé difficile et ce qui ressort de notre débrief collectif du vendredi matin, c’est globalement le plaisir d’avoir partagé cette expérience, d’avoir découvert d’autres méthodes et l’envie de continuer dans ce sens. Michel Gadreau, président du groupe local de la Cimade, interrogé la veille sur la question de la proximité et venu voir les résultats, nous l’exprimait ainsi : « en venant à la Région, je ne m’attendais pas à une réunion aussi réjouissante ! »

Retours sur les 2 jours d'expérimentation

Retours sur les 2 jours d’expérimentation

Alors bien sûr, tout n’est pas rose. La frustration est notamment grande de n’avoir eu que 2 jours pour tout ça. On peut aussi clairement entendre l’inquiétude que les changements vécus ne soient qu’éphémères. Mais l’intérêt pour les méthodes proposées est bien là et la capacité de ces méthodes à proposer des solutions concrètes intéressantes, ou tout au moins questionnantes, est déjà bien mise en valeur par les prototypes de la semaine : scénario extrême d’un courtier en financement public, mise en place d’une caravane régionale remplaçant l’Hôtel de Région, élus invités à pratiquer le « dis-court » et limitation de l’usage systématique des logos… Les réactions ne se sont d’ailleurs pas faites attendre face à certaines propositions qui « remettent en cause les principes actuels », preuve que le sens induit par les formes est bien perceptible.

Les idées proposées (cliquer pour voir en grand)

Les idées proposées (cliquer pour voir en grand)

A ce stade, trois questions se posent et ne devront pas être oubliées en route :
1/ Concernant la proximité proprement dite, comment ces préliminaires et ces exercices « débutants » vont pouvoir alimenter le vrai travail à venir ? Quels liens, quelles passerelles, et peut-être aussi quelles implications des agents ayant vécu la semaine dans cette suite ?
2 / A l’issue de ces 3 ateliers, les nouveaux « ambassadeurs » ont reçu un diplôme symbolique : comment le faire vivre ? Le valoriser ? Que vont faire les ambassadeurs ? Comment ?
3 / Ces 3 ateliers représentent tout juste le début d’une formation à ces nouvelles méthodes de travail, une sensibilisation initiale. Avec les agents de l’équipe innovation, c’est un processus de 2 années entière qui les amène aujourd’hui à bien appréhender la globalité de la démarche. Alors comment dépasse-t-on le stade d’ambassadeurs et permet-on la montée en compétence ?

Les agents de l’équipe innovation eux-mêmes n’ont pas tardé à tirer quelques conséquences de cette nouvelle expérience. En effet, lors de notre dernier débrief « resserré » du vendredi après-midi, beaucoup de choses ont pu être échangées et discutées sur ce dernier test : après les modes opératoires et les postures d’animateurs, cette fois les agents sont devenus passeurs, transmetteurs, et à leur tour accompagnateurs. Pas simple évidemment, beaucoup de doutes, beaucoup de moments pas faciles à gérer sur le coup, surtout en travaillant à plusieurs « non expérimentés »… La prochaine session de partage de la démarche en interne a rapidement été évoquée et l’idée de réduire le nombre de participants (initialement plus grand que celui de cette semaine) afin d’être dans une posture d’accompagnement maitrisée a ainsi vite été plébiscitée.

Encore une fois, rien de tel que de se confronter à un premier test avant d’envisager le second ! Même s’il faudra toujours de nouvelles expériences (et de nouveaux ratés !) pour se sentir plus à l’aise et acquérir les réflexes nécessaires, de nombreuses questions concrètes ont été touchés du doigt, par le faire et l’action (le tout nouveau « book de la fonction innovation » s’en fait d’ailleurs l’écho).

Toutes ces questions, et bien d’autres, l’équipe de résidents les laisse aujourd’hui dans les mains de l’équipe innovation, en lui souhaitant surtout bonne route, bonne humeur et réflexivité dans tout ce qui les attend. Merci beaucoup pour l’accueil qui nous a été réservé et pour toutes les choses que nous avons découvertes et apprises (et oui, ça marche dans les 2 sens) ! Nul doute que la communauté de pratique qui se forme petit à petit (un « apéro innovation » organisé le jeudi soir nous l’a confirmé) devrait donner l’occasion d’échanger encore un peu…

Equipe-innovation-PDL

Semaine 9.2 : préparer la construction du labo

La construction du Labo est l’objet prioritaire de la Transfo. Dans le cas de PACA, cette construction a commencé en mai 2013 par la tenue de  plusieurs ateliers qui ont produit des formes intéressantes de fonctionnement, des grands principes dans les méthodes et dans l’action, des idées pour la mobilisation.

A la rentrée, les résidents de la Transfo et les complices se sont fixés pour objectifs de mettre en œuvre par des expérimentations en « milieu réel » le résultat des travaux des ateliers (voir blog 7.2).

Deux projets ont éprouvé la résistance du scénario labo : le projet du lycée Claret à savoir le recours dans un premier temps à une Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) pour la réalisation d’une prestation de design des politiques publiques avec les agents de la Direction des Lycées.

L’autre projet « Mon avenir Num’ERIC » se déroule dans la continuité du travail sur les emplois d’avenir avec pour opérateur l’école de Design de l’Université de Nîmes.

Une mission de coordination importante

La mission de l’AMO dans ces deux scénarios a été prise en charge par les résidents de la Transfo pour envisager la somme de travail demandé par la mission.  Les premières conclusions de ce test montrent la nécessité de se doter d’une fonction de coordination technique sur le labo, d’un chef de projet référent et garant de l’organisation, de la communication, de la capitalisation, de la mobilisation.

Ainsi, nous avons pu étudier lors d’une réunion le 6 février après-midi le cahier des charges lancé par la Direction de la Prospective du Grand Lyon, document exemplaire pour la commande d’une telle prestation.

Le projet de renforcer la coordination est en cours de montage. Un budget propre pourrait éventuellement être dégagé du fondex, le fond d’expérimentation actuellement disponible à la Région.

Monter un réseau de référents Animation/ Innovation

Suite au séminaire des Directeurs en janvier 2014 où un petit nombre d’agents familiers de la Transfo avaient eu la mission d’animer des groupes de coproduction, le Directeur Général des Services a décidé de mobiliser les agents régionaux sur ces compétences en animation.

En effet, dans le cadre des compétences régionales, la mission de nombreux agents consiste souvent à coordonner différentes échelles de territoire et donc d’acteurs institutionnels, privés ou publics autour de sujet majeur. La montée en compétence des agents sur un volet de coproduction importe particulièrement au DGS qui souhaiterait développer un réseau de référents animations.

Ce réseau ressemble étrangement au réseau imaginé lors des ateliers de mai et juillet 2013. Rien n’est pour l’instant décider mais une opportunité se dégage pour la constitution d’une fonction innovation portée par un réseau libre de personnes intéressées et volontaires… A suivre.

 

Semaine 9.1 : Le retour du sujet des emplois d’avenir

Lors de l’apéro Labo du 14 novembre, nous avions un peu de mal à dégager un « futur » pour le travail important réalisé par les agents et les résidents de la Transfo sur le sujet emplois d’avenir. Ce sujet sensible était le sujet prétexte du début de Transfo avant que celle-ci ne se réoriente sur la création du laboratoire d’innovation.

Un contexte peu propice en juin 2013

Ainsi, un scénario de « retour d’usage » avait été créé en partenariat avec une association locale mais aucun service au sein de la Région (et notamment le service concerné en priorité) ne souhaitait tenter l’expérimentation. L’aspect multi-partenarial, les travaux délicats de collaboration avec l’Etat (réel porteur du sujet) ne semblaient pas propices à ce qu’on vienne introduire un processus de modernisation par le design des politiques publiques. La temporalité du projet ne semblait pas s’y prêter également.

Une suite potentielle début 2014

Or, une demande sur ce sujet est parvenue courant décembre 2013 aux résidents de la Transfo. Le contexte des emplois d’avenir a évolué : les chiffres de déploiement du dispositif sont bons, les objectifs quantitatifs on été atteints et la commission en charge du suivi des emplois d’avenir souhaite lancer un suivi de cohorte de jeunes afin de travailler plus précisément sur les aspects qualitatifs du dispositif.

Il va s’en dire qu’étant donné l’investissement des agents et des résidents sur le sujet, il semblait impossible de ne pas saisir cette opportunité. Nous avons donc imaginé un second scénario (le premier n’étant plus forcément d’actualité) pour travailler et coproduire un mode d’action avec la commission en charge des emplois d’avenir.

Ceci nous a demandé de synthétiser un certain nombre d’éléments produits en début de Transfo : les ateliers des acteurs de l’emploi en PACA, ateliers jeunes et employeurs, l’ensemble du travail d’entretiens et de recherche. L’objectif étant de montrer comment ces méthodes de recueil d’informations et de données sensibles sur les usagers pouvaient venir accompagner la démarche plus cartésienne et chiffrée actuellement menée.

Le document produit  (à télécharger ici) est donc une forme de capitalisation de la méthode mais aussi un exemple du type d’information que peut produire cette méthode.

Le point positif réside dans le fait que les principes de la Transfo commencent à se diffuser doucement dans les discussions entre agents. En effet, cette sollicitation a été celle d’un agent.

On peut donc penser qu’au bout d’un an et demi de présence, la plus-value de la méthode et l’identification des contextes propices à son utilisation commencent à émerger plus spontanément dans  l’imaginaire des agents.

Ne pas retomber dans les mêmes travers

Une fois ce document terminé, il a été présenté aux décideurs techniques en charge du sujet. Ceux-ci ont décliné la proposition courtoisement en invoquant l’inopportunité de la proposition dans un contexte délicat avec les autres partenaires.

Encore une fois, les décideurs et chef de projet non convaincus par les apports de la méthode ne peuvent adhérer. Encore une fois, les travaux « autosaisis » ne portent pas leurs fruits…

Il y a donc un aspect contextuel très important dans la possibilité de pouvoir ou non avoir recours à ces méthodes de design des politiques publiques.

Un champ important en termes de formation et de sensibilisation s’ouvre pour le Labo entre des convaincus, des agents à convaincre, des récalcitrants par manque de connaissance, des récalcitrants pour non intérêt.