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De la Cyberbase SOUS-MARINE…

Mercredi 19 mai, c’est aujourd’hui jour workshop avec les animateurs et les usagers à l’ ERIC-Cyberbase de Berthe.

L’objectif du jour:

Sortir des idées et des pistes de projets à partir des scénarios réalisés par nos résidents pendant l’inter-résidence et issus des grands thèmes sélectionnés. Ces scénarios prospectifs sont volontairement extrêmes pour susciter des réactions parmi la quinzaine de participants réunis. Quatre scénarios ont été élaborés sur les thématiques de l’Emploi-Formation, du réseau ERIC, Santé Numérique et le Tourisme-développement durable.

Des outils sont aussi mis à la disposition des participants : photos illustratives, « cartes-tag » et des fiches-idées pour noter les réflexions. L’ atelier se fera sous la forme d’un brainstorming de 30 minutes par thème, soit 2h. A la fin, les participants votent pour les idées ou projets avec lesquels ils ont le plus d’affinités.

Ces pistes de projet vont permettre d’approfondir l’atelier du lendemain avec les animateurs des ERIC, représentants de structures comme TPM ou de l’IFAPE, des chercheurs et des étudiants.

Extraits des scénarios : « Super Eric, sauve le monde »

EMPLOI ET FORMATION

 » Nous sommes en 2018 et le paysage de l’emploi en France s’est métamorphosé. Les réformes successives du Pole Emploi ont complètement changé sa mission. Alors qu’autrefois il accueillait les chômeurs et les orientait dans leurs recherches et leurs démarches, il a aujourd’hui un rôle de contrôle des chômeurs et de production de statistiques sur l’emploi. Il est donc devenu impossible pour les chômeurs de pouvoir rencontrer un conseiller car ceux-ci, faute de temps et de disponibilité, ne communiquent avec eux plus que par l’interface du Pôle Emploi. Les chômeurs sont donc de plus en plus isolés et coupés du monde professionnel.Les petites et moyennes entreprises ont quasiment complètement disparues, soit qu’elles aient été, petit à petit, absorbées par de plus grosses, soit qu’à force de vouloir réduire les charges et de rendre flexibles leurs salariés, les dirigeants les aient métamorphosé en auto-entrepreneur. Ainsi le télé-travail s’est particulièrement développé : chacun travaille de chez soi, avec les outils numériques. De ce fait, une grande part de la population connait des périodes de travail alternées avec des périodes de chômage sans trouver d’aide pour développer ses activités. L’individualisation des comportements désagrège petit à petit le lien social
Les Eric se sont saisis de cette question et proposent aujourd’hui aux chômeurs comme aux actifs de se regrouper afin de renouer le lien entre les personnes, tant au niveau professionnel qu’au niveau personnel. Ces cyber-coopératives professionnelles, dont le maillage sur le territoire rend leur activité particulièrement efficace tant au niveau local qu’au niveau régional, mettent à disposition des usagers des espaces et des outils : mise en commun des locaux et des moyens (internet, électricité, matériel informatique…), réseau de mise en relation, annuaire de contacts… « 

ENVIRONEMENT ET TOURISME

 » Nous sommes en 2018 et la Région PACA est saturée de touristes. Forte de son patrimoine et de ses atouts naturels, elle a toujours été une destination idéale pour les touristes français comme pour les touristes étrangers. Mais aujourd’hui cette attractivité est fortement compromise par ce tourisme de masse qui consomme plutôt qu’il ne découvre. Les côtes sont surfréquentées, la mer est polluée, les massifs forestiers sont dénaturés et le territoire perd de sa biodiversité. Ce qui fait l’attractivité de notre territoire est petit à petit en train de le tuer. Faut-il laisser cette diversité nous échapper et voir s’asphyxier notre région alors même que le tourisme représente une part importante de notre économie ? Comment responsabiliser les touristes pour qu’ils continuent à profiter d’un patrimoine exceptionnel et original tout en garantissant les emplois et les activités des habitants de la région ? Le réseau des ERIC se penche sur ces problèmes…

LE RÉSEAU ERIC :

 » Les ERIC ont perdu leur idée de réseau et fonctionnent chacun dans leur coin. Une masse pléthorique d’informations et d’initiatives éparpillées saturent les Cyber-Bases qui ne peuvent plus les traiter ni les exploiter. « Trop d’infos tuent l’info ». Pour revivifier le réseau des ERIC et valoriser les initiatives existantes, les acteurs du réseau proposent des projets avec la participation des utilisateurs pour revivifier le réseau.

SANTE ET NUMERIQUE

« Qui l’aurait cru en 2010 ? Soit dix ans plus tôt, l’internet est mis à l’index par l’ensemble du corps médical: depuis le succès massif du piercing communiquant en 2013, l’usage prolongé des «technologies de l’immédiateté permanente» est devenu la première cause d’arrêt du travail, et une hantise pour les enseignants. Tout va trop vite! Partout dans le monde, les « burning-out » sont monnaie courante dans toutes les catégories professionnelles, et les ados ne parviennent plus à décrocher du réseau, du tchat et des jeux en ligne. Comment reprendre la main sur le tsunami technologique, sans renier tous ses acquis ? la Cyberbase de Berthe y a répondu dès 2015, en devenant espace de reconnexion. « Notre priorité, c’est d’aider les habitants à resynchroniser leurs vies !». »

Les outils de l’atelier

Après une heure et demi d’atelier, trois thématiques sont traitées, celle de l' »Emploi-Formation », de l' »Environnement-tourisme » et celle du « Réseau ERIC ». La thématique de la Santé Numérique n’a pas pu être traitée faute de temps.

Les idées-projets du workshop avec les usagers et animateurs

Thématique « Emploi-formation »

Thématique « Environnement-tourisme »



Thématique « faire vivre le réseau ERIC« 

Restitution, vote et affichage des fiches-idées

A la fin de l’atelier, les projets sont affichés et nos participants votent avec des gomettes colorées pour leurs idées préférées dans chaque thématique. Le projet de la « Cyberbase Sous-marine », du « Book video » et d’une « Fête des ERIC »  sont plébicités. Puis tous nos participants se sont retrouvés autour d’un verre pour échanger informellement autour des projets lors du traditionnel « accrochage  » du mercredi.

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Fin de la résidence au lycée Gabriel Fauré: premier bilan

Nous touchons à la fin de la résidence de la 27e Région au lycée Gabriel Fauré d’Annecy. C’est l’heure d’un premier bilan sur les réalisations et sur la poursuite des projets au-delà de la résidence.

Le kit de speed dating

La fabrication du kit speed dating

La première réalisation des résidents consiste en un kit de speed dating pour lycéens. Il contient des t-shirts pour le staff, un sifflet, un chronomètre, des plots, une ligne de démarcation, un fanion et un mode d’emploi. Il est mis à disposition des élèves dans le bureau de la vie scolaire de l’internat. Les objets ont en eux-mêmes un fort pouvoir de transmission. La matérialité du kit devrait favoriser l’appropriation de l’idée du speed dating par les élèves et le personnel du lycée. C’est en soi un dispositif très simple, et le kit permet de le mettre en place en un clin d’œil à la récréation ou à la pause déjeuner. C’est l’exemple parfait du type de micro action que nous préconisons.

Kit speed dating

Le projet de signalétique poétique et critique

Le projet de signalétique poétique a été prototypé et testé avec une classe et son professeur de français. Lors de cette expérimentation, les plaques de rues avaient été figurées par des feuilles de papier. Il s’agissait alors de tester la capacité des élèves à identifier des espaces spécifiques dans l’établissement et à les renommer. Cet atelier d’écriture poétique a encouragé les élèves à s’interroger sur leur perception du lycée. L’action d’aller rebaptiser chaque couloir en accrochant une plaque de rue a renforcé leur sentiment d’appropriation des lieux.

Pour que le projet se poursuive, il faut désormais passer à la réalisation des plaques de rues en bois. Cela représente un budget peu élevé et l’équipe de la maintenance du lycée a les outils et les compétences pour le réaliser. Mais l’impulsion doit venir de la direction pour que l’intendance fasse partir un devis. Or, le proviseur, à qui le projet a été soumis, ne l’a pas rejeté mais n’a pas pour autant dit qu’il allait le mettre en œuvre.

Le trombinoscope : rendre visible les invisibles

Le trombinoscope a été une expérimentation lancée en fin de deuxième semaine et a reçu un accueil mitigé. Les élèves n’ont pas immédiatement perçu l’enjeu de cette représentation commune de l’ensemble des « habitants du lycée », visibles et invisibles, des lycéens jusqu’aux agents. Pourtant, en fin de troisième semaine, on voit encore quelques élèves s’arrêter devant le trombinoscope. En revanche, au regard des photos émouvantes que nous avons prises des agents techniques traversant en groupe le hall du lycée pour venir regarder le trombinoscope, on peut dire que ce travail de représentation a produit quelque chose : une émotion, un événement, et peut-être plus ?

Le micro : vers un partage de la parole entre administration et lycéens

Le micro dans le bureau de la vie scolaire

A la suite des débordements qui ont suivi l’expérimentation du micro dans le hall, le dispositif a été déplacé dans le bureau de la vie scolaire. Le contenu et la fréquence des messages a été entièrement modifié par ce déménagement. Nous avons entendu, uniquement au moment des pauses, des appels pour s’inscrire à la soirée des terminales et pour donner des vieux meubles pour aménager le foyer. Seulement, le micro utilise pour le moment la ligne téléphonique d’une CPE en congé maladie. Un autre CPE suggère de rendre disponible la ligne dont se sert le bureau de la vie scolaire aux élèves, du moment qu’il s’agit de messages informatifs ou créatifs. Il aura donc fallu que nous installions un micro dans le hall pour faire évoluer certains usages. Quoiqu’il en soit, l’expérimentation de mercredi n’aura pas été vaine : elle a révélé le besoin qu’ont les élèves de s’exprimer. Entendre les élèves se souhaiter leur anniversaire ou le souhaiter à un surveillant introduit plus d’humanité et de quotidienneté dans l’établissement.

Le projet du foyer : évoluer vers des protocoles de micro action

Myriam à la réunion chantier

Le projet du foyer, comme expliqué dans le billet précédent, est désormais dans les mains d’une CPE, Myriam. C’est la transformation de l’association du Foyer Socio-Educatif en Maison des Lycéens qui est à l’origine du réveil du projet d’aménagement du foyer. Un professeur très investi dans le FSE et qui est à l’origine de la journée Kulte partage sa perception de la réunion du 20 mai, dédiée à l’aménagement du foyer. Au contraire de Myriam, il ne croit pas que ce changement de nom du FSE va changer quoi que ce soit. En revanche, il est convaincu par le protocole de micro action que nous avons proposé. « C’est fou ce que les élèves sont procéduriers » dit-il. « Il y a ce mythe d’un protocole administratif qui donnerait la bataille gagnée d’avance. » Il est maintenant convaincu que l’important est de faire venir les élèves dans le foyer pour que le processus d’aménagement s’enclenche : « On habite les lieux avec plus de pertinence au bout d’un certain temps. » Il reconnaît aussi que Kulte a placé la barre de la conduite de projet très haut, au risque de couper le lien avec les élèves susceptibles de se l’approprier. Des actions plus modestes et ponctuelles peuvent susciter des envies. « On a un protocole qui est né de votre passage » conclue-t-il.

Une conclusion mitigée

Alors que nous nous apprêtons à partir, nous sommes assez brutalement confrontés à la réalité du lycée Gabriel Fauré. La direction aura été peu à l’écoute et n’a garanti la réalisation d’aucun de nos projets qui, dans un autre contexte, auraient pu être mis en place très rapidement car ils demandent peu d’argent et peu de savoir-faire. La signalétique comme le trombinoscope restent en suspens.

Arrivés au lycée par l’intermédiaire d’un professeur de philosophie frondeur et atypique, fatigué de se heurter aux blocages administratifs qui accompagnent chaque projet, nous avons été confrontés aux mêmes difficultés. Nous espérons que la poursuite de la discussion avec la région Rhône-Alpes prolongera le travail accompli pendant la résidence.

Des esquisses de projets pour le lycée Gabriel Fauré

Une résidence sur la citoyenneté au lycée

Le point de départ de la résidence de l’équipe de la 27e Région au lycée Gabriel Fauré est une interrogation sur ce que pourrait être un lycée citoyen. Nous avons écarté d’emblée une analyse trop serrée de la notion de citoyenneté pour nous concentrer sur les expressions réelles et possibles d’une citoyenneté proprement lycéenne. Avec comme horizon les principes de participation, d’initiative, de responsabilité, de solidarité et de collectivité, nous nous sommes attaqués au terrain à l’aide des outils spécifiques de la 27e Région.

Le temps du terrain

Pendant trois jours, nous avons exploré le lycée, observé son fonctionnement, dialogué avec ses habitants et documenté ses pratiques. Nous avons cherché à identifier les différentes populations du lycée et à établir la liste de ses ressources matérielles et humaines. Au cours de la discussion continue que nous avons menée avec les habitants du lycée, nous avons été attentifs aux remarques positives sur l’établissement, tout en traquant les failles. Les points forts du lycée, comme ses déficiences, définissent notre champ d’intervention. Notre projet est non pas d’introduire au lycée une citoyenneté figée, mais de créer un espace où elle puisse être débattue et vécue.

De nombreuses initiatives citoyennes

Au terme de ces journées d’immersion, nous avons observé plusieurs expressions de la citoyenneté au lycée Gabriel Fauré. Les professeurs, les élèves et le personnel ont initié plus de projets qu’on ne peut en énumérer. La journée don du sang, la journée Kulte, la journée bio à la cantine, la récolte de matériel scolaire pour le Maroc mettent en jeu plusieurs notions qui peuvent aider à élucider ce que peut-être la citoyenneté au lycée : convivialité, liberté d’expression, esprit d’entreprise et organisation collective. C’est dans ces quatre catégories que s’inscrivent les esquisses de projets que nous sommes en train d’élaborer.


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