Archives mensuelles : septembre 2009

La santé à Pionsat : isolement, vieillissement, regroupement en campagne

Côté campagne, visites de villages

Mme Ravet, maire de Saint Hilaire propose une visite de sa commune.

Elle nous accueille dans sa nouvelle bibliothèque municipale, projet qui représente sa première initiative en tant qu’élue. Un petit lieu chaleureux, qui draine habitants proches et même certaines personnes des hameaux et villages périphériques. L’ouverture de cette bibliothèque municipale a permis d’impliquer des bénévoles, personnes parfois seules comme cette dame qui vient de perdre son mari. « C’est une bibliothèque mais surtout un lieu de rencontre».

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Elle nous invite ensuite à visiter des hameaux de ce village de moins de 100 habitants étendu sur 17 Km… Elle nous indique des personnes particulièrement isolées, note des problèmes relativement fréquents de voisinage, pour qui la seule entraide s’avère celle d’extrême urgence. Un repérage qui nous permettra peut-être d’aller rencontrer de nouveaux habitants/ usagers des services de soin.

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Plus tard, madame Dumas, employée à la maison de retraite de Pionsat, nous accueille pour témoigner de son expérience professionnelle. Les personnes âgées accueillies arrivent à l’EPHAD à la fin de leur vie. « Il y a 15 ans il y avait encore des gens avec qui on pouvait faire des choses (belote, sorties..) Aujourd’hui ce n’est plus possible ». Un médecin coordinateur vient en visite une fois par semaine, mais les personnes gardent leur médecin traitant, chez qui elles se rendent en ambulance. Le chantier en cours permettra d’accueillir les résidents dans de meilleures conditions, en chambres individuelles ou en chambre commune pour certains couples.

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La citoyenneté numériquement augmentée

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Deux projets à court terme sont lancés

Nous commençons la journée par un débriefing de notre présentation publique d’hier soir.
Les échanges ont été très fructueux et nous ont inspiré l’idée d’un second prototypage.
Nos deux propositions de réalisation concrète à moyen et court terme sont :

  • Impression d’une carte de la Ruche (du réseau social) dans la ville.

pour…
 Donner accès à la Ruche par d’autres canaux que sur son écran à domicile
Valoriser l’information postée en l’affichant dans un lieu public  (ex: Possibilité de lire un article du Wiki Rennes dans la rue)
Inciter à participer…

Ce projet va nous permettre de présenter à court terme ce que serait une version « papier » de la Ruche, mais également de se servir de la carte pour présenter des scénarios futurs d’usage du réseau.

  • Offrir une zone de dialogue dediée au covoiturage la Ruche

L’objectif étant de lancer une dynamique sur le réseau social pour inviter les gens à échanger des infos sur leur territoire et enrichir la ruche de collectifs informels de citoyen. Nous envoyons un mail aux 1500 inscrits de la Ruche qui les invite à nous faire part de leur annonce de covoiturage. Nous afficherons ensuite ces annonces sur les zones de « covoiturage sauvage »

 

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une zone "sauvage" de covoiturage aux abords de Rennes

Pour qu’un réseau social local ne soit pas dans la logique de « l’enrichissement de mon profil perso » mais davantage dans l’idée de dire et partager une façon de vivre le territoire. Le réseau social en ligne se veut plus qu’une « collection » d’individus. Le contenu proposé est une image du territoire en mouvement. D’une part, les échanges y prennent autant de valeur que les individus et sont affichés à même hauteur. Et d’autre part, toutes ces données confondues s’affichent ensemble sur la carte du territoire en question.

Deuxième jour, nos idées…

Un sujet qui a le vent en poupe

Nous rencontrons Télé Rennes qui fait un reportage sur la Ruche, sa spécificité vis à vis des autres réseaux sociaux, son avenir.
Sur France 3, au journal régional de 19h, est diffusé un reportage plus généraliste sur les réseaux sociaux.

L’usage de ces réseaux sociaux semble de plus en plus titiller la question de la gouvernance territoriale. Le réseau peut permettre l’émergence d’un registre plus informel d’expression publique.

Les collectivités territoriales sont-elles prêtes à compter avec cette nouvelle parole ?
Pourquoi ne pas inviter des agents territoriaux à animer le groupe d’un réseau social sur les thématiques qui les concernent ? Comment cette contribution peut-elle être aménagée sur leur temps de travail et entrer dans le cadre de leur mission ? se demande concrètement Richard Delogu.

Avant de penser cette possible collaboration, nous cherchons plus modestement à scénariser des situations de véritable échange citoyen sur le réseau.
ex: Partager un article du Wiki, donner son avis (géolocalisé) dans le cadre d’une concertation urbaine, raconter un souvenir à tous, créer un collectif d’habitants pour améliorer le covoiturage du quartier, ou rêver sur la ville du futur…


Autant de situations qui ne répondent pas aux seules logiques dites utilitaristes (1) qui voudraient qu’un internaute « moyen » désire toujours être connecté, savoir où il est et avoir beaucoup d’amis, mais cherche également à raconter des souvenirs, se perdre dans sa ville et être surpris.

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Présentation de notre perspective

La fin de journée est consacrée à la restitution de scénarios possibles pour les futurs réseaux sociaux en ligne. Depuis la première semaine, les questions posées, les possibles envisagés se sont étoffés et affinés. Cela a donné naissance à une dizaine de scénarios que nous présentons à une quinzaine de personnes parmi lesquelles des salariés et administrateurs de Bug, des personnes de Rennes métropole et du service Développement numérique régional de la Région Bretagne.

Nous présentons nos dix scénarios et s’en suit une longue discussion informelle avec les personnes présentes. Ces échanges nous aident notamment à faire le tri entre les propositions qui apparaissent immédiatement faisables, appliquables et celles qui donnent à penser mais dont on ne voit pas bien comment on pourrait les mettre en place. Ces dernières servent de boussoles, de visions « d’avenir » de ce que serait pour nous un réseau social débarrassé de la  comparaison avec Facebook. Apparemment, d’après les remarques entendues dans l’assistance, notre présentation a aidé certains à se projeter loin de cette comparaison.

« Moi j’aime pas du tout Facebook et je comparais sans cesse la Ruche à  ça, maintenant, je vois mieux la différence »

« Et mes amis dans tout ça, ils sont où ? »

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La présentation de nos propositions

citoyenneté

(1) Nicolas Nova dans les Médias géolocalisés évoque cette vision très rationaliste pour laquelle « l’action d’un individu reposerait sur des logiques d’optimisation des rencontres et le gain de temps« .

3e jour de résidence à Pionsat

Duo Côté ville, visite à Montluçon.

Aujourd’hui nous accueillons Gisèle Bessac alors que Romain Thévenet nous quitte pour rejoindre d’autres résidents à Rennes. L’opportunité entre 2 trains de faire un pas de côté, en Allier, pour rencontrer Mme Bélicot, responsable du CLIC (centre local d’Information et de Coordination) de la Vallée de Montluçon et du Cher, territoire qui jouxte la Communauté de communes de Pionsat.

Le rendez-vous se situe dans le pôle de maintien à domicile initié par la ville de Montluçon en 2003, avec objectif de rassembler un maximum de services pour les personnes âgées de plus de 60 ans, grâce à une prise en charge socio – médicale globale. Le lieu rassemble le SSIAD (infirmiers à domicile), un centre d’animation municipal (clubs, restaurants, animations…), une association d’aide à domicile (120 salariés), une entreprise de téléassistance, l’association France Alzheimer… « C’est un guichet unique qui répond à 95% des demandes des personnes qui viennent jusqu’ici ».

En savoir plus sur l’entretien avec Mme Bélicot

Installé en plein centre de Montluçon dans une bâtisse très chaleureuse, nous retrouvons plus tard M. Guy DOUSSOT, Directeur du Pays de Montluçon et du Cher.

Les problématiques de santé liées à l’aménagement du territoire sont là encore au cœur des préoccupations de ce Pays voisin de celui des Combrailles, dont la frontière se termine sur la communauté de communes de Marcillat, à quelques kilomètres de Pionsat. De leur côté, ils travaillent à un schéma directeur des services de santé, exigé par la Région. Le pays est composé de nombreuses zones fragiles, isolées mais organisées autour de pôles. Contrairement à ce que l’on pouvait penser le problème du renouvellement des médecins et du personnel médical de l’hôpital est très présent au cœur de la ville même de Montluçon. Le Conseil Général de l’Allier a même mis en place une campagne d’information et d’accueil particulièrement volontariste.

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Monsieur Doussot se méfie de la tentation des collectivités locales pour les maisons de santé surtout s’il s’agit pour ces derniers de construire des murs et de créer une nouvelle sorte de zone d’activités. Pour lui ces projets n’ont d’intérêt que s’ils sont pensés comme des plaques tournantes ou des points de fuite, permettent de repenser les questions globales de santé, de les réorganiser. Il est alors très intéressé par la démarche de Pionsat comme territoire de expérimentation méthodologique, pour avoir un regard concret sur la démarche.

En savoir plus sur la rencontre avec Guy DOUSSOT, Directeur du Pays de Montluçon et du Cher.

http://pays-vallee-montlucon.planet-allier.com/

Le réseau de santé, la maison de santé : questionnaire propectif

Ce questionnaire a été distribué lors du comité de pilotage du jeudi 1er octobre.

Il est à destination des acteurs de santé (professionnels, institutionnels) du territoire. Une façon de dépasser le cadre strict du bâtiment « maison de santé ».

Télécharger le questionnaire santé

Pionsat, second jour – De l’échelle territoriale à l’approche micro locale

Croiser les échelles et les enjeux, c’est toute la complexité de ce projet !
L’offre de soin de qualité doit pouvoir être garantie à chacun des habitants sans exception. Mais la région a aussi besoin de penser la cohérence des soins sur une échelle plus vaste, pour un équilibre global à long terme. Ce projet doit consolider les liens entre les acteurs locaux (professionnels de santé, personnel de la communauté de communes, centre de rééducation…) pour garantir la pérennité et le renouvellement de l’offre. Il doit aussi s’accorder au mieux avec les réseaux de soin (notamment pour les soins à domicile, le suivi de la petite enfance…) qui se développent à d’autres échelles. C’est alors une histoire de rythmes, de calendriers, de vocabulaires à comprendre et à rapprocher. Les entretiens du jour nous font naviguer dans ces différents enjeux.

La santé vue d’en haut

Le Pays des Combrailles ou SMADC (Syndicat Mixte pour l’Aménagement et le Développement des Combrailles) a commencé à se préoccuper de la santé en créant en 1995 un service de soin à domicile (Voir ci-dessous). Plus récemment, en lien avec la politique Régionale en faveur de la création de Maisons de santé, il a mis en place une commission santé à l’échelle du Pays. La rencontre avec son directeur, Monsieur Cavagna, nous fait prendre conscience d’une échelle de réflexion intermédiaire entre la région et la communauté de communes.

En savoir plus : la commission santé du SMADC

Des services saturés

Le SSIAD (Service de Soins Infirmiers et d’Aide à Domicile) s’adresse à des patients de plus de 60 ans ou handicapés vivant sur 8 des 10 cantons des Combrailles. Avec ces 91 places et ses 17 aides-soignantes salariées, ce service a vite atteint un stade de saturation. La liste d’attente est très importante. C’est un service gratuit pris en charge, sur dossier, par la DASS. Ce service travaille en réseau avec le CLIC, les assistantes sociales, l’Allocation Pour l’Autonomie (APA). C’est un maillage très efficace, alternative aux maisons de retraite qui demeurent plus chères et peu nombreuses.

En savoir plus : lexique de la santé

Des soignants qui arpentent les routes

Nous prenons un temps de discussion avec Stéphanie Dumas, agent de développement social de la COMCOM, et personne clef dans l’organisation du maintien à domicile des personnes âgées. Nous comprenons bien que la santé se joue au jour le jour sur le territoire de Pionsat. Au travers des portages de repas et des aides à domicile, de nombreuses personnes âgées plus ou moins dépendantes peuvent vivre chez elles, parfois y mourir.
Ces hommes et ces femmes qui arpentent le territoire chaque jour ont un rôle social fondamental. Ils garantissent le recul de l’isolement et une réponse aux petits besoins relationnels quotidiens.

Ecouter l’entretien avec Stephanie Dumas

Nous partons avec la kinésithérapeute Céline Bourgue suivre une de ses « tournées ». Nous parcourons de nombreux kilomètres en voiture sur les petites routes de montagne pour retrouver les patients dans leurs hameaux isolés. Nous l’accompagnons pendant presque 4 heures, visitant 7 patients, tous relativement âgés. Nous la laissons alors que nous n’avons pas effectué la moitié des visites de la demi-journée ! Les après-midi de « visites » sont très denses et nombreuses : un rythme à prendre ! Malgré tout Céline prend le temps avec chaque patient, elle connaît leur histoire, et doucement les masse, leur fait faire des exercices, leur fait pratiquer la marche (élément essentiel de l’autonomie si fragile) – une approche corporelle qui semble très importante pour des personnes qui n’ont pas toujours de proches chez qui trouver du contact.

Pendant la séance, nous prenons du temps avec les membres des familles, les aides- soignantes que nous croisons dans chacune des maisons : la solidarité et l’accompagnement professionnel nous touchent. Bien que différents, ils sont très humains. Nous saisissons alors l’isolement de ces personnes, dans lequel le rapport au voisinage, le lien avec la boulangère, le facteur est d’une importance capitale. Nous réalisons plusieurs Cartes Réseaux.

Qu’est ce qu’une carte réseau?

Voir une Carte Réseau

Consulter le rapport de visite avec Céline Bourgue

En limites de territoires

Enfin nous nous retrouvons pour une visite en voiture du Pays par François Brunet. Nous sortons des limites  de la communauté de communes pour traverser plusieurs villages de Creuse, autres petites centralités limitrophes (Evaux les bains, Auxances…). Histoires, identités et anecdotes marquent ce temps de découverte.

Evaux-les-Bains

Vergheas

De retour à la Ruche

Avant la résidence…

Nous avions revu  Richard Delogu et Simon Chignard, respectivement directeur et président de  l’association BUG, lors du Forum régional Villes 2.0 organisé les 24 et 25 septembre à l’occasion de la deuxième édition de CapComNet à Rennes.

La rencontre avait pour thème « Les réseaux sociaux urbains et territoriaux ». Après une première semaine de résidence où nous les avions beaucoup questionnés sur ce qu’était la Ruche à leur yeux, ce fut l’occasion pour BUG d’exposer ce qui fait l’ADN de son réseau social urbain :
Mise en relation des personnes et des associations
Diffusion d’évènements de proximité (rencontres de quartier)
Confiance (réseau en dehors des logiques commerciales)

Mais également de faire un état des lieux de son utilisation actuelle.
Qui est inscrit sur la Ruche ?
Qui active la Ruche ?

Un travail sur les données du site (en respectant l’anonymat des abeilles) a permis à Simon Chignard de dégager de précieuses informations sur « ceux qui font vivre la Ruche » :
Leur nombre
Leur âge
Leur profil

Le site internet rennais accueille 300 ruches (associations et collectifs plus informels), 1500 abeilles (individus) et 10000 visiteurs depuis sa création. Les inscrits sont en moyenne plus âgés que les inscrits sur Facebook, « un peu plus proche de la réalité de la ville » commente Simon.Liberation-facebook se fait une bouche  la reine copie Il s’agit d’une population diversifiée et pour la plupart sensibles aux valeurs qui sont à l’origine de la Ruche (logiciels libres, open source, consommation durable, implication dans le monde associatif…). Les associations rennaises sont bien représentées mais également des collectifs plus informels (ex : « un groupe d’habitants de la rue de Paris ») qui participent à la dynamique de la ville sans nécessairement une inscription officielle sur le territoire. Le réseau social en ligne leur offre une plateforme. De quoi potentiellement soutenir ces énergies citoyennes pour inaugurer un réseau social de lien fort !

Pour la Ruche, comme pour tout autre réseau social territorial, reste à trouver pour l’avenir des propositions susceptibles de mettre en valeur ce potentiel. Nous abordons la deuxième semaine de résidence avec deux problématiques :
Comment ancrer dans le réel un réseau social local?
Comment fédérer les utilisateurs autour d’un objet commun ?

Lundi, retour dans les locaux de BUG…

Nous retrouvons les locaux de l’association BUG avec, aux murs, les traces de notre première résidence : nos premières réflexions, propositions concernant un avenir possible d’un réseau social local.

Richard Delogu nous confie qu’une idée en germe au sein de l’association  s’est concrétisée suite à notre venue : la possibilité pour un utilisateur de créer son blog sur la Ruche. Une toute petite chose mais qui permet aux collectifs comme aux individuels de personnaliser leur page, d’apporter plus de contenu à partager.

Exposé de nos recherches au terme de la première semaine

L’après midi nous reprenons contact avec les membres de l’équipe de BUG et nous synthétisons les idées que nous avions présentées au terme de notre première semaine de résidence pour nous engager dans une seule thématique, l’objectif étant de présenter un ensemble cohérent de propositions scénarisées à 18h mardi lors de notre restitution publique, et de lancer un prototypage dès mercredi.

Lundi soir

Autour d’un verre, Simon Chignard nous expose les conclusions de son analyse des données du site et évoque la possibilité/l’envie de lier un réseau tel que la Ruche à des missions d’intérêt général comme:
La question de la petite enfance
La réduction des gaz à effet de serre.

Sans pour autant réduire le réseau à une seule mission rappelle Richard Delogu, mais bien en réaffirmant son aspect « protéiforme ».

Arrivée à Pionsat, premier jour.

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Aujourd’hui démarre la première semaine de résidence autour de l’offre de soin en milieu rural, réalisée en partenariat avec la Région Auvergne.
Les quatre résidentes présentes sont Fanny Herbert, Julie Bernard, Marie Coirié et Gisèle Bessac.

Cette première journée est consacrée à l’installation, mais, déjà dans l’action, l’équipe a choisi de recadrer son intervention autour des réseaux formels et informels d’offre de soin : compréhension de l’organisation et de la mise en relations humaine, professionnelle, informationnelle entre patients, praticiens et les aidants.

réunion au gîte

L’équipe est accueillie au sein des bureaux de la communauté de communes, et loge dans un gîte situé non loin. Sa propriétaire, Mme Astruc, est déjà interviewée en tant qu’habitante et présidente de l’association locale de lutte contre le cancer.

avec madame Astruc

Un protocole d’interviews individuelles ou en groupe est également établi, et le reste de la journée sert à prendre les rendez vous pour organiser cette semaine, qui s’annonce déjà chargée.

Résidence Nord-Pas de Calais // Penser l’environnement de travail de l’élu / 1ère visite visite à Lille pour le lancement d’une nouvelle résidence

VIE ELU-20090911-06Après les lycées, le numérique dans les quartiers et dans le monde associatif, les maisons de santé, la 27ème Région lance une nouvelle résidence sur un thème incontournable, celui de la vie politique régionale et de ses acteurs : les élus. A l’heure où la participation citoyenne est l’objet de toutes les attentions, il ne nous paraissait pas incongru de nous pencher sur l’évolution du métier d’élu, dans son quotidien.

Pour l’instant intitulée « Environnement de travail de l’élu », cette nouvelle résidence se déroulera en Région Nord-Pas de Calais où trois élus régionaux ont déjà accepté de se prêter au jeu de l’expérimentation : Jean-François Caron[1], Brigitte Parat[2] et René Vandierendonck[3]. Au programme : 3 semaines d’immersion dans la vie de ces élus pour observer, comprendre, questionner, expérimenter autour de cette question de l’environnement de travail de l’élu. Quel est-il ? Comment pourrait-il évoluer dans le sens de l’efficacité, du développement durable, ou encore de la transparence, de la responsabilité démocratique ?

11 septembre 2009, nous rencontrons au Conseil Régional Nord-Pas de Calais Patrick Banneux, chargé à la Région de la mise en place de la future Résidence. Sont également présents les 3 collaborateurs des élus régionaux qui ont pour l’instant accepté de prendre part à l’expérimentation : Sylvie Depraetere, assistante de Jean-François Caron ; Ludovic Debar, assitant de Brigitte Parat et Christine Moïses, assistante de René Vandierendonck.

Pour cette première visite, nous sommes 3 représentants de la 27ème Région : Adèle Seyrig, designer, qui sera en charge de la Résidence, Hélène Veiga Gomes, anthropologue-vidéaste et Stéphane Vincent, directeur de la 27ème Région. Au programme de cette matinée : présenter aux collaborateurs le projet de Résidence, ses objectifs, les outils et méthodes auxquels les résidents font appel et surtout, commencer à échanger sur les problématiques qui seront abordées dans le cadre de la Résidence.

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De la discussion ressortent de nombreuses pistes, le champ est vaste et le système complexe.  À l’interface entre les citoyens et l’institution, l’élu navigue, du terrain à l’assemblée, de la Région à sa mairie, à son parti. C’est sur ces outils de navigation que nous nous interrogerons et sur les usages qu’en font les uns et les autres.

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Tout au long de sa carrière politique, comment se construit la vie d’un élu ? Comment devient-on un élu ? Y’a-t-il deux élus qui se ressemblent, qui travaillent de la même façon ? Comment l’élu se constitue-t-il, au fil de ses mandats, son propre environnement de travail ? Comment y évolue-t-il au quotidien ? Comment les élus conjuguent-t-ils leurs divers mandats, attributions, engagements ? Comment organisent-ils leur temps, entre celui de la représentation, celui de la réflexion, celui de l’action ? Comment travaillent-ils avec leurs différents collaborateurs, leurs homologues, les cabinets conseil, les citoyens ? Comment accueillent-ils la montée de la participation citoyenne ? Comment réussissent-ils à incarner les politiques publiques qu’ils contribuent à mettre en place ? Comment continuent-t-ils à s’alimenter quotidiennement d’informations ? Et les TIC dans tout ça ? Le Web 2.0 ? Et les parapheurs, le service des protocoles ? À quoi ressembleront-ils dans 10-15 ans ?

VIE ELU-20090911-05Autant de questions que nous avons soulevées au cours de cette matinée de travail et qui commencent à préciser le champ d’expérimentation dans lequel s’ancrera cette nouvelle résidence.

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[1] Jean-François Caron / Groupe « Les Verts » / Conseiller régional délégué à la prospective, président du groupe « Les Verts » / Maire de Loos-en-Gohelle / Vice président de la Communauté d’agglo de Lens Liévin, chargé de l’environnement

 

[2] Brigitte Parat / Groupe socialiste / Conseillère régionale, 11ème vice-présidente « Personnel régional » / Adjointe au Maire de Loos-lez-Lille

[3] René Vandierendonck / Groupe socialiste / Conseiller régional, 9ème vice-président « Aménagement du territoire, Politique de la ville et mise en œuvre du Contrat de projets État-Région / Maire de Roubaix

Seconde approche du Pays de Pionsat / Mobiliser patients et acteurs dans notre étude

A noter 2 rencontres particulièrement intéressantes.

Une première rencontre matinale et impromptue se déroule dans le taxi de M. Descos qui nous attend au sortir de la gare ferroviaire de Montluçon. Il parcourt les routes du pays de Combrailles depuis un an et demi, suite à une reconversion professionnelle, emmenant les enfants à l’école, les personnes âgées chez leur spécialiste, le courrier urgent à la poste la plus proche…

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M. Descos est par ailleurs adjoint au maire de la commune du Quartier et a longtemps été président de l’association des parents d’élèves du collège. Une manière de se rappeler à quel point dans ces petites communes l’implication citoyenne est courante, et bien nombreux sont ceux qui participent et s’impliquent dans la vie de la commune, multipliant alors les rôles sociaux.

Nous rendons aussi visite à la remplaçante du docteur Verhée, Anabel Sanselme. Nous patientons quelques instants dans la salle d’attente dont nous apprécions le côté personnalisé. Rien à voir avec les cabinets récents ou collectifs souvent froids.

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Nous rencontrons une jeune médecin engagée pour l’exercice en zone rurale, qu’elle développe dans le cadre de ses fonctions dans un syndicat. Effectuant des remplacements depuis bientôt 2 ans, elle nous cite des exemples de maisons de santé agréables et efficaces dans lesquelles les professionnels apprécient la souplesse d’un travail en réseau. Nous prenons note de plusieurs fonctions jugées pertinentes pour le projet de maison de santé (gestion des urgences et avant l’arrivée du SAMU, faciliter l’accueil des internes, développer sur Internet de services de mise en relation de médecins proches de la retraite avec des étudiants…). Anabel serait prête à venir exercer à Pionsat, qu’elle connaît depuis longtemps par les liens familiaux et qu’elle ne juge pas particulièrement isolé, à quelques 80 km seulement de Clermont et 30 km de Montluçon. Mais il manque la structure, l’organisation collective, la complicité qui l’amènerait à se décider… encore faut-il que son compagnon soit alors disposé à la suivre.

Une soirée riche de nouvelles rencontres avec nouveaux patients divers, élus, personnes engagées…

Nous organisons en soirée une discussion ouverte et collective avec des personnes indiquées par la communauté de commune comme constituant un large panel d’usagers et d’acteurs du territoire. Nous recherchons un format convivial, et optons pour l’échange individuel ou en petits groupes.

3932673046_602595b37a_bNous procédons à l’accrochage de photos et de remarques issues de la première visite, et installons sur les tables centrales des cartes du territoire à étoffer. Une dizaine de personnes répondent à l’appel, majoritairement des élus.

3931902449_6e0de00d26Nous abordons avec nos invités leurs parcours de santé, les démarches et trajets qu’ils effectuent à travers des cartographies qui retracent la diversité des pratiques (le choix du médecin traitant, des spécialistes, la régularité des soins…). Nous récoltons aussi leurs points de vue sur l’offre de soin qu’ils trouvent actuellement efficace, excepté les gardes qui s’avèrent de plus en plus éclatées sur le territoire (allant jusqu’à Saint Gervais d’Auvergne). Que faire alors quand on est malade le week-end ? Ils craignent à plus long terme le départ des médecins en fin de carrière, rouages essentiels du maintien à domicile des personnes âgées (visites…) et de la qualité globale des soins. Ils nous indiquent des personnes à rencontrer, constituant un réseau riche de personnes à mobiliser pour les semaines de résidence à venir.