Archives de Catégorie: Bourgogne – Semaine 3

TRANSFO Bourgogne / Semaine 3 / Jour 5 / Se projeter

"Construire les réseaux" : temps de réflexion collectif

"Construire les réseaux" : temps de réflexion collectif

Ce matin, grand bilan ! Nous évoquons les semaines à venir, évaluons ce qui s’est passé jusqu’ici. Pour terminer la séance, nous proposons de commencer à construire des cartes postales du futur, cette fois-ci consacrées aux réseaux.

LA CUMA VILLAGEOISE

Dans le premier groupe,  on imagine un projet de mise en commun des outils à l’échelle du village. en repérant les ressources et en les « ouvrants » aux autres villageois, cette mise en commun permet de créer de nouvelles connexions. Les radios locales, blog et feuilles de choux relaye l’information et permette le partage.

LES ZONES BLANCHES TEMPORAIRES

Attribuant le manque de rendez vous commun et le manque de temps de rencontre dans les villages (surtout périurbain – expérience à l’appuie) quelqu’un évoque une expérience relatée d’un maire qui aurait déconnecté temporairement l’antenne relais TV du village pour provoquer la rencontre. Alors Déconnexions surprises ou choisis ? L’avenir social des territoires passe-t-il par ces temps sans ondes ? La discussion se prolonge sur l’opportunité des zones blanches en zones rurales particulièrement prisées par les Hypersensibles nombreux. On découvre par la suite sur France Inter une émission sur les ondes électromagnétiques et les électrohypersensibles -maladie avérée ou phobie (selon certains scientifiques interrogés) ?  Ils ont en tout cas des symptômes qui les amènent à vivre à l’abri des ondes et à militer pour les zones blanches… Le reportage part de l’exemple d’un village reculé dans les Hautes Alpes qui devient terre d’accueil pour cespersonnes. http://www.franceinter.fr/emission-interception-le-mal-des-ondes

Agenda de Mandat

Agenda de Mandat

L’AGENDA DU MANDAT

Autre groupe, autre registre ! « La région est devenue l’acteur identifié pour aider les élus municipaux à l’orientation dans le porte-feuille administratif. Avec l’aide de l’agenda de mandature et de sa version en ligne, la région est en contact régulier avec les élus des villages de bourgogne pour les accompagner dans une dynamique de mise en réseau des problématiques et dans le partage des solutions à toutes les échelles territoriale.
Pour un nouvel élu, c’est un outil qui lui permet de prendre en considération les problématiques de mutualisation des moyens et des projets ou de lui rappeler que l’accompagnement d’initiatives qui se déroule dans la commune d’à coté est aussi un moyen de développer l’activité sur le territoire. En pratique c’est un agenda comme les autres, mais qui rappelle des réunions à organiser, des contacts à prendre ou encore des conseils pour l’animation territoriale. »

VISIONS DES VILLAGES DU FUTUR

Nous poursuivons sur la mise en partage de visions des villages du futurs. Ce matin celles ci sont plutôt « trashs », et bien moins apaisées que celles produites dans le campus. Nous évoquons LES VILLAGES SOUS TUTELLES rachetés par les riches citadins, qui font échos aux demandes nombreuses de « rachats de villages ». Pour diminuer les couts de l’isolement en Hiver, on imagine LE VILLAGE TEMPORAIRE qui ferme ses portes de novembre à mars, rapatriant ainsi les villageois dans un bourg centre volontaire et refuge. On imagine aussi LE VILLAGE DE LA DEUXIÈME CHANCE, pour une réhabilitation sociale des abîmés de la vie et de la ville, et des VILLAGES RETRAITES où toute l’organisation est imaginée pour les personnes âgées qui arrivent actives et travaillent sur place (jardinage, cuisine…) pour préparer leurs vieux jours et soigner leurs ainés…  Bref ces visions pas totalement dénouées d’ancrage dans les tendances observées ont un point commun :  ABANDONNER LA MIXITÉ SOCIALE ! Nous reprendrons ce travail que nous trouvons stimulant pour amener du débat et révéler un diagnostic du territoire.

TRANSFO Bourgogne / Semaine 3 / Jour 4 / Discussion : Joseph Comperat

J'entreprends en Bourgogne

J'entreprends en Bourgogne

Yoan et Flore font un détour par la direction de l’économie pour s’entretenir avec Joseph Compérat, chargé de mission à l’économie et l’innovation et qui travail sur le développement de l’outils « J’entreprends en Bourgogne » (JEB).

Réunion "Gamification"

Réunion "Gamification"

Nous le découvrons en pleine réunion avec des étudiants de l’université de Dijon, qui cherchent, avec Joseph, à développer la gamification du service JEB, c’est à dire emprunter certaines logiques vidéoludiques au jeux vidéo et les intégrer dans des services régionaux, pour développer de nouvelles logiques relationnelles entre les utilisateurs. L’objectif finale de cette démarche est de valoriser la contribution de chacun, rendre visibles les contributeurs dont les articles sont les plus apréciés ou encore de permettre à l’ensemble des participants de se repérer les uns par rapports aux autres.

Joseph Comperat

Joseph Comperat

Après cet aperçu de son actualité et de cette collaboration, nous entamons une discussion riches d’enseignements et de pistes pour envisager l’avenir des villages et de la relation que la région entretien avec eux.

TRANSFO Bourgogne / Semaine 3 / Jour 4 / Chantier-Villages

Invitation Chantier-Villages

Invitation Chantier-Villages

Comme lors de la semaine précédente nous renouvelons le Format des Chantier villages : un thème de discussion / débat, deux invités et un lieu à découvrir

Cette semaine, le Chantier-Villages est accueilli aux Dock Numériques, espace de co-working situé 1 Promenade du Rhin, à Dijon. C’est ici !

Introduction de la thèmatique

Introduction de la thèmatique

Pour cette session, deux invités. tout d’abord, en LIVE depuis le Plateau de Millevaches dans la Creuse, Agnès Courboulay, de l’association de Fil en Réseaux, une coordination de 10 structures (6 associations et 4 entreprises), réparties sur un périmètre de 30 kilomètres autour du Lac de Vassivière, sur les 3 départements de la Creuse, la Corrèze et la Haute Vienne. De fil en réseaux a vocation à être un espace où se croisent les réflexions, les questionnements et les besoins des structures membres et plus globalement des habitants de son territoire et à organiser collectivement des réponses. Par ailleurs, elle soutient ses structures membres dans la réalisation de leurs projets. Elle joue aussi le rôle de tête de réseau.

Yves Jacquot

Yves Jacquot

Puis c’est au tour d’Yves Jacquot, Chargé de mission TIC au Pays de l’Auxois, qui témoigne de son expérience de mise en réseau des acteurs touristiques locaux. Il nous présentera les enseignements de cette démarche.

illustration du débat

illustration du débat

> La thématique

Nous concentrerons notre attention sur les réseaux dans lesquels s’inscrivent villages et habitants (réseaux associatifs, réseaux historiques, réseaux sociaux, réseaux numériques, réseaux d’intégration des nouveaux arrivants…). Quels sont les réseaux en présence ? En quoi les réseaux représentent-ils des atouts et des perspectives ? Comment les activités professionnelles se recomposent-elles avec ces nouvelles connexions ? Quelles perspectives pour le télétravail et les connexions numériques ? et pour les services qui encouragent la reconnexion des personnes isolées ? Quelles connexions ville / campagne ou inter-territoriales imaginer ? Comment repenser les connexions entre collectivités, associations, entreprises ?

Illustration des débats

Illustration des débats

Cette thématique donne à repenser les spécificités rurales aujourd’hui et fait émerger des paradoxes : alors que certains viennent à la campagne se déconnecter, toutes les collectivités s’emploient à trouver comment mettre en place des infrastructures de réseaux ; alors que les réseaux cherchent à faciliter le travail en commun, ils sont parfois difficiles et contraignants à animer et faire vivre !

bref : un bon débat

bref : un bon débat

TRANSFO Bourgogne / Semaine 3 / Jour 4 – Le chatillonais

Le programme est chargé ce jeudi ! Entre les déplacements sur le terrain et le Chantier Village à préparer, nous n’étions pas trop de 6 ! Romain et Flore de passage, sont mis à contribution.

L’équipe en déplacement s’est rendu dans le Chalonnais accompagnée par Sophie VALDENAIRE, directrice du service aménagement et Franck MOREL, chargé de missions politiques territoriales. A Chalon-sur-Saône Rodolphe DUROUX, chef de projet en Pays Chalonnais et son assistante Charlotte OLIVIER nous attendaient avec un programme dense !

Mr GONTHIER, Vice président du Grand Chalon et Patrice BRENOT, chargé du développement numérique

D’abord, nous rencontrons Mr GONTHIER, Vice président du Grand Chalon et Patrice BRENOT, chargé du développement numérique qui nous exposent le plan d’équipement en numérique de l’agglomération. Tout d’abord, la création de 8 espaces multimédia sur le Grand Chalon proposant chacune 2 à 3 soirées à thème par an. Des soirées/débats à vocation pédagogique dans lesquelles le public (composé de parents, d’adolescents, d’élus ou encore de psychologues), est sensibilisé par des jeux de rôles aux risques d’internet et des réseaux sociaux. L’objectif de ces espaces est de rendre accessible internet pour tous, mais les 8 espaces multimédia ne peuvent englober l’ensemble des communes de l’agglo, se concentrant surtout sur les communes les plus denses.
Pour éviter le clivage numérique entre hyper connexion urbaine et désert rural, le Vice Président de l’agglomération recherche activement les moyens financiers et techniques nécessaires à la création et gestion de ces infrastructures (fibre optique, …). Cet aspect semble essentiel pour l’accueil et le maintien de nouvelles populations à la campagne. Le programme « Ecoles Numériques Rurales » sera aussi un outil fort pour améliorer la formation et l’accès de tous aux technologies de l’information et de la communication. Quatre écoles du Grand Chalon ont déjà bénéficié de ces équipements. L’intérêt des enseignants pour cet avancement technologique est aussi fort en milieu rural qu’à la ville. Le programme projette aujourd’hui d’aller plus loin en finançant les écoles (collèges) en tableau numérique (netbook,…). La première école vient d’être équipée et à terme, c’est le développement d’un réseau entre toutes les écoles numériques qui est envisagé. Les communes elles mêmes commencent aussi à embrayer et complètent les investissements.
Quand on demande sa vision du village du futur à Mr Gonthier, il imagine les 39 communes de l’agglomération connectées, à condition d’un haut débit évidemment ! En outre, l’évolution démographique de l’agglomération pointe un retour des personnes plutôt âgées, des retraités. Mais avec l’université qui doit ouvrir en 2013, la ville commence aussi déjà à se munir de logements étudiants. Peut-on imaginer des logements intergénérationnels pour le Chalon-sur-Saône du futur ? Pour lui, dans chaque commune des bornes d’accès permettent à tous de se connecter à tous les services de l’agglomération, mais aussi de rentrer en contact les uns avec les autres.

Locaux Agglomération Chalonnaise

Commune de Moroges à quelques kms de dijon et à 15 min de la gare SNCF bénéficie de sa grande accessibilité

Nous quittons ensuite l’agglomération pour rejoindre la campagne chalonnaise et le village de Moroges (71390). Passé de 454 habitants à 607 en 30 ans, Moroges se distingue par un patrimoine local préservé et une activité agricole encore présente. Les exploitations, essentiellement viticoles, sont certes moins nombreuses, mais elles occupent toujours la même surface et emploient plus de monde. Elle est source également d’une forte activité artisanale dont une remarquable fabrique de tapis, enseigne historique aujourd’hui reprise par deux parisiennes et embauchant une dizaine de personnes. Sa proximité avec l’urbain et les grandes voies de communication (à 20 minutes de Chalon, la RCEA toute proche et la gare TGV à 15 minutes) contribuent à en faire un village prisé. Mr VENOT, Maire du village, nous explique qu’il aurait d’ailleurs voulu répondre à cet élan en étendant l’offre de location sur son village qui présente un fort potentiel de développement : « Je voulais proposer le terrain derrière la mairie en constructif, mais je n’ai pas convaincu mon conseil municipal. ». Parmi les membres du Conseil Municipal, il est le seul natif du village, et constatant le vieillissement de la population aurait souhaité accueillir des nouveaux arrivants et inciter les propriétaires de terrains constructibles à vendre mais les membres du conseil ont peur de voir le village dénaturé. « Vouloir rester entre soi, ça me surprend toujours. » nous dit Monsieur le Maire, qui ne serait pas contre accueillir un nouveau lotissement le long de la mairie.

M. Le Maire et Sophie Valdenaire à la porte du four à pain juste rénové par l'association de patrimoine locale

M. Le maire est accompagné de Michel JONDOT, représentant de l’association TREMPLIN Homme et Patrimoine. Ils nous ont présenté un projet de rénovation du petit patrimoine réalisé récemment sur la commune. TREMPLIN propose à des jeunes en difficulté, des chantiers d’insertion en zones rurales en basant son action sur deux aspects directeurs : le patrimonial et l’humain. Les programmes s’inscrivent dans des temps longs, à cause du nombre important de partenaire à mobiliser. Le pays en est également coordinateur.
A l’origine limitée à la restauration des lavoirs, le champ de compétence de l’association s’est étendu en fonction de la demande des villages. Ainsi à Moroges, en plus du lavoir, c’est aussi un four à pain qui a été remis à neuf. Les deux témoins du projet se remémorent avec satisfaction les différentes phases : de l’insertion impliquant de part et d’autre un certain choc culturel jusqu’au repas de clôture rassemblant les jeunes citadins et les habitants. « Malgré des craintes initiales des deux côtés, le projet en tant que dynamique d’insertion a bien fonctionné. » Pour les apprentis, les compétences vont au-delà de la restauration et passent par le travail d’équipe, l’organisation. Le chantier permet de « se remettre au travail », et ils ont d’ailleurs pour la plupart tous trouvé un emploi par la suite.
Mr Jondot regrette cependant que l’implication ne soit pas plus poussée avec les acteurs locaux et constate un vrai problème de relais au niveau local pour mobiliser les publics en difficulté, alors que ces pratiques sont plus courantes en urbain. Il n’y a en effet pas de public issu des communes bénéficiaires, c’est pourquoi tous les candidats aux chantiers d’insertion viennent de la ville.

Discussion passionnée dans le restaurant du village de Saint Léger

Pour le déjeuner, nous nous rendons ensuite à Saint-Léger-sur-Dheune (71) où le maire Mr LERICHE nous attend avec Mr Benoit REGNAULT, Président du Pays Chalonnais, agriculteur et élu consulaire.

M. Régnault est un agriculteur atyoique. Il travaille en GAEC à 3 autour d’une exploitation céréalière, fait du maraichage à grande échelle, est viticulteur, vient de monter une boutique de circuit court, son nouveau cheval de bataille. au carrefour de différentes cultures agricoles, c’est un passeur possible qui laisse présager de ponts nouveaux entre agriculture « conventionnelle » et « alternative ». Il a aussi la particularité de n’être pas élu localement. Pas de fief à défendre spécifiquement, élu consulaire seulement, il œuvre pour le Pays tout entier !

Saint-Léger pourrait être présenté comme modèle en termes de développement rural : 1er Cœur de Village en 1999, la création d’une zone artisanale en 1983 occupée par une douzaine d’entreprises et procurant une centaine d’emploi, la réhabilitation du port, la création du voie verte en bordure de canal, la création d’une base de loisirs, la construction de logements sociaux en centre ville, … Voici l’état du cercle vertueux et du bilan accompli pendant les 5 mandats de Mr Leriche. Le village bénéficie de nombreux atouts : accessibilité de Chalon sur Saône, patrimoine présence du Canal, population en hausse, le cœur de village sans commerce vacant.Mais la motivation du Maire ne s’arrête pas là puisqu’il a encore bien d’autres projets pour sa commune. En cours : une micro-crèche, une maison des services publics, une zone d’accueil pour les campings cars… Le bourg bénéficie de la politique de l’agglomération et du Pays qui cherche à renforcer 4 bourgs secondaires dont Saint-Léger fait partie.
Pour l’avenir, il focalise également sa réflexion sur la cible des personnes âgées en voulant leur fournir un maximum de mobilité dans le village. Il s’inspire d’exemples innovants tels que des jardins suspendus pour personnes âgées et n’hésite pas à former son réseau en contactant les municipalités responsables. Il aimerait également développer les circuits courts en mobilisant les producteurs locaux et redensifier le marché. Bref, Mr Leriche ne manque pas d’idées pour le village du futur ! Pendant la ballade digestive à travers le village, il demande au Président et au directeur du Pays si un plan de rénovation de façade en centre ville ne serait pas envisageable ! « C’est nous qui les voyons tous les jours ! »

Micro crèche en travaux qui accuillera dès l'été environ 10 enfants

Rodolphe DUROUX, chef de projet en Pays Chalonnais et M. Leriche, Maire de Saint Léger

Il se met d’ailleurs en scène dans la peau du maire du village dans 30 ans pour nous expliquer les prochaines étapes de développement du village. A découvrir pendant l’événement expo d’octobre !

TRANSFO Bourgogne / Semaine 3 / Jour 3 – Déplacement ZAC de Baigneux-les-juifs

Départ dans les autos du conseil régional

Départ dans les autos du conseil régional

Nous accompagnons Anthony AUMAND, dans l’un de ses déplacements dans le Chatillonais. Au programme, une réunion pluri partenariale autour de la présentation par le Vice président de la communauté de communes et élu à Baigneux-les-juifs d’un projet d’extension de la ZA Val de Seine. L’occasion pour nous de découvrir le Chatillonais avec ses vastes plaines céréalières du plateau de Langres. Ici, nous sommes dans une communauté de communes qui regroupe 100 communes alors que le Pays en regroupe 110 ! Ce territoire de 190 000 hectares accueille 24 000 habitants ! Autant dire que la densité est faible et l’habitat très dispersé. Il existe sur le territoire un projet de Parc Naturel National, qui serait peut être un atout supplémentaire pour le territoire. Mais ce n’est pas le sujet du jour puisque nous allons parler perspectives économiques !

arrivée dans la ZAC

arrivée dans la ZAC

L’élu qui nous accueille, Fabrice DESCOMBES, est aussi entrepreneur dans cette même ZAC, à la tête depuis sa création en 2003 des Ateliers Pierre de Bourgogne. Il taille la pierre extraite localement pour en faire du dallage, mais aussi des éviers et autres mobiliers. Son entreprise compte 10 salariés. Trois autres entreprises sont aujourd’hui installées sur la zone. Autour de la table cet après midi, les agents du Pays et de la Communauté de communes, une représentante de l’Etat, trois représentants du Conseil Général, et Anthony pour le Conseil Régional.

réunion de travail sur le projet d'extension de la ZAC

réunion de travail sur le projet d'extension de la ZAC

Après avoir présenté le projet clairement, documents visuels à l’appui, chaque partenaire s’exprime sur la prise en charge possible des coûts d’étude et de travaux d’aménagement. Nous découvrons au fil du rendez-vous qu’en fait le prix au m² est défini par le domaine « environ 10 euros du m2 dans le secteur ». Les 23 000 m² à aménager représentent donc pour la communauté des communes un vrai apport financier pour un projet d’aménagement dont le coût ne dépassera pas 100 000 euros et impossible pour une communauté de commune de faire du bénéfice sur ce genre d’opération si elle a des aides publiques. La conclusion de la réunion est donc de dire que la Communauté de communes et la commune n’ont pas intérêt à demander des aides et devront par contre assumer la trésorerie… L’aménagement par étape semble donc le plus judicieux.

Après la réunion, tous nous demandent très interrogateurs ce que peut bien être la 27ème Région. Lorsque nous présentons l’expérimentation en cours, tous semblent très intéressés. A priori le numérique semble au cœur des enjeux de projection. Le schéma d’équipement développé par le CG est attendu avec beaucoup d’impatience sur les territoires « quand les habitants viennent s’installer ils demandent tous si il y a du réseau ».

Le premier schéma n’a pas été entériné … A priori il était trop ambitieux et coûteux et ne tenait pas compte assez de la spécificité des territoires. Autre enjeu, la privatisation de France télécom, l’opérateur ayant privilégié la charge des zones urbaines plus rentables ce qui demande aux pouvoirs publics de se repositionner. « Il ne faut pas construire des autoroutes pour faire passer des deux chevaux » nous explique le chargé de mission du Conseil Général.

interview du maire de Baigneux-les-juifs

interview du maire de Baigneux-les-juifs

Nous réitérons notre rituel de la vidéo-projection, qui demande à nos interlocuteurs de se projeter dans 30 ans. L’élu joue le jeu de la projection sur un ton très positif, petit village très dynamique qu’il voit progresser au fil du temps. En projet : la ZAC, une meilleure couverture numérique, la création d’un village pour personnes âgées…

Un PLU est en cours délibération sur Baigneux. Il a été impulsé pour permettre l’extension de la zone artisanale. Nous comprenons qu’il s’agit là plus d’une contrainte à surmonter au service d’une stratégie qu’un moyen de projection en commun pour le village. Les phases de concertation qu’implique la démarche sont souvent difficiles à mener à l’échelle des villages. Alors que les communes sont largement incitées à se doter d’outils d’urbanisme, il semble intéressant de questionner l’accompagnement, d’expérimenter des outils, d’inventer de nouvelles manières de travailler autour de ce dispositif.

Le Maire nous fait le portrait de sa commune. En 30 ans, la commune est passée de 6 à 1 agriculteur. « Il met ses tracteurs et moissonneuses sur un camion porte char et va travailler à plus de 30 km parfois. » Nous sommes surpris : un seul agriculteur pour tout le village ? Possède t-il toutes les terres ? Deviendra t-il le nouveau seigneur local lorsque les coûts de transport deviendront très élevés ? Nous apprenons aussi l’existence d’une étude Alterre Bourgogne sur la fragilité énergétique du Chatillonnais. L’association aurait mis en avant les enjeux énergétiques liés à la présence de grandes bâtisses sous occupées par quelques personnes âgées et dans lesquelles d’ailleurs la municipalité e du mal à se projeter… Pour l’élu, l’habitat restera « de la maison à deux pans plus adaptée aux manières de vivre. » et des déplacements automobiles très nombreux. Les employés de l’entreprise de l’élu vivent tous assez loin. Seuls deux d’entre eux habitent la commune. Certains vivent à Dijon (45 min environ en transport. La route nationale (déclassée en départementale) y conduit et un bus fait l’aller-retour express pour 3 euros seulement. La mobilité est un enjeu très fort pour le Chatillonais qui mise sur l’accessibilité pour le développement de son territoire.

La responsable de la Communauté de communes nous évoque l’existence des SATI 21, espace public numérique de la Côte d’Or. « Les agriculteurs font des visio-conférences pour s’informer sur les nouvelles politiques de la PAC. » Le numérique permet aussi la mise en place de soutien scolaire par des étudiants dijonnais dans des collèges locaux, suivi individualisé et à distance ! Un collège s’est même doté d’une option Chinois grâce aux nouvelles technologies. Autre particularité ici en Côté d’Or, le bus scolaire est ouvert à tous. La dispersion rend difficile le covoiturage… D’où l’argumentaire de l’élu : la zone artisanale permet concentration et regroupement, ce qui facilite le covoiturage.

Nous évoquons la situation institutionnelle fragile : « la fin des contrats Pays et la fin de période des fonds européens… ça fait un peu peur…. difficile de se projeter sur de nouveaux projets ! »

TRANSFO Bourgogne / Semaine 3 / Jour 3 / visite : Pays Puisaye-Forterre

Mercredi, Florent DUVAL nous a concocté un programme chargé qui nous a porté jusque dans l’Yonne en Pays Puisaye-Forterre. A 2h30 de Dijon c’est une nouvelle image de la Bourgogne qui s’offrait à nous.

bienvenue à Saint-fargeau

bienvenue à Saint-fargeau

Le premier rendez-vous, convenu spécialement pour nous dans le but d’étayer notre thématique hebdomadaire sur les réseaux était à Saint-Fargeau avec l’équipe du Pays. Sur le long trajet, Florent nous livre son point de vue sur ce territoire qui subit l’influence d’Auxerre (situé en 2ème et 3ème couronne) et celle de Paris (Par l’A6, Paris est à 1h15 !). Le secteur est prisé par les parisiens qui y ont beaucoup de résidences secondaires. Nombre d’architectes et d’artistes s’installent et contribuent certainement au développement culturel du Pays. On trouve des galeries d’art, le musée Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye, deux écoles de musiques au rayonnement important.

« Un pays de cocagne, beaucoup de forêts, des étangs, un patrimoine bâti magnifique, des châteaux et manoirs encore habités. Moi personnellement, si il y’a un endroit où j’aimerai habiter, en dehors de là où je suis actuellement, c’est là ! » confie Florent.

les locaux du pays Puisaye-Forterre

les locaux du pays Puisaye-Forterre

A la Maison du Puisaye-Forterre, nous rencontrons 3 membres du Conseil Développement du Pays de Puisaye-Forterre. Jean Charles LORIOUX, président du Conseil et membre depuis sa création. Ancien chef d’entreprise, il est très investit dans la vie locale : il fait du conseil en agriculture, est impliqué dans la démarche de mise en réseau d’acteurs de la culture par l’association Cré’Acteur et est également investit dans le Pôle Ethique, un centre de ressources et de formation sur les éco-matériaux et la qualité environnementale dans les bâtiments. (Pôle Ethique est un projet accompagné par la région) Nous rencontrons aussi Virginie BUGUET, chargée de Mission Tourisme et salariée de la Maison de la Puisaye-Forterre et Béatrice MINOIS, directrice du Conseil de Développement du Pays.

L’objet de notre rencontre portant sur la question des réseaux, chacun nous a présenté successivement leur vision des réseaux. On retient :

> Une histoire forte de réseau xsur le territoire : traditions, élans communautaire et implication bénévoles. Le Conseil Développement du Pays de Puisaye-Forterre est le résultat de long processus de regroupements en réseau. D’abord monté de manière spontané dans les années 70-71 par les agriculteurs, la création en 1995 des Programmes Régionaux de Développement Coordonné lui donnera une première ampleur institutionnelle confirmée 2 ans plus tard par la mise en place des Pays et sa structure en 8 commissions encore présentes aujourd’hui.

> Des recompositions territoriales qui requestionne la légitimité de certains réseaux. Le Conseil de Développement a été créé pour encourager l’impulsion de dynamiques localement. 40 ans après les prémisses de sa création, face à l’émergence de nouveaux regroupements telles que les communautés de communes, le président requestionne la raison d’être du Conseil de Développement. En janvier prochain les communautés de communes de Saint-Fargeau, Saint-Sauveur et Saint Amand ainsi que leur office de tourisme fusionneront. « La Maison Puisaye-Forterre existe parce que le territoire est éclaté, mais elle n’aurait pas lieu d’être. Ce serait plus raisonnable qu’un office du tourisme face ce travail à l’échelle du territoire. »

> La crise comme accélérateur de réseaux. La multiplication des réseaux dans le domaine du tourisme demande aux acteurs de faire des choix, d’autant plus que la plupart demande une contrepartie financière. La richesse du Pays dans ce domaine est certes un atout, mais aussi une forme de contrainte lorsqu’il s’agit de mobiliser les 30 sites touristiques, les 150 hébergeurs et la cinquantaine de restaurateurs ! C’est chez ces derniers que la difficulté se fait le plus ressentir puisque la plupart travaillent seulement avec la période touristique et ne voient pas l’intérêt de s’investir dans la dynamique avec la Commission Tourisme. Pourtant ils bénéficient comme les autres des retombées (communication internet dispensée par la Maison Puisaye-Forterre ou communication via les hôteliers voisins) : « Ils se disent quoi qu’il arrive on fonctionne, on n’a pas besoin de ça. Et pourtant ils sont pris dans un effet parapluie : les gens qui viennent dormir ils viennent aussi manger. Et ils sont contents que leur nom soit marqué, mais ils ne veulent pas payer ! » Virginie Buguet perçoit cependant des changements de comportements : « Les restaurateurs sentent aussi la crise, et on aura peut être une évolution des mentalités. C’est dans les moments les plus difficiles que les gens se mettent en réseau. » Elle remarque d’ailleurs que les restaurateurs sont de plus en plus en contact avec les hébergeurs de territoire, les gîtes et hôtels voisins, par l’échange de carte et de publicité.

> Un site phare qui permet d’irriguer le Pays : le chantier médiéval de Guédelon à Treigny. Le lancement de ce projet fou coïncide avec la démarche de mise en réseau des syndicats d’initiative en 1996 et a participé à l’essor du réseau touristique du territoire. Depuis son lancement, ce projet original de bâtir un château fort dans le respect des techniques du 13ème siècle attire nombre de visiteurs et les impacts se sont ressentis dès le début sur le reste du Pays. Cette répercussion n’est pas un simple effet boule de neige mais dûe à une stratégie de communication. En effet « le réseau tourisme fonctionne parce qu’il y a Guédelon au milieu et Guédelon communique aussi Puisaye Forterre. La plupart des réservations arrivent depuis le site de la Maison Puisaye-Forterre, non pas tant parce que c’est une destination touristique identifiée, reconnue, mais surtout grâce à Guédelon qui communique à travers cet image du Pays. Au début les gens viennent pour le site de Guédelon et les années suivantes ils reviennent pour le reste du territoire, grâce notamment à la diffusion de brochures depuis le site pour communiquer sur l’extérieur. ».

> La Commission Jeunesse/Enfance, un modèle en matière de réseau. 10 ans d’animation avec la fédération départementale des foyers ruraux de l’Yonne, qui grâce à leur impact institutionnel ont permis de réunir des structures telles que la DDSCP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations), la CAF, les Franca de l’Yonne, et ainsi jouer un rôle crucial dans la réussite de ce réseau.

La grande différence avec le secteur tourisme est qu’il n’y a pas d’enjeu financier –à part dans le fonctionnement des structures- mais qu’il fonctionne « grâce à l’humain ». Des réflexions se tissent continuellement sur le partage, la mutualisation atteignant des niveaux dont même Béatrice Minois s’étonne. « Basé sur l’échange, il y a une vraie volonté, on sent que le réseau existe. Les gens ne le font pas par obligation mais par participations volontaires. » Les structures mettent en commun un planning estival de telle sorte à ce que les activités proposées ne se concurrencent pas, s’équilibrent par rapport aux tranches d’âge des enfants, aux prix des services. L’enjeu principal et partagé par toutes les structures membres est l’intégration des enfants et l’amélioration du service.

TRANSFO Bourgogne / Semaine 3 / Jour 3 / visite : Toucy

réunion avec la communauté de communes

réunion avec la Communauté de communes

L’après-midi, Florent nous conduit à Toucy (89130), commune de 3000 habitants dans le Puisaye-Forterre où il doit faire le point sur l’élaboration du PLU intercommunal.

Toucy, à 20 minutes d’Auxerre, subit un étalement urbain et une pression foncière importante. Riche d’un tissu artisanal, elle fait partie des bourgs principaux du Pays. Sa proximité avec Auxerre la place comme une ville dortoir. Au niveau morphologique, Toucy se partage entre une ville basse, cœur ancien, administratif et commercial et une ville haute pavillonnaire, construite dès les années 1970, rassemblant les équipements scolaires et sportifs. Entre ces deux parties : une butte, avant verger et maintenant de plus en plus en friche, obligeant les habitants à se déplacer en voiture. La connexion entre ville haute et ville basse est un des points centraux de réflexion dont se charge le bureau d’architectes et urbanistes spécialement recruté pour l’élaboration du PLU. La Région et les spécialistes se sont entendus, en amont dans le cahier des charges, sur la condition d’une forte phase de concertation des habitants sur leurs envies comme leurs freins. A terme, l’idée est de présenter différents scénarii à partir desquels les habitants pourront s’exprimer. En parallèle chaque commune fait son PLU et se sont mis d’accord pour un cahier des charges commun et un prestataire commun sous l’égide de la communauté des communes qui définira l’aménagement d’ensemble.

Toute la difficulté se joue dans l’hétérogénéité du territoire : la frange Est de la communauté des communes est sous l’influence d’Auxerre et subit un étalement urbain important. La frange Ouest (Dracy), elle est plus rurale avec de grosses parcelles. Les préoccupations sont donc tout à fait différentes d’une partie à l’autre de la communauté des communes.

La discussion porte sur les modalités de concertation à développer auprès de la population et auprès des élus. Pour ces derniers, ont été défini des ateliers par approche thématique. Pour les habitants, les outils envisagés sont la modélisation et une maquette 3D manipulable mettant en évidence cette hétérogénéité du territoire grâce à un travail effectué par une paysagiste. Pour sensibiliser la population, une exposition itinérante sera réalisée, ainsi qu’une série de rencontres permettant l’échange et la discussion, des brochures seront également envoyées à chaque foyer.

Certaines idées directrices pour l’élaboration du PLU sont mises en avant :

> la mixité fonctionnelle et intergénérationnelle ou le mélange d’habitat groupé et de service. Le maire de Toucy préconise de « tourner le vieillissement de la population en notre faveur » et l’habitat intergénérationnelle serait un moyen pour accompagner ces changements. L’évocation des termes « groupé » et « collectif » a été l’occasion de réfléchir sur le meilleur vocabulaire à adopter avec les habitants. Alors que l’emploi de certains mots, mal connotés peu refroidir l’auditoire, une manière détournée, par le jeu avec la maquette par exemple, peut être un moyen de sensibiliser les habitants. De même, plutôt que de parler de densité, notion parfois un peu vague, l’expression « homme/m² » peut être plus accessible, et d’autant plus en comparant les bourgs anciens de villages au milieu urbain.

> la città slow est un label décerné aux villes qui s’engagent à ralentir le rythme de vie de leurs citoyens. Différentes mesures urbanistiques sont envisageables pour y parvenir : la multiplication des zones piétonnières, la création de places publiques où l’on peut s’asseoir, le développement des commerces de proximité, la priorité aux transports en communs, … Nous avons également évoqué l’installation de panneaux de signalisation tels que « Vous entrez dans une zone sans signalisation, les piétons sont prioritaires. » et leur effet considérable sur la conduite des automobilistes.

> le BIMBY, ou l’incitation à la construction en fond de parcelle. « Le projet de recherche BIMBY (« Build in My Back Yard ») vise à la définition, à court terme, d’une nouvelle filière de production de la ville, qui soit capable d’intervenir là où les filières « classiques » sont incapables d’intervenir : au sein des tissus pavillonnaires existants, qui représentent la grande majorité des surfaces urbanisées en France et certainement en Europe. » (http://bimby.fr/2011/01/le-projet-de-recherche-bimby-en-quelques-mots).

> les Zones d’Activité Agricole,chères à Mr le Maire et imaginées comme le regroupement d’exploitations agricoles, permettant ainsi la concentration de services et la mutualisation d’équipements. Concrètement ce serait pour les agriculteurs un moyen de faire des économies et plus de liberté pour prendre des vacances. Nous retrouvons cette idée à notre retour dans des projet en cours à Schnersheim en Alsace et à Montreuil. Le maire a certainement là une bonne intuition !

La prochaine échéance pour les concertations publiques est prévue pour avril. Nous sommes séduits par le dynamisme de cette équipe et resterons attentifs pour voir comment évolue la démarche.