Archives de Tag: réseaux

La gare rurale de demain, première visite

Nous étions le 11 février, en visite dans trois gares de Bourgogne pour évaluer le potentiel d’une future résidence autour du sujet de la gare rurale. les photos de la journée sont visibles ici.

Romain Thévenet était présent pour la 27e Région, accompagné de Adrien Demay, designer, de Pierre Gaudin et Laurent Jacobi, consultants en créativité, et de Mihaela Bonescu chercheuse à l’université de Dijon.

Un partenariat est établi avec la Région Bourgogne et la SNCF, et pour cette pré-visite nous avions choisis ensemble de visiter trois gares sur la même ligne: la ligne de Laroche Migennes à Corbigny.

La matinée commence par une première expérience imprévue. Trop absorbés par nos échanges avec Luc Fousset , mandaté par la SNCF/activité Gares et Connexion pour être notre guide pour la journée, nous sommes montés dans le mauvais wagon du train pour Corbigny.

Nous nous sommes ainsi retrouvé à Avallon, à 40 kilomètre de notre destination!

Le train se sépare en deux à Cravant Bazarnes, et nous n’étions pas dans la bonne partie du train…

Corbigny, le bout de la ligne

Un taxi nous emmène finalement à Corbigny pour rattraper le programme de la journée. Nous sommes accueillis par Isabelle Monmasson et Laurianne Legeay du comité de développement du Pays Nivernais Morvan, et Patrick Marmion, adjoint au maire de Corbigny et président de l’Office du tourisme.

Ils nous brossent rapidement le portrait de cette gare de « bout de ligne ». Corbigny est un terminus rural assez particulier, probablement la plus petite commune dont le nom est annoncé dès le départ de Paris.

Il n’y a actuellement plus que 2 trains par jours. Un qui part le matin, un qui arrive le soir (on peut habiter à Corbigny, mais pas venir pour y travailler…) Ils transportent environ 5 voyageurs par jour l’hiver, et 3 à 4 fois plus l’été.

Un bus complète cette offre avec un trajet 6 fois par jour qui permet de relier les différentes communes entre Corbigny et Clamecy. Nous avons le sentiment que la gare est « sous perfusion », et mesurons la volonté locale nécessaire pour réussir à maintenir ce service de proximité.

Même la Sncf a déserté la gare, et en sous-traite la gestion à la filiale VFLI. Il reste également encore un peu de fret pour transporter les production locales : du bois et des pierres.

Nous avons eu peu de contact avec les agents de gare sur place dont l’information relative à notre passage ne leur était pas parvenue.

Au final on se rend compte de la richesse d’acteurs et d’événements à Corbigny (notamment avec l’Abbaye de Corbigny, une résidence d’artistes permanents), mais l’on mesure aussi les difficultés de cette gare délaissée.

Si l’on considère l’évolution des transports ferrés en milieu rural, dans un scénario noir, on peut considérer que cette Gare a 20 ans d’avance. La Sncf s’est désengagée, est ce que cela va devenir une norme ? Elle reste propriétaire des bâtiments, mais pour elle, son action s’arrête à Clamecy. Y a-t-il une opportunité à prendre en compte cette évolution possible pour considérer la gare comme étant autre chose qu’un lieu d’accueil pour les voyageurs en train?

Clamecy, pour combien de temps?

La suite de la visite s’effectue en bus sur la ligne Corbigny Clamecy. A part nous il n’y a personne à cette heure-ci. Deux à trois voyageurs montent dans le bus lorsque nous descendons à Clamecy.

Ici par contre le personnel est au courant de notre visite. Ce sont des salariés SNCF, et ils ont pu être prévenus par leur établissement. Alain nous fait visiter et nous raconte leur quotidien.

A Clamecy, il y a jusqu’à 40 voyageurs par jour l’été. La gare est beaucoup plus active qu’à Corbigny avec 8 trains par jour. C’est une gare rurale mais il y a encore, par exemple, un guichet pour acheter ses billets.

Même si la gare est active, on sent le ralentissement. Un train a été encore supprimé cette année. L’aiguilleur nous confie son ennui: la séparation des compétences à la SNCF depuis le 1er janvier empêche la souplesse des cheminots. Par exemple un  chef de gare ne peut plus vendre au guichet. Pour lui « Il n’y a pas assez de travail, on s’ennuie et ça donne une image négative auprès des usagers »

Nous sommes là dans une gare en transition, « elle bouge encore ». La question qui nous taraude pourtant est « pour combien de temps? » La personne qui est encore au guichet part bientôt à la retraite, sera-t-elle remplacée? Combien de trains vont-ils être encore supprimés? Après Corbigny est-ce que Clamecy sera bientôt, elle aussi, réduite au minimum?

Le train qui nous emmène à Auxerre nous permet de faire le point avec l’équipe. Ces nouvelles rames financées par le conseil régional sont de vrais espaces de travail, avec tables à quatre, et alimentation électrique. A cet instant, nous entrevoyons la possibilité de faire la résidence directement dans le wagon…

Auxerre, une petite gare immense

Nous sommes accueillis par Benoit Vo-Dinh, qui nous présente la gare et l’équipe présente. Auxerre est définitivement une gare en mutation.

Les gens que nous rencontrons ont la responsabilité des trains circulant en gare d’Auxerre, mais également sur la ligne jusqu’à Clamecy, ce qui nous permet de mettre en perspective les discussions du début de journée.

Benoît nous explique que malgré sa taille, cette gare est limitée dans son développement. Par une bizarrerie historique, il n’existe qu’une seule voie entre Auxerre et Laroche Migennes pour relier Paris. Ce qui implique qu’un seul train passe à la fois dans les deux sens. La fréquence des trains entre Auxerre et Paris est à son maximum. Le développement de la gare est donc suspendu à la construction d’une deuxième voie.

Cette gare n’est pas réellement une gare rurale, puisqu’au Auxerre est une ville assez active, mais c’est réellement une gare de seconde zone qui pourrait tourner avec seulement trois salariés. Les opportunités de cette gare sont donc liées à ce dynamisme qui fait d’elle une gare de « très grande banlieue » puisqu’elle est directement connectée à Paris.

Après cette journée riche et passionnante, différents sujets apparaissent:

Trois échelles de gares sur la même ligne

La visite sur cette même ligne, donne l’impression de « zoomer » dans la configuration de ces gares. On pourrait dire également qu’on a trois gares à différents stades de périclitation (ou de maturation?). Ce qui nous fait évoquer la possibilité d’une résidence sur la ligne, plus que sur une gare en particulier, et sur les connexions entre elles.

Le premier étage des gares, des bâtiments pleins de potentiel

Les anciens logements de cheminots, que nous avons pu visiter dans ces gares apparaissent comme étant tous les mêmes dans de nombreuses gares. Que faire de tous ces « premiers étages » promis à la décrépitude ?

Pour cette résidence, c’est la direction « Gare et Connexions » de la Sncf qui nous accompagne. La problématique serait certainement intéressante pour eux, et un prétexte pour envisager l’évolution des gares rurales.

La connexion à Paris, un sujet en tant que tel ?

Il y a aujourd’hui beaucoup de Parisiens qui utilisent cette ligne. Nous avons pu souligner également l’importance des trains du dimanche soir, du lundi matin et du vendredi soir pour ces « résidents pendulaires » qui vivent en Bourgogne et travaillent à Paris. (Ce qui n’est pas sans rappeler un des scénarios de prospective du SRADT)

Cette connexion permet également un afflux de touristes l’été qui arrivent directement de la capitale. Corbigny est « certainement la plus petite gare, directement connectée à Paris » mais est-ce vraiment significatif, quand on pense qu’il faut plus de 4 heures pour aller à Paris? Certains préfèrent prendre leur voiture pour aller à la gare de Montbard.

Peut on miser sur un développement ferroviaire de ces gare?

La gare d’Auxerre est promise à un développement potentiel avec la construction de la deuxième voie, mais quid des deux autres, qui sont plutôt elles, en régression?

Difficulté tangible des cheminots

Un autre sujet pourrait être de travailler directement au contact des salariés Sncf qui avouent qu’il n’y a pas assez d’action. Dans quelle mesure est ce qu’ils peuvent offrir d’autres services? Qu’est ce que la gare doit devenir pour qu’ils retrouvent leur rôle de médiation?

Autant de sujets qui s’annoncent riches et passionnants. Pourtant, nous ne pourrons pas traiter correctement toutes ces questions en seulement trois semaines. Nous allons commencer par choisir, avec l’équipe et les partenaires, une seule gare pour la résidence. Puis nous programmerons une autre visite, afin de préciser encore le sujet de l’expérimentation. L’idée étant, comme dans chacune des résidences, d’attaquer le vaste sujet de « la gare rurale de demain » par la transformation locale, et la réalisation de projets concrets. Cette première visite est, en tout cas, prometteuse pour la suite de la résidence!

Dernier jour

DSC00399En attente de réponses

Quelques retours à notre mail envoyé hier soir aux abeilles. Mail qui propose une expérimentation concernant le covoiturage.

Des encouragements, clins d’oeil ou tout simplement l’info que les transports en commun pour l’instant suffisent à certains.
L’info circule sur Twitter, deux discussions s’engagent:
-Vous cherchez une place ?
-Il me reste une place

Nous comptons sur le mois qui va passer d’ici notre troisième semaine de résidence pour voir les effets de notre test.

Installation dans la ville

Nous partons ensuite placer des panneaux aux abords de la porte de Longs Champs sur le périphérique.
Ils informent les « covoitureurs » de l’existence de la Ruche et des groupes informels de discussion qui viennent d’être créer pour aider les gens à « bidouiller » entre eux.

Deuxième étape, la présentation de la carte de la Ruche dans les rues de Rennes

Pour la troisième semaine de résidence…

Nous prévoyons lors de la troisième semaine de résidence de prototyper une troisième proposition : Proposer à des nouveaux arrivants d’écrire un billet souvenir (à mettre ou non en lien avec le futur Wiki) qui raconte leurs premières impressions de Rennes. Ces textes ou bien des extraits seront mis en scène dans la rue pour valoriser le participant, partager une emotion avec les autres habitants de la ville et les inviter à ajouter quelque chose…..
un bout de mon souvenir s'invite dans la rue et le reste sur la toile

La ruche prépare sa sortie dans la rue…


Deux actions en cours…

-Création d’une carte de la Ruche de 180 X 120 cm à afficher dans les rues de Rennes. La carte présente les dernières abeilles inscrites avec leur profil ainsi que les derniers évènements et groupes de discussion postés. Cela donnera t-il l’envie à certain d’ajouter une info qui pourra servir à tous ?

-Nous créons sur le réseau de la ruche des groupes de discussion autour de quatre zones de covoiturage dites « sauvages » de Rennes. Notre objectif n’est pas de nous attaquer à « la question du covoiturage » mais davantage d’impulser par ce biais la création de collectifs informels de rennais sur le réseau social.
Demain nous afficherons sur les zones de covoiturage l’info qu’il existe des groupes de covoiturage sur ruche.org…

discussion autour des utopies ruchiennes

Ces expérimentations nous permettent de mettre en relief les difficultés intrinsèques de nos propositions. Autant de matière pour voir, dès à présent, les corrections et adaptations que l’on devra faire pour finaliser le futur « mode d’emploi » de nos propositions. Mais aussi leur faisabilité.

Rendez-vous avec Emmanuelle Botta de la Région Bretagne

Intéressée par les scénarios proposés par la résidence, Emmanuelle Botta se retrouve bien dans l’idée de « citoyenneté augmentée » que nous proposons. En considérant le numérique comme un outil supplémentaire pour l’amélioration de la vie de tous les jours, ce titre rappelle que la question des TIC dans les régions ne peut pas être traitée que du point de vue de l’infrastructure. « Les tuyaux ne suffisent pas ».

La nécessité d’être au contact des utilisateurs (tel que nous l’avons été dans une certaine mesure), l’illusion numérique qui tendrait à faire croire que la mise en ligne d’un site internet va tout régler, ou la complexité d’identification des acteurs non institutionnels sont autant de points révélateurs des difficultés des régions sur le sujet. Tout en apportant des débuts de réponses à ces difficultés, la méthode utilisée par la résidence reste tout de même une interrogation pour Emmanuelle Botta. Il faudra « voir les résultats », et réfléchir à la possibilité de « duplication », des résultats comme de la méthode.

17h…
Nous lançons l’impression de cette carte géante de la Ruche.
lancement de l'impression avec Benjamin

De retour à la Ruche

Avant la résidence…

Nous avions revu  Richard Delogu et Simon Chignard, respectivement directeur et président de  l’association BUG, lors du Forum régional Villes 2.0 organisé les 24 et 25 septembre à l’occasion de la deuxième édition de CapComNet à Rennes.

La rencontre avait pour thème « Les réseaux sociaux urbains et territoriaux ». Après une première semaine de résidence où nous les avions beaucoup questionnés sur ce qu’était la Ruche à leur yeux, ce fut l’occasion pour BUG d’exposer ce qui fait l’ADN de son réseau social urbain :
Mise en relation des personnes et des associations
Diffusion d’évènements de proximité (rencontres de quartier)
Confiance (réseau en dehors des logiques commerciales)

Mais également de faire un état des lieux de son utilisation actuelle.
Qui est inscrit sur la Ruche ?
Qui active la Ruche ?

Un travail sur les données du site (en respectant l’anonymat des abeilles) a permis à Simon Chignard de dégager de précieuses informations sur « ceux qui font vivre la Ruche » :
Leur nombre
Leur âge
Leur profil

Le site internet rennais accueille 300 ruches (associations et collectifs plus informels), 1500 abeilles (individus) et 10000 visiteurs depuis sa création. Les inscrits sont en moyenne plus âgés que les inscrits sur Facebook, « un peu plus proche de la réalité de la ville » commente Simon.Liberation-facebook se fait une bouche  la reine copie Il s’agit d’une population diversifiée et pour la plupart sensibles aux valeurs qui sont à l’origine de la Ruche (logiciels libres, open source, consommation durable, implication dans le monde associatif…). Les associations rennaises sont bien représentées mais également des collectifs plus informels (ex : « un groupe d’habitants de la rue de Paris ») qui participent à la dynamique de la ville sans nécessairement une inscription officielle sur le territoire. Le réseau social en ligne leur offre une plateforme. De quoi potentiellement soutenir ces énergies citoyennes pour inaugurer un réseau social de lien fort !

Pour la Ruche, comme pour tout autre réseau social territorial, reste à trouver pour l’avenir des propositions susceptibles de mettre en valeur ce potentiel. Nous abordons la deuxième semaine de résidence avec deux problématiques :
Comment ancrer dans le réel un réseau social local?
Comment fédérer les utilisateurs autour d’un objet commun ?

Lundi, retour dans les locaux de BUG…

Nous retrouvons les locaux de l’association BUG avec, aux murs, les traces de notre première résidence : nos premières réflexions, propositions concernant un avenir possible d’un réseau social local.

Richard Delogu nous confie qu’une idée en germe au sein de l’association  s’est concrétisée suite à notre venue : la possibilité pour un utilisateur de créer son blog sur la Ruche. Une toute petite chose mais qui permet aux collectifs comme aux individuels de personnaliser leur page, d’apporter plus de contenu à partager.

Exposé de nos recherches au terme de la première semaine

L’après midi nous reprenons contact avec les membres de l’équipe de BUG et nous synthétisons les idées que nous avions présentées au terme de notre première semaine de résidence pour nous engager dans une seule thématique, l’objectif étant de présenter un ensemble cohérent de propositions scénarisées à 18h mardi lors de notre restitution publique, et de lancer un prototypage dès mercredi.

Lundi soir

Autour d’un verre, Simon Chignard nous expose les conclusions de son analyse des données du site et évoque la possibilité/l’envie de lier un réseau tel que la Ruche à des missions d’intérêt général comme:
La question de la petite enfance
La réduction des gaz à effet de serre.

Sans pour autant réduire le réseau à une seule mission rappelle Richard Delogu, mais bien en réaffirmant son aspect « protéiforme ».

Vendredi, jour de restitution

maquettage01 - copie3

La future page d'accueil de la Ruche ?

Nous ne voulions pas partir sans avoir présenté à l’équipe de Bug notre avancement suite à cette première semaine si riche. Nous avons donc consacré la matinée à créer un ensemble de visuels de présentation et de maquettages de nos idées. Difficile cependant de synthétiser le bouillonnement de ces quelques jours et le raisonnement global qui en est né, difficile aussi d’afficher et de discuter si rapidement des perspectives qui chamboulent les visions de l’ensemble de l’équipe sur leur propre projet…

Malgré tout, la présentation fut un moment fort d’échanges et de confrontation productive d’idées.

Télécharger la présentation :

capture-presentation2

Valoriser son inscription territoriale

La fin de la première semaine de résidence approche. Nous préparons nos premiers maquettages et la mise en relief des valeurs de la Ruche.

La matinée est donc entièrement consacrée à une séance de réflexion et propositions dont ressortent quelques points majeurs. Nous les « testons » aussitôt énoncés auprès de l’équipe de Bug.

P1030951

P1030989

Subjectif et collectif

Si aujourd’hui la carte affichée sur La Ruche mélange individus et collectifs au sein d’un espace commun, la possibilité de n’être bientôt dédiée qu’à l’un ou à l’autre restait ouverte. En fonction des suppositions, La Ruche passerait ainsi de l’espace d’expression individuelle à l’espace de communication dédié aux collectifs. Parallèlement, et depuis le début, chaque acteur du projet s’accorde à dire qu’il serait bon que ces « réseaux sociaux » apporte enfin un plus social. La solution pour que cela soit possible, et même, la condition sans laquelle cela ne fonctionnerait pas, semble donc être de ne pas dissocier ces deux types d’utilisation : individuelle et collective. Car les associations et les structures établies ont déjà leurs moyens de communication « officielle » au travers d’agendas culturels sur papier comme sur le web. De même, chacun peut se connecter à un ou des réseaux sociaux de toutes sortes avec les limites déjà évoquées. Par contre, l’idée fédératrice de former un tout, un ensemble complexe visible et vivant à l’image de la ville semble étonnament peu présente sur le web et plus particulièrement dans les réseaux sociaux.

Voilà ce qui semble pour nous faire la particularité de la Ruche : un espace où l’individu et le collectif se font entendre à même hauteur, et où sont valorisés à la fois indépendamment et conjointement des impressions subjectives et des manifestations collectives, tout ce qui fait le foisonnement d’une ville.

P1030997
Il s’agit pour nous de valoriser la vie d’un territoire et l’usage qu’en font ses habitants, ce que permet très bien le numérique. Ce besoin de valorisation semblait d’ailleurs encore se confirmer lors de notre visite de l’atelier urbain du Blosnes. Mais, à l’image de cet atelier, il faut également penser une passerelle entre cette interface et l’ancrage dans le réel.

Une fois la vitalité de la ville représentée sur La Ruche, dès la page d’entrée, cette même page pourrait très bien être affichée dans la ville : sur les bus, sur les écrans, sur l’agenda culturel local ? Cette image de la Ruche serait alors :
– le reflet des dernières activités de toutes sortes (inscription d’un nouveau participant, événements à venir, groupe de discussion actif, annonce associative, mise en ligne d’un article sur le centre-ville en 1800…)
– un objet sensible ancré dans le quotidien du territoire. Publiée, tous les mois, cette image pourrait devenir propice à susciter la curiosité des connectés comme des non-connectés. Cela permettrait ainsi une forme d’aller-retour permanent entre le virtuel et le réel, entre ce qui se passe vraiment dans la ville et la représentation de ce même espace sur la toile ; deux plans se nourrissant l’un l’autre.
A la fin de l’année on pourrait imaginer une collection pour le public de 12 « instantanés du territoire », 12 ruches prisent en photo, 12 photos de la vitalité de la ville proposant une géo-localisation participative.

16417907

Entre 12h et 14h nous avons participé à la présentation par Richard Delogu (de l’asso Bug) de Lift à Marseille. L’occasion de re-questionner nos réflexions sur la Ruche, face aux points récurrents de cette présentation :
– idée le la métaphore collective (cartes)
– volonté de co-construction, avec l’idée de pouvoir faire agir les habitants à l’aide de controleurs
– penser l’acceptabilité sociale des outils et projets
– méthode pour  d’innover avec des non-innovants

Tous ces exposés parlent du « faire ensemble », reste à trouver le moyen de passer des intentions à de réelles pratiques collectives. Par exemple, la proposition de Pachube.com s’avère bien limitée ; tout le monde peut mettre en ligne des infos, mais pourquoi faire ?

Finalement, tout le monde peut se géolocaliser sur la Ruche, mais pourquoi exactement ?

P1040003

La Ruche, proposer sans imposer ?

Deuxième jour de résidence. Notre journée est polarisée par le premier rendu que nous allons faire à 18h à la Maison des associations. 

Notre objectif est double: 
-continuer à rencontrer des acteurs du monde associatif et numérique rennais, et des usagers.
– dégager quelques constats et propositions à présenter pour le soir.

Des rencontres éclectiques

Entre l’élu de la ville de Rennes, la bibliothécaire chargée du service numérique et le primo-arrivant qui vient dans les cybercentres pour mailer et apprendre le français, nous rencontrons des personnes avec des objectifs et usages du numérique très disparates.

9h, Nous rencontrons Sarah et Pierre, animateurs dans deux  pôles multimédia du sud de Rennes  (Maison des Squares / Maison de Suède). Ils nous parlent avec plaisir de leur quotidien et de ce qu’ils perçoivent de leur rôle. A la fois, animateurs de projets de groupe (journalligator), conseillers pour la recherche d’emploi et formateurs à l’outil internet, ils définissent leur position à cheval entre le culturel et le social. De fait, ces pôles sont bien souvent intégrés à une maison de quartier qui travaille en partenariat avec le centre social, l’association d’apprentissage au français, le comité de quartier. Pour nous, c’est l’occasion de voir la réalité des « usagers » et de savoir ce que représente pour eux le réseau social local de la Ruche.

Deux types de population fréquentent les centres:  
Les jeunes, 10 /18 ans,  plutôt débrouillards, jonglant entre MSN, Facebook et les jeux en réseau. La ruche, ils ne connaissent pas.  Nous allons avec l’un d’entre eux sur l’interface de la Ruche. Un réseau social localisé à Rennes, cela apparaît comme logique, car ses amis (sur MSN, Facebook) sont rennais. 

Quelque chose comme « le local » semble encore pertinent sur le web…
IMGP8858

Les autres usagers de ces centres, sont ceux qui viennent  pour bénéficier d’une formation pour utiliser internet : personnes âgées, usagers des centres sociaux. Un public qui ne manipule pas encore bien l’outil informatique ou bien se limite à des actions simples : quelques mails avec des membres de la famille éloignés, une gravure sur cd de photos numériques pour inviter les autres à découvrir leur vacances.

La ruche ? Elle est encore loin d’eux…

Pierre, animateur du pôle multimédia de la Maison de Suède, nous fournit la conclusion de notre visite  :
« Pour moi, la Ruche, en ce moment, c’est plus culturel que social. C’est comme un agenda culturel »

IMGP8856rec

La Ruche : réseau social local

Local, on voit.
Social, c’est moins évident, surtout si personne ne l’utilise.

Nous continuons notre enquête auprès d’autres acteurs plus décisionnels (élus, bibliothécaire, CRES) pour connaître leur utilisation et volonté concernant un « numérique local ». Tous relèvent que le numérique peut contribuer à mettre en avant la participation du citoyen.

La Bibliothèque veut redéfinir sa politique et donc ses services en mettant les usagers au centre. Une Bibliothèque connectée et active dans un réseau social local, « c’est imaginable » pour Françoise Sarnowski. C’est même l’objectif de la déterritorialisation des institutions.

Autre exemple d’ouverture au numérique:
Sébastien Sémeril et Fréderic Bourcier , tous deux élus à la ville, affirment que l’apport des nouvelles technologies dans le domaine de la concertation des habitants (dans le cadre d’un projet d’urbanisme) peut être considérable :
– vues en 3D
– entrée dans un projet à n’importe quel moment
 
En quoi la Ruche peut concerner ces problématiques urbaines et citoyennes ? 
Mais tout d’abord, utilisent-ils la Ruche ? Non… pas encore…
Pourtant le potentiel d’un outil participatif, local, numérique semble exister… Il est encore à développer.

Desktop

Au fil des rencontres, nous voyons un premier objectif de notre résidence se préciser : définir, circonscrire les objectifs de la Ruche avec ses concepteurs. Pour qu’elle ne soit pas le fourre-tout des attentes de chacun, un projet sans fin, mais davantage une proposition lisible et stimulante.

Quelle est son identité et donc sa fonctionnalité ? Beaucoup nous parlent de sa spécificité ( par rapport à Facebook), de son image éthique (protection des données des usagers…) rares sont ceux qui nous parlent de leur utilisation ou d’une potentielle utilisation.

La ruche un outil conçu pour les associations ?

C’est ce qu’attendait Thierry Vincent, acteur associatif important de Rennes (CRES) et Richard Delogu lorsqu’ils ont mis en place les apéruches : débats citoyens autour d’un thème. Initiative qui inaugure une sortie de la Ruche dans le « réel physique » et qui, pensons-nous, peut être développée. Un outil qui permettrait d’échanger plus facilement des infos entre assos, de mutualiser des compétences, de se prêter du matériel. Pourtant techniquement, la Ruche permet -en bonne partie au moins- de répondre à ces attentes par la constitution de groupes, la publication d’annonces et des événements de chacun. Mais le paradoxe actuel veut que presque personne n’utilise toutes ses fonctionnalités (dont certaines sont en ligne depuis peu).

Un travail de sensibilisation (pédagogie ?) de ce qu’est La Ruche nous apparaît de plus en plus nécessaire. Pour cela il s’agit de trouver ceux qui seraient à même d’en révéler le potentiel et de la faire vivre : ses potentiels ambassadeurs. C’est pourtant prendre le problème à l’envers. Comment les animateurs des pôles que l’on verrait bien dans ce rôle, pourraient faire vivre La ruche s’ils ne comprennent pas eux-mêmes son objectif ?

Présentation recherches5

 

Les choses semblent circulaires. Un élément nous a permis de sortir de ce cercle : poser la question sous cette forme aux concepteurs de la Ruche. C’est ce que nous avons eu l’occasion de faire lors de notre présentation à 18h. Un nouvel élément de compréhension nous a été donné.

« L’objectif de la Ruche, c’est aux usagers de le définir »

« C’est à eux (les usagers) de nous dire ce qu’est elle est et non à nous (les concepteurs) de donner une définition qui tombe d’en haut. En gros, c’est de l’usage que viendra le sens. Le but est qu’elle devienne ce que les abeilles veulent en faire : un outil à inventer. »

Position louable, qui consiste à ne pas trop pré-penser d’en haut un usage mais inviter les potentiels usagers à bricoler, braconner et faire leur ce lieu virtuel. Mais n’est-ce pas limiter ici l’usage du réseau aux initiés ?

Entre une définition trop réductrice et pédagogique de ce qu’est la ruche et l’entière liberté laissée aux abeilles d’imaginer ses différents usages, un juste milieu peut être trouvé. Que la ruche soit force de propositions participatives et collectives, libre aux abeilles de maintenir l’énergie et de devenir, elles-mêmes, initiatrices de nouvelles propositions.

 

Prendre du recul et imaginer un projet participatif

Visuels events

Deux perspectives sont envisageables :
– aider à définir ce qu’est la Ruche (valeurs, objectif) en partenariat avec ses concepteurs et les usagers actuels et potentiels pour mieux communiquer et initier ses potentiels représentants (ambassadeurs)
– concevoir une réalisation concrète participative et collective pour ranimer la Ruche (happening, installation dans des lieux physiques, organisation d’un « Flash butinage »)

Il s’agit de savoir comment on peut influer une énergie à cette Ruche, ce que nous disions plus haut, faire qu’elle ne soit pas qu’un « concept éthique » pour devenir un véritable lieu d’échange et un outil repéré par les associations et les citoyens.

IMGP8871

Autant de propositions qu’il faut construire pour ne pas perdre cette « énergie » que représente la Ruche. Car « les gens s’y sont inscrits alors qu’on ne leur offrait rien » rappelle Richard Delogu de BUG, « il faut savoir répondre à ce premier désir ».

Quel désir exactement ?
Partager, échanger, créer, se situer…

Et comment ?

Accédez au diaporama:
Image 2