Archives de Tag: première semaine

Les résidents s’en vont, les projets restent.

Objectif: assurer la continuité entre les semaines de résidence

L’objectif de ce dernier jour de la première semaine de résidence est de s’assurer que les questionnements initiés par l’équipe de la 27e Région au lycée Gabriel Fauré d’Annecy se poursuivront en l’absence des résidents. Afin de maintenir la présence de la 27e Region dans le lycée, nous organisons la diffusion méthodique de l’adresse du blog et installons un nouvel accrochage dans le foyer de l’espace Gabriel Fauré.

Signalétique indiquant le QG des résidents

Pour faire la publicité du blog auprès des habitants du lycée, nous utilisons un tampon encreur pour inscrire sur des affiches, des feuilles volantes, mais aussi sur les mains des lycéens qui le veulent bien, l’adresse du blog. En outre, par l’intermédiaire du proviseur adjoint M.Deprez et du professeur de philosophie Emmanuel Delessert, nous faisons parvenir aux délégués de classe une note leur demandant de communiquer à tous leurs camarades l’adresse du blog.

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Des esquisses de projets pour le lycée Gabriel Fauré

Une résidence sur la citoyenneté au lycée

Le point de départ de la résidence de l’équipe de la 27e Région au lycée Gabriel Fauré est une interrogation sur ce que pourrait être un lycée citoyen. Nous avons écarté d’emblée une analyse trop serrée de la notion de citoyenneté pour nous concentrer sur les expressions réelles et possibles d’une citoyenneté proprement lycéenne. Avec comme horizon les principes de participation, d’initiative, de responsabilité, de solidarité et de collectivité, nous nous sommes attaqués au terrain à l’aide des outils spécifiques de la 27e Région.

Le temps du terrain

Pendant trois jours, nous avons exploré le lycée, observé son fonctionnement, dialogué avec ses habitants et documenté ses pratiques. Nous avons cherché à identifier les différentes populations du lycée et à établir la liste de ses ressources matérielles et humaines. Au cours de la discussion continue que nous avons menée avec les habitants du lycée, nous avons été attentifs aux remarques positives sur l’établissement, tout en traquant les failles. Les points forts du lycée, comme ses déficiences, définissent notre champ d’intervention. Notre projet est non pas d’introduire au lycée une citoyenneté figée, mais de créer un espace où elle puisse être débattue et vécue.

De nombreuses initiatives citoyennes

Au terme de ces journées d’immersion, nous avons observé plusieurs expressions de la citoyenneté au lycée Gabriel Fauré. Les professeurs, les élèves et le personnel ont initié plus de projets qu’on ne peut en énumérer. La journée don du sang, la journée Kulte, la journée bio à la cantine, la récolte de matériel scolaire pour le Maroc mettent en jeu plusieurs notions qui peuvent aider à élucider ce que peut-être la citoyenneté au lycée : convivialité, liberté d’expression, esprit d’entreprise et organisation collective. C’est dans ces quatre catégories que s’inscrivent les esquisses de projets que nous sommes en train d’élaborer.


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De l’enquête à la conception de projet

Le mercredi après-midi au lycée, un moment à part

Dans un lycée, le mercredi est un jour à part. La plupart des lycéens n’ont pas cours l’après-midi. Les locaux se vident dès la mi-journée, hormis dans certains espaces à part du lycée. A l’étage des CFA coiffure, les apprentis manipulent dans une ambiance détendue sèche-cheveux et peignes.  A l’étage du dessous, nous rencontrons les élèves d’art plastique et leur professeur qui préparent activement la « Journée Art » prévue pour le lendemain. Une jeune fille s’applique à peindre en bleu ciel des têtes de poupées rasées, à côté d’une fragile installation faites de déchets ménagers en plastique et carton. Quelques internes reviennent de la cantine et traînent dans les couloirs. Mais la plupart d’entre eux, par un jour ensoleillé comme celui-ci, ont filé au Pâquier, vaste promenade paysagère qui se trouve sur les bords du lac d’Annecy. Et c’est là-bas que nous partons à leur rencontre.

Chez les apprentis coiffeurs

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Où s’arrête la vie lycéenne?

Des images qui questionnent le lycée

Mardi 23 mars, en fin de journée, alors que la franche lumière d’Annecy se fait plus tamisée, nous avons ouvert en grand les portes du foyer du lycée. Sur les murs de ce vaste espace désaffecté, unanimement décrié par les élèves et le personnel du lycée comme étant froid et inaccueillant, nous avons accroché une série de photographies qui portent toutes la même légende : « Où s’arrête la vie lycéenne ? ». Elles montrent une salle de cours désertée, des jeunes filles allongées sur un banc dans la cour au soleil, deux amoureux s’embrassant dans un coin d’escalier tandis qu’une lycéenne s’engouffre dans un couloir, l’infirmière riant devant la porte de son bureau qu’elle appelle « sa grotte » …Parmi ces photos, se trouve la carte imaginaire du lycée Gabriel Fauré, que Jean-Sébastien a dessinée en superposant des bribes de paroles entendues à la géographie réelle. Les distances et les désignations sont subjectives et imagées. Le Rhône sépare la rive des enseignants de la rive administrative, tandis que le Foyer Socio-Educatif, QG des lycéens, gravite isolé très au nord.

Pour voir l’ensemble des images que nous avons présenté lors de la réunion d’information publique du mardi 23 mars au lycée Gabriel Fauré, c’est ici.

C’est ici que nous accueillons élèves et personnels du lycée pour une réunion d’information publique. A travers cet accrochage, nous avons cherché à mettre en exergue les points de tensions qui ont émergé au cours de nos déjà nombreux échanges avec les habitants du lycée. Nous espérions provoquer le débat et les réactions ne se font pas attendre. Un professeur de philo enrage devant la photo de la machine à café qui affiche le portrait d’une jeune femme blonde souriante : « Cette image stéréotypée n’a rien à voir avec la réalité du lycée ! ». Une autre enseignante remarque « La citoyenneté au lycée, c’est la participation mais surtout le respect de soi et des autres. Je suis choquée par tous ces élèves vautrés sur les bancs et les couloirs. » Mais c’est la carte dessinée du lycée qui suscite le plus de réactions. Les professeurs s’étonnent «  Ah bon, vous le voyez à l’extérieur du lycée le Centre de Formation des Apprentis ?! ». Ils comparent cette représentation avec leur propre perception du lycée, et s’esclaffent en se remémorant des souvenirs partagés. Tous s’accordent sur le fait que la carte traduit bien le fonctionnement cloisonné et hiérarchique du lycée.

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Première journée de résidence au lycée Gabriel Fauré à Annecy

Lundi 22 mars, l’équipe de la 27e Région prend ses quartiers au Lycée Gabriel Fauré à Annecy pour une première semaine de résidence. Stéphane Vincent accompagne une équipe composée de Jacky Foucher et Jean-Sébastien Poncet, designers, Camille Pène, doctorante en histoire de l’art, et David Masson, étudiant aux Beaux-Arts d’Annecy et ancien élève du lycée.

L’équipe cherche dans un premier temps à s’installer dans un espace qui soit à la fois ouvert sur le lycée et où les élèves et professeurs puissent les trouver facilement, tout en ménageant un espace de calme pour travailler. Ce compromis initial définit le fonctionnement de la résidence, qui articule des temps de dialogue avec les habitants du lycée et des temps de conception. Installés dans une salle de musique, nous travaillons au rythme des airs de flûte et du chant des élèves. La pratique musicale n’est qu’une des facettes de la riche vie artistique du lycée, qui offre également des options arts plastiques et cinéma.

L’objectif essentiel de la journée consiste à organiser la visibilité de l’équipe de Territoires en Résidences. Nous accrochons dans le hall, le foyer, les couloirs, la salle des profs et l’internat des affiches qui présentent l’équipe et annoncent une réunion publique d’information prévue pour mardi soir.

Les résidents accrochent des affiches d'information dans les couloirs du lycée

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Résidence en région PACA / quelle boite-à-outil régionale ?

A.G.I.R, programme régional initié par la région PACA, est issu d’un accord politique visant à investir une somme équivalente à celle qui serait investie par la Région dans le projet international ITER de fusion thermonucléaire, pour le développement des énergies renouvelables et des économies d’énergie. Le programme se développe de façon croissante autour d’un fond de 70 millions d’euros.
Face à la question environnementale et la complexité des écosystèmes à protéger, la marche à suivre n’est évidemment pas tracée. Dans ce contexte, Agir s’appuie sur l’appel à projet comme outil majeur, afin de démultiplier les initiatives opérationnelles en matière d’énergies renouvelables. Ainsi 18  appels à projet ont été développés sur des terrains aussi variés que la construction de gîtes bioclimatique, que de la mobilité scolaire.

Appel à projet et collaboration

L’appel à projet matérialise la relation entre un citoyen « entreprenant », et une institution porteuse d’une politique de développement à l’échelle du territoire, doublée d’une expertise technique. Dans ce cadre, A.G.I.R essaie de proposer un appel à projet collaborant, dans la mesure ou chaque projet bénéficiera non seulement d’un appui financier, mais également d’un soutien  technique et méthodologique. L’objectif des rencontres de cette semaine sera donc de discerner et d’optimiser les points de collaboration entre A.G.I.R et les porteurs de projet .

Les premiers entretiens

Premier Rendez vous dimanche soir
Dominique Flahaut, équipe Agir

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L’entretien révèle que la principale expertise qu’offre Agir, et celle qui occupe la majeure partie de son temps, demeure la mise à disposition d’une pluralité d’experts pour soutenir les projets sélectionnés. Nous évoquons ensemble la question de la visibilité que vise Agir.
Et la difficulté que rencontrent les futurs porteurs de projets lorsqu’ils tentent d’accéder aux informations qui les concernent.
« Aujourd’hui notre principal objectif est de trouver des porteurs de projets prêts à remplir les pré requis d’Agir. »

Deuxième rendez vous lundi matin

Emmanuel Vergès et Céline Berthoumieux, de ZINC à la friche La belle de Mai.

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C’est au LIFT, à la suite d’une discussion avec Dominique Flahaut sur les représentations culturelles que l’équipe de Zinc nous confie son envie de collaborer avec Agir autour des thèmes qui les animent.
« Comment élaborer des questions de concert avec les institutions?
Comment proposer des réponses avec des artistes? »
« Définir un terrain favorable à la rencontre d’artistes et de politiques sur un territoire »
Nous évoquons ensemble les limites qu’occasionnent l’utilisation d’un outil comme appel à projet lorsqu’il s’agit de donner l’envie d’agir.

Deuxième rendez vous mardi après midi
Sébastien Manya, fondateur du festival AIRES LIBRES

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Aires Libres est un festival diurne qui associe une sélection musicale reconnue à l’expérience d’une journée dans un site protégé, obtenu grâce à l’aide du département.
Ce sont des convictions personnelles qui ont poussé l’équipe d’aires libres à penser une « éco-gestion » du festival. Repenser ce qui peut l’être à la lueur des questions environnementales.
Toilettes sèches, gestion de navette électriques sur site, incitation au co-voiturage, sont autant d’invitations adressées aux festivaliers qui émoustillent leur capacité à participer aux changements comportementaux tant attendus.
Nous évoquons ensemble, l’expérience que propose Aires Libres à son public transgénérationnel. Ainsi que la valeur que prend un message passe lorsqu’il fait partie intégrante d’un événement.

Vendredi, jour de restitution

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La future page d'accueil de la Ruche ?

Nous ne voulions pas partir sans avoir présenté à l’équipe de Bug notre avancement suite à cette première semaine si riche. Nous avons donc consacré la matinée à créer un ensemble de visuels de présentation et de maquettages de nos idées. Difficile cependant de synthétiser le bouillonnement de ces quelques jours et le raisonnement global qui en est né, difficile aussi d’afficher et de discuter si rapidement des perspectives qui chamboulent les visions de l’ensemble de l’équipe sur leur propre projet…

Malgré tout, la présentation fut un moment fort d’échanges et de confrontation productive d’idées.

Télécharger la présentation :

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Valoriser son inscription territoriale

La fin de la première semaine de résidence approche. Nous préparons nos premiers maquettages et la mise en relief des valeurs de la Ruche.

La matinée est donc entièrement consacrée à une séance de réflexion et propositions dont ressortent quelques points majeurs. Nous les « testons » aussitôt énoncés auprès de l’équipe de Bug.

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Subjectif et collectif

Si aujourd’hui la carte affichée sur La Ruche mélange individus et collectifs au sein d’un espace commun, la possibilité de n’être bientôt dédiée qu’à l’un ou à l’autre restait ouverte. En fonction des suppositions, La Ruche passerait ainsi de l’espace d’expression individuelle à l’espace de communication dédié aux collectifs. Parallèlement, et depuis le début, chaque acteur du projet s’accorde à dire qu’il serait bon que ces « réseaux sociaux » apporte enfin un plus social. La solution pour que cela soit possible, et même, la condition sans laquelle cela ne fonctionnerait pas, semble donc être de ne pas dissocier ces deux types d’utilisation : individuelle et collective. Car les associations et les structures établies ont déjà leurs moyens de communication « officielle » au travers d’agendas culturels sur papier comme sur le web. De même, chacun peut se connecter à un ou des réseaux sociaux de toutes sortes avec les limites déjà évoquées. Par contre, l’idée fédératrice de former un tout, un ensemble complexe visible et vivant à l’image de la ville semble étonnament peu présente sur le web et plus particulièrement dans les réseaux sociaux.

Voilà ce qui semble pour nous faire la particularité de la Ruche : un espace où l’individu et le collectif se font entendre à même hauteur, et où sont valorisés à la fois indépendamment et conjointement des impressions subjectives et des manifestations collectives, tout ce qui fait le foisonnement d’une ville.

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Il s’agit pour nous de valoriser la vie d’un territoire et l’usage qu’en font ses habitants, ce que permet très bien le numérique. Ce besoin de valorisation semblait d’ailleurs encore se confirmer lors de notre visite de l’atelier urbain du Blosnes. Mais, à l’image de cet atelier, il faut également penser une passerelle entre cette interface et l’ancrage dans le réel.

Une fois la vitalité de la ville représentée sur La Ruche, dès la page d’entrée, cette même page pourrait très bien être affichée dans la ville : sur les bus, sur les écrans, sur l’agenda culturel local ? Cette image de la Ruche serait alors :
– le reflet des dernières activités de toutes sortes (inscription d’un nouveau participant, événements à venir, groupe de discussion actif, annonce associative, mise en ligne d’un article sur le centre-ville en 1800…)
– un objet sensible ancré dans le quotidien du territoire. Publiée, tous les mois, cette image pourrait devenir propice à susciter la curiosité des connectés comme des non-connectés. Cela permettrait ainsi une forme d’aller-retour permanent entre le virtuel et le réel, entre ce qui se passe vraiment dans la ville et la représentation de ce même espace sur la toile ; deux plans se nourrissant l’un l’autre.
A la fin de l’année on pourrait imaginer une collection pour le public de 12 « instantanés du territoire », 12 ruches prisent en photo, 12 photos de la vitalité de la ville proposant une géo-localisation participative.

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Entre 12h et 14h nous avons participé à la présentation par Richard Delogu (de l’asso Bug) de Lift à Marseille. L’occasion de re-questionner nos réflexions sur la Ruche, face aux points récurrents de cette présentation :
– idée le la métaphore collective (cartes)
– volonté de co-construction, avec l’idée de pouvoir faire agir les habitants à l’aide de controleurs
– penser l’acceptabilité sociale des outils et projets
– méthode pour  d’innover avec des non-innovants

Tous ces exposés parlent du « faire ensemble », reste à trouver le moyen de passer des intentions à de réelles pratiques collectives. Par exemple, la proposition de Pachube.com s’avère bien limitée ; tout le monde peut mettre en ligne des infos, mais pourquoi faire ?

Finalement, tout le monde peut se géolocaliser sur la Ruche, mais pourquoi exactement ?

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Quel désir de « local » pour le numérique?

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Au programme de cette matinée du jour des enfants:

– Tout d’abord un débriefing de notre courte présentation publique de la veille.

Cet accrochage sommaire et volontairement simple dans la cafétéria de la Maison des Associations nous a permis d’engager de nouvelles discussions techniques et théoriques avec BUG. Notamment chercher à faire coïncider au mieux notre résidence avec l’action du futur chargé de mission que va recruter l’association dont l’une des missions sera de coordonner et d’animer non seulement la Ruche mais également le projet d’un wiki Rennes.

– Enfin, nous avons pris un temps d’écriture pour mettre au clair nos perspectives d’action/réflexion. A la recherche d’une définition de la Ruche… où le « social » ne serait pas un seulement un mot galvaudé et où les possibilités d’échange éviteraient le spectre « facebookien » du seul lien faible.
Aider à ce que cette initiative centrée sur une technologie ne prenne pas la technologie comme seule raison d’être. Pour cela, nous souhaitons imaginer en collaboration avec BUG les outils évènements, rencontres, affichages publiques) qui permettraient de dynamiser, motiver cette communauté virtuelle (actuelle et à venir).

Quels outils?

– Des options sur le site (plus précisément la carte de la page d’ouverture) qui allieraient une possibilité de géo-localisation, de présentation d’évènements (désir des associations) mais aussi une invitation à ajouter des infos sensibles et subjectives des habitants et leur suggestion. Ce qui permettrait de rendre sensible dès la première page du site, l’esprit de co-construction de La Ruche et pour mettre en évidence le potentiel d’une géo-localisation de proximité, « locale ».

– Inventer des évènements « ruchiens » qui seraient à cheval entre les Apéruches (déjà mis en place avec le CRES l’année passée avec cette qualité des thématiques abordées) et des propositions plus ouvertes, hybrides, festives. Pourquoi pas la fête annuelle des cyber-pôles où chacun amène son avatar de la Ruche ou encore des actions collectives urbaines initiées par des artistes ou « activistes de la ruche »ou …
La liste est à inventer, compléter ensemble…P1030935

Quel désir de « local » possible pour le numérique?

Pour avoir quelques pistes pour enrichir cette liste et pour que ces perspectives restent ancrées dans les pratiques et envies des rennais, nous sommes allés visiter le Forum du Landrel (Blosne, quartier sud de rennes étiqueté « à problème »). Nous avions pris rendez-vous avec Yassin, l’animateur du pôle multimédia, que nous avions rencontrés brièvement lors de notre journée de repérage.
Il nous a présenté le pôle et introduit à la dizaine d’enfants agglutiné autour des écrans.

Nous circulons un moment, avec deux jeunes filles, sur le site de la Ruche, immédiatement elles posent la souris sur la carte et cherche le quartier du Blosne,comme pour vérifier qu’il existait bien sur cette carte de Rennes. Comme on regarde sa photo perso. Elle découvre que leur centre est inscrit sur la ruche, mais que sur la « fiche complète » rien n’est écrit d’autre que ce qu’elles savent déjà…

Pour que le réseau puisse affirmé sa qualification de « social », nous avons souhaité rencontrer les autres animateurs de quartier/de rue qui travaillent au Forum et utilisent de temps en temps le pôle multimédia.
Quelle possibilité voient-ils pour un réseau comme la Ruche dans leur pratique d’animateurs et pour la vie du quartier ?P1030931
Ferdinand, animateur de la maison de quartier, nous donne quelques pistes mais avoue ne pas réussir à « imaginer la force d’un réseau local »
Quelques pistes:

– lien entre la ville d’habitation (Rennes) et le pays (ville) d’origine pour les populations immigrées. En effet, le multimédia peut aider à nourrir les échanges avec le pays d’origine. (Valoriser sa culture, se sentir proche par vidéo conférence, partager un moment collectif, cuisine etc…)

– renforcer la visibilité des actions du centre

Au Triangle, dans le quartier du Blosne

Au Triangle, dans le quartier du Blosne

16h Visite de l’atelier urbain du Blosnes (lieu de concertation publique pour la requalification du quartier du Blosnes)

Rencontre avec la personne chargée des micro animations de concertation auprès d’enfants et adultes du Quartier. Elle nous confie que l’outil internet pourrait être davantage utilisé pour cette concertation qui concerne la ville (forum, visualisations..) mais qu’elle n’a pas la compétence pour le mettre en place.

La ruche nous apparaît comme une plateforme où il serait pertinent de rendre publique des impressions, des souvenirs des rennais et où l’on pourrait y échanger des avis concernant ces projets urbains. La carte apparaît encore comme un outil pertinent qui permettrait de localiser les lieux de la ville « débat »,les « zones » à re / penser collectivement.
Sorte de « journal de quartier » sans texte mais intuitif et évolutif qui susciterait aux rennais l’envie de participer aux groupes de discussions que propose la Ruche.P1030897

La Ruche, proposer sans imposer ?

Deuxième jour de résidence. Notre journée est polarisée par le premier rendu que nous allons faire à 18h à la Maison des associations. 

Notre objectif est double: 
-continuer à rencontrer des acteurs du monde associatif et numérique rennais, et des usagers.
– dégager quelques constats et propositions à présenter pour le soir.

Des rencontres éclectiques

Entre l’élu de la ville de Rennes, la bibliothécaire chargée du service numérique et le primo-arrivant qui vient dans les cybercentres pour mailer et apprendre le français, nous rencontrons des personnes avec des objectifs et usages du numérique très disparates.

9h, Nous rencontrons Sarah et Pierre, animateurs dans deux  pôles multimédia du sud de Rennes  (Maison des Squares / Maison de Suède). Ils nous parlent avec plaisir de leur quotidien et de ce qu’ils perçoivent de leur rôle. A la fois, animateurs de projets de groupe (journalligator), conseillers pour la recherche d’emploi et formateurs à l’outil internet, ils définissent leur position à cheval entre le culturel et le social. De fait, ces pôles sont bien souvent intégrés à une maison de quartier qui travaille en partenariat avec le centre social, l’association d’apprentissage au français, le comité de quartier. Pour nous, c’est l’occasion de voir la réalité des « usagers » et de savoir ce que représente pour eux le réseau social local de la Ruche.

Deux types de population fréquentent les centres:  
Les jeunes, 10 /18 ans,  plutôt débrouillards, jonglant entre MSN, Facebook et les jeux en réseau. La ruche, ils ne connaissent pas.  Nous allons avec l’un d’entre eux sur l’interface de la Ruche. Un réseau social localisé à Rennes, cela apparaît comme logique, car ses amis (sur MSN, Facebook) sont rennais. 

Quelque chose comme « le local » semble encore pertinent sur le web…
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Les autres usagers de ces centres, sont ceux qui viennent  pour bénéficier d’une formation pour utiliser internet : personnes âgées, usagers des centres sociaux. Un public qui ne manipule pas encore bien l’outil informatique ou bien se limite à des actions simples : quelques mails avec des membres de la famille éloignés, une gravure sur cd de photos numériques pour inviter les autres à découvrir leur vacances.

La ruche ? Elle est encore loin d’eux…

Pierre, animateur du pôle multimédia de la Maison de Suède, nous fournit la conclusion de notre visite  :
« Pour moi, la Ruche, en ce moment, c’est plus culturel que social. C’est comme un agenda culturel »

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La Ruche : réseau social local

Local, on voit.
Social, c’est moins évident, surtout si personne ne l’utilise.

Nous continuons notre enquête auprès d’autres acteurs plus décisionnels (élus, bibliothécaire, CRES) pour connaître leur utilisation et volonté concernant un « numérique local ». Tous relèvent que le numérique peut contribuer à mettre en avant la participation du citoyen.

La Bibliothèque veut redéfinir sa politique et donc ses services en mettant les usagers au centre. Une Bibliothèque connectée et active dans un réseau social local, « c’est imaginable » pour Françoise Sarnowski. C’est même l’objectif de la déterritorialisation des institutions.

Autre exemple d’ouverture au numérique:
Sébastien Sémeril et Fréderic Bourcier , tous deux élus à la ville, affirment que l’apport des nouvelles technologies dans le domaine de la concertation des habitants (dans le cadre d’un projet d’urbanisme) peut être considérable :
– vues en 3D
– entrée dans un projet à n’importe quel moment
 
En quoi la Ruche peut concerner ces problématiques urbaines et citoyennes ? 
Mais tout d’abord, utilisent-ils la Ruche ? Non… pas encore…
Pourtant le potentiel d’un outil participatif, local, numérique semble exister… Il est encore à développer.

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Au fil des rencontres, nous voyons un premier objectif de notre résidence se préciser : définir, circonscrire les objectifs de la Ruche avec ses concepteurs. Pour qu’elle ne soit pas le fourre-tout des attentes de chacun, un projet sans fin, mais davantage une proposition lisible et stimulante.

Quelle est son identité et donc sa fonctionnalité ? Beaucoup nous parlent de sa spécificité ( par rapport à Facebook), de son image éthique (protection des données des usagers…) rares sont ceux qui nous parlent de leur utilisation ou d’une potentielle utilisation.

La ruche un outil conçu pour les associations ?

C’est ce qu’attendait Thierry Vincent, acteur associatif important de Rennes (CRES) et Richard Delogu lorsqu’ils ont mis en place les apéruches : débats citoyens autour d’un thème. Initiative qui inaugure une sortie de la Ruche dans le « réel physique » et qui, pensons-nous, peut être développée. Un outil qui permettrait d’échanger plus facilement des infos entre assos, de mutualiser des compétences, de se prêter du matériel. Pourtant techniquement, la Ruche permet -en bonne partie au moins- de répondre à ces attentes par la constitution de groupes, la publication d’annonces et des événements de chacun. Mais le paradoxe actuel veut que presque personne n’utilise toutes ses fonctionnalités (dont certaines sont en ligne depuis peu).

Un travail de sensibilisation (pédagogie ?) de ce qu’est La Ruche nous apparaît de plus en plus nécessaire. Pour cela il s’agit de trouver ceux qui seraient à même d’en révéler le potentiel et de la faire vivre : ses potentiels ambassadeurs. C’est pourtant prendre le problème à l’envers. Comment les animateurs des pôles que l’on verrait bien dans ce rôle, pourraient faire vivre La ruche s’ils ne comprennent pas eux-mêmes son objectif ?

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Les choses semblent circulaires. Un élément nous a permis de sortir de ce cercle : poser la question sous cette forme aux concepteurs de la Ruche. C’est ce que nous avons eu l’occasion de faire lors de notre présentation à 18h. Un nouvel élément de compréhension nous a été donné.

« L’objectif de la Ruche, c’est aux usagers de le définir »

« C’est à eux (les usagers) de nous dire ce qu’est elle est et non à nous (les concepteurs) de donner une définition qui tombe d’en haut. En gros, c’est de l’usage que viendra le sens. Le but est qu’elle devienne ce que les abeilles veulent en faire : un outil à inventer. »

Position louable, qui consiste à ne pas trop pré-penser d’en haut un usage mais inviter les potentiels usagers à bricoler, braconner et faire leur ce lieu virtuel. Mais n’est-ce pas limiter ici l’usage du réseau aux initiés ?

Entre une définition trop réductrice et pédagogique de ce qu’est la ruche et l’entière liberté laissée aux abeilles d’imaginer ses différents usages, un juste milieu peut être trouvé. Que la ruche soit force de propositions participatives et collectives, libre aux abeilles de maintenir l’énergie et de devenir, elles-mêmes, initiatrices de nouvelles propositions.

 

Prendre du recul et imaginer un projet participatif

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Deux perspectives sont envisageables :
– aider à définir ce qu’est la Ruche (valeurs, objectif) en partenariat avec ses concepteurs et les usagers actuels et potentiels pour mieux communiquer et initier ses potentiels représentants (ambassadeurs)
– concevoir une réalisation concrète participative et collective pour ranimer la Ruche (happening, installation dans des lieux physiques, organisation d’un « Flash butinage »)

Il s’agit de savoir comment on peut influer une énergie à cette Ruche, ce que nous disions plus haut, faire qu’elle ne soit pas qu’un « concept éthique » pour devenir un véritable lieu d’échange et un outil repéré par les associations et les citoyens.

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Autant de propositions qu’il faut construire pour ne pas perdre cette « énergie » que représente la Ruche. Car « les gens s’y sont inscrits alors qu’on ne leur offrait rien » rappelle Richard Delogu de BUG, « il faut savoir répondre à ce premier désir ».

Quel désir exactement ?
Partager, échanger, créer, se situer…

Et comment ?

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