Archives mensuelles : juin 2009

Sur la rive droite, premier jour

Traverser la Garonne
Nous allons de l’autre côté de la Garonne, dans cet espace qui n’est pas répertorié sur les cartes touristiques que l’on trouve sur à l’Office du tourisme de la Gare Saint-Jean à Bordeaux. Cet espace dont même le concierge de notre hôtel – un hôtel pour VRP en bordure d’autoroute – nous met en garde : « attention, ne prenez pas le tram, vous allez vous faire dépouiller ». Ce n’est pas ce qu’on trouve pourtant sur ce territoire, à l’identité contrastée et en grande redéfinition. Bien sûr, nous sommes sur la rive droite, « celle d’en face », forcément moins prestigieuse que le centre ancien de Bordeaux. Pourtant, le territoire est plus contrasté et complexe qu’on ne nous l’avait parfois décrit. Des vieilles maisons de pierres du bord de la Garonne, à une banlieue en grande partie pavillonnaire qui s’étend sur les derniers coteaux de la Gironde, aux quelques barres d’immeubles que l’on trouve sur le plateau et surtout à une activité intense de constructions plus modernes qui parsèment le paysage d’innombrables chantiers et de logements neufs de tout standing. Un tram tout neuf traverse en boucle cet espace depuis peu, dont chaque rame est déjà étonnement bondé et ravi. La rive droite ne ressemble pas à la représentation que les bordelais en ont. Comme souvent.

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Cyber point de base

Nous nous installons dans la cyber base de Cenon, situé à la Maison des associations, l‘un des 9 espaces d’accès publics que l’on trouve sur de la rive droite. Nous y rencontrons l’équipe d’animateurs qui s’occupent de cet espace, dont François Vergnon, le directeur de l’espace, qui nous explique ses spécificités et ses difficultés, qui nous ouvre son agenda et nous met à disposition un espace pour travailler.

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La Cyberbase de Cenon est un équipement assez récent qui fait d’une manière assez traditionnelle de l’accueil multimédia et des ateliers de formation, notamment auprès de population plutôt non connectée et surtout âgée (même si la Cyber base accueille tous les publics et notamment quelques scolaires). Bien évidemment, reconnait d’ailleurs son directeur, les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés : la cyberbase a du mal à valoriser et faire connaître ses actions et les acteurs ont du mal à avoir une cartographie claire et complète des points d’accès, de ce qu’il se passe sur le territoire numérique.

GPV

Malgré quelques difficultés de connexion, nous passons l’après-midi à caler des rendez-vous et à commencer l’exploration numérique du territoire. Nous commençons à imaginer des premiers prototypes. Nous calons pour demain 17h, une réunion de présentation de notre travail. La semaine n’a pas même commencé que nous devons déjà montrer ce que nous allons faire… Alors que nous n’avons encore rien en main. Nous imaginons déjà un outil pour valoriser le web local dans toute sa diversité sous la forme d’un concours permanent permettant de mettre en avant toutes les formes de créativité en ligne local (photos, vidéos, blogs, sites d’entreprise…). Nous esquissons de premières cartographies pour mettre en avant acteurs et verbatim que nous tentons de recueillir. Nous mettons de côté un outil pour engranger des ressources numériques que nous allons être amenés à découvrirNous esquissons une piste sur Facebook pour tenter de recueillir des témoignages en ligne

Retour à l’hôtel à point d’heure. Tiens, il faudrait que la 27e Région face un partenariat avec Gites de France, pour que la proximité des résidences s’accorde sur le fond et la forme.

Hubert pour l’équipe (Fanny, Denis, Mattieu et Romain pour ce premier jour).

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Débarquement sur la Rive droite

Préparation de la résidence à Paris

Une première journée de visite, suivie d’une semaine de préparation ont permis aux résidents de lancer la résidence de la Rive droite de Bordeaux. Leur port d’attache sera la Cyber-base de Cenon. Retrouvez dès demain, leur carnet de bord, jour après jour.

L’équipe de résidents :
Matthieu Savary, designer, USER STUDIO
Fanny Herbert, Sociologie & espace public, AFU
Laura Pandelle, étudiante, Ensci – les Ateliers
Hubert Guillaud, Journaliste, internetactu.net
Romain Thévenet, Chargé de mission design de service, la 27e Région
Denis Pellerin, designer, USER STUDIO

Les réseaux virtuels et la ville

La résidence rennaise se met en place avec la journée de visite préliminaire. L’équipe au grand complet s’est retrouvée à Rennes vendredi 26 juin 2009.

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Cette journée de repérage au sein de la Maison des associations de Rennes a permis de rencontrer toute l’équipe de l’association Bug -qui nous accueillera en résidence-, des animateurs des pôles multimédia de la ville, un élu, ainsi que des acteurs du monde associatif, technophiles ou non. Le fil rouge de ces rencontres : les réseaux sociaux virtuels et leur lien avec le réel. La Ruche, créée et animée par Bug, était à la base des discussions. Nouveau réseau social de proximité, cette Ruche fut le prétexte d’une réflexion plus large… Quelle est votre utilisation des réseaux ? En tant qu’association ? En tant qu’individu ? Quelle est l’utilisation du public des pôles internet ? Que recherchent les rennais qui se connectent ? Quelles sont les barrières à la connexion ? Où en est-on de la participation des citoyens aux évolutions de leur ville ? Autant de questions qui se posaient avant notre arrivée.

Tout d’abord, Rennes est apparue comme un haut lieu des télécommunications. En haut du classement des villes les mieux dotées en lieux de connexion à internet gratuite. Son histoire est aussi liée au développement des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) avec, notamment, la naissance du minitel en ses murs. Aujourd’hui, les locaux de la Maison des associations et, plus particulièrement ceux de l’association Bug, sont une sorte de point de ralliement pour les autres associations de la région rennaise demandeuses de conseil pour l’utilisation de ces mêmes technologies. Bref, le positionnement de la résidence sur un terrain propice à l’expérimentation autour de ces sujets se confirmait.

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Les réseaux et la ville

Puis ce fut l’enchaînement des entretiens. L’ensemble de la journée fut très riche en enseignements. Au travers des questions bien larges de l’accès à internet, de gestion de l’identité numérique, de protection des données, c’est finalement la volonté de donner des moyens de communications efficaces à l’ensemble des habitants d’un même espace géographique qui s’est posée. En somme, il faudrait savoir bénéficier des nouvelles possibilités apportées par la technologie sans oublier pour autant la réalité d’une vie de quartier. Pour cela il s’agirait peut-être de faire en sorte que les endroits de connexion soient aussi des endroits de vie comme ils le deviennent parfois lorsqu’un groupe d’adolescents s’y retrouve pour customiser les personnages de leur jeux en ligne favori, ou bien lorsque l’entraide permet une prise en main progressive et conviviale de l’outil informatique. Il faudrait sans doute aussi insuffler de la vie dans ces réseaux virtuels qui sont souvent limités à du lien social faible. Les connectés y retrouvent essentiellement leurs amis pour une lecture d’infos souvent passive, alors que parallèlement, les happenings participatifs tels que les « flash mobs » rassemblent de plus en plus de monde (cf un exemple très réussi à Rennes) et prouvent que les réseaux « virtuels » peuvent devenir extrêmement « réels » lorsqu’ils sont porteurs de nouvelles propositions, lorsqu’ils deviennent partie prenante dans la vie d’une ville en mouvement.

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La géographie du réseau

Et puis, cette fameuse carte de Rennes, qui apparaît lorsqu’on se connecte à la Ruche et dont on ne saisit pas tout de suite quoi faire, dont l’idée a séduit les premiers utilisateurs et qui est vite devenue plus illisible que bouillonnante ; cette carte pose question. Passées les quelques appréhensions tenant aux questions de géolocalisation et à la peur d’une nouvelle émanation de Big Brother, elle s’est révélée plus souple qu’il n’y paraissait. Sans que ses concepteurs ou que ses utilisateurs potentiels ne sachent réellement quoi en faire, on a bien pu saisir que la question de la géographie locale était importante, que la supprimer créerait un manque, une perte d’identité de ce réseau naissant. Non limitée à des découpages administratifs ( quartier 1, 2.. ) ou à des adresses précises, il s’agirait davantage d’une représentation de la ville sur le réseau, représentation qui doit maintenant évoluer pour être à la hauteur des espérances. Comment faire vivre cette représentation ? Comment faire en sorte qu’elle soit à l’image de ce qui s’y passe ? Et en quoi peut-elle influer sur ceci ?

L’équipe de résidents :

Jacky Foucher, designer, Grrr | Agence créative, collectif Pomme Z
Pierre Cahurel, designer,  Grrr | Agence créative, collectif Pomme Z
Catherine Jourdan, artiste, la Glacière
Margot Lebrin, designer stagiaire, Grrr | Agence créative,