Archives mensuelles : juin 2012

InterTransfo #2, la fabrique des solutions

26 Juin 2012 : le programme interrégional de la « Transfo » est lancé depuis près d’un an.

En Bourgogne, l’expérimentation est déjà à mi-parcours, un forum est prévu en septembre pour présenter les visions de villages du futur élaborées en semaines 2, 3, 4 et 5 (sur 10) de Transfo. L’équipe de résidents de la Transfo Champagne Ardenne prépare quant à elle le rétroplanning des 5 dernières semaines de Transfo en lien étroit avec les référents du Conseil Régional. En Pays de la Loire, la Transfo a pris ses marques et une immersion est prévue en semaine 4 à la rentrée. Enfin, la Transfo PACA a démarré en juin avec la désormais traditionnelle « Semaine Campus » de formation-action.

Ce sont donc des équipes évoluant à des rythmes différents qui sont réunies en cette InterTransfo pour confronter leurs expériences et construire ensemble la suite du programme.

Durant la matinée, les échanges sont consacrés à un état des lieux des 4 Transfos, de leurs faiblesses et forces respectives. Au total, ce sont 13 semaines d’expérimentation qui se sont déroulées pendant cette première année de programme, et l’on peut déjà (avant les 27 suivantes !) dresser la liste des écueils à éviter et des astuces à développer pour garantir le bon déroulement du programme.

En cumulant et combinant l’expérience de chaque programme, les conditions de succès de la Transfo qui se dessinaient déjà lors de la 1ère InterTransfo se confirment :

– implication de plusieurs directions (même aux compétences en apparence éloignées, et si possible comprenant des directions fonctionnelles)
– portage politico-administratif fort (relayé par un appui solide au sein du cabinet, et au sein de la direction générale des services)
– Formation d’une équipe projet autour de la Transfo (hétérogène et motivée, et si possible ouverte vers l’extérieur)

Les participants échangent leurs questionnements… : « Comment motivez-vous les agents à participer aux travaux de la Transfo ?
 » Comment expliquer la Transfo ? »  « Faut-il impliquer d’autres collectivités ? » « Faut-il préparer le programme des semaines en amont, ou avec les agents ? A quel moment leur laisser le volant ? »

… et leurs pistes de solutions, voire leurs motto : « On n’accepte pas que les gens viennent en observateurs. S’ils sont là, ils participent ».
« Il faut travailler sur des objets concrets, même s’ils sont petits. Mieux vaut une bonne expérimentation sur un sujet limité, qu’une mauvaise expérimentation sur un thème vaste »
« Organiser des moments de convivialité autour de la présentation des travaux  ou de conférences permet d’intéresser des agents et élus ne participant pas encore aux travaux de la Transfo »

« La Transfo ne s’explique pas, elle se vit »

Des enseignements précieux pour la Transfo PACA qui démarre, et pour de futurs projets.

C’est aussi un canevas de Transfo qui commence à se dessiner :

– En semaine 2, il semble pertinent d’organiser une rencontre de l’équipe de résident avec les acteurs clés de l’organigramme régional, pour garantir l’implication d’agents de différents services dans les semaines suivantes.
– Au bout de 3 à 4 semaines, la question de la transition des méthodes commence à se poser et avec elle celle de la gouvernance et du financement du futur labo.
– A partir de la 3e ou 4e semaine, il devient possible de proposer aux agents de tester le « re-design » d’un dispositif existant.

Mardi après-midi, place à la construction des futurs « labos », qui ne porteront pas nécessairement ce nom – En Champagne-Ardenne, on a déjà suggéré une série d’intitulés alternatif, de l' »élaboratoire » au « chantier des politiques ».

Lors de la première InterTransfo, les participants avaient imaginé la forme de leur futur labo : réseau interne, fonction embarquée au sein du Conseil Régional, organe pluri-collectivités…

Les quatre équipes laissent cette fois-ci la forme et la structure de côté pour se pencher sur les fonctionnalités et modes opératoires de ces futures unités.

A quoi ça sert ? « revisiter des dispositifs ou en élaborer de nouveaux », « produire de la solution », « créer des communautés de travail », « former et sensibiliser », « comprendre toute la chaîne des utilisateurs » …

Les modes opératoires du futur labo sont autant de méthodes à tester pendant la Transfo, d’où l’intérêt de les énumérer très en amont. Ainsi, il semble indispensable, dans le cadre des semaines de Transfo, de tester plusieurs formes d’immersion, de prototyper des dispositifs ou des améliorations, l’exposition de travaux « in progress », et plusieurs méthodes de visualisation dont la cartographie.

L’identification des fonctions et des modes opératoires va maintenant se poursuivre dans chacune des Transfos. Ce travail pourrait s’accompagner d’un temps de réflexion avec tous les participants sur les questions de vocabulaire, pour éclaircir les notions-clés, les mots valises autour desquels tout le monde croit s’entendre : innovation, transversalité, mutualisation, expérience/expérimenter, etc.

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Les nouveaux usages de la médiathèque : Journée 5, semaine 1

Dernière journée de cette 1ere session de travail.
Nous échangeons Marie-Gabrielle Gagnadre, présidente de la Communauté de Communes, qui nous dit que notre travail lui rappelle que le livre, dans sa jeunesse, a orienté sa vie et lui a donné un sens. Beau témoignage personnel d’un rapport à la lecture, et plus largement à la culture…
Nous plions bagages et organisons un coin de lecture sur notre démarche dans le Point Info Tourisme, pour toutes les personnes de passage jusqu’à notre retour.
Notre prochaine session de travail est prévue la semaine du 17 septembre. Nous allons maintenant réfléchir à la façon d’y tester des dispositifs concernant de futurs usages possibles de la médiathèque, en collaboration étroite avec les acteurs locaux, les bibliothèques bénévoles et les associations du territoire. A suivre…
En attendant : ambiances…
– à la bibliothèque de Lezoux :

– à la bibliothèque de Maringues :


– à la bibliothèque de Culhat :

Transfo – Pays de Loire / Semaine 3 / Jour 5 / Accrochage-bilan

Déjà vendredi ! Le temps est venu d’accrocher la production de la semaine dans le Salon d’honneur de l’Hôtel de Région et de réserver ainsi un moment pour deux choses fondamentales :
– l’ouverture de la réflexion à un maximun de personnes, certaines n’ayant pu participer à l’ensemble de la semaine, d’autres venant aussi de l’extérieur de l’institution (Ville de Nantes, Angers, Région Bretagne) pour découvrir tout ça.
– la prise de recul sur ce qui a été fait, qui ne peut qu’aider à envisager les choses encore à faire…

Largement entamé la veille, le travail d’installation se poursuit à la hâte dès 8h. Le temps restant avant que les premiers visiteurs n’arrivent vers midi ne sera pas de trop et à dire vrai, lorsque que, quelques heures plus tard, le premier tour guidé de l’accrochage sera lancé, quelques éléments seront encore en plein « patafix-age »…

Pour autant, les questions soulevées par les ateliers et les prises de contact effectuées à cette occasion exigeaient de ne pas se limiter à la rétrospective de la semaine et de pousser un peu plus avant certains point précis. C’est pourquoi, en même temps qu’une bonne partie de l’équipe s’affaire autour de l’accrochage, nous prenons le temps d’échanger plus spécifiquement avec Laurent Touron, chargé de Mission 3ième assises régionales, sur cette question des assises. Puisque notre prochaine semaine devrait constituer une forme d’expérimentation à petite échelle de leur principe, autant revenir un peu sur le dispositif, tout autant son historique que son avancement. La discussion est d’ailleurs tellement dense et le programme tellement chargé que nous n’aurons même pas l’occasion de la partager au sein de l’équipe dans la journée !

Les « visites guidées improvisées » se succèdent au rythme des arrivées. Ce format de découverte accompagnée s’impose d’ailleurs de lui-même car au-delà d’un petit manque de légendes et d’explications dû au temps de préparation limité, il s’agit bel et bien de faire parcourir aux agents, élus et personnes issues d’autres collectivités ou institutions, le déroulé de nos travaux et réflexions, et si celles-ci sont loin d’être linéaires, il n’en est que plus important pour nous de pouvoir le partager et tenter, bien qu’indirectement, de faire vivre un peu au travers d’un « parcours accroché » cette fameuse démarche itérative que nous prônons.

Convivial, suivi d’un buffet, ce temps de restitution est notamment l’occasion d’un échange avec Christophe Clergeau, 1er vice-président du Conseil régional des Pays de la Loire. Ayant suivi la démarche des ateliers prospective dont sont issus les scénarios, il les connaît bien et ne découvre pas la complexité qu’il y a à les faire partager. Cependant, l’expérience que nous avons menée rend cela très tangible. Nous discutons donc sur les différentes possibilités qui s’offrent à nous pour simplifier un peu cette matière trop dense, pleine de références et d’une forme de logique systémique…

La première possibilité envisagée consiste à saucissonner ce grand bloc décidément trop indigeste. Que ce soit en utilisant une entrée thématique ou bien en ne prenant en main qu’un scénario parmi les 3 présentés, on comprend bien ici la tentation de réduire rapidement le temps d’appropriation du sujet par les personnes que nous rencontrerons. Cependant, ce principe de découpage semble poser un problème majeur : s’il peut constituer une forme de porte d’entrée intéressante, il pourrait tout aussi bien en biaiser la compréhension. Car ces scénarios sont fait pour être regardés les uns en face des autres. Ils constituent en effet autant d’axes forts qui n’ont vraisemblablement que très peu de chances de se réaliser pleinement un jour et dont on risque au contraire de retrouver des morceaux de chacun disséminés dans une réalité plus complexe. Dès lors, un découpage excessif apparaît comme à éviter. Une simplification qui déboucherait sur une mauvaise compréhension de ce que sont ces axes, les transformant en 3 futurs auxquels il faudrait donner du corps pour ensuite pouvoir sereinement choisir parmi eux lequel serait le bon, risquerait d’amener à un non sens. Cette réflexion nous amène plusieurs questionnements :

  • On a beaucoup parlé cette semaine de la figure des futuribles, ces futurs possibles que dressent la prospective et dont nous ne connaissions pas même l’existence il y a deux mois au sein de l’équipe (et encore moins parmi les agents en dehors de la direction prospective), mais plus qu’un petit groupe de 3 scénarios, ces futurs ne seraient-ils pas en fait constitués de l’ensemble des possibles contenus entre ces 3 grands scénarios ? Autrement dit, n’y aurait-il pas une forme de contre-sens à parler de ces seuls scénarios comme des futuribles de la Région des Pays de la Loire ?
     
  • Acceptons l’idée que les scénarios en tant que tels ne sont pas les futuribles mais plutôt une sorte de délimitation de l’espace dans lesquels les futuribles s’incrivent, ne parler que des scénarios reviendrait alors à n’envisager que les frontières du champ sans jamais regarder la terre dont il est fait. Comment réussir à présenter ces scénarios, qui ont été réfléchis par un groupe fort de ces expertises et expériences, sans que le débat ne tourne exclusivement autour de ces objets délimitants ?
     
  • – de même que la notion de futuribles, celle des futurables (futurs souhaitables ou désirables) a été amplement discutée cette semaine, débouchant généralement sur l’idée qu’il s’agissait de futuribles plus « tangibles », plus « concrets », plus « proches des souhaits des gens » car complétés par des notions de désir et d’envie, des éléments plus sensibles. La dimension sensible semble indéniable mais dans la logique de notre réflexion, ne s’agirait-il pas plus précisément de baliser l’intérieur de l’espace dessiné par les scénarios, de signaler d’une pierre blanche les points remarquables, qu’ils soient écueils ou opportunités, marais saumâtre ou point d’eau ? Il faudrait donc là aussi éviter de se focaliser sur les scénarios et se concentrer sur la réalité plus complexe qu’ils renferment…

La deuxième possibilité envisagée pour parvenir à une meilleure compréhension de la question complexe qu’est la prospective n’est autre que l’appel au design sous son aspect le plus concret : la mise en forme(s). Suivant la maxime « une image vaut mille mots », nombreux sont les participants aux ateliers de cette semaine à exprimer cette idée que des formes mieux pensées pourraient dans un premier temps, permettre de mieux communiquer la démarche de prospective, pour ensuite mieux rendre compte de la production qui ressortira des assises. Ce sentiment ainsi exprimé n’est évidemment pas pour déplaire aux designers de l’équipe ! Mais surtout, il tend à montrer que les efforts faits tout au long de ce début de Transfo pour tangibiliser les réflexions, rendre visuels les principes et les constats, portent leurs fruits. Cependant cela amène aussi son lot de questions :

  •  La première tentative de mis en forme d’un contenu sur la base des scénarios s’est révélée peu fructueuse. La matière serait-elle trop dense ?
     
  • De nombreux exemples de part le monde montre aujourd’hui le regain d’intérêt pour les formes de communications graphiques qui, après avoir été en bonne partie reléguées à des utilisations commerciales, s’affirment à nouveau comme un outil puissant de transmission d’informations dont l’émergence du terme « data visualization » se fait l’écho. Ce terme à la mode brouille au passage la simple réalité : tout ceci n’est pas foncièrement nouveau, ça n’est que du design graphique bien pensé  (pour le plaisir, voici tout de même quelques bons exemples du moment ici) ! Ne risque-t-on donc pas une fois la vague de la tendance passée de retomber de haut et de s’apercevoir que certes, le passage d’informations sous forme graphique comprend bien des avantages (attrayant, sensible au-delà des chiffres, appropriable…) mais qu’il a aussi ses limites (temps de production, forme figée, sens multiples…) et qu’il ne dispense pas complètement du besoin de temps et d’attention portée par le destinataire du message ? L’aspect « joli-vendeur-sexy-fun-ludique » ne risque-t-il pas à nouveau de l’emporter sur le fond et le sérieux de la démarche ?

Alors que notre déjeuner-discussion au milieu de l’exposition se termine, nous mesurons mieux que jamais ce qui nous attend pour la suite et sommes à la fois un peu inquiets devant la quantité de choses à préciser et impatients d’en découdre ! Sandra Rataud et Francine Fenet du Pôle Politiques Publiques et Prospective de la mairie de Nantes, venues découvrir notre démarche, partagent avec nous questionnements et envies, et le simple fait de se retrouver à plusieurs sur des démarches différentes, avec des analyses et des sentiments communs fait plaisir à entendre ! L’idée de pouvoir se recroiser au fur et à mesure du programme est lancée, certains qu’il y aurait du bon à travailler un peu plus ensemble sur un même territoire.

C’est d’ailleurs sur cette même idée que se termine notre après-midi à l’occasion d’un rendez-vous avec Isabelle Delatour, directrice de la D4CAE (Communication interne, Conseil, Evaluation, Coordination, Contractualisation et Affaires européennes) avec qui nous échangeons tout particulièrement sur le Bureau des méthodes. Là aussi, nous trouvons facilement des passerelles entre nos démarches respectives et convenons rapidement de nous tenir informés de nos avancées respectives, d’y réagir et d’éventuellement proposer des alternatives dans une sorte de compagnonnage réciproque. Outre nos questionnements propres qui s’enrichissent jour après jour, nous commençons donc à développer un petit réseau de personnes intéressées par l’innovation publique sur tout le territoire régional et cela n’est pas pour nous déplaire !

Transfo – Pays de Loire / Semaine 3 / Jour 4

Ce matin, 3ème et dernier atelier de notre semaine.

Forts de l’analyse de l’atelier du mercredi et de l’intervention de Jean-Loup Molin (directeur adjoint du service Prospective et Dialogue public au Grand Lyon) nous exposons aux participants nos questionnements :

==> l’hypothèse de construire un outil pour rendre accessible les scénarios dans un temps très court (en rencontrant les gens sur le marché par exemple) nous semble impossible à réaliser.

En effet, l’atelier d’hier nous a permis de comprendre que la matière à rendre tangible est complexe et qu’on ne pourra pas la transmettre sur un coin de trottoir même avec la meilleure forme qui soit!
Mieux vaudrait donc prévoir un vrai temps de « formation » pour communiquer les scénarios avant de vouloir récolter des « paroles » d’habitants pour ne pas risquer d’entendre des complaintes ou des brêves de comptoirs.

Les réactions du collectif à cette analyse sont vives : « si nous prenons le temps d’organiser des ateliers – de l’ordre de quelques heures – cela revient à faire des assises, non ? », « On ne va avoir que des citoyens déjà engagés, que des corps intermédiaires et ça ne changera pas de d’habitude », « il me semblait que l’objectif était de sensibiliser les gens dans rue pour les faire venir aux assises »…

Débat dans la salle donc, mais débat fructueux puisqu’il nous permet d’expliciter et de clarifier les objectifs opérationnels de l’immersion. Et au bout d’une bonne heure de discussion le collectif tombe d’accord sur l’objectif principal de l’immersion  : tester des outils qui pourront servir ensuite à mieux imaginer ceux pour les assises !

Effectivement, c’est tout l’apport de la démarche  – expérimentale, il faut le rappeler ! – que de pouvoir tester. Notre immersion à la Flèche sera donc déterminante pour expérimenter un  nouveau format de consultation des citoyens qui servira notamment à la définition des outils qui seront utilisés pour les Assises Régionales.

Si l’on veut imager cette réflexion, nous nous apprêtons à réaliser le concept-car de la consultation des habitants, qui devra être remodelé au vu des remarques de chacun pour aboutir aux Assises.

La suite de la matinée est plus opérationnelle. Maintenant que le cahier des charges est plus clair, que nous nous entendons sur les objectifs, nous nous séparons en deux groupes : le premier travail sur le support de consultation tandis que le deuxième planche sur la logistique, le type de population que nous souhaitons inviter / rencontrer …

La matinée touche à sa fin. Le tour de table de « déclusion » permet de faire remonter les sentiments de chacun sur ces trois jours : « Ca me sort de mes dossiers tout en restant connecté aux sujets que je traite, je trouve la démarche intéressante et sérieuse, ça m’intéresse et je souhaite poursuivre avec vous », « je reste dans le flou après ces trois jours mais il faut que ça décante », « j’ai un peu souffert : preuve de la complexité du recours à l’expertise citoyenne », « je me dis que l’on est un peu comme Nantes et Ma ville en 2030, qu’on a produis des scénarios et qu’on ne sait pas trop quoi en faire.. », « en trois idées : bouillonnement, complexité, trouver la bonne porte d’entrée ».

Laurent Touron, chargé de Mission 3ième assises régionales, analyse l’ensemble des ateliers :
« L’exercice d’appropriation de la démarche prospective permet de mieux cerner les différents enjeux induits. En effet, au-delà de projections sur l’avenir de la région des Pays de la Loire en 2040 il semble important de ne pas se réduire exclusivement à de nouvelles réponses et/ou amélioration de services aux Ligériens. Ainsi une projection assumée permet d’avoir un cadre de travail pour les agents permettant d’avoir du sens. Nous avons notamment parlé d’un projet d’utilité sociale. La prospective devient alors un outil de management proposant un socle commun mais également une projection d’actions à envisager sur du long terme pour par exemple des actions de formation, des évolutions de carrières… »

Transfo Pays de la Loire / Semaine 3 / Jour 3 / Atelier 2 + Jean-Loup Molin

Une météo du jour pour prendre le pouls des participants, puis la machine est lancée : le deuxième atelier commence. La première partie de la matinée est consacrée à la présentation de notre proposition de mise en forme du matériau récupéré la veille et sa mise en débat. Où l’on met des mots – et des images ! – sur le paradoxe de l’échelle régionale et les apports de la prospective. Mais comme une image vaut parfois 1000 mots, allez plutôt jeter un coup d’œil ici.

Mise en forme des réflexions du premier atelier

Nous entamons ensuite le travail créatif avec les agents sur la base des scénarios de l’atelier de prospective. Ces 3 scénarios, issus d’un travail d’expert, sont autant de colonnes vertébrales, un peu branlantes peut-être, sur lesquelles tout le monde s’accorde à dire qu’il faut amener de la chair. Aujourd’hui, il s’agissait donc de tester, sur et avec les agents, un modèle de « bifurcations » qui permettrait de passer de scénarios écrits « en ligne droite » (très, voire trop cohérents pour que cela puisse vraiment arriver un jour) à une forme appréhendable par les fléchois lors de notre semaine sur place en septembre. Une après-midi de préparation ne fut pas de trop pour permettre à l’équipe de proposer un principe graphique approprié. En procédant, sur la base d’un premier travail de la DPSA21, à un découpage thématique des scénarios, nous avons proposé aux agents d’identifier et de matérialiser des passerelles (des compatibilités et incompatibilités) entre les différents « briques » issues du découpage. En bref, réduire la complexité du matériel de départ et commencer à tracer des cheminements possibles grâce à un outil, inabouti certes, mais dynamique et facilitateur de débat collectif.

Un outil bricolé avec des bouts de ficelles…

La mise en pratique – 2h tout de même ! – s’est révélée bien plus complexe que prévu. Tout le monde a pu constater, collectivement, que la forme ne faisait pas tout. Faire comprendre le matériau de départ que sont les scénarios, forcément complexe et relativement déconnecté du quotidien, semble impossible en un temps aussi court. Si c’est le cas auprès des agents, quid des citoyens « profanes » ? Un sentiment de perplexité se diffuse, mais c’est le jeu : on construit en marchant, donc on ne sait pas toujours où on va ! Nous verrons bien ce que nous faisons de ce que nous en faisons demain.

Contrairement à la veille, nous retrouvons les agents en début d’après-midi car nous avons le plaisir d’accueillir pour la journée JeanLoup Molin, Directeur adjoint en charge de la veille et de la recherche au sein de la Direction de la prospective et du dialogue public (DPDP) de la communauté urbaine de Lyon. Après avoir participé aux travaux de la matinée, il est venu partager avec nous son expérience et présenter la manière dont se pratique la prospective au Grand Lyon.

Intervention de Jean-Loup Molin

« Aider à analyser les mutations », « Poser et partager les enjeux de sens afin de positionner au mieux la conduite de l’action publique » : voilà selon lui à quoi sert la prospective. Ce rôle, qui est aussi celui du décryptage des dimensions transversales de chaque politique publique, est essentiel : finalement, plus qu’une forme de communication, est ce que la prospective ne serait pas un « simplexificateur » de la fabrique des politiques publiques ?

Mais au fait, la DPDP, c’est qui ?

L’équipe (22 personnes) est constituée de 4 pôles :

  • le pôle Veille et Recherche, qui pilote le réseau de veille et conduit la politique Métropole des Savoirs ;
  • la Mission participation citoyenne ;
  • le pôle Marketing Public ;
  • le pôle Édition, parce que la prospective a vocation à être partagée (publication, revue M3, site Millénaire 3…)

Le chemin de la prospective au sein du Grand Lyon


Le réseau de veille, interdisciplinaire et multithématique, est un outil original et indispensable au bon fonctionnement de la DPDP. Il l’accompagne au quotidien dans la production d’une analyse sociétale en mesure d’enrichir les politiques publique. Placé à l’extérieur de l’institution, sa réussite est néanmoins le fruit d’un travail au long cours et du développement d’une connaissance du territoire et de l’institution qui est irremplaçable. Une mise en garde nécessaire qui questionne la tendance actuelle à l’externalisation permanente et révèle le potentiel de ce que Jean-Loup Molin a appelé le « compagnonnage ». Un principe qui fait écho au mode de fonctionnement de la 27e région…

Et concrètement, au Grand Lyon, on la fait comment la prospective ? « On s’abime les yeux sur le présent » nous dit Jean-Loup Molin. Préalable indispensable, le travail sur les tendances assure une meilleure compréhension de la société. D’autre part, il est plus simple d’intéresser les gens et d’engager la réflexion à partir du présent, plus concret. Et finalement, on reste bien dans la prospective, puisqu’in fine c’est bien la question de « Qu’est-ce qu’on est en train de construire avec ça demain? »qui est posée.

La question de la porte d’entrée est également importante : chaque sujet dont s’empare la DPDP est toujours interrogé en partant d’un autre sujet, et c’est ce travail qui va permettre de réinjecter du politique, du sociétal et donc d’enrichir les problématiques de départ. Ainsi, le rôle de la prospective « à la sauce DPDP » n’est pas tant d’apporter des solutions que de redéfinir les questions posées, en bref, se faire « entreprise de politisation ». C’est à dire ? C’est à dire faire inscrire à l’agenda politique des questions qui n’y étaient pas au départ. Cela renvoie également à la question des valeurs et des finalités : politiser c’est aussi décrypter les valeurs sous-jacentes derrière chaque projet. Ce rôle de la prospective semble indispensable, d’autant plus qu’il y a aujourd’hui, selon Jean-Loup Molin, un déni sur les futurs possibles : « on n’a pas vraiment envie de les voir ».

Pour mener à bien ces missions, l’apport du collectif est essentiel: partant du constat que la sphère publique ne peut plus, à elle seule, conduire le changement, la construction d’une intelligence collective est plus que jamais nécessaire pour permettre l’action. Et c’est en ce sens qu’il faut continuer d’aller vers une prospective participative, qui ne se cantonne pas aux experts. Pour autant, Jean-Loup Molin reconnaît et souligne que ceux qui alimentent véritablement la prospective sont toujours les corps intermédiaires, les forces vives, rarement le grand public, d’ailleurs jamais consulté directement par la DPDP. Evoquant une « zone grise » autour de la participation, souvent utilisée à des fins électorales (appropriation ex-post du projet politique) il reste dubitatif sur la possibilité de développer une réelle expertise avec le grand public dans un temps court. En effet, il est nécessaire de se donner les moyens d’outiller les citoyens pour parvenir à dépasser l’avis « micro-trottoir », et ce préalable prend nécessairement du temps.

On pourrait continuer encore longtemps, tant cette présentation était riche. D’ailleurs, l’avis des participants est unanime : passionnant !

Mais alors, c’est quoi la recette ? La formule magique pour parvenir à cette prospective là ? Evidemment, il n’y en a pas et il ne peut pas y en avoir. Jean-Loup nous l’a rappelé dès le départ : il n’existe pas, en la matière, un modèle unique applicable partout. C’est le contexte qui permet et conditionne le développement d’un modèle spécifique. Et d’ajouter que la posture, si elle ne fait pas tout, reste essentielle.

Autant d’invitations à la modestie… Et de questionnements sur notre propre démarche. Que va t’on retirer d’une consultation citoyenne sur des scénarios prospectifs ? Est-ce faisable ? Ne faudrait-il pas repartir du présent, avant d’aller vers d’éventuels futur-ibles (futures possibles) ou futur-ables (futures désirables) ? Nous repartons avec un tas de questions, sans forcément avoir des réponses… Tiens, mais est-ce que l’on ne serait pas déjà en train de faire de la prospective alors?

PS : pour en savoir plus, rendez vous sur le site de Millénaire 3 ou pour un peu de lecture avec l’article de Jean-Loup Molin paru dans Futuribles ce mois-ci (« Prospective et action publique. Réflexions à partir de l’expérience du Grand Lyon », n° 386, juin 2012, pp. 5-21).

Résidence Achats durables en Rhône Alpes – Semaine 1/ Jour 5 – Bilan de la première semaine, préparation de la deuxième

Pour ce dernier jour de résidence au Conseil Régional Rhône-Alpes, nos partenaires de la DGMTRE (Délégation Générale aux Missions Transversales et à la Relation aux Élus) nous ont rejoint en comité restreint pour effectuer ensemble la synthèse de la première semaine : les temps forts de la semaine, les personnes rencontrées et celles à rencontrer, l’appréciation globale de la méthodologie proposée par la résidence, les pistes de travail sur le fond de notre sujet, « vers une politique 100% d’achats durables en Région »…

Les retours sur la semaine sont positifs, les réticences d’un certains nombre face à « l’OVNI Résidence » semblent avoir été dépassées. Cependant nous ne sommes qu’au début du travail  de concertation en interne et, bien que chaque atelier de la semaine de résidence a attiré des participants actifs et intéressés, nous sommes loin d’avoir entendu toutes les voix concernées par notre sujet. Pourtant, nous avons besoin de nous appuyer sur l’expérience des acteurs des commandes à la Région, car notre point de vue est pour le moment davantage centré sur le projet accompagnant l’achat, que sur sa dimension technique, le marché.

L’après-midi est consacré à l’analyse des résultats des ateliers de la veille : l’équipe de résidents repasse au crible les commentaires apposés sur les différents outils (ici, les scénarios prospectifs), nous commençons à dégager des pistes de travail pour la deuxième semaine (le recensement des besoins, l’achat en groupes pluri-disciplinaires, les appuis possibles aux indépendants et aux petites structures, etc.).

Nous reviendrons entre les deux semaines de résidence pour assister à la réunion du groupe Commande Publique Durable le 28 juin prochain. Nous y présenterons les temps forts de la première semaine, et le planning de la semaine à venir.

Transfo Pays de la Loire / Semaine 3 / Jour 2

En ce mardi, c’est notre premier « Atelier de coproduction de politiques publiques en Pays de la Loire – outils et méthodes pour rendre accessibles des informations complexes » qui nous attend. Nous l’avions intitulé en y invitant les agents non seulement de la DPSA21 mais aussi de plusieurs autres directions concernées par l’aménagement des territoires péri-urbains. Les 3 matinées de formation-action avaient été proposées sur plusieurs objectifs :

  • participer à des ateliers collaboratifs et se former à des méthodes d’animation/de participation innovantes ;
  • profiter d’un travail transversal avec des agents de différentes directions ;
  • représenter visuellement des problématiques complexes pour mieux y répondre et mieux les partager avec les usagers comme avec d’autres agents ;
  • utiliser les méthodes de créativité issues des arts appliqués (design, architecture…) ;
  • prendre du recul sur vos pratiques quotidiennes.

Là encore, nous étions ambitieux mais il fallait maintenant se jeter à l’eau avec les  16 personnes qui avaient répondu à notre proposition (dont 1 élue et 6 représentants de la DPSA21 ; les autres agents présents venaient de la Direction de Transports, de celle des territoires, mais aussi de la D4CAE, chargée en particulier de la mise en place du Bureau des méthodes ; un représentant de la mission Val de Loire s’est également joint à ce groupe).

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Pour commencer la matinée, et après le tour de table et les remerciements d’usage, nous avons tout d’abord présenté la Transfo, en nous basant sur le visuel réalisé en inter-transfo, ainsi que les objectifs de ces ateliers et l’horizon de l’immersion de la Flèche en septembre. Mais pour ce matin, nous souhaitions avant tout repartir des questions cardinales : aller faire une immersion, pour quoi faire ?

Pour faire réfléchir les participants autour de cette base, nous leur avons d’abord proposé un temps « groupes d’interview mutuels » sur une question fondamentale : « Qu’est-ce que cela vous apporte (ou pourrait vous apporter) d’aller consulter les usagers des territoires pour concevoir des politiques publiques ?« .

Outre le partage d’information (voir post de demain sur la restitution des contenus), ce moment avait aussi une vocation de brise-glace entre des agents qui ne se connaissaient pour la plupart pas du tout, afin d’installer au mieux le travail collaboratif à venir. Il a été suivi par un double temps de synthèse : dans les trinômes tout d’abord puis en demi-groupes, avec l’accompagnement d’un des designer de l’équipe. L’amorce de synthèse graphique produite par les deux demi-groupes a ensuite été discutée en plénière.

Mais nous ne nous sommes pas arrêté en si bon chemin dans les questions « poil à gratter » puisque dans la séquence suivante nous avons lancé celle de l’apport de la prospective elle-même ! Toutefois, pour détendre un peu les neurones et dégourdir les jambes, nous avions opté pour un débat mouvant autour de l’affirmation caricaturale : « La démarche prospective est une nouvelle forme d’action de communication ». Comme c’est le but dans ce mode d’animation, les arguments ont fusé de part et d’autres et les neurones ont finalement été bien bousculés. Mais surtout, cet échange « ludique » nous a permis de mettre au jour l’importance de savoir ce que chacun met par exemple derrière le mot « communication », bien utile avant d’aller se confronter au terrain !

Pour finir plus paisiblement la matinée, nous sommes revenus en salle pour un brainstorming plus classique autour de la question : « Qu’est-ce que vous apporte /pourrait vous apporter la prospective ?« (voir restitution dans le post de demain). Enfin, nous avons pris un temps pour échanger et mettre en commun nos savoirs, ou nos ignorances, sur La Flèche, son territoire et ses dispositifs de politiques publiques régionaux. La présence de Carine Ménage, conseillère municipale de la Flèche et élue régionale, a été une belle richesse pour les agents qui l’ont quasiment passée à la question !

Puis nous nous sommes séparés sur un repas partagé… avant que l’équipe des résidents ne se penche tout cet après-midi sur l’épineuse question : et maintenant, on leur propose quoi ? Et pour commencer : on fait quoi de tout ce matériau récolté !? Et comment on raccroche cela à la prospective, à la Flèche et à l’immersion ?!?

Tentatives de mise en formes graphiques et préparation d’un atelier créatif demain… Tout est en cours et il vous faudra attendre notre billet de mercredi pour en savourer les fruits car les participants de l’atelier en auront la primeur. Mais nous savons d’ores et déjà que la matinée de demain sera principalement consacrée à un travail créatif avec les agents pour passer des documents présentant les scénarios prospective à une forme « appréhendable » par les fléchois, sur la base d’une proposition de principe graphique de nos designers. Ce sera ainsi l’atelier de jeudi qui sera consacré à la production concrète et opérationnelle de l’ensemble de l’outillage nécessaire pour septembre….mais nous n’en sommes pas encore là !

Car pour finir nous taraude une question cruciale : qu’ont pensé les agents de cet expérience inhabituelle ? Paroles dites, merci à eux de nous les avoir transmises :

« Une matinée pour prendre le temps de se poser et de chercher du sens ! Trop souvent, nous sommes accaparés dans notre quotidien à discuter « moyens de mise en œuvre » avant objectifs.

Et pourtant, ce n’est pas de la perte de temps de prendre le temps d’échanger, de mettre à niveau nos connaissances, de s’entendre sur la définition des mots et de définir ensemble ce que l’on veut.
Pourquoi sommes-nous là cette semaine? Qu’est-ce que cela peut nous apporter ? Que souhaitons-nous faire ?
 
Voilà quelques interrogations sur lesquelles nous avons pu discuter
  • à travers différentes questions ou  affirmations :
    • Que peut apporter la consultation des usagers à la conception de politiques publiques ?
    • La démarche de prospective est une nouvelle action de communication
    • Que peut apporter la prospective ?
  • Et à l’appui de plusieurs outils que nous testons à l’occasion (l’idée est bien aussi de découvrir de nouveaux outils !)
    • interview
    • remue-méninge
    • débat mouvant »

Gwenaëlle BODET, DPSA21

 

« Cette première séquence de transfo a permis de nous remettre le « pied à l’étrier » sur les nouvelles approches de démocratie participative et les outils portés par la 27e Région :– en faisant tout d’abord réaliser par des trinômes des interviews croisées sur ce que peut concrètement apporter le contact direct auprès, non seulement des usagers, mais aussi de l’ensemble des habitants ;

– en expérimentant des supports de discussion innovants, tels que « le débat mouvant.

La matinée s’est conclue par une réflexion croisée sur les principales caractéristiques du territoire de la ville et du pays de la Flèche, sorte de « Pays de la Loire en miniature ».

Antoine FOUCAULT, DPSA21