Archives mensuelles : septembre 2012

Transfo PACA// Jour 3 – journée d’ouverture et de rencontres

Ce matin, nous nous retrouvons, agents de la région et équipe transfo, autour de notre cartographie qui commence à prendre du volume … et de la complexité. Parmi nous, Thierry Fellmann, DGA du Pôle Innovation, Emploi et Formation, qui souligne la nouvelle convergence des orientations politiques de l’Etat et de la Région en matière d’emploi, de formation et d’économie. Cela introduit de nouveaux enjeux et donne de nouvelles opportunités à la Transfo s’agissant de l’expérimentation que nous déciderons de mener. Dans ce contexte, les emplois d’avenir sont un objet de travail à considérer, suggère-t-il. Et dans la perspective d’une collaboration Etat-Région renforcée, il se dit convaincu que l’approche design peut vraiment aider les partenaires à développer une culture et des méthodes communes pour innover ensemble sur les politiques régionales.

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Une bonne partie de la journée doit être consacrée à la découverte d’expérimentations sur les champs d’intervention de la Région en matière d’emploi. Mais auparavant nous nous attelons à travailler ensemble sur les notions d’innovation et d’expérimentation. L’innovation nous donne un peu de fil à retordre mais nous nous mettons finalement d’accord sur les éléments clés de la pratique d’innovation – incrémentale ou de rupture – que veut porter la Transfo: Anticiper les besoins et les usages à partir de l’observation et de la compréhension des usages actuels – Co-produire en externe et avec les usagers – Décloisonner – S’approprier/Pérenniser.

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Le brainstorming et la discussion sur l’expérimentation nous permet ensuite plus rapidement de formaliser un premier protocole d’expérimentation.Dans la foulée, la parole est donnée à Michael Diebold, de l’association «Moderniser sans exclure», participant de la première heure de la Transfo. Il nous présente «Mission Impossible», une expérimentation sur le champ de la formation professionnelle qui vise à engager les stagiaires et les prestataires de la formation dans l’amélioration continue de la formation et la résolution de leurs problèmes autour d’une plateforme internet dédiée.

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L’après-midi nous présentons et discutons des cas d’expérimentation/innovation menés par le Mindlab, Nesta, la Young Foundation… Nous allons à la mission locale de Marseille échanger sur une expérimentation de repérage et de suivi des jeunes décrocheurs, et dans une coopérative d’activités qui a mené une expérimentation pour développer la capacité des membres à être formateurs. Nous recevons aussi un représentant d’un groupe d’intérim qui nous parle de dispositifs de collaboration avec Pôle Emploi et les missions locales pour former et orienter efficacement des candidats vers des entreprises en demandes de compétences. L’échange est fourni et se prolonge. Car si les agents de la Région ont l’habitude de croiser des gens d’entreprises dans différentes instances, il leur est rarement donné l’occasion d’échanger longuement et ouvertement des réalités de l’entreprise. C’est une confrontation inspirante des différents systèmes de représentation et de fonctionnement des acteurs privés et publics de l’emploi.

A l’issue de la dernière visite, l’équipe Transfo se retrouve sur une terrasse près de la Cannebière. Moment de questionnement : Comment allons nous parvenir à structurer et exploiter la multitude d’idées, points de vue, suggestions exprimés durant les échanges de ces trois premières journées ? Comment allons-nous pouvoir nous saisir de cette problématique à la fois vaste, complexe et aux contours encore diffus de l’Emploi ? Comment allons-nous demain travailler ensemble sur notre cartographie pour qu’elle puisse nous aider à définir un objet pertinent d’expérimentation ? Nous faisons le point sur toutes ces questions et chacun rentre ensuite poursuivre la mise en ordre de ses notes et de ses réflexions … sous la pluie battante.

Transfo PACA // Jour 2 : écouter, échanger et cartographier

Pour ce deuxième jour d’immersion au sein de la Région Provence-Alpes-Côte- d’Azur, l’équipe Transfo prend corps.  Au programme de la journée sont inscrits de nombreux entretiens avec ceux qui portent, au sein de la Région, les dispositifs et autres plans ou programmes, liés à l’emploi. Ces rencontres sont menées dans les bureaux des agents, au sein des différentes directions et sont orchestrées par des équipes « mixtes » constituées de résidents 27è Région et d’agents impliqués dans la Transfo. Elles ont pour but de poursuivre le travail de sensibilisation à la Transfo et surtout de collecter et décrire les « dispositifs » existants, en suivant la définition établie la veille, afin d’alimenter la cartographie.  Progressivement la thématique se précise, la Transfo doit s’intéresser à l’emploi dans ces deux volets : l’accompagnement des chercheurs d’emploi et celui des employeurs.
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Tour à tour les agents réalisent les « cubes », y plantent des drapeaux et installent les playmobiles dans la maquette. Cette séance de « travaux manuels » est propices aux discussions et à l’acculturation mutuelle, nous entrons dans la complexité fructueuse d’un processus d’innovation et d’expérimentation au sein d’une institution régionale…
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Les premiers dispositifs collectés et cartographiés mettent à jour des enjeux, des actions efficaces et des zones troubles, des partenariats, à la fois financiers et opérationnels, des questionnements, des acteurs,  des dilemmes…  Après un travail d’organisation et de précision autour de la maquette, cette cartographie devra, d’ici quelques jours, nous permettre d’identifier les enjeux, les axes et les pistes pour notre première expérimentation.
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Transfo PACA : de retour pour la Semaine 2

Après une première Semaine Campus en juin, ayant connu une forte affluence, la Transfo reprend en Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Aujourd’hui lundi, l’équipe de résidents prend ses marques. Anaïs Triolaire et Eugène Roux, tous deux designer, et Pauline Scherer, sociologue, avaient déjà participé à la première semaine de Transfo. Catherine Belotti les rejoint, apportant son expertise et son expérience des politiques et enjeux de l’emploi.
L’objectif de cette semaine est de poser les bases d’un processus qui se déroulera pendant deux ans : mettre en route un groupe de travail coopératif et transversal, se donner un vocabulaire commun et se doter d’outils pour choisir et lancer des expérimentations sur le thème de l’emploi.
Au programme, une série de questions : Qu’est -ce qu’un « dispositif régional pour l’emploi »? que veut dire « expérimenter », « innover » ? Quels sont les champs d’intervention de la Région en matière d’emploi ? Comment les caractériser?

Un des premiers outils mis en oeuvre est la réalisation d’une maquette, représentant les dispositifs de la Région existants en matière d’emploi. Cette cartographie doit fournir au groupe de travail un support « opérationnel » de réflexion et de projection.

Dès ce premier jour, nous retrouvons des visages connus : certains participants très assidus lors de la Semaine Campus sont au rendez-vous. Ils sont rejoints par de nouvelles personnes. Ceux qui n’ont pas pu se libérer passent la tête au détour d’une réunion. Le groupe « Transfo » se forme progressivement.
La première séance de travail de la semaine est consacrée à la définition du terme « dispositif ». Qu’entend-on collectivement par dispositif? Que souhaite-t-on représenter par la cartographie ?
Pour définir le terme de dispositif, nous identifions les critères qui le caractérisent, par rapport à d’autres types d’initiatives régionales.

Qu’est-ce qu’un « dispositif » ?

Un premier brainstorming révèle une série de mots clés que les participants associent à l’objet « dispositif » : intitulé, délibération, partenaires, budget, calendrier, objectifs, public, engagement, résultats, besoin, service…
Le regroupement de ces notions fait apparaître 5 critères principaux permettant de distinguer un dispositif : celui-ci possède un nom, on lui associe des objectifs et des moyens (humains et/ou financiers), il est destiné à des bénéficiaires, et consiste en un service rendu ou des actions.
Le groupe évoque aussi d’autres caractéristiques qui doivent apparaître sur la maquette, qui seront utiles pour la définition des pistes d’expérimentations : les partenaires impliqués, le poids de la Région dans le partenariat, le mode opératoire, les porteurs du dispositif au sein de l’institution.

Ce premier travail lexical se révèle productif et met le groupe sur la piste de questionnements inhérents à un processus d’expérimentation. Il met également à jour la diversité des univers sémantiques présents autour de la table. Plusieurs questions parallèles émergent : qu’y a-t-il en amont d’un dispositif ? Quelle en est l’origine ? Un dispositif se définit-il par ses résultats ou seulement par ses objectifs ? Les points de vue peuvent s’avérer contraires, c’est la base d’un travail en commun.
En fin d’après-midi, la réalisation de la maquette s’amorce, quatre dispositifs sont déjà représentés. Ce n’est qu’un début…

Les nouveaux usages de la médiathèque : semaine 2, 4e et 5e jour

La journée a été consacrée à la restitution publique (en présence d’habitants, bibliothécaires, élus et partenaires), où a été présenté :
– le Plug en situation de fonctionnement. Nous avons expliqué l’esprit de cette expérimentation et les personnes ont pu l’essayer en direct pour télécharger des fichiers (films, livres…).

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Pendant que nous nous réunissions avec nos partenaires pour débattre de notre future semaine de travail, des passants interloqués se sont arrêtés pour essayer aussi l’installation… ça semble marcher!
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Des liseuses et tablettes numériques étaient à libre disposition pour des premières manipulations entre les mains des participants.

– La Malle, revenue de son périple dans les foyers (une dizaine), était ouverte pour qu’on en découvre tous ensemble les trésors confiés par chaque habitant l’ayant reçue à domicile.
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Une petite exposition de photos montrait les mises en situation de la malle en circulation avec quelques verbatim entendu dans ce voyage de maison en maison. Extraits :
« On m’a offert une liseuse, je trouve ça super. Personnellement je me fiche de l’objet livre, ce qui m’intéresse, c’est le contenu. Et quand je pars je pars en vacances, pas besoin d’emmener 10 kg de bouquins. »
“Le livre que je ne donnerai jamais ? C’est un livre d’art sur Vermeer que ma soeur m’a offert quand j’avais 17 ans. Il est tout abimé tellement j’ai tourné les pages.”
“J’ai mes petits rituels : quand mon emploi du temps le permet, je lis le matin en buvant mon café. C’est un vrai moment de plaisir. Je lis également dans mon bain : j’ai choisi une baignoire spécialement adaptée à la lecture, avec des accoudoirs et deux petites lampes juste au dessus pour un éclairage optimum.

– Un étagère de livres de savoirs-faire, réalisée en 3 jours avec toutes les bonnes volontés locales, avait pour objectif de tester une bibliothèque commune et citoyenne liée à un savoir-faire : la médiathèque est aussi bien un lieu de savoirs que de savoirs-faire. Il n’est pas besoin d’être un grand lecteur de littérature pour être cultivé et pour se sentir légitime de fréquenter une bibliothèque. Ce soir-là, le thème de la cuisine a bien-sûr enthousiasmé les participants qui ont été nombreux à prêter des livres pour la soirée. Un petit signet était glissé dans chacun des chacun des livres (une centaine environ) où étaient indiqués les coordonnées des propriétaires afin de rendre possibles les échanges d’ouvrages entre habitants.

Lionel Dujol, chargé de médiation numérique et bibliothécaire pour le Pays de Romans nous a fait le plaisir de sa visite pour échanger avec nous sur nos outils et analyses et pour participer aux échanges avec le public durant la restitution.

Une rencontre avec les élus et chargés de mission des différentes institutions partenaires (Région, Département, Cté de Communes, Ville) a permis de faire le point sur les souhaits de chacun quant au rendu de notre travail et aux attentes sur la suite et fin en novembre…
Dominique Giron, Vice Présidente du Conseil Général du Puy de Dôme chargée du Développement numérique, nous fait part du besoin de son institution de connaître les modalités de transférabilité de notre démarche à d’autres projets du territoire.

Il est question de construire le programme de la 3eme semaine en collaboration étroite avec le chef de projet de la future Médiathèque, Jean-Christophe Lacas, officiellement en poste dans une semaine.

Enfin, juste avant notre départ, nous avons pu échanger avec les élus de la commune et de l’intercommunalité sur l’importance de la transmission de notre travail aux équipes d’architectes pré-sélectionnées. Nous envisagerons une réunion avec eux pour cela.
à suivre!

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TRANSFO BOURGOGNE – Le FORUM 3, 4, 5 octobre

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Ouvert à tous, l’occasion de venir nourrir nos visions de la ruralité de demain !

Télécharger le programme ici prog-forum-des-villages-du-futur

Les nouveaux usages de la médiathèque : semaine 2, jour 3

Le voyage de la malle médiathèque se poursuit dans les foyers… on y découvre des univers de lecture, la place accordée à la culture dans l’intimité des maisons. La discussion sur les documents prêtés est à chaque fois riche et chaleureuse. Parler des livres c’est parler de soi, des autres, de la vie. Nous questionnons à chaque visite l’importance de la culture sur un territoire et les modalités de son activation dans un futur équipement. Avec la malle se constitue un patrimoine culturel citoyen, créant du lien social à travers son itinérance.

Nous abordons à chaque fois les attentes sur la future médiathèque : un nouvel espace public dédié à la culture et à la rencontre est attendu très fortement par de nombreux habitants. Lezoux n’a pas d’équipement public ni de place publique fédérateurs, il n’y a pas de terrasses de cafés. La question du lien social et de la rencontre entre générations est prégnante.

Accueil chez Monique, Alain et Hélène, Danièle et Catherine.

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Nous découvrons aussi des talents locaux, Catherine (plasticienne) réalise des petits livres à base de collages et récits. Nous questionnons la place la médiathèque comme lieu de coproduction, permettant de valoriser ou de produire des documents fabriqués par des habitants du territoire.

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Ce troisième jour voit aussi la fabrication du Plug numérique : cabine de téléchargement ouverte 24/24. Cette cabine sera apposée contre le Point Info Tourisme en plein coeur de Lezoux.
Il s’agit de tester le téléchargement en accès libre et dans l’espace public de documents libres de droits (films, musique, livres…). Nous cherchons à comprendre dans quelle mesure une médiathèque peut permettre l’accès libre de documents en téléchargement. Renaud et Laurence de la Médiathèque Départementale nous apportent une aide précieuse, ils sont présents toute la journée pour trouver et sélectionner des contenus. Nous avions choisis le thème des utopies sociales pour ces premiers contenus.  Ils nous laissent pendant quelques jours un Ipad et une liseuse afin de nous familiariser avec ces outils et de les proposer à la manipulation du public.

Nous avons également pu compter sur le talent et la persévérance de Loïc et Olivier, nos amis de La Fonderie (agence numérique de la région Ile de France) qui nous ont concocter en avant première une « bibliobox ».
Quelques personnes viennent nous aider à construire le mobilier urbain abritant le plug ou passent, intrigués : »vous êtes sûrs qu’on va pas vous le casser? » « Et les intempéries, ça va pas tout abîmer? »

La cabine circulera ensuite pendant l’hiver dans le collège et dans La Maison du peuple, lieu associatif.

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Les nouveaux usages de la médiathèque : journée 1, semaine 2

Accueillis chaleureusement par Daniel, responsable du C.D.I au Collège de Lezoux, nous rencontrons une dizaine d’élèves pour échanger avec eux sur leurs pratiques numériques et leurs pratiques de la lecture. Tout en les informant sur l’existence de la future médiathèque, nous leur proposons de participer en semaine 3 à un contest de Play Station pour parler avec eux de leurs rapports aux jeux vidéos et réfléchir au positionnement d’une médiathèque sur le sujet.

Rencontre avec Jean-Christophe Lacas, Chef de projet pour la future médiathèque tout nouvellement recruté. Il sera notre partenaire privilégié jusqu’à la fin de notre résidence.

La Malle médiathèque participative fait son premier voyage dans le petit village de Bort l’étang. Nous sommes reçus par Sylvie, bénévole de la bibliothèque municipale. Elle nous ouvre ensuite les portes de sa maison. Nous appuyant sur une expérience menée par l’association De l’aire avec le Bruit du Frigo qui ont construit et fait circuler cette malle et 3 autres dans le village de Cobonne, nous souhaitons expérimenter ici la « médiathèque hors les murs » ou comment une médiathèque, avec l’appui des bibliothèques bénévoles dans les villages, peut devenir le support d’un outil culturel participatif et citoyen : la malle est enrichie par chaque habitant qui y dépose les ouvrages qu’il aime et a envie de partager (livres, CD, DVD, fichiers numériques sur une clé usb…).

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Sylvie nous présente la liseuse numérique qu’elle a eu à Noël…

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Les nouveaux usages en médiathèque : journée 1, semaine 2

La deuxième semaine de résidence à Lezoux démarre avec une soirée de présentation des expérimentations que nous allons mener cette semaine et lors de la prochaine semaine, en novembre.

Une trentaine de personnes étaient présentes, des élus, des représentants d’association , des bibliothécaires bénévoles,  des habitants de la communauté de communes, les partenaires publics, etc. Parmi elles, une dizaine de personnes qui avaient déjà été très présentes en 1ère semaine.

La soirée a débuté avec la projection d’un florilège de vidéos et extraits de films en lien avec les sujets traités dans les expérimentations (« Birth of a book », un extrait de « La neuvième porte« , « Bref, je suis bibliothécaire !« , »La bibliothèque » des Deschiens, « Book, la révolution technologique« , « Bref, MegaUpload a fermé« , « Le piratage c’est du vol…« , « Copier n’est pas voler« ) .

Chaque expérimentation a été détaillée, mise en perspective (articulation des expérimentation entre elles), notamment par rapport aux 3 grandes pistes de travail issues de la 1ère semaine.

Les participants se sont inscrits sur des ateliers pour affiner, mettre en place ou faire vivre les expérimentations durant cette semaine et la prochaine. Ainsi la liste des foyers à visiter avec la malle s’est allongée, des coups de mains appréciables seront donné mercredi pour la construction du « plug », le téléchargement et la sélection de fichiers, etc.

La soirée s’est poursuivi en discussion autour d’un pot.

Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 5

Qui dit 5ème jour dit, en langue « Transfo », jour de bilan…

Après avoir travaillé toute la semaine sur un objet comprenant à la fois les dispositifs de rencontre de la Région avec ses citoyens et la production issue de ces rencontres, que pouvons-nous répondre aux questions de départ ? Alors que nous arrivons bientôt au milieu du programme Transfo en Pays de la Loire, tentons ici de les reprendre une par une (ainsi que quelques nouvelles qui ont surgi entre temps) et de voir ce qui se dégage de nos expériences…

– Pourquoi aller à la rencontre de l’usager/habitant (y compris sur des sujets aussi complexes que la prospective) ?

En semaine 3, nous étions arrivés à illustrer la situation en concluant que nous étions, par de nombreux aspects, à la recherche d’un insaisissable équilibre. Entre la technicité de l’action régionale et les aspects pratiques du terrain, entre les connaissances techniques des agents et l’expérience du quotidien des habitants, entre le temps long de la prospective et le besoin de réponses concrètes et rapides ressenti par les usagers, nous dessinions points par points les contours d’une Région idéale capable de produire des politiques publiques adaptées et comprises par ses habitants. Parmi ce flot d’entre-deux quelque peu théoriques, deux figures « pures » ressortaient, au sens où elles étaient positionnées exactement à l’équilibre : le citoyen et l’élu. La figure du citoyen en particulier retenait notre attention et était finalement différenciée de l’habitant ou de l’usager. Au fur et à mesure des discussions, le citoyen apparaissait tout simplement redéfini comme une personne informée, à même de comprendre les enjeux et le sens de l’action, qu’elle soit usager ou non, habitant ou non.

Aller à la rencontre de l’habitant reviendrait donc d’abord à faire une action de communication, au sens noble du terme, d’explication de l’action, de présentation et d’échange autour des questionnements régionaux avant même de proposer des réponses. Cet aspect pédagogique s’est en effet révélé particulièrement important cette semaine. Il prenait même régulièrement des accents inattendus de désacralisation de l’institution et de ceux qui la compose (à l’image des agents « presque redevenus humains » le temps d’un soir parce qu’ils avaient mis de côté la veste et avaient joué quelques scénettes ! ). Le besoin de « cassage du mythe régional » s’est donc avéré criant et a montré le fossé qui nous séparait de l’état actuel à celui de connaissance mutuelle. Cette dernière notion mérite d’ailleurs d’être ré-affirmée : il ne s’agit pas uniquement de faire faire à l’habitant le chemin le séparant de l’institution mais bel et bien de faire se rapprocher dans un effort commun et permanent l’institution et l’habitant.

Ce faisant, les productions issues de la semaine passée font aussi la preuve qu’au-delà d’un « simple » rapprochement, des rencontres Région-citoyens peuvent aussi permettre de s’assurer de l’absence d’a priori et de repréciser quelques notions dans ce qu’elles ont de plus sensible et subjectif.

– Quelle matière peut-on retirer de la consultation citoyenne ?

L’immersion fléchoise a confirmé ce que nous pressentions : même après un temps de présentation non négligeable, comme dans le cas de la soirée du jeudi, tout sujet (encore plus lorsqu’il est aussi complexe que la prospective) amène avant tout à parler de qui l’on est, de ce que l’on connaît avant d’éventuellement aller plus loin et toucher du doigt la complexité régionale. Pour autant cela n’a pas vraiment semblé problématique. Au contraire, ce contenu vivant et imparfait, après avoir généré quelques questions sur son utilité, est vite devenu une matière appréciée pour sa capacité à être parlante, à résumer parfois en quelques mots emplis de vécu une idée qui, énoncée par la Région, semble souvent bien plus abstraite. Si une compilation exhaustive de toutes les phrases prononcées et les images collectées n’aurait vraisemblablement qu’un intérêt restreint, chaque participant à cette semaine est sans nul doute reparti avec en tête son florilège de réflexions spontanées lui permettant ainsi de re-concrétiser la démarche, de la tangibiliser. Ce faisant, chacun d’entre nous aura intimement ressenti ce qui est peut-être l’intérêt premier de la production d’une démarche de consultation : une re-connection avec l’humain, un apport de chair et d’os dont l’expression, très rapidement clichée et facile à moquer, ne doit pas masquer la satisfaction qui ressortait largement dans l’équipe en cette fin de semaine d’avoir un tout petit peu répondu à la quête de sens précédemment exprimée.

Personne n’est donc revenu avec des réponses précises aux grandes questions posées et il faut bien rappeler que ça n’est pas ce qu’il faut aller chercher ! Au contraire, nous avons récolté tout au long de la semaine des avis subjectifs, des visions parcellaires et des phrases « qui résument tout », de l’affect, des envies, des peurs, de la complexité, du re-questionnement… Et cela nous apparaît aujourd’hui comme un complément intéressant à l’exercice de prospective préalablement mené par la Région. Là où le travail des experts consiste à faire émerger des tendances, à raisonner en systèmes et à rationaliser, la consultation répond de façon impressionniste et expressionniste. Ce qui nous a dès lors préoccupé a été de ne pas simplifier artificiellement ce contenu, de ne pas l’orienter par nos réactions, le sur-interpréter, d’assumer notre besoin de synthèse sans produire des comptes-rendus vides de sens, de sensibilité, de contradictions. C’est pourquoi nous avions consacré une bonne partie des ateliers de la semaine 3 ainsi que le temps jusqu’à la semaine 4 à imaginer des formes originales à même de recueillir tout ce matériau subjectif et de le rendre le plus ré-appropriable possible. La difficulté de l’exercice auquel nous nous attelons dès aujourd’hui est de récupérer toutes ces formes et d’en faire un document compréhensible et partageable… Y compris dans d’autres temps de consultation !

En effet, l’un de nos tests de la semaine (les « Questions à Réactions« , posées sans préalables au sein d’un marché et qui ont montré certaines limites) a aussi mis au jour un intérêt important : aller au devant des gens avec des questions et un intérêt pour leurs réponses est sans doute l’un des meilleurs moyens pour faire preuve de l’ouverture de la démarche et donner envie de participer à des formats plus longs… En quelque sorte, la consultation se nourrie d’elle-même : des formes de consultations légères permettent de mener d’autres consultations plus approfondies et d’accentuer ainsi le partage et le rapprochement de la Région et de ses citoyens.

– Comment faire un pas vers la stratégie (sans prendre le pas sur le travail des élus, sans effacer la complexité) ? Comment passer de la consultation à l’objet de politique publique ?

Notre expérimentation autour de l’exercice de « prospective participative » touchant à sa fin, nous arrivons maintenant au moment où les études se transforment en décisions et en dispositifs. C’est alors aux élus de se saisir du travail mené et de proposer les projets qui y répondront. Le rôle des agents est de faciliter le passage de l’un à l’autre et pour cela, généralement, de synthétiser. Cependant, dans le cas de la prospective, comme dans d’autres, la somme d’informations récoltée est énorme et les questions bien plus nombreuses que les réponses. Synthétiser ne reviendrait-il pas dès lors à faire état de cette complexité, à la mettre en avant plutôt que de chercher à la réduire artificiellement ?

Puisqu’il ne s’agit pas ici d’anticiper sur le travail des élus, qui seuls ont la légitimité politique, et puisque les agents ont bien montré leur souci de ne pas mal interpréter le contenu qu’ils ont récolté, il nous faut penser des formes intermédiaires entre le retour de paroles brutes et la synthèse simpliste. Il nous faut affirmer la notion de flou: se garder de faire passer ce qui a été fait pour un travail scientifique et bien montrer grâce aux formes employées que tout cela ne sont que des tendances pouvant même être contradictoires les unes par rapport aux autres, un ressenti exprimé par le territoire à un moment T. Depuis le début, toute la difficulté de l’exercice semble se cristalliser dans ce moment de passage de relais, d’un travail fait d’expertises et de sensible vers le politique, « définisseur » de projets. Forts de tout le travail mené depuis le début de la Transfo, nous avons maintenant la possibilité de tester des formes nouvelles et d’avancer encore un peu notre réflexion de fond sur l’innovation au sein de l’institution régionale. Nous entrons dans une phase où le travail sur les formes de restitution va être prépondérant et notre vendredi après-midi est d’ailleurs en grande partie consacré à la réflexion en groupe sur ce sujet. Rendez-vous est donné dans quelques semaines…

– Quel(s) retour(s) pour les citoyens ?

Notre semaine a aussi été l’occasion de se rendre compte parfois de notre manque de politesse ! Nous saluions bien les personnes rencontrées et les remerciions chaleureusement mais pris dans l’élan et concentrés sur nos premiers objectifs, nous nous sommes assez vite rendus compte que nous avions délaissé les questions de présentation (qui sommes-nous, pourquoi sommes-nous là) et que nos remerciements, même appuyés, semblaient finalement bien maigres au regard de l’attention que nous portaient les fléchois et du travail qu’ils fournissaient dans les ateliers. Ainsi, nous nous sommes vite considérés comme redevables si ce n’est d’une réponse, au moins d’un retour envers tout ceux qui avaient bien voulu nous répondre. C’est en fait ce vendredi que l’expression idoine est clairement ressortie ; ce qui nous avait marqué à l’issue de cette semaine et ce qu’il fallait que nous gardions absolument a été ainsi résumé : faire preuve d’empathie.

Lors des ateliers, un premier retour consistant à afficher aux murs les productions tout juste réalisées donnait l’occasion d’une première prise de recul et d’une première affirmation que ce qui avait été dit n’était pas parti dans le vide. Mais il nous faut maintenant aller plus loin. Après nous être rendus compte de notre erreur, nous avons essayé de collecter les adresses e-mails de tous les participants intéressés et devons maintenant leur faire un retour plus complet et plus travaillé, montrer que nous avons entendu et retenu ce qui a été exprimé sous une forme synthétique mais pas simpliste. Les participants sont bien placés pour savoir ce qu’ils ont dit et ne s’y retrouverait pas ! Finalement, le besoin auquel nous devons répondre ne semble pas très éloigné de celui de restitution aux élus… Cela peut même apparaître comme une qualité que d’être en mesure de faire d’abord un retour ne prenant pas parti, faisant le plus honnêtement possible état de ce qui a été dit, avant de donner la parole aux élus qui expliqueront ce qu’ils en ont retenu et les réponses qu’ils y apportent. Dans l’idée de pédagogie, c’est aussi l’occasion d’affirmer, si ce n’est de faire connaître, la différence entre l’aspect administratif de la collectivité et le rôle stratégique et décisionnaire des élus. Le travail sur des formes intermédiaires évoqué plus haut apparaît donc à la fois plus important et plus efficace.

– Quelle(s) forme(s) pour une fonction d’innovation régionale ?

La fin de la Transfo est encore un peu lointaine mais les semaines défilent vite et à l’aune de notre premier sujet d’expérimentation, quelques hypothèses se dessinent déjà. De part le temps passé en immersion avec 7 agents régionaux, la semaine 4 a notamment été l’occasion de nous confronter à des questions de management dont nous sommes peu familiers. Les temps de réflexion internes au sein de l’équipe 27e Région et les temps de réflexion ouverte avec les agents, tout comme les temps de réflexion avec les citoyens se sont parfois mélangés avec des résultats plutôt négatifs, voire contre-productifs : pertes de repère, sentiments de flottements, fréquentes remises en cause et possible perte de temps. En cela, la 27e Région (bien que toute petite comparée aux 26 autres) et à travers notre équipe, la préfiguration d’une fonction d’innovation régionale, n’apparaissent pas différente d’une autre organisation puisqu’elles ne peuvent s’exonérer de ces questions de management et doivent réussir à mieux formaliser le processus de co-création, sans doute en dissociant mieux les temps de travail et en formalisant des niveaux de responsabilité laissant libre cours à la discussion et aux propositions mais permettant de décider d’une orientation à suivre lorsque cela est nécessaire. En somme, le difficile équilibre évoqué pour l’action régionale se retrouve assez logiquement ici dans le fonctionnement même de la fonction innovation.

Cela amène d’ailleurs à penser l’autonomie de cette fonction. Comment en effet tenir son rang de « poil à gratter », de « re-questionneur » ou encore de « pirate bienveillant » sur la longueur (très importante pour pouvoir capitaliser et construire comme l’expliquait par expérience Jean-Lou Molin) au sein de l’institution ? Sur cette question l’utilisation du design aujourd’hui donne une bonne possibilité de comparaison. Avec un rôle identique sur de nombreux aspects, la fonction design est partagée entre des équipes intégrées au sein des organisations et des équipes externes. Si la base du métier est la même, le contexte dans lequel s’exerce la fonction amène selon le cas (et en généralisant quelque peu) à plus de facilités pour l’intégration des contraintes de l’organisation ou à une prise de recul plus évidente. De ce fait, certaines organisations ont recours au deux modes de production simultanément, faisant travailler des équipes externes et internes sur des sujets communs. Cependant il nous faut aussi penser en terme d’efficacité or l’action publique a la particularité de dissocier le travail de réflexion, d’analyse et de mise en place effectué par l’administratif de celui de priorisation, de stratégie et de décision mené par le politique. En cela une fonction d’innovation régionale pourrait sur le papier déjà bénéficier d’une bonne part de l’indépendance nécessaire à son bon fonctionnement. Mais, de la même façon qu’une Région proche de ses citoyens ne peut se construire que sur le long terme, l’acculturation des agents régionaux, et à travers eux de l’ensemble de l’institution, à des méthodes innovantes incluant par exemple le recours à la prospective pour re-problématiser les sujets d’étude, ne peut se faire qu’avec une certaine pérennité, qui doit donc être garantie. A voir le malheureux exemple de l’abandon soudain du travail mené en Espagne en région Estremadur, on peut justement se demander : une fonction innovation externalisée ne constituerait-elle pas une alternative plus stable et donc plus à même de remplir son rôle ? Afin que cela soit viable, mais aussi pour garantir le recul de cette fonction innovation sur ses sujets de recherche, une telle entité pourrait-elle par exemple bénéficier d’un portage multi-acteurs ?

Nombre de questions sont encore posées et les réponses sont certainement multiples. Cependant, nous saisissons un peu mieux chaque semaine les tenants et les aboutissants du sujet. Généralement d’ailleurs l’enthousiasme l’emporte sur les difficultés rencontrées et à relire nos billets de blog, il pourrait apparaître comme une forme de positivisme démesuré. Qu’on se rassure donc, le travail mené soulève au moins autant de questions qu’il n’en résout, il montre en particulier l’extrême difficulté qu’il y a à mener une action mesurée assez innovante pour faire bouger les choses et faire preuve de son efficacité, tout en étant assez partagée pour pouvoir être diffusée et donc, là aussi, efficace… Nul doute que cela fera partie des questions abordées lors de l’événement organisé par la 27e Région « Design Public Local » à Tourcoing la semaine prochaine.

Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 4

L’immersion à la Flèche continue, pour son troisième et dernier jour. Au programme de la journée : deux ateliers de prospective, un le matin avec les résidents du foyer d’hébergement et un deuxième le soir au théâtre de la Flèche, ouvert au grand public et en présence d’élus.

L’atelier du matin se déroule comme prévu. On test à nouveau les outils. Malgré des craintes unanimes face à la complexité du radar du futur et sa difficile compréhension de la part de personnes âgées, nous sommes agréablement surpris de sa bonne réception. Le test sert aussi à ça finalement : à aller à l’encontre d’aprioris que l’on pourrait avoir sur nos productions. 

L’après-midi, nous nous rendons au théâtre de Halle aux blé où nous avons prévu de convier le grand public. C’est une course contre la montre qui commence : il faut régler les derniers détails, faire face aux imprévus. Une équipe scénographie s’occupe de trouver une solution au fait que nous n’aurons pas accès à la scène comme nous l’imaginions. Une équipe logistique s’occupe de mettre en place la salle, tandis qu’une équipe signalétique s’occupe de rendre les lieux facilement accessible. Les agents semble avoir retirés leur costume de fonctionnaires territoriaux à l’entrée… le cadre Transfo transforme !

18H00 : les premiers citoyens arrivent… le stress monte. Les journalistes réalisent des interviews dans des recoins du théâtre.


18h15 : Mr le maire franchît la porte, la lumière s’éteint, puis se rallume : le spectacle commence !

Car oui nous avons décidé de commencer cette soirée par un petit temps théâtral. 4 agents du Conseil Régional se sont prétés au jeu pour raconter trois récits de vie. Les spectateurs sont projetés en 2040, le mariage homosexuel semble avoir été accepté, le télétravail est une réalité, le littoral est une zone de villégiature pour les retraités anglais, l’excellence dans le domaine des algues marines est une réalité économique …
L’ambiance est posée : ce soir nous sommes tous réunis pour imaginer le futur, pour sonder les visions et les aspirations des citoyens.
Nous passons dans la salle annexe où nous nous répartissons en petit groupe. Radar du futur et photo-langage sont à nouveau expérimenté mais cette fois-ci dans leur version aboutie.


Le format atelier, bien qu’ayant déstabilisé quelque participant (qui s’attendait à un débat classique) semble avoir été apprécié :

  • Les discussions sont équilibrées. Contrairement à un débat classique où certains monopolisent la parole, les ateliers permettent à chacun de s’exprimer.
  • Les discussions portent sur les intérêts des participants. Un certains nombres de thèmes sont abordés en peu de temps sans pour autant être survolés.
  • Les échanges sont directs et permettent réellement la confrontation des points de vue.
  • L’animation fait preuve de « fraîcheur ». On découvre l’institution régionale « sous un autre jour ». Elle est désacralisée.
  • La parole est entendue : elle laisse trace. « On ne parle pas dans le vent, on peut espérer que les gommettes qu’on colle soit analysées »

22H30
La soirée se termine… premières discussions dans l’équipe. La satisfaction est unanime. On se lance des fleurs et ça fait du bien ! Mais une élue nous met en garde : « qu’allez vous faire de tout ça ? » Et effectivement (et pour utiliser une métaphore sportive), il reste à transformer l’essai !
Comme nous le disions lors du précédent post, nous avons désormais une dette envers les personnes qui nous ont consacré du temps et on se doit de leur retourner un document de synthèse.
Mais pour l’heure _ 00h30, nous arrivons à Nantes _  il est l’heure de se coucher : au dodo !