Archives de Catégorie: PACA – Semaine 1

Paca Semaine 1 / Jour 3 : Immersion à Avignon

La troisième journée de campus de la Transfo Paca nous conduit à d’Avignon pour établir des contacts et des rencontres avec des entreprises, des citoyens et les institutions locales de l’aide à la recherche d’emploi ou de formation. L’objectif est d’établir une discussion ouverte afin d’observer les ressentis et de mieux comprendre les interpellations sur le terrain. Cette journée très active débute au gré du retard de TER que le groupe a prévu de prendre, un quotidien auquel de nombreux demandeurs d’emplois ou travailleurs sont confrontés. Malgré ces désagréments de début de journée, l’équipe de participants garde le sourire et commence les visites avec une belle énergie.

Très vite, les rencontres permettent de remettre en question les verrous identifiés lors des séances créatives des journées précédentes et de faire ressortir par la discussion et le débat de nouveaux angles de vue sur la problématique. Pour partager l’ambiance et les découvertes de cette troisième journée, nous recueillons les impressions « à chaud » de différents participants à la Transfo.

Une journée riche d’observations sur la situation de l’emploi et du développement économique…

« Le parallèle entre les deux entreprises visitées dans la journée était particulièrement intéressant : finalités différentes, salariés en apprentissage dans la première, salariés en insertion dans la seconde, une orientation « métier et compétence » dans un cas, et « insertion et solidarité » dans l’autre.  

J’ai fait le tour du quartier, autour de la mission locale, ce mercredi matin pendant le marché : commissariat, église, mairie annexe, bibliothèque. Tous étaient fermés, sauf la mission locale.  

J’ai pu observer à nouveau l’importance de l’enjeu de mobilité, cela confirme que c’est un des premiers freins dans la recherche d’emploi.

 On a découvert de nouveaux « verrous » pour le PRIDES, qui a développé des outils très fins pour la GPEC dont les chefs d’entreprises ne se saisissent pas! Alors que les missions locales et acteurs de l’insertion ont un réflexe de coopération, les chefs d’entreprises ne saisissent pas les opportunités de partenariat, voire la fonction RH qu’on leur offre.

Je pense qu’il faut être créatif, non pas sur les solutions, mais sur la simplification de ce qui existe déjà. Il faut repenser le travail des administrations : contraintes nationales et contraintes européennes ralentissent les changements sociaux et culturels. »

…au plus près des acteurs de terrain…

« Je retiens le dynamisme et la volonté des conseillères emploi : elles sont « à fond », mais n’ont pas forcément les moyens suffisants pour assumer. Elles sont comme des soldats qui se battraient au lance-pierres. 

La directrice de la mission locale nous a dit ceci : « La mission locale doit s’adapter aux politiques publiques et doit s’adapter au public ». L’ordre dans lequel sont énoncés ces deux points est étonnant mais réaliste. »

…. et de leur public : demandeurs d’emploi, jeunes en recherche de formation, travailleurs en insertion 

« J’ai été frappé par l’interpellation d’une personne en insertion : « Il ne faut pas que la région nous laisser tomber, il faut continuer à soutenir l’association – qui nous embauche, NDLR – ». Je retiens le poids de la décision ou de la non-décision d’une collectivité par rapport à la survie d’une structure. Celle-ci doit bien sûr aussi doit trouver une voie vers la stabilité, mieux estimer ses risques car ajouter toujours du financement n’est pas soutenable. »

Enfin, les participants réagissent à la méthode au cœur de cette journée : l’immersion

« Je retiens surtout l’aspect in vivo de cette journée et non in vitro. On a rencontré des réalités différentes qui se confrontent à nos cadres de référence. J’ai la sensation qu’il y a eu compréhension et intérêt pour notre approche de la part des gens rencontrés. 

Retour au terrain, immersion : c’est la confrontation de ce qu’on a pu imaginer avec la réalité, notamment avec les jeunes. Cela confirme que le contact avec les usagers est indispensable. 

Le micro-trottoir, ce n’est pas facile du tout ! »

Ils expriment aussi leurs questionnements et leurs réflexions :

« Cette journée confirme qu’il est prétentieux d’imaginer et d’inventer à la place des autres. Il vaut mieux partir des acteurs du terrain et être à leur écoute plutôt que de leur proposer des choses inadaptées. 

Ce qui m’intéresse avant tout, c’est la démarche. Pour les agents publics qui se déplacent sur le terrain, cela peut permettre d’évoluer et d’avoir plus d’efficacité dans leur action. J’ai cependant un sentiment paradoxal… On arrive sur place avec plein de bonnes intentions alors que les gens font déjà un travail d’exception. Suis-je légitime dans cette démarche ? J’ai une sensation de doute quant à mes possibilités d’actions mais j’ai également la satisfaction d’accompagner ce groupe dans une direction qui me semble être bonne.

L’expérience est dynamisante, stimulante, une vraie bouffée d’air. J’aime l’idée de mettre en lien des personnes qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble. Il faudra tout de même renforcer notre attention à ne pas empiler de pseudo solutions. Nous devons comprendre le terrain avant de proposer des solutions. L’innovation sociale ne serait-elle pas de sortir les agents publics de leur bureau ? »

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Paca Semaine 1 / Jour 2 : Usager, à toi de jouer

L’un des enjeux de la Transfo est d’inciter élus et agents à repartir des utilisateurs pour (re)penser les politiques publiques qu’ils ont la charge de concevoir et mettre en oeuvre. C’est ce que nous allons faire lors de cette seconde journée, après le café d’accueil et un bref récapitulatif des productions de la veille.

Vis ma vie d’utilisateur

Répartis en 8 groupes, les participants sont invités à repartir d’un personnage-type (ou « personae ») pour reconstituer autour de lui la carte des multiples dispositifs, politiques, équipements, services publics, para-publics ou privés qui sont supposés l’aider dans sa recherche d’emploi. Ils choisissent parmi les portraits-photos que nous leur soumettons, puis lui inventent un prénom, une histoire, des situations de vie, en mettant l’accent sur les questions d’emploi. Nous prêtons une attention particulière à ce que les portraits choisis couvrent non seulement des chercheurs d’emploi, mais des conseillers et médiateurs, des responsables d’entreprises et d’associations : chacun est, là où il se trouve, un utilisateur du vaste écosystème de l’emploi.

Révéler l’écosystème de l’emploi

Les participants couvrent progressivement les posters, sur lesquels on voit se dessiner la carte sociale de l’emploi. De nombreuses interdépendances sont ainsi mises en valeur, tout comme des grippages, des « noeuds gordiens » qu’il faudrait traiter pour rendre le système à nouveau « habitable » pour les utilisateurs. On redécouvre au passage que l’emploi dépend étroitement du logement et des transports, alors que ces politiques vivent essentiellement en silos les unes par rapport aux autres. Mais on voit aussi les manques : toutes les compétences ne sont pas réunies parmi les participants, et il manque à la fois des données factuelles, de l’expertise de terrain, des regards extérieurs. L’essentiel de l’objectif est néanmoins atteint : nous avons basculé le point de vue du côté des usagers. Chaque groupe designe une personne pour présenter la carte sociale obtenue à l’ensemble du groupe (l’ensemble des vidéos sont visibles ici)

De faux projets pour mieux dialoguer

Ca n’est que le début : les « grippages » identifiés à partir des cartes sont reformulés et recensés. Une liste de 12 défis prioritaires qu’il faudrait idéalement traiter est établie, et les participants votent à l’aide de gommettes collantes pour en désigner collectivement 8. Cette sélection fera l’objet d’un approfondissement et surtout, les participants seront chargés de partir de ces 8 thèmes pour imaginer et concevoir des solutions fictives, des projets-concepts. L’objectif n’est pas d’imaginer des projets qui seraient ensuite réellement mis en oeuvre, mais plutôt de dessiner les croquis de solutions tangibles à partir desquelles les utilisateurs pourront facilement réagir, et qui permettront d’enclencher un dialogue plus concret.

Un banc d’essai pour politiques publiques

Les participants doivent non seulement décrire ces projets-concepts, mais proposer une méthode pour en faire le test -en quelque sorte un protocole décrivant de quelle façon ces projets-concepts pourraient être testés s’ils étaient destinés à être réellement mis en oeuvre. Là encore, l’objectif est d’inciter les participants à mieux passer de la simple idée à la réalisation concrète. L’exercice est un peu nouveau et toutes les propositions ne se valent pas : lorsque le diagnostic initial est pauvre, l’idée elle aussi est pauvre ou « réinvente  la roue ». Par ailleurs concevoir le protocole d’un test ne figure pas dans les habitudes des participants ; l’idée semble bonne mais reste à apprivoiser. Mais la plupart des propositions mettent le doigt sur des difficultés récurrentes ou des situations habituellement traitées à la marge.

Préparer l’immersion

Au final, 8 propositions d’expériences sont imaginées : « Feel ta carte » est un programme dont l’objectif est de créer un réseau social professionnel autour des jeunes sans qualification, et serait testé sur 10 personnes en 2 entretiens ; mais aussi « L’Agence d’interim intelligente et responsable », « Le réseau de parrains », « Ca te regarde !? » (vidéos et rencontres entre acteurs de l’emploi et personnes très éloignées de l’emploi), « Le guide du créateur d’entreprise en PACA pour les nuls », « Vis ma vie de créateur », « le simulateur de parcours de création d’activité », « Développement du réseau de parrains via les ERIC », « Diffusion d’un guide de bonnes pratiques du tutorat sur 1 ou 2 PRIDES, « jechangedevie.com », « J’évolue, nous évoluons »…

Demain, les participants vont confronter ces projets d’expériences au terrain. C’est le contexte du PRIDES (Pôle Régional d’Innovation et de Développement Economique Solidaire ) d’Avignon, consacré aux fruits et légumes, qui va servir de terrain d’immersion pour les participants. Plutôt que de préparer une simple visite des acteurs locaux (mission locales, responsables du Pôle, CFA locaux, etc), les participants peaufinent leurs projets d’expériences pour être en mesure de les présenter aux personnes rencontrées et les faire réagir…

Paca Semaine 1 / Jour 1 : le coup d’envoi est donné…

Ca y est ! c’est le premier jour de la première semaine de la Transfo en Provence Alpes Côte d’Azur, semaine dite de « Campus », la première d’une série de 10 organisées jusqu’en 2014 au sein du Conseil régional et durant laquelle nous allons apprendre à nous connaître et toucher du doigt des méthodes de co-conception. Une bonne quarantaine de participants sont là, pour la plupart issus de plusieurs directions du Conseil régional (majoritairement la direction du développement économique, mais pas seulement), et quelques participants extérieurs à la Région.

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La journée débute par une présentation en binôme : je te présente, tu me présentes. Bien sûr, c’est un peu long, et en apparence une partie des gens se connaissent déjà, mais c’est l’occasion pour chacun de découvrir aussi de nouveaux visages, de revoir des collègues et dans un certain nombre de cas de faire connaissance avec des participants de profils très différents : là une sociologue, ici un designer, une journaliste spécialisée, un responsable associatif, etc.

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Après une présentation de la 27e Région, de la Transfo et de la semaine de campus qui débute, les participants sont d’abord invités à se familiariser avec quelques outils et pratiques : faire l’apprentissage du blogging pour « raconter un projet », se familiariser avec Twitter, apprendre à faire des photos « sensibles », et enfin faire l’apprentissage de la veille. Autant d’outils indispensables pour documenter et conduire un projet, et que les participants découvrent souvent pour la première fois.

Après le déjeuner, il est l’heure de rentrer dans le vif du sujet : c’est le thème de l’emploi qui a été choisi pour cette Transfo. Mais de quel « brief » partir ? Comment faire pour ne pas se perdre dans un enjeu aussi vaste, dans une collectivité qui ignore encore quelle compétence précise lui sera dévolue demain en matière d’emploi à l’approche de nouvelles reformes ? La proposition est donc plus précise : au cours de cette semaine, les participants seront invités à imaginer les 3, 5 à 10 défis prioritaires auxquels pourraient se consacrer le « fonds d’expérimentation pour l’emploi », dispositif imaginé par la Région pour soutenir des démarches réellement innovantes. Outre cette liste de priorités, les participants vont devoir concevoir le protocole qui sera utilisé ultérieurement pour mener les expériences correspondant à ces priorités.

Pour nous lancer, nous écoutons plusieurs interventions : celle d’Olivia Daulle, directrice DECP (Direction Emploi Sécurisation des Parcours Professionnels), qui nous présente le contexte de l’emploi en Paca, évidemment fortement marqué par la crise ; celle d’Hervé Plisson, chef de mission CREER (Contrat régional pour l’emploi et une économie responsable) qui permet de refaire l’histoire des politiques régionales de Paca dans le domaine de l’emploi ; enfin les compléments apportés par Stéphane Glaviano, chargé de mission PRIDES (Pôles Régionaux d’Innovation et de Développement Economique Solidaire) et Laurent Lacour, directeur de la Formation et de l’Apprentissage.

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Il est l’heure de « mettre les mains dans le cambouis » : les participants s’organisent en 4 groupes (fonctionnement, développement, territoire, culture social et sports), et chacun de ces groupes va s’attacher à mieux comprendre en quoi la question de l’emploi est une question transversale, qui ne concerne pas que la direction du développement économique, mais bien chacune des directions, y compris les directions fonctionnelles (RH, services juridiques) en apparence à l’écart des questions d’emploi. Chaque groupe dispose de vignettes figurant le nombre d’emplois crées soit directement soir indirectement par les politiques régionales, et les colle sur une affiche. Exposées puis restitués par un représentant dans chaque groupe, les 4 affiches donnent un aperçu encore très incomplet mais très parlant : la question de l’emploi concerne bien chaque direction, mais elle crée aussi des interdépendances entre les politiques. Le débat qui suit porte par exemple sur la nécessité d’inventer des formes de représentation permettant de rendre davantage visible cette transversalité, de remettre du qualitatif à côté de tout ce quantitatif (« la Région crée des emplois, d’accord. Mais de quoi parle t-on ? de quels types d’emplois ? avec quels pérennité ? quel qualité sociale ou environnementale ? »), sur la difficulté de comprendre les effets indirects de ces politiques, sur la nécessité de travailler plus en profondeur et de ne pas en rester aux chiffres, etc.

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La journée se termine…presque. Pour se dégourdir les jambes et les neurones, et ouvrir les horizons, il est proposé aux participants de quitter l’Hôtel de Région : direction la Cité des Métiers. 8 projets inspirants, innovants, rafraichissants leur sont présentés sur le mode « flash », en 4 minutes chacun montre en main : le projet Works+50 des londoniens de Think Public, le nouveau site de recherche d’emploi Qapa.fr basé sur le « matching » et la recherche par compétences, jardinsdessavoirs.fr des rennais de Bug, les méthodes d’écoute de l’association Moderniser Sans Exclure… Une équipe d’étudiants en master de design de l’Université de Nîmes ont également fait le déplacement, pour nous présenter sous forme d’exposition le fruit de leur travail sur le thème de l’emploi : 6 projets-concepts sur le non-recours au droit, le travail au noir, le cv du futur, etc. Stop ! ça suffit pour aujourd’hui, on laisse les participants se nourrir de toutes ces impulsions, encore un peu dans l’expectative quand à ce que leur réservera la journée de demain… Image

Lancement de la Transfo en Région Provence-Alpes-Côte d’Azur – Programme CAMPUS

Du 4 au 8 juin, la première semaine de la Transfo PACA se tiendra à l’Hôtel de Région (Marseille) et à Avignon.

Le programme de cette semaine Campus (ci-dessous) permettra aux participants de découvrir les méthodes de formation-action de la 27e Région et de commencer à explorer le thème de travail de cette Transfo : La Région et l’emploi.

Au programme notamment, comme dans les précédentes semaines campus en Bourgogne, Champagne-Ardenne et Pays de la Loire : une immersion d’une journée sur le territoire. Mercredi 6 juin nous irons ainsi à la rencontre des acteurs de l’emploi à Avignon.