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Labo en chantier : semaine 7 de Transfo Champagne-Ardenne.

Fin de Semaine 7 en Transfo Champagne-Ardenne : une «semaine» répartie entre février et avril et émaillée de temps forts.
• une journée «Transfo-directeurs» le 12 février.
• le voyage d’études au MindLab à Coppenhague.
• la visite de la Ministre Marylise Lebranchu le 22 février.
• trois journées de travail les 4, 11 et 12 avril sur le futur Laboratoire, avec l’équipe de Référents. Lire la suite

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Une journée de Transfo avec les directrices et directeurs de la Région Champagne-Ardenne

Le 12 février se tenait au lycée Léon Bourgeois d’Epernay une séance de travail inédite : une journée «Transfo-directeurs». A l’occasion du séminaire annuel de direction, l’équipe de résidents a proposé à l’ensemble des membres de la direction du Conseil Régional de se prêter à une séance de travail sur l’hypothèse d’un Labo d’innovation à la Région. Ce sont les Lycées Léon Bourgeois et Godart Roger (établissement public récemment rénové) qui ont étés le cadre de cette rencontre avec le «top-management» régional. Revenons sur cette expérience. Lire la suite

TRANSFO CA / Semaine 6 : Prototyper un labo

Photo 22-01-13 23 13 38Du 21 au 25 janvier 2013, nous sommes de retour à Châlons-en Champagne pour une nouvelle semaine du programme Transfo. Après le « Moment Fédérateur » du 17 décembre, nous retrouvons au Conseil Régional une équipe soudée, engagée et attentive.

Tant mieux, l’enjeu est de taille : capitaliser sur toutes les précédentes semaines pour aboutir au meilleur outil de communication qui soit sur le futur labo, son schéma de fonctionnement !

archives 1. Capitaliser
Les archives de la Transfo Champagne-Ardenne, soigneusement conservées.

schema2

schema12. Schématiser
A4 et scotch, rien de tel que la grandeur nature pour se projeter.

 

questions3. Soulever des questionnements

Afin de crédibiliser la démarche, nous aidons les Référents à envisager dans le détail les nœuds du schéma.

Instances de validation ? Composition ? Mode de saisie ? Démarche ? Les questions pertinentes ne manquent pas et nous sommes étourdis par la maturité des agents qui s’interrogent.

Aucun doute, nous sommes bien en train de passer de la TRANSFO – espace d’expérimentation, au LABO – espace d’innovation sociale.
Le prochain épisode ? Le passage à l’échelon supérieur : une Transfo pour les directeurs et directeurs adjoints. Rendez-vous le 12 février…

TRANSFO CA / Semaine 6 : une nouvelle résidente !

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Nouvelle recrue dans lʼéquipe de la Transfo, je me présente en quelques mots.
Designer industriel de formation, je mʼintéresse particulièrement à lʼaccompagnement, par le design, à la conception de services et de systèmes innovants, ainsi quʼau domaine de lʼinnovation sociale, qui me passionne. Proche de la 27° Région depuis 2009 (alors en mission à la FING, jʼai pu assister à la genèse de lʼassociation et aux premières expérimentations) je suis les programmes de Territoires en résidences et de la Transfo avec beaucoup de curiosité depuis quelques années. Cʼest donc avec beaucoup dʼenthousiasme que je rejoins lʼéquipe : merci à tous pour cette première journée dʼimmersion dans le programme !

Laura Pandelle

À mi-parcours de la Transfo Champagne-Ardenne

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En fin de semaine 5, après une semaine chargée au bilan mitigé, les référents nous faisaient part de leur ressenti : heureux de participer à une démarche novatrice, convaincus des enjeux, volontaires pour continuer… Mais aussi de quelques sentiments plus nuancés (mais partagés) : démotivation, manque de cohésion d’équipe, impression d’un portage incertain.

Qu’à cela ne tienne, le mois de décembre sera fédérateur ! C’est ainsi que nous nous lançons dans l’organisation d’une journée ébouriffante : pédibus d’accueil, aménagement d’un lieu-labo pratique (et agréable !), activisme régional, speed-dating Transfo, …

Le résultat ? Laissons place aux images.

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Crédit photo : Marion Parez

Champagne Ardenne SEMAINE 5 / JOUR 1

La cinquième semaine de programme… sur dix
Initiée en septembre 2011, nous fêtons à la fois les « un an » de la Transfo Champagne-Ardenne et la moitié du programme !

Globalement, nous sommes plutôt satisfaits de son déroulement actuel, comme en témoignent les précédents billets du blog : référents mobilisés, dynamisme du questionnement sur l’implantation d’un laboratoire, résultats visibles sur des dispositifs, appropriation des démarches.
Par conséquent, les ambitions progressent… et les objectifs des semaines d’accumulent !

Dans le planning de la semaine 5, pas moins que :
– l’organisation des prochaines rencontres Région-jeunes,
– questionner le processus de création d’un dispositif régional par la Transfo
– deux journées de travail avec des jeunes,
– la présence d’élus sur toute la semaine,
– une invitation lancée à la participation de partenaires de l’éducation populaire,
– la venue d’une ministre.

Et bien entendu, nous gardons en tête notre objectif d’implémentation d’un laboratoire d’innovation en région !

Fatigués avant de commencer ? Au contraire, hâte de s’y confronter, c’est l’esprit de la Transfo !

Du connu… et du neuf !
C’est sous la pluie que nous arrivons à l’hôtel de Région. Dès notre passage de la porte de la Chapelle, où la journée doit se dérouler, nous comprenons que nous sommes attendus.
Durant la longue période d’été, une « Transfo autonome », telle qu’elle a été baptisée par les référents, s’est mise en place : amorcer le travail de création d’un dispositif envers les jeunes sur le thème de la mobilité. Et en fin de 4e semaine les référents de la Région s’étaient engagés à présenter aux résidents le fruit de leur travail.
L’enjeu est de taille pour eux : il faut à la fois rendre compte de leur travail, montrer qu’ils ont su réutiliser des outils construits lors des précédentes semaines, et organiser le tout sous la forme d’une exposition ! En effet, les panneaux sont en place.

Cependant, la Transfo ne serait pas elle-même sans les petites surprises qu’elle sait ménager à ses participants… N’en doutez pas, elles sont bien au rendez-vous !
Alors que nous retrouvons avec plaisir quelques têtes connues… Nous sommes également surpris du nombre conséquent de nouveaux : au-delà des quelques référents qui ont rejoint les rangs de l’équipe, beaucoup de partenaires nous accompagneront cette semaine. Certes nous savions qu’ils avaient été invités… mais nous ne nous attendions pas à ce ratio : quatre référents sur quinze attendus… et pas moins d’une quinzaine de partenaires (pour la plupart représentants d’associations membres du CRAJEP).

Qu’à cela ne tienne, nous conservons nos objectifs. L’esprit de la Transfo, c’est aussi d’improviser.


Faire des contraintes des opportunités pour avancer
Alors que nous rentrons peu à peu dans le sujet, les dispositifs existants en terme de mobilité et les besoins/difficultés des jeunes, nous réalisons l’ampleur du sujet : questionne-t-on la mobilité physique ou psychologique ? Bouger pour bouger ? Quel lien avec l’ouverture culturelle ? Mobilité moyen ou fin ? Sur quelles opportunités s’appuyer ?
Et n’oublions pas : quelle place de la réflexion sur le futur labo à travers cela ? Les questions sont multiples dans l’équipe de résidents.

Nous apprenons aussi à mener cette Transfo en l’animant. Dans la trajectoire que l’aventure prend depuis la semaine 3, nous tentons d’aider les agents à devenir de plus en plus autonomes dans le processus. Mais entre zone de confort aménagée pour eux et encapacitation, où doit-on placer la subtile limite ?

Nous n’avons pas à nous confronter seuls à ce questionnement. Cette clarification doit arriver par les agents-référents eux-mêmes.
D’autre part, les membres du CRAJEP pourront dresser un premier bilan des Rencontres de l’an dernier, afin d’en tirer les points positifs, nécessités d’attention, enjeux et objectifs.

Pas de doute, la cinquième semaine de Transfo est en route !

Mode d’emploi élaboré par les lycéens de Rethel

Dans le cadre de la semaine Transfo , nous étions allés en immersion, le 4 avril 2012, au lycée agricole de Rethel où spontanément les lycéens s’étaient bien investis pour travailler sur lycéO. Ils avaient notamment proposé un nouveau mode d’emploi de la carte lycéO. Nous sommes retournées, Isabelle et moi, à Rethel le 31 mai où les lycéens ont été enchantés de nous revoir. Ils ont été très agréablement surpris de constater que le prototype de mode d’emploi qu’ils ont créé lors de l’immersion de la transfo, a été retenu pour être généralisé et adressé à tous les lycéens et apprentis de la Région. Ce mode d’emploi est conforme à leurs attentes, ils y trouvent les informations pertinentes et le format est plus approprié à la conservation du document (avec la carte lycéO dans leur portefeuille). La CPE du lycée agricole a été satisfaite et nous a remerciées pour la valorisation du travail des lycéens.Cette rencontre a également permis de répondre aux questions sur l’aide à la restauration et la validation des cartes lycéO par les établissements. A POURSUIVRE.

Maryline

 

Champagne Ardenne SEMAINE 4 / JOUR 5 : Quand la Transfo vient interroger le résident dans son activité initiale

« Il faut absolument que vous vous dotiez d’un cadre, sinon vous ne pourrez rien faire. »
Ce commentaire, venu d’un jeune homme stagiaire à la Région, lors du temps de discussion sur le « labo rêvé« , nous avait interrogé : avait-il compris notre démarche ? Palpait-il notre cheminement par tâtonnement vers un « pas encore défini », un « en construction » ? Notre conclusion était alors assez radicale : « à côté des clous ». Effectivement, le cadre tel qu’il semblait l’entendre (fiches de poste, salle dédiée, personnel permanent, ordres de mission..) ne correspond définitivement pas au processus en cours. Cependant, à la lumière du dernier jour, cette phrase nous revient en tête : et si le cadre s’immisçait plus vite que nous le pensions ?

Après une demi-journée consacrée à la prospective, l’objectif de la dernière journée est, comme prévu, très opérationnel.
L’équipe de résidents fait ses valises le soir même et les agents doivent absolument être dotés d’outils leur permettant d’être autonomes jusqu’à la prochaine semaine, début octobre. Mais pour autant, pas question de leur fournir ces outils tout cuits ! D’autant que ce n’est pas ainsi qu’ils voient les choses… La veille, nous avons identifié trois thématiques de travail et constituons ainsi trois groupes à l’arrivée des premiers participants. Mais ce que chaque atelier va produire, nous n’en savons encore quasiment rien, en réalité !

Il nous semble intéressant de faire ici un point d’arrêt réflexif sur la place du résident.
La 27e région revendique le principe de « co-conception ». Dans ses fondements, ce concept revendique le fait de pouvoir « réinterroger en profondeur les manières de concevoir les politiques en proposant une façon résolument nouvelle, plus participative et ouverte ». « Produire des politiques publiques par et pour les gens ». Cependant, le programme « La Transfo » ne se situe pas tant au niveau des usagers qu’au niveau des agents. De même, si nous tentons d’ouvrir ces agents à la mécanique de l’immersion sur le terrain, cette sensibilisation se traduit également par une co-conception entre eux et nous, résidents.

Ce double mécanisme, sorte de mise en abîme de la co-conception, est à la fois méthode non négociable et postulat politique : on ne forme à l’autonomie qu’en l’expérimentant, on ne se forme à la co-conception qu’en la mettant en œuvre. Continuons alors notre interrogation de la place du résident. Lorsque nous constituons les trois groupes de travail, nous n’avons qu’une idée plutôt vague de ce qui va être créé ou décidé à l’issue. Celle-ci se réduit souvent à l’intitulé de l’atelier : « document présentant la démarche suivie sur LycéO », « to do list des prochains mois » et « outil-journal de bord interne ». Nous savons que nous allons nous répartir dans les groupes pour accompagner les questionnements et propositions mais, et là est toute la singularité de la démarche, nous allons surtout  nous autoriser à être surpris. L’attitude du résident se doit d’être subtile : écouter l’idée émise, tenter d’approcher ce qu’elle dévoile d’un fonctionnement actuel, surveiller l’émulsion du groupe, autoriser à pousser l’imagination un peu plus loin encore, par petites touches.

La Transfo vient alors titiller le résident dans son cœur de métier. Par principe, ce cœur de métier constitue l’approche singulière que pourra proposer chacun des résidents : designers, sociologues, anthropologues, architectes, … Or celle qui rédige ces lignes se destine au métier de professeur des écoles. M’étant longuement intéressée aux pédagogies alternatives, notamment pour leur capacité à « instaurer le collectif » dans la classe, je milite pour une école différente, faisant le pari a priori de la capacité de tous à réussir. Ce pari nécessite une posture professionnelle et des méthodes différentes. On pourrait légitimement s’interroger sur la place d’une future enseignante dans une équipe de résidents. Cependant, l’une des postures essentielles de l’enseignant se trouve être précisément au cœur de la Transfo : « s’autoriser à être surpris ». Mais ce n’est pas la seule…

« L’enseignant doit être le garant du cadre institué pour que les apprentissages puissent se dérouler dans une atmosphère sécurisée et sécurisante. » Ces mots de Philippe Meirieu, professeur de Sciences de l’Éducation à Lyon 2, peuvent prêter à sourire si l’on tente de les appliquer à la Transfo. Les agents ne sont pas plus des élèves que nous des enseignants, piège d’une infantilisation à bannir. Mais si l’on se place du côté des « méthodes actives » et de « l’éducation nouvelle », le mécanisme s’enrichit : la mobilisation d’individus aux parcours divers autour d’un objet de travail, avec ses contraintes, permettant de construire de nouveaux savoirs chez chacun, par leur mise en discussion au sein du collectif. N’y reconnait-on pas là un peu notre démarche ? L’ « éducation nouvelle » date de 1920…

Je ne réalise que maintenant à quel point la Transfo peut mobiliser une vision pédagogique. Je m’autorise alors soudain à relire son déroulement sous le filtre de ces connaissances : les « conseils », moments de réunion et de prise de décision en pédagogie Freinet, sont-ils si différents de nos moments de « mise en commun » ? Les « cahiers de râlage », où les enfants peuvent faire part des sujets à y traiter, ne peuvent-ils être rapprochés du « mur d’idées/questions » ? Voir les choses sous cet angle engage alors à réinterroger les deux milieux : un fonctionnement de classe plus « Transfo » ? Une Transfo qui tirerait profit des expériences pédagogiques ?
Un incident qui a eu lieu le matin avec un visiteur qui n’acceptait pas de suivre une règle émise par le groupe entre parfaitement dans ce cadre : en pédagogie institutionnelle, les « lois » sont discutées en grand groupe, votées puis ré-envisagées. Extérieures aux individus et garanties par tous, elles sont l’incarnation de la sécurité intellectuelle du groupe. Faudra-t-il ici re-questionner cette règle avec les participants directement ?

Nos trois groupes de travail carburent. Nous instaurons un rythme qui oblige les agents à tourner d’atelier en atelier pour être certains que ce travail sera le fruit du collectif. Peu à peu, des outils concrets émergent : le « document sur la démarche » donne lieu à un tableau de suivi de la transformation d’un dispositif ! La « to do list » se mue en calendrier, accessible à tous sur un intranet – que nous découvrons ! Et le « journal de bord » devient un outil de mise à jour quotidienne pour l’ensemble des participants avec ses règles et sa méthode !

Ainsi, voilà donc notre cadre. Il apparaît alors que nous ne l’avions abordé : simple et évident, fruit de négociations, issu d’un nécessité indiscutable, implicite et ressentie par tous. La joie du concret se lit sur les visages des agents. L’enseignante en moi n’envisage alors pas une seule seconde de cheminer différemment avec sa classe, quel qu’en soit l’âge moyen…

Une petite bibliographie, si amateurs !
Philippe Meirieu,
Apprendre… oui, mais comment ?
Célestin Freinet,
Les invariants pédagogiques
Catherine Pochet & Fernand Oury,
Qui c’est l’conseil ? La loi dans la classe

Champagne Ardenne SEMAINE 4 / JOUR 4 : de la réalité au rêve…

Au risque de nous répéter, cette semaine 4 est définitivement un moment pivot. Point d’étape entre réflexion concrète et projection, entre animation des seuls résidents et véritable co-animation, entre recherche guidée et tâtonnement franc.

Débriefing

DU LANGAGE COMMUN AUX CODES DE LA RÉGION

« Quand on parle d’immersion, ça ne signifie pas la même chose pour nos collègues. » Après un rapide débriefing sur le travail au corps des élus qui a eu lieu la veille, les agents questionnent à nouveau leur place au sein du Conseil Régional. En effet, chaque incursion du monde extérieur dans notre « parenthèse Transfo » est l’occasion de faire le point sur la façon dont l’expérience est perçue. « J’ai compris que j’étais attendue au tournant, il va falloir produire des résultats » souligne Maryline. Il est rapidement question de la communication à mettre en place entre élus et agents afin de mener le travail le plus efficacement possible. De la communication au langage, il n’y a qu’un pas : « il faut qu’ils comprennent qu’en face d’eux, nous ne sommes plus un service mais une équipe ».

La construction d’un langage commun se fait de plus en plus concrète : langage commun entre agents, langage commun entre élus et agents… et le langage de la Région ? Tirant les enseignements de nos moments de flottement du premier jour, nous nous constituons peu à peu un « glossaire Région » : ces éléments de contexte, en plus de la compréhension de la culture professionnelle administrative nous apparaissent aujourd’hui cruciaux. A quand la livraison du code source du Conseil Régional ?

Exposition

LA TRANSFO S’EXPOSE

Les moments d’expositions sont devenus un rite de la Transfo. Il faut donner à voir ce qui s’y passe et tenter de rendre explicite notre démarche ! La présence de partenaires extérieurs à la Région (Mission Locale, MJC, …) nous permet de s’interroger sur le format : trop de texte ? trop de post-it ? Cependant, nous constatons avec ravissement que nous sommes loin d’être seuls à réfléchir la place de chaque panneau. Malgré un timing très serré, les tâches se répartissent très rapidement. Les premiers visiteurs arrivent et les agents se chargent tout naturellement de les guider. Désormais leur implication leur semble bien plus claire : ils ont tous, sans se concerter, profité de ce moment pour savoir ce que chaque visiteur percevait de la démarche.

DES OUTILS POUR LES AGENTS

Une fois l’effervescence autour du buffet retombée, certains agents expriment leur difficulté à présenter des travaux auxquels ils n’ont pas participé. La question des outils opérationnels internes devient prégnante : pouvoir se tenir au courant des travaux en quelques minutes, faire le point en permanence sur le travail à répartir. En bref, être efficaces et opérationnels. Le programme de demain ?

Rêve ton labo !

LE LABO D’APRÈS-DEMAIN

Laissant de côté, pour un bref instant, les questions très opérationnelles, nous hackons délibérément la dynamique et proposons un temps de respiration : « Ce laboratoire de 2014, vous l’imaginez comment ? ». Pas besoin de lancer beaucoup la discussion, le rêve est rapidement au rendez-vous. « Et d’abord, pourquoi vous l’appelez labo ? » Du nom au nombre (« Et s’il y avait plusieurs labos ? »), les possibles s’envisagent : « Il faudrait que ce soit aussi un lieu de formation», « il serait est un ensemble de compétences et de ressources, à géométrie variable », « des permanents, du temps libéré pour les agents ? On dirait un syndicat ! ».

Et quitte à rêver, rêvons ! Françoise Bronner, spécialiste des espaces de créativité et d’innovation, vient apporter ses lumières : lieux existants, configurations, modalités, possibilités… Mais nos agents gardent les pieds sur terre : quelles expériences dans le service public ? Comment concilier ce type de démarche avec l’administration si française ?

Semaine 4, Jour 3 / Une rencontre avec les élus en perspective

Mise à niveau de l’information

Après un bref week-end, nous tirons les enseignements des deux jours premiers jours où il avait clairement manqué un temps de mise à plat du travail effectué entre les semaines de Transfo.

Nous proposons donc un temps de bilan afin de mettre à jour les absents. Comment restituer le travail pour que celui qui rejoint le groupe en marche puisse rester dans la boucle ? Cette question rejoint une question plus globale qui est celle de la visibilité et de la communication de ce qui est produit pendant les semaines de Transfo.

Après un court temps de réflexion individuelle, les langues se délient vite. Certains expriment de la frustration, des doutes mais une certaine satisfaction semble également établie. Nous sentons que les choses évoluent et avancent : les questions ne sont plus les mêmes. Ils se font plus concrets : liés à la gestion de l’inter-transfo, à la possibilité de réinterroger la commande politique, aux conditions de la co-élaboration. En définitive, ce qui est exprimé par les agents est plutôt raccord avec notre analyse et nos réflexions exprimées sur le blog à propos des deux jours passés.

Passage de relais

L’après-midi est un grand jour pour les référents : une dizaine d’élus de la majorité se rendent disponibles pour passer du temps à la Transfo. La rencontre est prise très au sérieux : elle devrait permettre, entre autres, d’avoir des réponses à une question cruciale « Comment travailler ensemble au choix des dispositifs qui entrent à la Transfo ? ».

Comme convenu avec les référents le vendredi, nous nous effaçons pour les laisser organiser cette rencontre. Certains prennent la main et commencent à mener le groupe pour tenter de faire un planning précis de l’après-midi. Ceux-ci se confrontent soudain à des questions très pragmatiques : mais combien seront-ils ? Combien de temps vont-ils rester ? Plusieurs scénarios s’échafaudent… On sent que les méthodes Transfo deviennent naturelles, le passage de relais n’est pas une illusion. À tel point que c’est un référent qui raconte ci-dessous son retour sur la rencontre avec les élus !

 Comment continuer à travailler ensemble, élus, agents et usagers ?

 La commande

Poursuivre le travail induit par la Transfo pose en premier lieu la question de la commande par les élus. Travailler sur la carte lycéO, ce n’est pas la même chose que travailler sur l’accès des jeunes à la culture. Par conséquent, c’est le positionnement du travail demandé, entre le dispositif, la politique et la stratégie qui est questionné. Sans remettre en cause l’organisation fonctionnelle de la Région, la co-construction de la commande induit un changement de posture.

Le public

Par extension, ce sont les points de contacts avec les utilisateurs qui doivent être éclaircis. A quels moments interviennent-ils, en amont, en aval, tout au long de la démarche (est-ce réellement nécessaire) ?

Construire une politique ou un dispositif avec les usagers, c’est avant tout, apprendre à se reconnecter avec l’utilisateur.

L’évaluation

L’introduction de nouvelles méthodes de travail, de nouvelles approches du sujet, de nouvelles postures méthodologiques des agents, des élus et des usagers, pose également la question d’une nouvelle conception de l’évaluation des politiques. Elle doit davantage être centrée sur la qualité de la conception du dispositif et non plus uniquement sur des critères de consommation. Le dispositif doit être évalué en tant que projet participant à une politique régionale et non plus uniquement comme un « objet » qui marche ou qui ne marche pas…

L’ensemble de ces questionnements, de ces remarques, de ces point durs qu’il faut travailler, serviront de fil rouge à la poursuite des chantiers engagés à la suite de la remise à plat du volet culture de la carte lycéO.

Les idées fusent déjà sur de nouvelles thématiques, de nouveaux dispositifs : la mobilité des jeunes, la prise en charge des licences sportives, etc. Les fiches actions réalisées lors de la troisième semaine deviennent alors des outils indispensables pour les agents, pour consigner les futurs possibles…