Archives mensuelles : mars 2012

Co-construire un projet d’achat durable à la Région Rhône-Alpes…

François Jégou, SDS & La 27e Région, 21 mars 2012

Nous étions ce matin à l’Hôtel de Région Rhône-Alpes pour une première réunion de mise en place de la prochaine résidence qui explorera la question des achats durables. Autour de la table une discussion très vite animée autour d’un sujet qui pourrait paraître de prime abord un peu… aride ! Pourtant pas du tout, en tout cas pas en écoutant Christilla Dambricourt, Nadège Riotte, Lydiane Bonnet, Erik Clément-Rochiaz et Anaitis Mangeon de la Mission évaluation, prospective, Développement Durable Délégation Générale aux missions transversales et à la relation aux élus; Jean-Pierre Mercier, Valérie Dulac, Direction des Affaires Juridiques et de la Commande Publique, et Stéphanie Gressier, chargée de mission Développement Durable.

 Quelles sont les attentes et les envies? D’abord une volonté de mettre en avant une politique d’achat durable. Éliane Giraud, Conseillère déléguée à l’administration générale et aux PNR présentait les orientations stratégiques sur la question des clauses sociales et environnementales dans les marchés de la Région: …une politique ‘achat’ de la Région 100% ‘globalement performante en développement durable’

Au-delà d’introduire des critères de développement durable dans les procédures d’achat, l’objectif est de donner du sens à l’action régionale. Et c’est là que les achats durables deviennent particulièrement intéressants: les achats pratiqués par l’acteur public représentent un levier financier particulièrement important. Actionner ce levier vers le développement durable permet d’agir sur le tissu économique des fournisseurs en les incitant eux-mêmes à proposer des produits et services plus durables pour être éligibles. Il permet aussi d’influencer les modes de vie des citoyens eux-mêmes en leur proposant des services publics durables qui influencent leurs pratiques quotidiennes et transforment leurs habitudes. Tant et si bien que les achats publics durables sont souvent cités parmi les stratégies les plus prometteuses pour affronter l’épineuse question de la transformation des comportements des utilisateurs: les cantines durables sont certainement un des exemples les plus classiques – quoiqu’encore loin d’être généralisé: autour d’une assiette bio et de qualité il est aisé de développer une sensibilisation à la qualité organoleptique, à la culture culinaire, à la réduction de la nourriture non consommée et perdue, à la mise en place de modules didactiques ou de sensibilisation sur le terrain et in fine, à la diffusion d’une pratique d’alimentation durable au sein de la population…

 Mais ce scénario qui semble couler de source est en pratique difficile à mettre en œuvre et ce, dès la mise en place d’achats durables au sein de la machine administrative. Le diable se cache comme toujours dans les détails et il ne suffit pas d’insérer des clauses toutes faites tirées d’un hypothétique code de la commande publique durable. Il faut constituer un ‘projet d’achat durable’. Autrement dit, il ne suffit pas d’avoir le levier en main si l’on ne sait pas ce que l’on souhaite activer. Quelles sont les implications directes en termes de développement durable de l’achat de vêtements de travail? Les matériaux utilisés, les conditions de travail de ceux qui les ont assemblés, la longévité du vêtement, l’intensité de transport… C’est en quelque sorte une forme de « qualité durable négative’: celle que l’on ne peut (devrait) plus ne pas avoir dans une société responsable. Mais au-delà, indirectement, qu’est ce que l’on peut activer de plus que la durabilité du bien acheté et de sa fabrication? Favoriser des fournisseurs locaux plutôt que lointains sans pour autant faire du localisme juridiquement proscrit, des entreprises qui font preuve d’un comportement éthique et d’une politique sociale interne, une chaîne d’acteurs au sein de laquelle la transformation durable va se propager et diffuser dans le tissu économique local…

Et là apparaissent une série d’injonctions paradoxales: plus l’intention de l’achat est précise, plus le risque de déroger aux règles de bonne concurrence est important. Comment faire pour que les fournitures achetées ne viennent pas de Chine ou que le marché de maintenance informatique ne parte pas pour l’Inde ? Comment réduire l’intensité de transport sans biaiser le marché lui-même ? Comment stimuler la transition durable dans le tissu économique local sans entraver la libre concurrence ? Le code des marchés publics est un outil à mettre en œuvre pour tenter de résoudre ces paradoxes dans un subtil jeu de torsion qui respecte la limite d’élasticité de la législation…

 Il s’agit donc bien de constituer un projet d’achat durable, d’explorer les implications directes, d’imaginer les stratégies indirectes à mettre en œuvre dans un souci de faisabilité technique et juridique, de les expérimenter avant de les lancer… Il y a matière à création dans ce projet pour concilier de manière créative les multiples impératifs en opposition. Il y a aussi matière à co-création entre les différentes compétences bien souvent toutes présentes au sein des différentes directions de la Région qui doivent collaborer pour mettre en œuvre ce projet d’achat… C’est ce que la résidence que nous nous proposons de mettre en œuvre dans les prochains mois se propose de faire: un projet d’achat durable. Et pour commencer, nous nous proposons de faire le projet d’un « faux achat »: un achat qui pourrait exister, que la Région pourrait être amenée à mettre en œuvre à l’avenir mais qui ne doit pas être lancé dans l’immédiat, pour prendre le temps de la collaboration, de la co-construction et explorer les modalités de mise en place d’un achat exemplaire. Les procédures d’achat public sont souvent longues. Concilier tous les impératifs d’un projet d’achat durable demande encore plus de temps, un temps que la collectivité territoriale n’a pas le temps de consacrer. Nous nous proposons donc de faire ensemble un faux projet d’achat durable en travaillant avec le groupe achat public durable déjà actif à la Région, en proposant à une partie de ses participants de rejoindre la résidence à des moments précis pour des ateliers ou des exercices de simulations.

Mais faire un ‘faux projet d’achat’ suppose de trouver un point d’application suffisamment réaliste et motivant pour toutes les parties prenantes, susceptible de créer un précédent auquel l’institution pourra se référer et une communauté de pratiques à laquelle les services pourront avoir recours pour développer de nouveaux achats. Après avoir passé plusieurs hypothèses en revue au cours de la matinée à la recherche d’un point d’application emblématique qui représente un défi ou au moins une difficulté récurrente susceptible d’intéresser la plupart des directions, le choix s’est porté sur l’achat de prestations intellectuelles : en quoi une étude, une AMO peut-elle être plus durable ? Et comment apprécier cette durabilité au travers d’une procédure de marché public ? Dans la majorité des cas, l’impact direct de la réalisation d’une prestation intellectuelle, transport excepté, n’est pas un facteur déterminant même s’il doit être pris en compte quand même. L’impact social direct est plus déterminant même s’il reste difficile à saisir : quelle est la politique sociale de l’entreprise en matière d’insertion, d’équité femmes-hommes, de politique salariale ou de réinvestissement des bénéfices, de recherche, de formation, de sous-traitance…? L’impact environnemental, social et économique indirect est en général plus déterminant mais encore plus mal aisé à saisir et à traduire sous la forme d’une grille de critères : les recommandations auxquelles l’étude aboutira sont-elles bien dans une perspective de développement durable? Comment le prestataire, en répondant à la question qui lui est posée, cherche-til à aider l’institution commanditaire à réduire son impact sur l’environnement, à régénérer le tissu social et à promouvoir une économie équitable? Le sujet est passionnant et la constitution d’un projet d’achat de prestations intellectuelles durable, par sa portée indirecte potentielle, complexe mais surtout multiple et étendue et par sa faculté de transformation systémique constitue un levier majeur vers une société durable. Il interroge la responsabilité sociétale, morale et éthique du conseil et des visions sous-jacentes qu’il porte. Il se promet donc bien de contribuer à renforcer le sens de l’action régionale à travers la manière dont les différentes directions conjuguent leurs compétences et collaborent pour explorer les manières de dérouler la co-construction d’un projet d’achat durable au cours des trois semaines de résidence qui se tiendront de juin à septembre au sein de la Région.

Les prochains mois seront consacrés à mettre en place cette résidence en termes pratiques: où installer la résidence dans l’immense Hôtel de Région pour qu’elle soit à la fois suffisamment proche du quotidien de chaque direction tout en restant dans une posture transversale et visible par tous: est-ce que l’on peut installer et mettre en scène ce chantier ‘achats durables’ physiquement dans l’atrium, près de l’entrée où passent toutes les populations qui passent à l’Hôtel de Région ? Quels sont les profils à rechercher pour l’équipe de résidents afin d’impliquer toutes les différentes compétences de la Région et les faire converger : de l’ethnologie et de la sociologie pour entendre et décrypter les mécanismes de fonctionnement actuels, du « design » pour construire les achats comme un projet créatif et participatif, une petite équipe pour faire bonne place aux agents de la Région, produire une posture de collaboration entre eux et s’insérer dans le groupe achat public durable déjà constitué ? Quels sont les précédents en matière d’achat durable et de prestations intellectuelles, les pratiques remarquables (prometteuses ou problématiques) à la Région, dans les collectivités territoriales avec lesquelles elle est en relation mais aussi ailleurs, en France, à l’étranger: pourrait-on organiser au sein de la première semaine de résidence une collecte de bons et de moins bons exemples en particulier sur les effets induits par les achats durables et les potentiels de transformation dans leur application au domaine des prestations intellectuelles ? Comment concevoir cet achat de manière participative en s’autorisant dans ce contexte fictif à expérimenter ? Comment utiliser au mieux le code des marchés publics comme un outil en collaboration avec un échantillon représentatif de prestataires et cabinets d’études externes de la Région? Et encore bien d’autres questions à débattre et à mettre au point d’ici juin pour affronter ce vrai sujet au cœur du fonctionnement de la machine administrative !

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Région 15-25 : un mot d’introduction à la 3e semaine en Champagne-Ardenne

La troisième semaine de la Transfo en Champagne-Ardenne se déroulera du 2 au 6 avril 2012. Chaque semaine est l’occasion d’élaborer et d’expérimenter de nouvelles manières de concevoir des politiques publiques avec tous leurs protagonistes.

Pour mieux faire, apprenons de ce qui a été fait.

Carte LycéoCette semaine, il sera question de « déshabiller » un dispositif public existant pour mieux construire des dispositifs à l’avenir. Nous nous intéresserons au volet culture de Lycéo, une carte qui offre aux lycéens des aides et des réductions pour les frais scolaires et périscolaires.

Filature : mode d'emploiPour mieux rêver un tel dispositif régional, nous avons entrepris d’investiguer Lycéo tel qu’il est aujourd’hui. Jusqu’au 26 mars, les participants à la Transfo ont mené une filature photographique. Munis d’appareils photo jetables pendant une dizaine de jours, les participants devront traquer toutes les manifestations physiques du dispositif Lycéo volet culture dans leur quotidien (affiche, carte, enseignes partenaires, personnel…), et ce afin de créer un répertoire de ce qui est visible et lisible de ce dispositif, ce qui est compréhensible par un habitant de la Région. Nous débuterons donc la semaine par un dépouillement de ces prises de vue.

Chaque jour sera raconté et mis en perspective sur ce blog, à la manière d’un journal de bord.
Par ailleurs, plusieurs moments d’échange, de présentations publiques sont réservés tout au long de la semaine (et les semaines suivantes, bien sûr : prochaine semaine du 10 au 16 mai 2012) pour permettre à tous de partager avec les participants leur réflexion et leurs projets, mais surtout d’envisager ensemble ces nouvelles manières de produire des politiques publiques.

Champagne-Ardenne : Semaine n°3

L’équipe revient pour une semaine de résidence au sein de l’Hôtel de Région de Châlons-en-Champagne, du 2 au 6 avril prochain.Transfo Région 15-25 : Programme de la semaine 3

3 dates à noter dans vos agendas :

  • 2 expositions  ouvertes au public : « En chantier », le mardi 3 avril à partir de 17h, et exposition de bilan le vendredi 6 avril à partir de 12h30.
  • Débat-conférence ouvert au public sur les espaces d’innovation et de créativité le jeudi 5 avril, à partir de 16h30.

SEMAINE 4 – JOUR 1 – TRANSFO BOURGOGNE – BOURBON LANCY

Ce lundi nous sommes accueillis à Bourbon Lancy dans la Communauté de Communes Entre Somme et Loire par Johan MARY, chargé de mission attractivité et accueil. Nous assistons avec Sophie Valdenaire et Arnaud Mathian au démarrage d’un workshop conduit par Francis Aubert et Denis Lépissier avec 7 étudiants d’agro sup de Dijon dans le cadre d’une formation continue axée sur le développement rural (Acterra). Le thème de cet atelier est celui de l’attractivité et des formes de développement économiques attachées à la sphère résidentielle.

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Au programme ce lundi, rencontre avec différents élus et chefs d’entreprises (Thermes de Bourbon Lancy). Le soir sont conviés élus et acteurs socioprofessionnels pour échanger en atelier sur les enjeux du territoire et la nécessité de penser l’accueil. Sont utilisés des représentations graphiques d’arbres mis au point par le Collectif Ville Campagne et par Mairie conseil pour accompagner la mise en place des politiques d’accueil.
Le lendemain les étudiants poursuivent et se projettent vers la création de projets et services nouveaux pour le territoire. Vendredi, Arnaud ira à Dijon assister au compte rendu du workshop. Affaire à suivre !!

Transfo Pays de la Loire / Semaine 2 / Jour 5

Dernier jour de cette semaine d’immersion et d’exploration de l’institution régionale pour l’équipe des résidents. Il est donc grand temps d’achever et d’accrocher notre « mini » exposition dans la documentation, afin de rester présents d’ici juin. Nous présentons cette proposition aux agents en charge du lieu en début d’après-midi et sommes déjà curieux de revenir en juin pour savoir ce que cela aura provoqué.

Exposition de ce qu'est la Transfo et de nos réflexions sur les vitres et les murs de la Documentation

Mais l’immersion est utilisée jusqu’à la dernière minute pour notre exploration : avec en poche des idées de plus en plus nettes sur ce qui se passera en juin et en septembre, nous prenons le temps d’élargir une dernière fois notre vision de notre mission. Le matin, nous rencontrons Patricia Bruneau, chargée de mission Agenda 21 à la DPSA21, évaluation en cours ; puis dans l’après-midi, Nicolas Rio, collaborateur du Bureau d’études Acadie, actuellement impliqué dans la démarche prospective régionale via l’atelier prospective, dont les scénarios seront livrés juste avant notre deuxième immersion et réutilisés pour préparer avec les agents l’immersion en gare prévue pour septembre.

Excellentes rencontres avant de partir pour nous rendre compte des ponts qu’il faudrait faire avec ces deux démarches, en les comprenant mieux. Car il nous semble évident qu’il ne faut pas avancer en parallèle mais bien en synergie. Comment faire concrètement, au delà de ces premiers rendez-vous ? Comment bien mettre en cohérence nos actions ? Quelles que soient les réponses que nous bâtirons à l’avenir, il s’agira avant tout de penser et de questionner ce que chacun apporte à la démarche collective, selon son cœur de métier et sa posture. Et déjà se profilent des possibilités de se rejoindre avant la finalisation des travaux des uns et des autres : dans ce cas, quelle sera l’acceptabilité d’éventuelles productions communes, plus pertinentes et plus efficientes ? Voilà en tout cas qui devra nous occuper dès juin, en parallèle des accompagnements plus précis et plus immédiats de l’équipe prospective de la DPSA21.

Bilan de la semaine

Illustration du parcours de l'équipe pendant la semaine

Et bien sûr, nous prenons le temps d’un bilan avec Anne Bassinet (DGD Stratégie et territoires), Guillaume Julien (Directeur de la DPSA21) et Olivier Ryckewaert (Labo des mutations), en les invitant à une réunion dans « notre » bureau – entendez à la doc ! Outre des considérations très pratiques et concrètes pour organiser les semaines à venir et les temps d’intervalles, ce dernier temps de travail, nous permet de nous arrêter sur quelques points essentiels :

  • Il est évident pour nous tous que les réflexions et réactions que nous avons proposées ces derniers jours aux agents et aux élus de la Région des Pays de la Loire ne sont en rien nouvelles – tous ces diagnostics sont faits depuis longtemps…. et parfois trop longtemps. Mais justement, notre rôle d’aiguillon extérieur joue là à plein pour re-lever tous ces points qu’on laisse filer dans la surcharge des missions. Remettre en questionnement les agents dans leurs quotidien, dans leurs pratiques, les pousser à se redemander le pourquoi avant le comment, bref, sortir du guidon pour permettre de le reprendre avec plus de sens, voilà des choses qui comptent déjà, seulement sur ces quelques jours
  • Outre le choix de la gare et la construction des séances de travail à venir avec les agents, il va surtout falloir travailler à mobiliser – et pour cela, tous nos interlocuteurs nous renvoient la même demande : leur expliquer et leur donner les moyens d’expliquer ce que fait/est la tranfo, et surtout ce qu’elle se propose de faire avec les agents du Conseil Régional. Nous voilà donc pris à notre propre jeu, et c’est une très bonne nouvelle : l’équipe va devoir plancher dans les semaines à venir sur une forme, une représentation, une traduction de tout cela propre à faire comprendre notre posture, sans nous enfermer dans des cases fixes qui nous empêcherait de construire en marchant – propre aussi à être appropriée par les agents pour qu’ils transmettent et mobilisent à leur tour – propre enfin à leur faire comprendre que oui, venir participer aux travaux de juin et de septembre peut vraiment leur apporter dans leurs missions quotidiennes. Belle gageure pour l’équipe – mais bien sûr, nous n’oublierons pas au passage qu’il s’agit toujours de co-construire ; nos interlocuteurs de la DPSA21 et du labo des mutations seront donc aussi mis à contribution dans ce travail, qu’ils se le tiennent pour dit !
  • Dernier point enfin avant de conclure : au delà de l’immersion en gare, et de la phase de consultation participative, c’est toute la démarche prospective que nous accompagnerons dans les 2 ans à venir. Alors nous avons pris le temps ce vendredi matin de penser un peu plus loin, afin au moins d’identifier sur quoi il allait falloir travailler….

Et une chose est sûre, il arrivera sûrement beaucoup d’inconnues sur le chemin, mais l’ennui lui, n’en sera jamais !

2 ans de prospective régionale et de Transfo - Schéma en construction...

Merci à chacun des agents et des élus qui ont bien voulu nous accorder du temps et nous ouvrir les portes de leur métier au cours de cette semaine infiniment enrichissante. A tous nous donnons rendez-vous la semaine du 18 juin – d’ici là n’hésitez pas à venir jeter un œil sur nos autres créations de la semaine accrochées à la documentation.

Transfo BOURGOGNE – Semaine 4 – JOUR 3 – VERS LE FORUM DES VILLAGES

A quoi va servir l’exposition événement d’octobre ? Quelle forme va-t-elle prendre ? quel nom lui donner ?

Trois groupes pour discuter des modalités de l’expo et du contenu à mettre en partage : portraits de villages et de projets récoltés en immersion ou via une veille régionale, des réflexions produites dans les chantier critiques et en ateliers, des idées de projets à mettre en place… On imagine prolonger les ateliers thématiques pour inviter à la réflexion. On commence à imaginer la scénographie, on imagine un parcours, et surtout un temps d’échange, vivant, de production de données, pas une finalité en soi mais un point de départ .

– «  On fait remonter la matière depuis le terrain alors que ce n’est pas l’habitude de la maison. C’est important de rendre compte de cette démarche »

– « Il faut que les gens passent dans une centrifugeuse en faisant l’expo, une sorte de chemin initiatique, un parcours. Si on veut sortir, il faut aller au bout. »

– « Une approche un peu choc, interpeller le spectateur sur les enjeux des villages. »

Les 4 thématiques de départ sortent des catégorisations habituelles et tous semblent se les être appropriées.

Alors pourquoi fait on l’exposition ?

En interne : « pour se faire plaisir » «  pour communiquer notre travail aux autres services » « pour renouveler nos pratiques  »   « Il faut que les collègues intègrent la nécessité d’avoir des approches territoriales dans leurs interventions. »

En externe : « pour les villages, les com-com, les pays, les parcs… ces 4 strates, ce sont eux vraiment les opérateurs. Nous on se positionne comme les pilotes village du futur et après on implique. On est des accompagnateurs. » « Il faut sortir du raisonnement trop sectoriel et de la logique ascendante et partir vraiment des territoires. »

Pour l’équipe des résident l’objectif serait que  les agents s’approprient le contenu, le constrisent avec nous, et en  soient fiers.

Alors pour synthétiser, les objectifs seraient : produire une réflexion, nourrir les politiques publiques et, pour les porteurs de projets, venir « picorer » les informations nécessaires pour dynamiser leurs territoires ou projets.

Enfin le nom s’esquisse :  plus qu’une expo, des assises, une université populaire ?… un format qui incite vraiment à  la réflexion : le forum des villages du futur ! On imagine alors ce forum comme un point de départ et le contenu qui continue à circuler sur le territoire avec l’aide des transformateurs, les agents impliqués dans la TRANSFO.

TRANSFO BOURGOGNE – Semaine 4 – JOUR 2 – POINT D’ETAPE

Taboo des Régions – Pour démarrer en jeu !

Difficile de prendre du recul sur la TRANSFO ! Les résidences, temps d’immersion et d’expérimentation se sont succédées à vive allure. Il est difficile pour tous (résidents au agents du Conseil Régional) de se représenter la démarche globale, ses objectifs, ses éléments forts… Nous décidons de prendre un temps pour évaluer la démarche en cours, et se projeter ensemble vers la suite des événements.

Un taboo des Régions permet de revenir sur le processus et de questionner les approches et langages des uns et des autres. Le taboo mélange les 2 jargons, celui de la 27ème et celui du CR. Mine de rien on se comprend de mieux en mieux, on s’approprie les mots des autres. C’est l’occasion aussi de recadrer la Transfo et son rôle. « Là on est pas dans un rapport de « prestation » : habituellement la région est dans cette démarche. Avec la Transfo, c’est totalement différent, il y a donc difficulté à s’approprier la chose et à la communiquer. »

La Transfo vous fatigue // La Transfo vous motive

La transfo vous motive/ vous fatigue… mise en commun des retours

Justement, pour faire avancer la démarche, chacun s’exprime sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas : pour le + comme pour le – , 3 fiches à remplir !

> La Transfo vous motive

Mine de rien, se dégagent des tendances !

– On apprécie le travail de terrain : plus de temps, regarder différemment, l’immersion, discuter avec les acteurs. C’est aussi la démarche collective qui est appréciée.

– Ce sont aussi les outils, les nouvelles méthodes : « c’est très concret, immédiat. » La Transfo permet la liberté d’action, aide à penser différemment, à dépasser les formats traditionnels. D’ailleurs certains essaient déjà de réemployer des techniques d’animation de réunion dans leurs pratiques.

– La prospective rurale est très important aux yeux de certains, et surtout de l’équipe de résidents. Pour les agents, la prise de recul est essentielle : « On nous demande pas tellement de nous projeter globalement, donc quand on en a l’occasion ! »

– « la transversalité » entre les services semble essentielle… même si le cloisonnement institutionnel freine cette tentative … «  ce serait à nous à communiquer la transfo au sein du CR ». « on préfère être solides en interne, dans le service pour après bien le communiquer à l’extérieur du CR » « cela manque d’animation au niveau des pays. Il faut leur fournir des outils. »

>La Transfo vous fatigue

– Besoin de clarifier la démarche, les objectifs, qu’est ce que ça produit au final? « On a besoin de savoir clairement les objectifs, surtout pour mobiliser nos interlocuteurs en Région. je sens bien que la démarche c’est comme une démarche scientifique, c’est en tâtonnant, en avançant que ça prend sens. Mais si on veut mobiliser, c’est important d’avoir des choses claires en tête.  » Comment améliorer la communication et l’organisation collective ?

–  L’organisation et son instabilité. Quel temps de travail dédié ? quelle coordination ? quelle modalité pratique de fonctionnement ?

– Comment améliorer l’animation ? Pour les agents, le réseau n’est pas assez mobilisé.

– Sentiment que « ça rame » « on n’y arrivera pas ». problème à capitaliser, à entrainer, à poursuivre les rencontres, à embarquer. Dire on va faire une expo, pas suffisant pour vendre auprès des élus.

On recherche alors des solutions ! C’est un jeu de rôle qui permet de visualiser les outils à mettre en place pour améliorer l’organisation de la démarche :

> Une exposition des portrais de villages et de projets. Un affichage dédié !

> Des réunions de suivi actées, programmées. Focus sur le ressenti des agents. Est ce que c’est projets leur a plu ou non, sortir de la seule approche technique.

> Une Frise pour visualiser le processus et poser le cadre de la démarche. Pour l’équipe cela permettrait d’augmenter la visibilité et de mieux communiquer vers l’extérieur.

> Un agenda partagé Transfo

> Expérimenter un nuancier d’exemples : avoir une déclinaison papier de la cartographie, pour infuser les pratiques quotidiennes.