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Transfo Pays de la Loire / Semaine 9.2 / Stratégie de visibilité & Diffusion des pratiques de l’équipe innovation

 

Nous sommes bien dans la dernière ligne droite du programme de la Transfo, mais aussi du lancement officiel de la fonction innovation en interne de la Région. C’est pourquoi nous avons pris l’optique de consacrer deux jours de résidence en décembre à poursuivre notre travail en petit comité pour affiner la stratégie de visibilité et de diffusion des pratiques de l’équipe innovation au sein du Conseil Régional.

Si le travail de fonds sur des sujets spécifiques comme le bureau du futur ou Hub PME sont en eux même d’excellents medium de communication, il se pose la question de la diffusion à une échelle plus large des pratiques de l’équipe et de la démarche engagée.
C’est donc sur ce thème que nous nous retrouvons le mardi 10 décembre au matin.
Grâce à un brainstorming permettant d’identifier l’ensemble des modalités de communication souhaitables, nous arrivons à dégager les actions centrales à réaliser :
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Le temps collectif suivant invite à reposer des mots sur la finalité de la démarche de l’équipe innovation.
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Et c’est à partir de ces grandes briques que nous nous répartissons les enjeux pour les 2 séquences de travail suivantes.
> Les designers se concentrent sur la poursuite du Book de l’équipe innovation qui présentera la démarche générale, les sujets déjà traités, les modes opératoires de façon générale et l’organigramme. Pour nourrir la page sur la présentation de l’équipe, un petit groupe d’agents et de résidents digèrent les finalités dégagées le matin et propose une version rédigée télégraphique, en s’inspirant des items pris sur le site internet du Mind Lab pour donner à comprendre la démarche globale.

> Dans un autre coin de la salle, les agents disponibles et l’autre moitié de l’équipe de résidents se donnent comme mission de mieux caractériser les temps de rencontre physiques envisagés en début d’année 2014.
Nous prenons d’abord le temps de définir l’événement de clôtement/lanceture prévu fin janvier.  Il nous paraît important, pour embarquer de futurs « ambassadeurs » en interne de la région, de leur faire vivre une expérience concrète, pratique. La notion de clôture du programme de la Transfo ne sera abordé qu’au travers d’une exposition permanente pendant les 3 jours, et du pot prévu le vendredi midi. Tous les autres temps seront consacrés à la réalisation d’une mini immersion sur le sujet de la proximité de la Région avec ses usagers. Finalement, cette forme ressemble fortement à la première semaine de Campus : la boucle est bouclée!
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Le mercredi après midi, nous reprenons avec les agents disponibles les autres temps de rencontre
envisagés. Nous choisissons d’en approfondir certains pour leur donner un début de forme et de contenu. Ces éléments serviront de base à l’équipe innovation pour aller plus loin.
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Nous avons également pu prendre un moment spécifique pour échanger sur la constitution et l’animation d’une Communauté de pratique. Mickael Poiroux, de la Mission Val de Loire, très présent durant le programme de la Transfo a partagé son envie de poursuivre ses rapprochements entre praticiens de l’innovation du service public.
Cela pourrait passer par de la diffusion des pratiques via un site internet disposant d’un annuaire, de présentations d’initiatives et d’un calendrier commun…, mais aussi par des temps d’échange de pratiques et des barcamp, ou encore des formations dédiées.
La question du portage de l’animation est ouverte : est ce à la région, à l’équipe innovation, à la PRI de porter cette démarche ? Toujours est il que cette réflexion de moyen terme doit être considérée dès maintenant pour permettre une aggradation collective des pratiques en cours de mise en œuvre!

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Transfo Pays de la Loire / Semaine 5 / Jour 3 : Tester et prendre du recul


Mercredi 13 novembre

L’équipe se retrouve pour un début de débrief au petit matin, rapidement écourté pour retrouver Anne Bassinet, Directrice Générale Déléguée Stratégie et Territoires, et, pour nous, « directrice référente » puisque régulièrement rencontrée et responsable de la direction prospective.  A nouveau, nous nous séparons : la moitié de l’équipe part au RDV, l’autre moitié met ce temps à profit pour synthétiser, en billet de blog et en schéma, ce qui a été dit et produit jusqu’alors.

Le rendez-vous : obtenir d’avoir des agents « permanents »

Le rendez-vous est pour nous un moment important. Nous ramons depuis trop longtemps à faire participer des agents à nos semaines, alors même que nous avons pu compter très rapidement sur la grande aide de quelques alliés dans la maison. Nous cherchons donc activement des moyens de dépasser le stade des chasses aux participants répétées avant chaque semaine pour pérenniser notre démarche. Une bonne part de l’entretien sera donc tourné vers ce but. Nous repartons avec une liste de directions/personnes fléchées et l’accord pour transmettre et appuyer nos futures demandes vers ces « cibles ». A nous d’envoyer au plus vite un premier calendrier de la semaine de février ! Calendrier auquel nous travaillons justement…

Par ailleurs, ayant eu vent d’une nouvelle commande politique qui semble nous concerner, nous cherchons à comprendre ce qu’il en est et à nous affirmer comme interlocuteur bienveillant sur le sujet. Tendres ingénus, nous découvrons encore cette possibilité qu’une demande politique intervienne sans crier gare au milieu du travail des administratifs. Or il faut bien s’y faire ! Et si cela nous inquiète un peu de prime abord compte tenu des efforts que nous déployons pour réfléchir sur la méthode, le principe que les élus se saisissent au plus vite d’une question leur semblant primordiale sans attendre qu’elle colle à l’agenda administratif n’en est pas moins compréhensible. Nous nous mettons donc d’accord pour nous rapprocher des agents saisis de la demande et voir avec eux comment nous pouvons participer à la réponse.

Plus généralement, cet épisode montre bien comment le fonctionnement théorique entre politique et administratif est différent dans les faits, comment les aspects transversaux sont complexes à gérer et enfin comment des équipes travaillant sur un sujet peuvent ne pas être consultées sur une question pourtant directement en lien avec leur travail. L’analyse des causes de ce fonctionnement (travaux méconnus, manque de temps pour identifier les compétences à associer, culture du travail par directions…) et la proposition d’alternatives devra forcément apparaître quelque part dans notre production au bout du programme… De façon plus précise, nous sommes, à un moment où nous nous le demandions justement, directement alertés sur les questions de « gouvernance de la fonction innovation ». Qui décide d’utiliser cette fonction ? Qui pose le sujet dont elle se saisit ? Quelles compétences sont alors activées et comment ?

Parallèlement, production de synthèse

Synthétiser la réflexion, la mettre en forme pour y voir plus clair voilà ce à quoi s’attèle le reste de l’équipe.

11h > 12H30 : un temps commun de partage des avancées de la veille avec les agents

Suite à la séparation des équipes, et au fait que certains agents n’aient pas pu se libérer pour la phase de test sur le terrain, nous nous remettons à niveau avec ceux qui ont pu prendre le temps de nous rejoindre. Les designers de l’équipe expliquent les mises en formes réalisées (les idées « prototypées » ainsi que la synthèse de la réflexion sous forme de schéma), mais aussi les réactions recueillies lors de la soumission de ces idées à l’animatrice de l’ERN Médiagraph rencontrée la veille. Cette remise à niveau collective permet de relancer la discussion, d’affiner les propositions… et même de faire naitre de nouvelles idées.

15h > 17h : immersion dans une maison de quartier

L’après midi, le coeur joyeux et l’esprit chantant, nous nous rendons dans le quartier du Breil et plus particulièrement à l’espace multimédia de la maison de quartier.

Certains d’entre nous discutent avec l’animateur pendant que d’autres interviewent les adolescents présents : raison(s) de leur présence, relation à l’animateur, ambiance du lieu, et… orientation ! Nos discussions sont intéressantes, mais aborder avec le sujet de l’orientation est délicat: ils sont très jeunes (5e et 4e) et n’ont pas encore trop d’idées, ne savent pas encore à qui ils vont s’adresser , ni comment ils vont s’y prendre, ni si Daniel_ l’animateur_ sera leur interlocuteur. Bref, la discussion n’est pas facile à mener et nous avons l’impression de leur demander de s’exprimer sur des choses dont ils n’ont pas grand chose à nous dire.

Le deuxième temps de notre visite sera plus intéressant : nous descendons d’un étage voir la personne de l’accueil de la maison de quartier.

Elle nous réconforte d’emblée : « Je suis la porte ouverte du service public ». « On me demande tout, caf, stage de 3e, aide au CV, horaire de la piscine … ». Nous sommes donc fasse à une véritable « Passeuse », c’est à dire, pour nous, une personne qui est en relation avec le public cible de l’orientation mais qui n’est pas forcément compétente en la matière.

Partageant notre vision des choses, elle nous confirme son manque d’outils, de méthodes et de savoirs pour orienter ces gens vers les « bonnes personnes ».

Nos idées lui paraissent intéressantes mais peut-être encore trop vagues. Grâce à notre discussion, c’est elle qui nous permettra d’aller plus loin en nous montrant des outils qu’elle a l’habitude d’utiliser : le guide des associations de son quartier (un livret-annuaire édité par la mairie de quartier). Voilà qui nous intéresse. Quel serait l’équivalent nommé « Guide des acteurs de l’orientation du quartier du Breil » ?

Car oui, tous nous l’ont dit : « un annuaire des professionnels c’est bien, mais il faut qu’il soit à l’échelle du quartier car les gens ici n’ont pas de voitures et ne feront pas l’effort d’aller à l’autre bout de Nantes pour rencontrer la personne ou la structure indiquée. Il faut qu’on les oriente vers des professionnels proches » 

Voilà une des difficultés : comment la Région peut-elle se saisir, avec ses partenaires bien sur, de la question et contribuer à inventer des outils pour des échelles si fines?

Nous laissons la questions en suspens. Une chose est sûre : outiller les passeurs semble être une bonne idée, et même un impératif. Reste à savoir comment. Avec un annuaire local des professionnels ?  un temps de formation?la mise en place d’un réseau des passeurs ? Nous n’avons pas encore LA solution (et elle est certainement multiple) mais l’immersion aura confirmée que la zone d’action est la bonne !

Sur ce, rendez-vous demain pour un dernier atelier sur le sujet qui consistera à mettre en mots les propositions afin de les présenter aux élus vendredi.

Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 4

L’immersion à la Flèche continue, pour son troisième et dernier jour. Au programme de la journée : deux ateliers de prospective, un le matin avec les résidents du foyer d’hébergement et un deuxième le soir au théâtre de la Flèche, ouvert au grand public et en présence d’élus.

L’atelier du matin se déroule comme prévu. On test à nouveau les outils. Malgré des craintes unanimes face à la complexité du radar du futur et sa difficile compréhension de la part de personnes âgées, nous sommes agréablement surpris de sa bonne réception. Le test sert aussi à ça finalement : à aller à l’encontre d’aprioris que l’on pourrait avoir sur nos productions. 

L’après-midi, nous nous rendons au théâtre de Halle aux blé où nous avons prévu de convier le grand public. C’est une course contre la montre qui commence : il faut régler les derniers détails, faire face aux imprévus. Une équipe scénographie s’occupe de trouver une solution au fait que nous n’aurons pas accès à la scène comme nous l’imaginions. Une équipe logistique s’occupe de mettre en place la salle, tandis qu’une équipe signalétique s’occupe de rendre les lieux facilement accessible. Les agents semble avoir retirés leur costume de fonctionnaires territoriaux à l’entrée… le cadre Transfo transforme !

18H00 : les premiers citoyens arrivent… le stress monte. Les journalistes réalisent des interviews dans des recoins du théâtre.


18h15 : Mr le maire franchît la porte, la lumière s’éteint, puis se rallume : le spectacle commence !

Car oui nous avons décidé de commencer cette soirée par un petit temps théâtral. 4 agents du Conseil Régional se sont prétés au jeu pour raconter trois récits de vie. Les spectateurs sont projetés en 2040, le mariage homosexuel semble avoir été accepté, le télétravail est une réalité, le littoral est une zone de villégiature pour les retraités anglais, l’excellence dans le domaine des algues marines est une réalité économique …
L’ambiance est posée : ce soir nous sommes tous réunis pour imaginer le futur, pour sonder les visions et les aspirations des citoyens.
Nous passons dans la salle annexe où nous nous répartissons en petit groupe. Radar du futur et photo-langage sont à nouveau expérimenté mais cette fois-ci dans leur version aboutie.


Le format atelier, bien qu’ayant déstabilisé quelque participant (qui s’attendait à un débat classique) semble avoir été apprécié :

  • Les discussions sont équilibrées. Contrairement à un débat classique où certains monopolisent la parole, les ateliers permettent à chacun de s’exprimer.
  • Les discussions portent sur les intérêts des participants. Un certains nombres de thèmes sont abordés en peu de temps sans pour autant être survolés.
  • Les échanges sont directs et permettent réellement la confrontation des points de vue.
  • L’animation fait preuve de « fraîcheur ». On découvre l’institution régionale « sous un autre jour ». Elle est désacralisée.
  • La parole est entendue : elle laisse trace. « On ne parle pas dans le vent, on peut espérer que les gommettes qu’on colle soit analysées »

22H30
La soirée se termine… premières discussions dans l’équipe. La satisfaction est unanime. On se lance des fleurs et ça fait du bien ! Mais une élue nous met en garde : « qu’allez vous faire de tout ça ? » Et effectivement (et pour utiliser une métaphore sportive), il reste à transformer l’essai !
Comme nous le disions lors du précédent post, nous avons désormais une dette envers les personnes qui nous ont consacré du temps et on se doit de leur retourner un document de synthèse.
Mais pour l’heure _ 00h30, nous arrivons à Nantes _  il est l’heure de se coucher : au dodo !

Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 3

Il est 7h du matin et notre deuxième journée à La Flèche commence : eh oui, les semaines de Transfo ne ressemblent pas tout à fait à des vacances!

Le programme est chargé et il n’y a pas de temps à perdre. Nous essayons de nous répartir les tâches au mieux: pendant qu’une équipe s’installe sur le marché, l’autre prend ses marques au lycée d’Estournelle de Constant. L’occasion de mettre en pratique,  auprès de publics différents, les « questions à réactions » travaillées la veille.

Tester, c’est aussi apprendre à tirer des leçons de nos échecs pour tenter d’améliorer les processus mis en oeuvre. La veille, en faisant le point sur l’atelier à l’IFSI, nous avons réalisé que nous avions – dans l’urgence et malgré un effort de préparation important – complètement négligé un aspect important de l’introduction. Pourtant, aménager un vrai temps de présentation est le préalable indispensable pour parvenir à instaurer d’une relation de confiance entre nous et les personnes qui participent à l’exercice. Question de politesse, d’honnêteté ou d’intégrité, chacun en convient, nous avons une forme de dette envers ces personnes. Quel que soit l’outil utilisé pour aller à la rencontre des citoyens, toute personne qui accepte de donner de son temps est en droit d’exiger de :

  • savoir QUI l’interpelle
  • savoir POURQUOI elle est interpellée
  • savoir COMMENT sera utilisée sa parole

Avant de nous lancer, nous prenons donc dans chaque groupe le temps de présenter un « protocole » défini la veille par les résidents pour apporter, d’entrée de jeu, des réponses aux questions ci-dessus.

Après quelques heures de mise en pratique vient le temps du débriefing. Jacky et Nicolas, restés au « QG » pour continuer un travail de fond sur la préparation de la suite de la semaine, en profitent pour nous rejoindre et partager les enseignements tirés de cette expérience. Premier constat: il est très facile de s’approprier l’outil, bien que chacun le fasse à sa façon. Par ailleurs, nous sommes tous agréablement surpris par les réactions des personnes abordées, bien plus positives que ce que chacun pouvait imaginer. Enfin, nous réalisons que l’outil n’a pas nécessairement répondu à l’objectif de départ mais que sa mise en oeuvre a permis, entre autres:

  • de « faire du buzz » pour la séance du jeudi
  • de désacraliser l’institution régionale
  • d’instaurer un lien de confiance entre la Région et les citoyens
  • de sensibiliser les participants sur la Région
  • de mettre le pied à l’étrier des agents-animateurs

Pour autant, quelques ratés sont à déplorer. Tout d’abord, sur le fond, personne n’est sûr d’avoir appris des choses nouvelles. Les contenus recueillis ne sont pas inintéressants, mais n’apportent rien de nouveau. Par ailleurs, on peut quand même regretter un certain effet micro-trottoir (qui, on s’en doutait, est probablement inévitable dans ce genre d’exercice, mais rien ne vaut la preuve par l’expérimentation). Enfin, faire le lien avec la soirée du jeudi, qui portait sur la prospective, était loin d’être évident. Beaucoup de questionnements persistent, mais c’est aussi cela l’intérêt du test! D’autant que des pistes d’amélioration se dessinent.

Après une pause-déjeuner salutaire, nous allons cette fois-ci investir la Mairie pour un temps de travail collectif. Encore une fois, l’ampleur de la tâche nous invite à nous répartir en petits groupes, car nous avons une heure pour récupérer et commencer à mettre en forme les contenus recueillis grâce aux 3 outils testés. Nous initions donc un travail qui nous sera fort utile pour commencer à réfléchir au contenu du « 6 pages » de restitution que nous nous sommes engagés à produire à l’issue de l’immersion. Le retravail du contenu du photo-langage dévie assez rapidement sur une proposition d’amélioration de l’outil en soi, sans qu’une proposition de mise en forme de l’ensemble des contenus récoltés ne soit vraiment esquissée. Eh oui, les consignes sont aussi là pour être détournées!

Séance de travail à la Mairie: comment restituer et mettre en forme les contenus récupérés?

A 16h, une partie de l’équipe se dirige vers la Bibliothèque pour une nouvelle séance de Questions à réactions, pendant que le reste de la troupe retourne au « QG ». Quelques uns planchent sur les items du Radar du futur, dont certains sont loin de faire l’unanimité. Avec parfois l’impression de couper les cheveux en quatre et de remettre en cause de façon permanente des choix forcément un peu subjectifs. Chacun réalise vite que si le test permet de tirer des enseignements essentiels pour améliorer nos outils, la phase de retravail se révèle souvent à la fois passionnante, chronophage et épuisante! Pendant ce temps là, nos comédiens dans l’âme répètent leur « spectacle »: d’un commun accord, nous avons décidé de renforcer la théâtralisation des récits de vie. Avec plus ou moins d’appréhensions, car se mettre en scène reste assez loin des pratiques quotidiennes des agents d’une institution régionale, chacun fini par se prêter au jeu.

On tâtonnes, on retravaille, on se prend la tête, mais une chose est sûre: on avance, d’une façon ou d’une autre. Et on apprend énormément, que ce soit de nos succès ou de nos échecs!

Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 2

Ca y’est ! Nous y sommes ! Après avoir longuement travaillé sur la question de l’immersion et sur les finalités de celle-ci en semaine 3, nous voici à La Flèche ! Agents, participants extérieurs et équipe 27e Région, nous sommes une douzaine sur place pour tester sur 3 jours différents outils.

Avant tout, nous rappelons l’objet de notre quête : questionner les modalités de rencontre entre la Région et ses citoyens. Comme à notre habitude, l’équipe recontextualise la démarche et lance un état des lieux de l’avancée des différents outils pensés pour la semaine. Depuis juin, les échanges de mails sont allés bon train mais rien ne vaut une bonne mise à jour en face à face ! A nouveau, la démarche se veut ouverte et nous mettons de suite en discussion les outils.

Les 2 propositions d’outils destinés à des temps d’atelier, bien qu’assez avancées dans leurs formes (sans savoir si celles-ci se révèleront appropriées ou non), sont encore à préciser, ne serait-ce que dans leurs modalités de mise en route. Entre le « photo-langage » et le « radar du futur », la matinée passe vite à préciser collectivement les étapes qui nous permettrons d’animer chaque outil. Nous prenons la logique d’animation/mini-formation à coeur et tâchons de faire en sorte que les citoyens que nous allons rencontrer puisse rentrer dans les outils aussi simplement et progressivement que possible, que leurs premières réflexions puissent leur permettre de rentrer dans la logique prospective, de rentrer dans la démarche, pour ensuite s’exprimer de la façon la plus ouverte qui soit, en connaissance de cause. Au fur et à mesure des discussions et des différentes modalités envisagées, nous nous rendons bien compte du lien direct entre les questions auxquelles nous cherchons à répondre et la façon dont il va nous falloir scénariser les outils. Cependant, imaginer tous ensemble les avantages et les inconvénients de telle ou telle mise en forme (relativement complexe compte-tenu du format des ateliers), la requestionner face aux objectifs s’avère parfois difficile et peut-être même quelque peu inefficace alors que les premiers tests grandeur nature sont prévus pour la fin de journée…

En début d’après-midi, nous lançons une réflexion sur un outil que nous avons moins précisé : des « questions à réactions » à même de susciter la discussion sur des lieux comme le marché ou dans la rue dans lesquels nous n’aurons pas le temps ni les moyens de s’appuyer sur des supports complexes. L’équipe explique son parti pris : tant qu’à questionner les personnes croisées dans la rue sur un thème plus resserré, pourquoi ne pas le faire sur cette fameuse question de la relation entre la Région et ses citoyens ? Sur cette base, nous imaginons collectivement, sur le mode brainstorming, une collection de modalités toutes aussi décalées par rapport à ce qui existe aujourd’hui que pertinentes compte tenu de ce que nous cherchons à obtenir. A force de regroupements, nous reprécisons nos attentes et identifions des sous-thèmes plus à mêmes de susciter la réaction. Nous arrivons finalement à un constat : plutôt que de questionner les citoyens dans un mode assez déconnecté de la réalité, tourné vers 2040, pourquoi ne pas jouer à fond la carte de l’étonnement ? Nous décidons de nous présenter demain au marché comme des personnes de la Région envisageant sérieusement différents modes de consultation aussi loufoques que susceptibles d’exister un jour. Nous écrivons les phrases sur lesquelles nous nous baserons demain : « Bonjour, nous sommes de la Région et nous réfléchissons aux relations entre les citoyens et la Région. C’est pourquoi nous envisageons de faire venir un élu chez vous pendant une semaine ». Ou encore : « Bonjour, nous sommes de la Région et nous réfléchissons aux relations entre les citoyens et la Région. C’est pourquoi nous envisageons d’augmenter les impôts des personnes ne participant pas aux réunions publiques ». Nous espérons bien que cette approche débridée amènera, au-delà des réactions d’étonnement, des discussions ouvertes et vivantes sur les buts, les limites, les intérêts, les possibilités d’échanges entre citoyens et Région…

Vient enfin le temps de notre premier test des outils destinés aux ateliers ! Nous arrivons à l’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) un peu avant 17h et nous installons rapidement. Nous découvrons que le public sera très restreint mais nous le prenons comme la possibilité de tester nous-mêmes les outils en se mêlant aux 4 personnes présentes. Compte-tenu de ces circonstances, sur le temps d’un atelier, nous nous répartissons en deux groupes et produisons un « radar du futur » et un « poster flou » issu du photo-langage. Ces premiers tests jouent pleinement leur rôle d’objets martyrs. En effet, à peine ces objets produits, nous demandons à nos participants de nous faire leurs retours… Des retours pleins de questions et même, de quelques débuts de remises en cause vraisemblablement accentués par le fait que nous avions pleinement – voire un peu trop – joué le jeu de l’expérimentation et affiché dès le départ nos questionnements… C’est là le jeu de l’ouverture !

Loins d’être parfaites, les formes et les méthodes proposées pour les ateliers sont logiquement re-questionnées après dîner, tout comme nos méthodes de co-production et notre organisation. Petit à petit, notre expérience de l’innovation publique ouverte se forge… Demain, dans quelques heures, nous irons à nouveau à la rencontre des citoyens, les « vrais »(!), un aller-retour entre réflexion et pratique, fondement de notre démarche, que le quotidien ne cesse de conforter !

Région 15-25 : un mot d’introduction à la 3e semaine en Champagne-Ardenne

La troisième semaine de la Transfo en Champagne-Ardenne se déroulera du 2 au 6 avril 2012. Chaque semaine est l’occasion d’élaborer et d’expérimenter de nouvelles manières de concevoir des politiques publiques avec tous leurs protagonistes.

Pour mieux faire, apprenons de ce qui a été fait.

Carte LycéoCette semaine, il sera question de « déshabiller » un dispositif public existant pour mieux construire des dispositifs à l’avenir. Nous nous intéresserons au volet culture de Lycéo, une carte qui offre aux lycéens des aides et des réductions pour les frais scolaires et périscolaires.

Filature : mode d'emploiPour mieux rêver un tel dispositif régional, nous avons entrepris d’investiguer Lycéo tel qu’il est aujourd’hui. Jusqu’au 26 mars, les participants à la Transfo ont mené une filature photographique. Munis d’appareils photo jetables pendant une dizaine de jours, les participants devront traquer toutes les manifestations physiques du dispositif Lycéo volet culture dans leur quotidien (affiche, carte, enseignes partenaires, personnel…), et ce afin de créer un répertoire de ce qui est visible et lisible de ce dispositif, ce qui est compréhensible par un habitant de la Région. Nous débuterons donc la semaine par un dépouillement de ces prises de vue.

Chaque jour sera raconté et mis en perspective sur ce blog, à la manière d’un journal de bord.
Par ailleurs, plusieurs moments d’échange, de présentations publiques sont réservés tout au long de la semaine (et les semaines suivantes, bien sûr : prochaine semaine du 10 au 16 mai 2012) pour permettre à tous de partager avec les participants leur réflexion et leurs projets, mais surtout d’envisager ensemble ces nouvelles manières de produire des politiques publiques.

Transfo Pays de la Loire / Semaine 2 / Jour 5

Dernier jour de cette semaine d’immersion et d’exploration de l’institution régionale pour l’équipe des résidents. Il est donc grand temps d’achever et d’accrocher notre « mini » exposition dans la documentation, afin de rester présents d’ici juin. Nous présentons cette proposition aux agents en charge du lieu en début d’après-midi et sommes déjà curieux de revenir en juin pour savoir ce que cela aura provoqué.

Exposition de ce qu'est la Transfo et de nos réflexions sur les vitres et les murs de la Documentation

Mais l’immersion est utilisée jusqu’à la dernière minute pour notre exploration : avec en poche des idées de plus en plus nettes sur ce qui se passera en juin et en septembre, nous prenons le temps d’élargir une dernière fois notre vision de notre mission. Le matin, nous rencontrons Patricia Bruneau, chargée de mission Agenda 21 à la DPSA21, évaluation en cours ; puis dans l’après-midi, Nicolas Rio, collaborateur du Bureau d’études Acadie, actuellement impliqué dans la démarche prospective régionale via l’atelier prospective, dont les scénarios seront livrés juste avant notre deuxième immersion et réutilisés pour préparer avec les agents l’immersion en gare prévue pour septembre.

Excellentes rencontres avant de partir pour nous rendre compte des ponts qu’il faudrait faire avec ces deux démarches, en les comprenant mieux. Car il nous semble évident qu’il ne faut pas avancer en parallèle mais bien en synergie. Comment faire concrètement, au delà de ces premiers rendez-vous ? Comment bien mettre en cohérence nos actions ? Quelles que soient les réponses que nous bâtirons à l’avenir, il s’agira avant tout de penser et de questionner ce que chacun apporte à la démarche collective, selon son cœur de métier et sa posture. Et déjà se profilent des possibilités de se rejoindre avant la finalisation des travaux des uns et des autres : dans ce cas, quelle sera l’acceptabilité d’éventuelles productions communes, plus pertinentes et plus efficientes ? Voilà en tout cas qui devra nous occuper dès juin, en parallèle des accompagnements plus précis et plus immédiats de l’équipe prospective de la DPSA21.

Bilan de la semaine

Illustration du parcours de l'équipe pendant la semaine

Et bien sûr, nous prenons le temps d’un bilan avec Anne Bassinet (DGD Stratégie et territoires), Guillaume Julien (Directeur de la DPSA21) et Olivier Ryckewaert (Labo des mutations), en les invitant à une réunion dans « notre » bureau – entendez à la doc ! Outre des considérations très pratiques et concrètes pour organiser les semaines à venir et les temps d’intervalles, ce dernier temps de travail, nous permet de nous arrêter sur quelques points essentiels :

  • Il est évident pour nous tous que les réflexions et réactions que nous avons proposées ces derniers jours aux agents et aux élus de la Région des Pays de la Loire ne sont en rien nouvelles – tous ces diagnostics sont faits depuis longtemps…. et parfois trop longtemps. Mais justement, notre rôle d’aiguillon extérieur joue là à plein pour re-lever tous ces points qu’on laisse filer dans la surcharge des missions. Remettre en questionnement les agents dans leurs quotidien, dans leurs pratiques, les pousser à se redemander le pourquoi avant le comment, bref, sortir du guidon pour permettre de le reprendre avec plus de sens, voilà des choses qui comptent déjà, seulement sur ces quelques jours
  • Outre le choix de la gare et la construction des séances de travail à venir avec les agents, il va surtout falloir travailler à mobiliser – et pour cela, tous nos interlocuteurs nous renvoient la même demande : leur expliquer et leur donner les moyens d’expliquer ce que fait/est la tranfo, et surtout ce qu’elle se propose de faire avec les agents du Conseil Régional. Nous voilà donc pris à notre propre jeu, et c’est une très bonne nouvelle : l’équipe va devoir plancher dans les semaines à venir sur une forme, une représentation, une traduction de tout cela propre à faire comprendre notre posture, sans nous enfermer dans des cases fixes qui nous empêcherait de construire en marchant – propre aussi à être appropriée par les agents pour qu’ils transmettent et mobilisent à leur tour – propre enfin à leur faire comprendre que oui, venir participer aux travaux de juin et de septembre peut vraiment leur apporter dans leurs missions quotidiennes. Belle gageure pour l’équipe – mais bien sûr, nous n’oublierons pas au passage qu’il s’agit toujours de co-construire ; nos interlocuteurs de la DPSA21 et du labo des mutations seront donc aussi mis à contribution dans ce travail, qu’ils se le tiennent pour dit !
  • Dernier point enfin avant de conclure : au delà de l’immersion en gare, et de la phase de consultation participative, c’est toute la démarche prospective que nous accompagnerons dans les 2 ans à venir. Alors nous avons pris le temps ce vendredi matin de penser un peu plus loin, afin au moins d’identifier sur quoi il allait falloir travailler….

Et une chose est sûre, il arrivera sûrement beaucoup d’inconnues sur le chemin, mais l’ennui lui, n’en sera jamais !

2 ans de prospective régionale et de Transfo - Schéma en construction...

Merci à chacun des agents et des élus qui ont bien voulu nous accorder du temps et nous ouvrir les portes de leur métier au cours de cette semaine infiniment enrichissante. A tous nous donnons rendez-vous la semaine du 18 juin – d’ici là n’hésitez pas à venir jeter un œil sur nos autres créations de la semaine accrochées à la documentation.