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À mi-parcours de la Transfo Champagne-Ardenne

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En fin de semaine 5, après une semaine chargée au bilan mitigé, les référents nous faisaient part de leur ressenti : heureux de participer à une démarche novatrice, convaincus des enjeux, volontaires pour continuer… Mais aussi de quelques sentiments plus nuancés (mais partagés) : démotivation, manque de cohésion d’équipe, impression d’un portage incertain.

Qu’à cela ne tienne, le mois de décembre sera fédérateur ! C’est ainsi que nous nous lançons dans l’organisation d’une journée ébouriffante : pédibus d’accueil, aménagement d’un lieu-labo pratique (et agréable !), activisme régional, speed-dating Transfo, …

Le résultat ? Laissons place aux images.

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Crédit photo : Marion Parez

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Champagne Ardenne SEMAINE 5 / JOUR 1

La cinquième semaine de programme… sur dix
Initiée en septembre 2011, nous fêtons à la fois les « un an » de la Transfo Champagne-Ardenne et la moitié du programme !

Globalement, nous sommes plutôt satisfaits de son déroulement actuel, comme en témoignent les précédents billets du blog : référents mobilisés, dynamisme du questionnement sur l’implantation d’un laboratoire, résultats visibles sur des dispositifs, appropriation des démarches.
Par conséquent, les ambitions progressent… et les objectifs des semaines d’accumulent !

Dans le planning de la semaine 5, pas moins que :
– l’organisation des prochaines rencontres Région-jeunes,
– questionner le processus de création d’un dispositif régional par la Transfo
– deux journées de travail avec des jeunes,
– la présence d’élus sur toute la semaine,
– une invitation lancée à la participation de partenaires de l’éducation populaire,
– la venue d’une ministre.

Et bien entendu, nous gardons en tête notre objectif d’implémentation d’un laboratoire d’innovation en région !

Fatigués avant de commencer ? Au contraire, hâte de s’y confronter, c’est l’esprit de la Transfo !

Du connu… et du neuf !
C’est sous la pluie que nous arrivons à l’hôtel de Région. Dès notre passage de la porte de la Chapelle, où la journée doit se dérouler, nous comprenons que nous sommes attendus.
Durant la longue période d’été, une « Transfo autonome », telle qu’elle a été baptisée par les référents, s’est mise en place : amorcer le travail de création d’un dispositif envers les jeunes sur le thème de la mobilité. Et en fin de 4e semaine les référents de la Région s’étaient engagés à présenter aux résidents le fruit de leur travail.
L’enjeu est de taille pour eux : il faut à la fois rendre compte de leur travail, montrer qu’ils ont su réutiliser des outils construits lors des précédentes semaines, et organiser le tout sous la forme d’une exposition ! En effet, les panneaux sont en place.

Cependant, la Transfo ne serait pas elle-même sans les petites surprises qu’elle sait ménager à ses participants… N’en doutez pas, elles sont bien au rendez-vous !
Alors que nous retrouvons avec plaisir quelques têtes connues… Nous sommes également surpris du nombre conséquent de nouveaux : au-delà des quelques référents qui ont rejoint les rangs de l’équipe, beaucoup de partenaires nous accompagneront cette semaine. Certes nous savions qu’ils avaient été invités… mais nous ne nous attendions pas à ce ratio : quatre référents sur quinze attendus… et pas moins d’une quinzaine de partenaires (pour la plupart représentants d’associations membres du CRAJEP).

Qu’à cela ne tienne, nous conservons nos objectifs. L’esprit de la Transfo, c’est aussi d’improviser.


Faire des contraintes des opportunités pour avancer
Alors que nous rentrons peu à peu dans le sujet, les dispositifs existants en terme de mobilité et les besoins/difficultés des jeunes, nous réalisons l’ampleur du sujet : questionne-t-on la mobilité physique ou psychologique ? Bouger pour bouger ? Quel lien avec l’ouverture culturelle ? Mobilité moyen ou fin ? Sur quelles opportunités s’appuyer ?
Et n’oublions pas : quelle place de la réflexion sur le futur labo à travers cela ? Les questions sont multiples dans l’équipe de résidents.

Nous apprenons aussi à mener cette Transfo en l’animant. Dans la trajectoire que l’aventure prend depuis la semaine 3, nous tentons d’aider les agents à devenir de plus en plus autonomes dans le processus. Mais entre zone de confort aménagée pour eux et encapacitation, où doit-on placer la subtile limite ?

Nous n’avons pas à nous confronter seuls à ce questionnement. Cette clarification doit arriver par les agents-référents eux-mêmes.
D’autre part, les membres du CRAJEP pourront dresser un premier bilan des Rencontres de l’an dernier, afin d’en tirer les points positifs, nécessités d’attention, enjeux et objectifs.

Pas de doute, la cinquième semaine de Transfo est en route !

Région 15-25 : un mot d’introduction à la 3e semaine en Champagne-Ardenne

La troisième semaine de la Transfo en Champagne-Ardenne se déroulera du 2 au 6 avril 2012. Chaque semaine est l’occasion d’élaborer et d’expérimenter de nouvelles manières de concevoir des politiques publiques avec tous leurs protagonistes.

Pour mieux faire, apprenons de ce qui a été fait.

Carte LycéoCette semaine, il sera question de « déshabiller » un dispositif public existant pour mieux construire des dispositifs à l’avenir. Nous nous intéresserons au volet culture de Lycéo, une carte qui offre aux lycéens des aides et des réductions pour les frais scolaires et périscolaires.

Filature : mode d'emploiPour mieux rêver un tel dispositif régional, nous avons entrepris d’investiguer Lycéo tel qu’il est aujourd’hui. Jusqu’au 26 mars, les participants à la Transfo ont mené une filature photographique. Munis d’appareils photo jetables pendant une dizaine de jours, les participants devront traquer toutes les manifestations physiques du dispositif Lycéo volet culture dans leur quotidien (affiche, carte, enseignes partenaires, personnel…), et ce afin de créer un répertoire de ce qui est visible et lisible de ce dispositif, ce qui est compréhensible par un habitant de la Région. Nous débuterons donc la semaine par un dépouillement de ces prises de vue.

Chaque jour sera raconté et mis en perspective sur ce blog, à la manière d’un journal de bord.
Par ailleurs, plusieurs moments d’échange, de présentations publiques sont réservés tout au long de la semaine (et les semaines suivantes, bien sûr : prochaine semaine du 10 au 16 mai 2012) pour permettre à tous de partager avec les participants leur réflexion et leurs projets, mais surtout d’envisager ensemble ces nouvelles manières de produire des politiques publiques.

Jeudi 7, debriefing général

Priorisation des projets

Une bonne partie de la journée a été consacrée aujourd’hui à la priorisation des douze projets présentés mardi soir. Tous n’ont pas le même potentiel, et surtout ne demandent pas la même implication. Nous avons donc préparé une carte-image par projet de façon à pouvoir les organiser facilement.Nous avons choisi, entre nous d’abord, puis avec le proviseur les projets les plus faciles et les plus rapides à mettre en œuvre après notre départ. priorisation des projets

Les projets évidents

Deux projets sortent du lot et devraient continuer à se développer. Le Campus Wall d’abord pour le quel nous avons construit une sorte de mini programme d’évolution. Ce projet que nous avons bien amorcé devrait continuer à mobiliser des énergies. Les rencontres avec l’architecte ensuite, dont la prochaine séance est prévue fin septembre. Mr Bruley, le proviseur, nous a proposé d’en profiter pour venir présenter la résidence. La rencontre aurait lieu à la salle Jean Villar et serait ouverte à tous les habitants de la vallée pour communiquer plus généralement les plans du futur lycée. « Beaucoup pensent encore que le projet n’aura pas lieu – nous confie Mr Bruley – et cette présentation pourra permettre de faire comprendre le projet aux habitants ».

Les projets à adapter

D’autres projets peuvent se mettre en place, mais demandent un peu d’accompagnement de notre part, et l’adaptation de notre idée de départ. Cette journée de mercredi et celle de demain nous permettent de rencontrer certains acteurs qui ne pouvaient pas être là mardi et d’adapter les projets en fonction de leurs avis.

Les projets qui se feront d’eux même

Parmi les projets certains devraient exister par eux mêmes, sans que nous ayons besoin de les pousser outre mesure. Le Jardin Aromatique par exemple ou le J-1000, décompteur des jours du chantier ont été spontanément récupérés par des professeurs ou personnels du lycée. L’objectif est rempli, nous avons proposé l’idée, les acteurs se les sont appropriés.

Enfin, les projets trop ambitieux

Les derniers projets sont ceux qui paraissent trop ambitieux ou qui demanderaient qu’un porteur se manifeste pour vraiment développer le projet. Pour cela nous les laisserons entre les mains du proviseur, comme de bonnes idées à envisager pour plus tard.

Adaptation de l’exposition en feuille de routes

Feuilles de route

Nous avons convenu avec le proviseur que l’exposition devraient être démontée à la fin de la semaine prochaine, pour qu’elle ne puisse pas se dégrader en vieillissant. Nous avons donc décidé de nous consacrer désormais à la production de « feuilles de routes » qui reprennent au minimum ce que nous avons afficher dans l’exposition: la présentation d’une idée et les questions que le projet soulèvent. Pour les projets qui sont les plus avancés, nous travaillons à l’amélioration et la précisions de la façon dont le projet peut se développer.

Visite de l’espace d’exposition

visite de l'expo

Nous profitons également de cette journée, pour faire visiter l’espace d’exposition. Nous avons installé notre bureau dans le couloir, avec un panneau « dérangez-moi » afin de provoquer le dialogue avec les passants, professeurs ou élèves et discuter autour des panneaux affichés. Les réactions sont diverses . « ça pète » disent les élèves, « c’est intéressant ça donne des idées » racontent les professeurs. « Le problème c’est cette supposition » disent certains, en émettant des doutes sur le ton donné aux textes qui selon eux, n’aident pas à s’approprier le projet. Cette question de l’appropriation des projets et primordiale et nous allons continuer durant la journée de vendredi à proposer les feuilles de routes aux différents porteurs de projets pour leur permettre de continuer la dynamique sans nous.

SECONDE SEMAINE DE RESIDENCE…

François Jégou, 100409

Approfondir les solutions…

Le premier jeu de Cartes-solutions autour du thème d’un « Campus ouvert » élaboré à partir des visions et suggestions de la première semaine de résidence est utilisé en début de deuxième semaine pour reprendre et stimuler la discussion avec les uns et les autres. L’objectif est double: appropriation et approfondissement. Les exemples de projets et d’actions proposés dans les cartes correspondent-ils à ce que les habitants du lycée et les acteurs externes ont en tête? Comment vont-ils les modifier pour se les approprier? Peut-on déjà entrer dans les questions que poserait leur mise en œuvre? Des fiches sont préparées par les résidents pour recueillir le fruit des discussions sur les Cartes-solutions: au verso 4 cases Ce qui fonctionne déjà? Ce qui va être difficile? Quelles suggestions? Quelles étapes à suivre pour entamer la mise en place? et au verso, l’emplacement pour esquisser une nouvelle Carte-solution…

Lors d’entretiens informels ou de réunions en groupe, chacun selon son point de vue, son activité professionnelle choisi quelques cartes et les commente, les projette dans son propre contexte et parfois commence même à les développer…

semaine bloquée

Certaines Cartes-solutions rencontrent des actions déjà en cours et pourraient y trouver des synergies: « Semaines bloquées » ou l’auto-organisation d’activités éducatives par les élèves dans des périodes libérées de leur l’emploi du temps pourrait trouver échos dans le projet de mise en place d’un quota de 3-4 heures d’Accompagnement pédagogique renforcé dans la grille hebdomadaire des lycéens.

hébergement de spectacleDe même, « Hébergement de spectacle » s’insère parfaitement dans le projet de Programmation culturelle d’établissement qui envisage en particulier un partenariat avec la Salle Jean Villard de Revin, des échanges avec les comédiens de la compagnie La Stada qui y sont en résidence, leur intervention dans les classes sur le travail de comédien comme sur l’étude d’œuvre du programme de littérature…

D’autres Cartes-solutions évoquent des actions qui existent ailleurs ou qui ont existées par le passé au lycée de Revin:

De part son passé ouvrier, Revin et sa région sont riches en associations de tous types qui déplorent aujourd’hui le peu d’engagement des jeunes générations. échange d'heure associationBien au delà d’un « Échange d’heures avec une association » le lycée de Revin accueillait certaines années un véritable Salon des associations qui pendant une journée venaient présenter leurs activités aux élèves: un bel évènement à remettre sur pied pour gagner en visibilité et en recrutement!

Les bords de la Meuse aux alentours de Dinant font des envieux: c’est la ‘Côte d’Azur belge’, bien aménagée en équipements touristiques, accueillant belges et hollandais en vacances.  La promotion du tourisme local évoquées dans « Micro-tourisme local » pourrait trouver échos dans les formations doublement diplômantes appliquées à l’hôtellerie: deux langues français et néerlandais pour mieux accueillir le nord de l’Europe qui commence à s’implanter dans la région…

Enfin certaines Cartes-solutions font émerger des idées ou des envies nouvelles:

école des parents« L’école des parents » s’ancre dans le travail de médiation des CPE pour familiariser les parents avec la vie du lycée, leur enseigner toutes les facettes de l’école où vont leurs enfants pour les impliquer dans le suivi et la vie scolaire de ces derniers et plus génralement favoriser le dialogue parents-enfants.

Encore une fois « l’Échange d’heures avec une association » est une source de stimulation pour l’animation de la vie du lycée: L’AREL, l’Association Revinoise d’Education et de Loisirs qui anime des projets autour de la vidéo pour nourrir d’émission Revin web TV pourrait épauler les élèves chargés par la Région de faire un film témoignage tout au long de l’avancement du chantier du nouveau lycée.

parcours touristiquesLe « Micro-tourisme local » suggère une formule intéressante entre le sport et la valorisation touristique du territoire: créer avec les élèves, les professeurs d’éducation physique et sportive d’une part et les professeurs d’histoire d’autre part, des parcours à vélo qui rallient les hauts lieux de l’histoire industrielle de la vallée.

séminaire contre visite« Echange séminaires contre visites » suggère de multiples formes de collaboration avec les entreprises locales: relocaliser la formation permanente courte, les stages de mise à niveau et autres habilitations en utilisant l’infrastructure du lycée de Revin permettrait d’initier une présence d’industriels et de professionnels dans les locaux auprès des étudiants.

Et pour finir de restituer cette co-construction de solutions qualifiantes pour le lycée, quid d’envisager l’ouverture d’une nouvelle section de formation aux techniques du bâtiment HQE (Hautes Qualités Environnementales) dans le nouveau lycée à l’architecture intégrée au paysage, couverte de toitures végétale et si prometteuse en terme de développement durable…

…et les ancrer dans le réel

Projeter un lycée comme un ‘campus ouvert’ suppose une architecture adaptée et l’architecture du nouveau lycée si elle est prometteuse en tous points, mérite tout de même d’être interrogée. Comment peut-on entrer graduellement dans l’établissement? Accéder à certaines salles, au CDI, au centre sportif, à l’agora centrale… sans devoir ouvrir tout le site? Comment être bien accueilli hors des horaires scolaires sans avoir l’impression de passer par la petite porte?

Les élèves et le personnel d’encadrement sont séduis par ce qu’ils ont vu du projet. Ils se posent aussi toutes sortes de questions sur comment cette nouvelle architecture paysagère, étalées en gradins va transformer leur manières d’habiter le lycée… Est-ce que l’on verra bien le paysage de la vallée? Comment chemine t’on d’une classe à l’autre quand la sonnerie retentit? Où est-ce que l’on va pouvoir se retrouver pour discuter? En particulier une place intrigue beaucoup: comment va t’on se sentir dans cette grande agora centrale dans laquelle toutes les classes vont se déverser à l’heure de la récré? Est-ce qu’il y aura des bancs, des rambardes? Est-ce que l’on pourrait imaginer y installer une petite cafète autogérée? Peut-être même que le salon des associations évoqué plus haut pourrait s’y installer ou une exposition ou encore un spectacle….?

Les élèves de Nadine Krantz, Professeur de mercatique avaient déjà gambergé à partir de l’exercice projectif ‘Et si je pouvais…’ proposé par les résidents la première semaine. Ils ont fait des diagrammes: ‘habiter tous les jours au lycée’; ‘l’aménager pour d’autres élèves’… Ils ont même esquissé des petits schémas d’aménagement qui font ressembler un peu leur vision du lycée idéal à un village-vacances…

Cette semaine, avec l’aide des résidents ils se projettent dans l’agora: ils s’imaginent et se dessinent dans cet espace. L’idée c’est de se préparer pour inviter l’architecte: celui-ci à promis de venir au début de la troisième semaine les rencontrer pour encore mieux affiner l’avant-projet détaillé!

Le Campus Wall installé en première semaine ne représentait que la face cachée de l’iceberg: trouver quelques écrans et les installer dans un bel encadrement n’est certainement pas la partie la plus difficile. En revanche, assurer la gestion de l’information, animer le Campus Wall en assurant l’intérêt des utilisateurs sur le long terme est un travail bien plus conséquent et problématique. L’appétit pour une information digitale, dynamique et horizontale repérée lors de la première semaine demandait à être pérenniser dans la mis en place d’un véritable service. Avec la collaboration active de M. Ighzernali, Conseillé Principal d’Education et Mme Tombeur, Professeur de Secrétariat à l’initiative des deux premiers numéros du LP News du lycée de Revin, un Bureau d’éditeurs est créé. Ce n’est pas un club à proprement parler mais plutôt une contribution active de groupes d’élèves qui se succèderont chaque mois pour assurer la récolte, la sélection et la publication des InfoPub: des publicités pour des sources d’information, des petites annonces brèves diffusées en boucle, renouvelées progressivement et attirant l’attention sur des actions, des personnes, des évènements internes ou externes à l’établissement.

L’ensemble des caractéristiques de fonctionnement du Bureau d’éditeurs a été progressivement mis au point dans un dialogue entre élèves, personnels d’encadrement et résidents pour aboutir après 3 jours à la rédaction d’une charte de fonctionnement et d’un mode d’emploi du Campus Wall. Elle fixe les grandes lignes: un Bureau d’éditeurs mixte entre les deux lycée qui se réunit 2 fois par semaine; un ordinateur dédié installé dans le CDI; un renouvellement tous les mois avec un chevauchement pour permettre au Bureau sortant de former le Bureau entrant; des Responsables d’édition qui encadrent la publication et assurent un planning de renouvellement tout au long de l’année… Émilie, Lorine, Jean et Jannis se lancent dans l’aventure: ils assureront jusqu’à la fin du mois de mai la permanence du Bureau d’édition. Première tâche: se focaliser sur la prochaine semaine du Bien-être organisée dans le quartier, identifier les actions susceptibles d’intéresser le plus les lycéens, promouvoir les initiatives du lycée de Revin… Pour leur mettre le pied à l’étrier, les résidents organisent une micro-formation pour leur donner des notions de mise en page, de calibrage de textes et de cadrage de photos…

Le Bureau d’éditeurs démarre! En troisième semaine, il faudra poursuivre son ‘accrochage’ dans l’établissement: charte graphique avec les enseignants d’art plastiques; édition journalistique dans les classes de français; mise en place d’un réseau ‘d’antennes’ dans l’établissement et en dehors pour ‘rabattre’ l’information vers le Bureau d’éditeurs; articulation avec le nouveau site web du lycée et son blog d’actualités, diversification des programmes du Campus Wall susceptible d’inclure un clip vidéo sur l’avancement du chantier du nouveau bâtiment; un concours de pocket-films sur l’atmosphère conviviale du lycée; la présentation des scénarios de vie issus de la collaboration avec Territoires en Résidences…

L’attachement de la résidence à mettre en place et pérenniser le Campus Wall peut paraître curieuse: même si la circulation de l’information est apparue d’emblée comme une question clé au lycée de Revin, ce n’est pas seulement avec de la communication que l’on transfigure une institution publique… Dans le Campus Wall les résidents voient plus qu’un support d’information: ce projet semble ‘ré-enchanter’ ceux qui s’en approchent et qui y contribuent. Sa mise en place progressive catalyse en positif des frustrations diffuse. Puisse la boule de neige d’intérêt rouler et au fil de la participation grandissante, devenir une avalanche d’enthousiasme…

A L’ISSUE DE LA PREMIERE SEMAINE DE RESIDENCE…

François Jégou, 240309

Nouveau lycée par Duncan Lewis

Un lieu en perspective…
Qu’est ce qui rend le lycée de Revin – et donc notre résidence – spécifique? Certainement le panneau affiché fièrement dans le hall d’entrée de l’administration montrant les plans du nouveaux lycée qui va être construit en place et lieu de l’actuelle Cité Scolaire: une architecture intégrée dans le paysage, couverte de toit végétaux, prometteuse en terme environnemental comme en matière de renouvellement du climat social du lycée: un nouveau Lieu indiscutablement vers lequel les regards sont tournés…
Pour Elise Vignaud, programmiste arrivée lundi avec l’équipe de résidents, l’analyse des plans laisse présager certaines améliorations dans la vie du lycée du fait même de la nouvelle architecture. Une grande agora centrale couverte assurera la rencontre et le mélanges des populations: lycée professionnel et général; élèves de différentes spécialisations, professeurs et personnels administratifs etc. Le nouveau lycée sera aussi certainement un lieu agréable, ouvert sur le paysage magnifique de la vallée de Meuse, pourvu d’espaces accueillants, bien équipés où il fera bon s’installer, rester travailler au lieu de passer pour donner son cours ou le prendre et s’en aller au plus vite.

… des questions au-delà du lieu.
D’autres questions se rapportent moins ou pas du tout à l’architecture. Au-fur-et-à-mesure du rythme soutenu des interviews et des rencontres, l’équipe de résidents fait connaissance avec les spécificités d’un lycée: un lieu peuplé en majorité d’adolescents, trop grands pour être encore ‘contrôlables’ comme au collège et encore trop petits pour être des interlocuteurs pleinement responsables; des adolescents comme tous les adolescents pour qui la vie ‘explose’, qui ont plein de choses en tête et pour qui le ‘bahut’ fait partie des contraintes, du passage obligé, du monde des adultes et des parents desquels on cherche constamment à s’affirmer…. Pour ces adolescents, la question du nouveau bahut n’est pas un sujet particulièrement motivant – surtout que eux, ils n’y seront plus en 2012…

La technique des interviews continus, sur rendez-vous et dans les couloirs, formels ou informels, chacun de son coté ou en groupe montre aux résidents qu’ils ne sont pas que demandeur d’information mais aussi colporteurs: ils apprennent aux uns ce que les autres viennent de leur dire colmatant involontairement le manque de fluidité de l’information au sein de l’établissement. Pourtant l’information circule; les flux sont organisés, les papiers distribués dans les boîtes ou affichés; les salves de mails envoyées; le nouveau site mis en place… Mais les « …je ne suis pas au courant… », « on ne m’a pas informé de cela… » sont courants dans les conversations. Contrairement à d’autres institutions modernes, la saturation cognitive ne semble pas être la première mise en cause: ce sont plutôt les circuits d’information officiels dans cette grande machine administrative qu’est un lycée où chacun émet sur son canal plus qu’il ne diffuse son information. Là encore, la nouvelle architecture ne sera pas d’un grand secours…

avec les professeurs

Une première semaine en immersion…
Qu’est ce qu’a permis de faire la première semaine de résidence?
Les discussions commencées une semaine auparavant lors de la journée de repérages et poursuivis pendant les 5 jours sur place ont permis de rencontrer plus d’une cinquantaine de personnes, d’entendre leurs doléances mais aussi leurs idées, envies, aspirations, leurs rêves parfois aussi… En tout cas, suffisamment de matière pour que l’équipe de résidents matérialise ces visions sous forme d’une dizaine d’histoires racontées à la première personne: Francis Rouault, 67 ans, retraité; Laurence Pierron, 43 ans, Professeur de français; Laurent Lequenne, 17 ans, lycéen terminale ES etc, tous des personnages fictifs racontent l’avenir comme s’il était déjà advenu: le lycée de Revin héberge des séminaires d’entreprise; les élèves organisent des visites touristiques de la nouvelle architecture; la bibliothèque et le club informatique attire les revinois; un club culturel est organisé conjointement avec les habitants du quartier d’Orzy; les élèves préparent leurs stages en chatant avec un réseau de lycées partenaires à l’étranger…
Une dizaine d’histoires que les résidents lisent à voix hautes, chacun leur tour au milieux d’un groupe mixte d’une trentaine de curieux réunis dans le CDI du lycée. Discussions, commentaires mais peu de critiques… Cette tentative de projection collective semble enthousiasmer sinon au moins convenir aux participants. Mais une chose est sûr: au lycée de Revin, on n’a pas l’habitude de formuler des visions à long terme, peut-être de peur qu’elles ne se réalisent pas…
Pour comprendre un peu mieux les perceptions des uns et des autres, les résidents proposent l’opération Passe l’histoire à ton voisin…. Les histoires sont imprimées sous forme de mini carnets reliés par une ficelle à un second carnet de feuilles vierges. Les carnets doubles sont confiés à qui veut bien se charger de les faire lire et de recueillir les commentaires d’au moins 5 autres ‘habitants’ du lycée: résultats à la seconde semaine!

Des cartes-solutions…
« Faire des beaux scénarios pour l’avenir c’est bien mais les mettre en pratique, c’est autre chose… » Certains le disent mais tout le monde le pense un peu au Lycée et attend de voir si les résidences vont changer quelque chose…
Les résidences ne vont rien changer: tout au plus, elles peuvent aider à organiser, prioriser, focaliser voire catalyser les efforts de tous les habitants du lycée de manière à ce qu’ils deviennent co-producteurs des visions qui les animent.
Pour cela, les résidents ont cherché à décliner le thème général d’un ‘campus ouvert’ en une série de solutions concrètes, de propositions réalistes et possibles à mettre en œuvre à moyen terme.
_La notion de campus ouvert peut se décliner de différentes manières. C’est d’abord, un lieu ouvert au monde: inviter un professeur d’un jour…; héberger des spectacles pour amener la culture au lycée; accueillir l’école des parents; loger des touristes à l’internat l’été…
_Un campus ouvert c’est aussi l’école hors des murs: organiser un cours ailleurs…; comprendre l’environnement socio-économique avec des enquêtes dans le quartier; découvrir que mon prof est aussi… autre chose et qu’il y a des talents cachés chez les habitants du lycée.
_Le campus serait alors une ressource pour le quartier, la ville, la région: le CDI pourrait être une bibliothèque de Revin; les équipements sportifs mis à disposition; le lycée accueillerais l’université du troisième âge locale et la livraison des AMAP du quartier…
_Les échanges avec l’extérieur pourraient s’intensifier: l’accueil de séminaires professionnels contre des visites d’entreprises pour les élèves, l’offre de micro-stages d’une demi-journée pour comprendre la vie hors du lycée; des heures de volontariat dans une association locale…
_Enfin, le campus ouvert c’est aussi l’éducation hors de l’enseignement: journées bloquées thématiques; clubs de découverte d’une heure seulement; mélanges entres les sections…
La liste n’est pas longue pour le moment: tout au plus une vingtaine de propositions à soumettre, discuter, enrichir… pendant la seconde semaine.
Ces propositions sont matérialisées sous forme de cartes-solutions: un titre; une propositions en quelques lignes; un visuel pour la situer dans le nouveau lycée. Un jeu de cartes pour jouer, pour présenter les idées, les manipuler en les discutant, éliminer les moins prometteuses, en ajouter et finalement les agréger en projets possibles…

écran du campus wall

Un campus wall…
« de toute manière ici rien de changera » nous dis une élève visiblement profondément résignée. « ici tout est lourd et compliqué… pour faire la moindre chose il faut fournir trois devis, remplir des papiers… »; « ce qu’il faudrait c’est que quelque chose change immédiatement… » pour ré-enchanter les gens…
La tentation est trop grande: les uns et les autres se plaignent de la mauvaise circulation de l’information dans le lycée; les résidents sont installés dans une pièce où dorment quelques ordinateurs; le bureau des conseillés pédagogiques est vitré et donne sur préau où stationnent tous les élèves…
Il faut tenter l’expérience!
Avec quelques complicités internes, les résidents mettent en place un système d’information digitale très sommaire mais tout de même bien fichu: un écran plat dans le bureau vitré tourné vers le préau où stationnent les élèves, un autre dans le hall d’entrée; une série d’annonces brèves et illustrées qui tournent en boucle; une mise à jour chaque soir pour le lendemain; une surface d’information autour de chaque écran qui explique comment ça marche et averti qu’il ne s’agit que d’une expérimentation en test jusqu’à la prochaine semaine de résidence…
C’est le campus wall: campus pour signifier le futur lycée où l’on sera accueilli comme sur un campus et wall pour rappeler aux élèves leur habitude d’écrire sur le wall de Facebook. Le campus wall est un maquettage réalisé dans l’esprit d’une communication horizontale (une adresse mail permet à tous de publier une information du jour pour le lendemain) et d’une qualité de l’information (un format bref et le respect d’une ligne graphique mise en page par les résidents).
Bien sur ce n’est qu’une simple borne d’information comme on en trouve dans toutes les gares et les hôpitaux… Mais elle a deux particularités qui rendent l’expérimentation intéressante:
_toutes les bornes d’information sont issue d’une volonté institutionnelle alors qu’ici c’est une demande de tous: les élèves, les conseillés d’éducation, la direction, l’administration, les professeurs…
La première question intéressante est: qui va s’approprier ce nouvel outil et comment?
_jeudi, jour de l’installation était un jour de grève avec très peut de monde dans l’établissement. Vendredi matin le campus wall était opérationnel montrant que certaines choses peuvent aussi se faire rapidement…
La seconde question intéressante est: est-ce que cette petite action va déclencher l’envie d’en tenter d’autres?
Rendez-vous pour les réponses à la prochaine semaine de résidence…

JOURNÉE DE REPÉRAGES A REVIN

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Campus convivial…
« Qu’est ce qu’il y a de positif à Revin? » ; « Qu’est ce qui marche? » ; « De quoi est-on fier ici? » La journée de repérages de la prochaine résidence au lycée Jean Moulin de Revin à permis de rencontrer des lycéens, des professeurs, une partie du personnel administratif et d’encadrement, des acteurs culturels extérieurs et de leur demander pourquoi ils aiment ce lycée… « L’ambiance est humaine » ; « les gens sont faciles d’accès » ; « les gamins sont attachants » ; « il y beaucoup d’affectif »… et puis « le site est splendide » ; « les courbes de la Meuse » ; « la vue sur toute la vallée »… Mais est-ce qu’on parle bien du lycée de Revin? Celui-là même que l’on nomme le lycée d’Orsy du fait du quartier du même nom en contrebas né de l’urbanisation des années soixante-dix et aujourd’hui qualifié de quartier ‘difficile’. Celui dont les grandes bâtisses un peu mornes et fatiguées ne donnent pas envie d’y inscrire ses enfants, pas plus qu’elles ne donnent à ces derniers l’envie de gravir la pente raide qui y conduit pour aller en cours… Oui c’est bien lui et cela fait du bien de l’entendre décrit sous une image différente de celle qui lui colle à la peau depuis sa construction.
Le lycée de Revin pourrait peut-être être vu comme une sorte de ‘campus convivial’. Un campus parce que Revin est à la fois un lieux, un site vaste et éloigné du centre: les lycéens y arrivent le matin et repartent en fin de journée. Il y a certainement plus à gagner à en faire un lieu agréable à habiter tout au long de la journée que de faciliter la mobilité des lycéens vers le centre de Revin. Un campus convivial parce c’est ce que l’on ressent en passant une journée sur place: les gens font le lycée contre les murs délabrés. « Les gamins discutent avec les profs dans les couloirs » ; « tout le personnel se sent traité d’égal à égal » ; « c’est un peu un grande famille ».

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La vie entre les cours…
Des trois thèmes pressentis pour focaliser la future résidence, habiter le lycée entre les cours semble être une préoccupation partagée par tous les acteurs rencontrés. Les lycéens les premiers: « quel est le lieux qui vous plaît le plus dans votre lycée? « Le CDI (Centre de Documentation et d’Information) parce qu’on est au chaud; il y a des fauteuils, un coin pour discuter; des ordinateurs, on peut aussi travailler… ». Cette réponse est emblématique des échanges de la journée. Elle recoupe aussi les deux autres thèmes envisagés: l’environnement du lycée et son accessibilité est un épineux problème de provenances multiples et éloignée des lycéens, d’horaires de bus, de financement des transports; la vie numérique au lycée est une problématique encore naissante; elle se traduit surtout par des questions d’accessibilité à des ordinateurs connectés tant sur place qu’à domicile.
En tout état de cause, ‘habiter’ le lycée est une vraie préoccupation: qu’il s’agisse d’attendre le matin en hivers le début des cours dans un préau mal chauffé; de trouver un endroit pour manger son sandwich si l’on en fréquente pas la cantine; d’occuper son temps de permanence entre le bus obligé du matin et celui du soir; d’inventer une palette d’activités intermédiaires entre ‘zonage’ et salle de cours.

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Faire passer l’information…

« Ils avaient dit qu’il y aurait un foyer mais apparemment c’est toujours fermé »; « un élève se désigne responsable et vient chercher la clé: c’est aussi simple que ça! »; « le foyer est toujours fermé alors ils mangent dans les escaliers et ils faut nettoyer »… Le lycée est une grande maison: plus de 600 élèves, 120 encadrants, un dédale de couloirs et de bâtiments. Faire passer l’information n’est pas une chose facile. Chacun est occupé justement par son travail, favorise la socialisation avec ses pairs, passe sans parfois prendre le temps de s’informer, de s’arrêter. Faire passer l’information est une vraie préoccupation. Les réunions pendant la journée de repérages ont été riche d’enseignements fournis par les uns et apparemment ignorés par les autres. Cette question de l’information se décline de toutes les manières: en interne, comment faire en sorte que toutes les populations du lycée soient au courant de ce qui s’y passe? En externe, comment faire passer une image juste du lycée de Revin au delà des préjugés qui lui collent à la peau? Enfin en terme de représentations, comment faire voir le récipient à moitié plein plutôt qu’à moitié vide et faire naître dans la tête de chacun des visions positives pour l’avenir?