Archives de Tag: Politique publique

Transfo Pays de la Loire / semaine 6 / Jour 5 : exposition

Au terme de ces trois jours, pour mettre en perspective la réflexion menée sur ces ateliers, nous décidons d’exposer toutes ces recherches et leurs synthèses.
C’est un moment important pour retracer d’un coup d’œil le continuum de la semaine et prendre du recul sur ce qui à été réalisé, parfois avec étonnement!

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Six modes opératoires se dégagent pour cette fonction innovation :

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1. Réussir la commande politique : « le démarreur bienveillant »
Pour permettre aux élus d’affiner leur commande politique et de réinterroger leurs problématiques, un temps court d’échanges bienveillant leur serait proposé au cours duquel ils pourraient échanger avec des agents et peut être des ressources extérieures. En créant cet espace neutre, les participants ont pour unique objectif que la commande politique soit affinée afin de lancer un dynamique initiale de projet plus efficace, autant dans sa finalité que dans sa mise en œuvre.

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2. Explorer les usages : « l’explorateur des usages »
Pour mettre en œuvre une politique publique déterminée, quoi de plus éclairant que l’étude des usages des futurs bénéficiaires en se basant sur des méthodologies innovantes issues de l’ethnographique ou du design ? En impliquant les agents en charge à cet exercice, l’objectif est de permettre une meilleure appropriation des problématiques et de faciliter ensuite leur déclinaison opérationnelle.

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3. Répartir les rôles : « la fabrique des mandats »
La fonction innovation pourrait être sollicitée pour requestionner le management du projet, et accompagner la définition des mandats et des moyens de chaque partie prenante. Cette intervention permettrait de définir les différents rôles à tenir, et d’assurer leur implication tout comme leur soutien.

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4. Produire des prototypes : « l’atelier des prototypes »
Pour associer dès le début du projet les directions opérationnelles et fonctionnelles, la formalisation d’un temps de travail questionnant les formes finales du projet peut être nécessaire. Grâce aux méthodes du prototypage, l’objectif est de construire un langage commun pour travailler en collaboration.

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5. Évaluer autrement : « le Retour en Réalité (RER) »
Se réapproprier en interne des services des moyens d’évaluation réguliers des actions menées paraît pertinent pour ajuster toujours au mieux le service à l’usager. C’est pour répondre à cet objectif qu’il pourrait être proposé la mise en place de méthodes d’évaluation innovantes, basée sur le recueil de données qualitatives, et interrogeant autant les pratiques des bénéficiaires que celles des services internes de la région.

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6. Documenter : « le capitaliseur »
L’activité des différents services du Conseil régional produit une source intarissable et précieuse de savoir faire. Il s’agit d’envisager comment ils pourraient être mieux valoriser et utiliser de façon transversale. La fonction innovation aurait donc pour mission de faciliter l’appropriation de ces ressources, en jouant sur le partage de pair à pair, sous une forme incitative et conviviale.

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Il s’agira pour la suite de mettre en chantier et prototyper ces modes opératoires et de les tester in situ ensuite.

Dans un même temps, tout au long de la semaine, nous avons récoltés et sélectionnés des « paroles dites » sous forme de verbatim que nous avons mis en page et exposé sur de grands panneaux. Ces « murs de pensées » permet, plus encore pour ceux qui n’ont pu assistés à la semaine, de donner à voir les réactions, les émotions et les découvertes des participants, pour mieux questionner la mise en place de cette fonction innovation.

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Une journée de Transfo avec les directrices et directeurs de la Région Champagne-Ardenne

Le 12 février se tenait au lycée Léon Bourgeois d’Epernay une séance de travail inédite : une journée «Transfo-directeurs». A l’occasion du séminaire annuel de direction, l’équipe de résidents a proposé à l’ensemble des membres de la direction du Conseil Régional de se prêter à une séance de travail sur l’hypothèse d’un Labo d’innovation à la Région. Ce sont les Lycées Léon Bourgeois et Godart Roger (établissement public récemment rénové) qui ont étés le cadre de cette rencontre avec le «top-management» régional. Revenons sur cette expérience. Lire la suite

Transfo Pays de la Loire / Semaine 5 / Jour 4 : Objectif « note »

Jeudi 14 novembre

Avant dernier jour, et, comme toujours, les choses s’accélèrent. Nous avons préparé la veille au soir un dernier temps d’atelier avec les agents. Nos objectifs ? Avant tout, il s’agit bien sûr de finaliser la démarche de prototypage entamée. Mais nous nous en fixons un autre : s’assurer de l’utilisation extérieure des productions de la semaine. Et nous imaginons qu’il faudrait pour cela permettre aux agents de trouver une passerelle entre ces travaux un peu éloignés de leur quotidien et leurs pratiques habituelles. Mais lesquelles ? La rédaction de notes de validation de projet, pardi !

L’atelier va donc consister, une fois faits les retours des tests en ENR, en 2 ateliers, avec 2 groupes de travail sur 2 des formes réalisées mardi. Le choix, fait collectivement, aura bien sûr permis une précision des termes utilisés et de ce que chacun met derrière les « mots ». La question à traiter,  in fine : dégager ce qu’il faut pour rédiger une note proposant le développement de l’objet choisi et sa mise en oeuvre concrète.

Pendant que le premier groupe se penche sur le couple réseau des passeurs/cartographie des acteurs de l’orientation, le second s’intéresse au développement d’une « bande-annonce » de présentation d’outils généralistes comme meformer.org. Résultat en images ci-dessous:

Au moment du partage des travaux réalisés en sous-groupes, nous nous attachons surtout à ne pas perdre de vue notre objectif opérationnel : s’assurer qu’il y aura des suites au travail de la semaine « dans la réalité », sous forme de note (et qui sait, si elle est validée, ce que cela pourra devenir ensuite).

Pari gagné ? Nous n’en savons rien pour le moment, mais au moins nous avons fixé quelques éléments clés :

  • qui ? Les 2 agents du CR présents depuis lundi se chargent de coordonner les travaux et d’initier la rédaction de la note
  • quoi ? Entamer la rédaction de deux notes (une par objet travaillé), contenant des éléments classiques (=rédigés) mais intégrant également des éléments visuels issus des travaux du jour (et proposés à l’exposition de demain) ;
  • pour quoi faire ? Pour proposer la mise en œuvre des prototypes.
  • avec qui ? L’appui, sur leur demande, des résidents et des participants des autres directions ou encore les partenaires des CIO et de l’ONISEP (voire même d’autres). A voir si des co-signatures de directions internes pourront être tentées…
  • quand ? D’ici mi-décembre.

Rdv est donc donné pour mesurer l’implantation et l’appropriation des méthodes d’innovation proposées par la Transfo et donc leur durabilité.

Après-midi

Rejoints par Romain, de la 27e Région, nous entamons l’après-midi avec une bonne liste de choses à faire, que nous nous répartissons. Deux agents passeront prendre le pouls et mettre, un peu, la main à la pâte dans l’après-midi. Les uns partent donc commencer la conception et la mise en place de l’exposition du lendemain, les autres avancent sur les productions à y ajouter, d’autres encore relancent une invitation aux membres du CR pour venir la visiter…

Et dans tout cela, nous gardons aussi le cap sur notre second objectif de la semaine : préparer très en amont la prochaine semaine, en février, qui sera dédiées à faire le point : « qu’avons nous réalisé jusque là (avec les différentes expérimentations) et qu’en faisons nous pour la suite (du prototypage d’une fonction innovation ?) ». Pour préparer plus intelligemment cette future semaine, nous mobilisons dans l’après-midi la DPSDD pour échanger autour de nos premières intuitions et imaginer notre travail commun d’ici là.

En ressortent des idées riches et enthousiasmantes : en février, nous aurons vraisemblablement à construire quelque chose comme un « carrefour des réflexions » : nous pourrions proposer de travailler de manière collaborative sur les chantiers respectifs du « labo des mutations », de la Mission Méthodes et de la DPSDD pour que chacun progresse en profitant de l’intelligence collective – et au même moment mettre cette dernière au service d’un premier protypage de la future fonction innovation. Ceci permettrait à chacun d’être partie prenante de scénarios ainsi élaborés tout en avançant sur ses propres missions.

Est-ce que nous sommes plus organisés, à force? En tout cas, si elle n’a pas toujours été facile (se répartir les tâches impose aussi de réserver des temps de mis en commun), cette répartition des tâches fut productive!

Transfo Pays de la Loire / Semaine 5 / Jour 3 : Tester et prendre du recul


Mercredi 13 novembre

L’équipe se retrouve pour un début de débrief au petit matin, rapidement écourté pour retrouver Anne Bassinet, Directrice Générale Déléguée Stratégie et Territoires, et, pour nous, « directrice référente » puisque régulièrement rencontrée et responsable de la direction prospective.  A nouveau, nous nous séparons : la moitié de l’équipe part au RDV, l’autre moitié met ce temps à profit pour synthétiser, en billet de blog et en schéma, ce qui a été dit et produit jusqu’alors.

Le rendez-vous : obtenir d’avoir des agents « permanents »

Le rendez-vous est pour nous un moment important. Nous ramons depuis trop longtemps à faire participer des agents à nos semaines, alors même que nous avons pu compter très rapidement sur la grande aide de quelques alliés dans la maison. Nous cherchons donc activement des moyens de dépasser le stade des chasses aux participants répétées avant chaque semaine pour pérenniser notre démarche. Une bonne part de l’entretien sera donc tourné vers ce but. Nous repartons avec une liste de directions/personnes fléchées et l’accord pour transmettre et appuyer nos futures demandes vers ces « cibles ». A nous d’envoyer au plus vite un premier calendrier de la semaine de février ! Calendrier auquel nous travaillons justement…

Par ailleurs, ayant eu vent d’une nouvelle commande politique qui semble nous concerner, nous cherchons à comprendre ce qu’il en est et à nous affirmer comme interlocuteur bienveillant sur le sujet. Tendres ingénus, nous découvrons encore cette possibilité qu’une demande politique intervienne sans crier gare au milieu du travail des administratifs. Or il faut bien s’y faire ! Et si cela nous inquiète un peu de prime abord compte tenu des efforts que nous déployons pour réfléchir sur la méthode, le principe que les élus se saisissent au plus vite d’une question leur semblant primordiale sans attendre qu’elle colle à l’agenda administratif n’en est pas moins compréhensible. Nous nous mettons donc d’accord pour nous rapprocher des agents saisis de la demande et voir avec eux comment nous pouvons participer à la réponse.

Plus généralement, cet épisode montre bien comment le fonctionnement théorique entre politique et administratif est différent dans les faits, comment les aspects transversaux sont complexes à gérer et enfin comment des équipes travaillant sur un sujet peuvent ne pas être consultées sur une question pourtant directement en lien avec leur travail. L’analyse des causes de ce fonctionnement (travaux méconnus, manque de temps pour identifier les compétences à associer, culture du travail par directions…) et la proposition d’alternatives devra forcément apparaître quelque part dans notre production au bout du programme… De façon plus précise, nous sommes, à un moment où nous nous le demandions justement, directement alertés sur les questions de « gouvernance de la fonction innovation ». Qui décide d’utiliser cette fonction ? Qui pose le sujet dont elle se saisit ? Quelles compétences sont alors activées et comment ?

Parallèlement, production de synthèse

Synthétiser la réflexion, la mettre en forme pour y voir plus clair voilà ce à quoi s’attèle le reste de l’équipe.

11h > 12H30 : un temps commun de partage des avancées de la veille avec les agents

Suite à la séparation des équipes, et au fait que certains agents n’aient pas pu se libérer pour la phase de test sur le terrain, nous nous remettons à niveau avec ceux qui ont pu prendre le temps de nous rejoindre. Les designers de l’équipe expliquent les mises en formes réalisées (les idées « prototypées » ainsi que la synthèse de la réflexion sous forme de schéma), mais aussi les réactions recueillies lors de la soumission de ces idées à l’animatrice de l’ERN Médiagraph rencontrée la veille. Cette remise à niveau collective permet de relancer la discussion, d’affiner les propositions… et même de faire naitre de nouvelles idées.

15h > 17h : immersion dans une maison de quartier

L’après midi, le coeur joyeux et l’esprit chantant, nous nous rendons dans le quartier du Breil et plus particulièrement à l’espace multimédia de la maison de quartier.

Certains d’entre nous discutent avec l’animateur pendant que d’autres interviewent les adolescents présents : raison(s) de leur présence, relation à l’animateur, ambiance du lieu, et… orientation ! Nos discussions sont intéressantes, mais aborder avec le sujet de l’orientation est délicat: ils sont très jeunes (5e et 4e) et n’ont pas encore trop d’idées, ne savent pas encore à qui ils vont s’adresser , ni comment ils vont s’y prendre, ni si Daniel_ l’animateur_ sera leur interlocuteur. Bref, la discussion n’est pas facile à mener et nous avons l’impression de leur demander de s’exprimer sur des choses dont ils n’ont pas grand chose à nous dire.

Le deuxième temps de notre visite sera plus intéressant : nous descendons d’un étage voir la personne de l’accueil de la maison de quartier.

Elle nous réconforte d’emblée : « Je suis la porte ouverte du service public ». « On me demande tout, caf, stage de 3e, aide au CV, horaire de la piscine … ». Nous sommes donc fasse à une véritable « Passeuse », c’est à dire, pour nous, une personne qui est en relation avec le public cible de l’orientation mais qui n’est pas forcément compétente en la matière.

Partageant notre vision des choses, elle nous confirme son manque d’outils, de méthodes et de savoirs pour orienter ces gens vers les « bonnes personnes ».

Nos idées lui paraissent intéressantes mais peut-être encore trop vagues. Grâce à notre discussion, c’est elle qui nous permettra d’aller plus loin en nous montrant des outils qu’elle a l’habitude d’utiliser : le guide des associations de son quartier (un livret-annuaire édité par la mairie de quartier). Voilà qui nous intéresse. Quel serait l’équivalent nommé « Guide des acteurs de l’orientation du quartier du Breil » ?

Car oui, tous nous l’ont dit : « un annuaire des professionnels c’est bien, mais il faut qu’il soit à l’échelle du quartier car les gens ici n’ont pas de voitures et ne feront pas l’effort d’aller à l’autre bout de Nantes pour rencontrer la personne ou la structure indiquée. Il faut qu’on les oriente vers des professionnels proches » 

Voilà une des difficultés : comment la Région peut-elle se saisir, avec ses partenaires bien sur, de la question et contribuer à inventer des outils pour des échelles si fines?

Nous laissons la questions en suspens. Une chose est sûre : outiller les passeurs semble être une bonne idée, et même un impératif. Reste à savoir comment. Avec un annuaire local des professionnels ?  un temps de formation?la mise en place d’un réseau des passeurs ? Nous n’avons pas encore LA solution (et elle est certainement multiple) mais l’immersion aura confirmée que la zone d’action est la bonne !

Sur ce, rendez-vous demain pour un dernier atelier sur le sujet qui consistera à mettre en mots les propositions afin de les présenter aux élus vendredi.

Transfo Pays de la Loire / Semaine 5 / Jour 1 : Lancement

Lundi 12 novembre 2012

L’équipe Transfo est de retour à l’Hôtel de Région pour une 5ème semaine un peu particulière. D’une part parce que nous sommes (déjà !) à mi-parcours, et d’autre part parce que, si pour l’heure l’équipe retrouve sa composition habituelle (Jacky, Shah-Dia, Léonie, Magali), c’est aussi la dernière semaine de Léonie et Magali en tant que résidentes.

D’abord, quelques mots sur le contexte général. En Pays de la Loire, le but de la Transfo est de faire l’interface entre la prospective et les politiques régionales. Au cours de cette 5ème semaine, nous souhaitons donc mettre en avant la porosité entre ces deux éléments trop souvent dissociés. Comment ? En s’attaquant à l’amélioration d’un dispositif régional à l’aide des tendances prospectives construites par la DPSA21 (devenue Direction de la Prospective, des Schémas et du Développement Durable, DPSDD) et le Labo des mutations.

Pour cela, nous avons choisi de nous saisir d’un dispositif qui, s’il n’est pas spécifiquement dédié à l’orientation, se retrouve souvent à accompagner les usagers dans ce processus, sans forcément être outillé pour : les espaces régionaux numériques (ERN). Objet à la fois physique, technique et humain, les ERN reflètent bien l’enjeu de l’adaptation constante des services publics aux évolutions des pratiques sociétales.

Finalisation de l’architecture de la semaine

Au bout de cinq semaines, des processus de travail commencent à se stabiliser. Comme à l’accoutumée, la journée démarre par un premier temps de travail interne à l’équipe.

A l’ordre du jour de cette matinée:

  • re-définir collectivement les objectifs de la semaine IN (mettre en œuvre et transmettre la méthode du prototypage appliquée aux questions d’information et d’orientation tout au long de la vie)
  • finaliser le déroulé de la semaine IN (moyens de réalisation, répartition des rôles)
  • re-définir  collectivement les objectifs de la semaine OFF (préparer la semaine 6) et organiser son déroulé (moyens de réalisation, répartition des rôles, prises de RDV)
  • finaliser le déroulé de l’atelier de lancement et les outils d’animation ad’hoc (un déroulé formalisé et mis à l’écrit, une première d’organisation pour nous!)

Travaux pratiques

Avec un tel programme, l’heure de l’atelier est vite arrivée. Nous nous dirigeons vers un espace du campus régional encore inexploré (oui, s’immerger dans la Région c’est aussi explorer de nouveaux lieux au gré des salles de réunions réservées). Peu à peu, c’est finalement 12 personnes qui viennent nous rejoindre, avec des profils très divers : des agents issus de directions différentes (Labo des mutations, Prospective, Lycées, Apprentissage) mais aussi des « extérieurs » (Rectorat, Carif-Oref, Fongécif, CIO, PING).

Le temps que tout le monde s’installe, notre atelier commence finalement à 16h au lieu de 15h30.  30 minutes de moins, auxquelles s’ajoute un tour de table qui prend finalement un peu plus de temps que prévu. Eh oui, créer de l’interconnaissance et de la transversalité prends du temps, et nous ne l’avons pas forcément assez anticipé en se fixant des objectifs plutôt ambitieux pour 2h de réunion…

Avant d’entrer dans le détail, un petit retour en arrière s’impose pour mieux comprendre le déroulé de cet atelier : lors de l’élaboration du programme, nous avons pensé qu’une contribution des agents en amont permettrait d’enrichir notre séance de lancement. Ce « passage de relai » nous a semblé très important car il répond à l’un des objectifs de long terme de la Transfo : la mise en œuvre autonome des méthodes utilisées dans le programme. Nous avons donc « passé commande » aux agents, en leur demandant des contributions de deux ordres: des « paroles d’experts » sur l’orientation, la prospective et les ERN; et les retours d’une petite enquête de terrain réalisée en amont. Conscients des plans de charges de chacun, nous avons cependant pris le soin de tenter de réduire au maximum le temps de travail demandé en le facilitant par l’envoi de consignes précises.  Après un temps de présentation de la démarche par l’équipe puis un tour de table, nous leur passons donc le relai pour ces présentations introductives.

Nous commençons par une présentation rapide et à plusieurs voix des objectifs de l’orientation, complétée par un panorama des dispositifs existants en la matière à l’aide d’un support graphique proposé par Olivier Ryckewaert, du Laboratoire des mutations.

En images, cela donne ça:

Chartlotte Rautureau, chargée de mission chez PING qui accompagne la Région dans sa réflexion sur l’avenir des ERN, nous présente ensuite cet objet un peu particulier.  Elle confirme rapidement notre intuition. Si les ERN ont bien été conçus comme outils de lutte contre la fracture numérique, aujourd’hui, l’augmentation du niveau d’équipement numérique des ménages – entre autres –transforme leurs missions. Ils sont, de fait et comme beaucoup d’autres structures, amenés à faire de l’aide à l’orientation. Les ERN, qui regroupent usagers et praticiens parfois démunis sur le sujet, constituent donc un espace pertinent pour tester nos prototypes. Ce premier diagnostic est rapidement complété par les apports du terrain, grâce à un reportage photo réalisé par deux agents et qui rend compte de leur visite de l’ERN du BreilEnfin, diaporama à l’appui, 2 agents (DPSDD et Labo des mutations) nous présentent les 4 (devenus 5) signaux faibles pouvant impacter les dispositifs d’aide à l’orientation qu’ils ont pu identifier grâce à leur travail prospectif :

  • ludification (développer des formes appropriables pour faire passer des contenus informatifs et répondre au déclin de l’écrit)
  • individuation (développement de l’offre personnalisée grâce à l’utilisation de données sur la personne)
  • robotisation (systématisation de la gestion des tâches répétitives par des systèmes informatiques ou mécaniques)
  • humain (développement des métiers à caractère « social », rôle du sensible, de l’empathie, des rapports humains…)
  • proximité (relocalisation et économie du partage)

Maintenant que chacun a bien en tête ces éléments, les participants sont répartis en 2 groupes pour réaliser, armés de post-it et à partir des présentations et des discussions, un travail collectif de synthèse. Pour identifier des nœuds solides pour penser l’évolution de la fonction orientation, nous tentons de répertorier les usages des ERN et des dispositifs institutionnels d’aide à l’orientation, tout en essayant d’y injecter les points de vigilances qui découlent des signaux faibles présentés auparavant.

Chaque groupe avance à son rythme, mais la petite demi-heure qui nous reste à disposition semble un peu courte. Un des groupes prend pourtant le temps d’ébaucher un classement qui permet de problématiser la réflexion et d’identifier des « pôles » d’usages et de compétences, qui ne sont pas forcément les mêmes pour les deux « morceaux » étudiés. Nous récoltons une matière première dense, qu’il va falloir « détricoter » pour qu’elle puisse servir de base à la réflexion en vue du prototypage…

A l’issue de l’atelier, nous prenons aussi le temps d’échanger en off sur la stratégique générale de la Transfo avec Olivier Ryckewaert, notre principal allié au sein de la structure. Nous en tirons des questionnements partagés, des débuts de réponses, en tout cas des éléments qui permettent de nous projeter sur les semaines suivantes en tenant compte des objectifs généraux du programme (vus de la Région et vus de l’équipe) et du contexte politico-administratif.

Malgré la fatigue de fin de journée, nous regagnons enfin nos pénates pour une dernière séance de travail d’équipe. Comment retravailler la matière récoltée durant l’atelier pour préparer l’atelier du lendemain en fonction des objectifs fixés le matin ? RDV demain pour voir le résultat !

Transfo Pays de la Loire / Semaine 3 / Jour 3 / Atelier 2 + Jean-Loup Molin

Une météo du jour pour prendre le pouls des participants, puis la machine est lancée : le deuxième atelier commence. La première partie de la matinée est consacrée à la présentation de notre proposition de mise en forme du matériau récupéré la veille et sa mise en débat. Où l’on met des mots – et des images ! – sur le paradoxe de l’échelle régionale et les apports de la prospective. Mais comme une image vaut parfois 1000 mots, allez plutôt jeter un coup d’œil ici.

Mise en forme des réflexions du premier atelier

Nous entamons ensuite le travail créatif avec les agents sur la base des scénarios de l’atelier de prospective. Ces 3 scénarios, issus d’un travail d’expert, sont autant de colonnes vertébrales, un peu branlantes peut-être, sur lesquelles tout le monde s’accorde à dire qu’il faut amener de la chair. Aujourd’hui, il s’agissait donc de tester, sur et avec les agents, un modèle de « bifurcations » qui permettrait de passer de scénarios écrits « en ligne droite » (très, voire trop cohérents pour que cela puisse vraiment arriver un jour) à une forme appréhendable par les fléchois lors de notre semaine sur place en septembre. Une après-midi de préparation ne fut pas de trop pour permettre à l’équipe de proposer un principe graphique approprié. En procédant, sur la base d’un premier travail de la DPSA21, à un découpage thématique des scénarios, nous avons proposé aux agents d’identifier et de matérialiser des passerelles (des compatibilités et incompatibilités) entre les différents « briques » issues du découpage. En bref, réduire la complexité du matériel de départ et commencer à tracer des cheminements possibles grâce à un outil, inabouti certes, mais dynamique et facilitateur de débat collectif.

Un outil bricolé avec des bouts de ficelles…

La mise en pratique – 2h tout de même ! – s’est révélée bien plus complexe que prévu. Tout le monde a pu constater, collectivement, que la forme ne faisait pas tout. Faire comprendre le matériau de départ que sont les scénarios, forcément complexe et relativement déconnecté du quotidien, semble impossible en un temps aussi court. Si c’est le cas auprès des agents, quid des citoyens « profanes » ? Un sentiment de perplexité se diffuse, mais c’est le jeu : on construit en marchant, donc on ne sait pas toujours où on va ! Nous verrons bien ce que nous faisons de ce que nous en faisons demain.

Contrairement à la veille, nous retrouvons les agents en début d’après-midi car nous avons le plaisir d’accueillir pour la journée JeanLoup Molin, Directeur adjoint en charge de la veille et de la recherche au sein de la Direction de la prospective et du dialogue public (DPDP) de la communauté urbaine de Lyon. Après avoir participé aux travaux de la matinée, il est venu partager avec nous son expérience et présenter la manière dont se pratique la prospective au Grand Lyon.

Intervention de Jean-Loup Molin

« Aider à analyser les mutations », « Poser et partager les enjeux de sens afin de positionner au mieux la conduite de l’action publique » : voilà selon lui à quoi sert la prospective. Ce rôle, qui est aussi celui du décryptage des dimensions transversales de chaque politique publique, est essentiel : finalement, plus qu’une forme de communication, est ce que la prospective ne serait pas un « simplexificateur » de la fabrique des politiques publiques ?

Mais au fait, la DPDP, c’est qui ?

L’équipe (22 personnes) est constituée de 4 pôles :

  • le pôle Veille et Recherche, qui pilote le réseau de veille et conduit la politique Métropole des Savoirs ;
  • la Mission participation citoyenne ;
  • le pôle Marketing Public ;
  • le pôle Édition, parce que la prospective a vocation à être partagée (publication, revue M3, site Millénaire 3…)

Le chemin de la prospective au sein du Grand Lyon


Le réseau de veille, interdisciplinaire et multithématique, est un outil original et indispensable au bon fonctionnement de la DPDP. Il l’accompagne au quotidien dans la production d’une analyse sociétale en mesure d’enrichir les politiques publique. Placé à l’extérieur de l’institution, sa réussite est néanmoins le fruit d’un travail au long cours et du développement d’une connaissance du territoire et de l’institution qui est irremplaçable. Une mise en garde nécessaire qui questionne la tendance actuelle à l’externalisation permanente et révèle le potentiel de ce que Jean-Loup Molin a appelé le « compagnonnage ». Un principe qui fait écho au mode de fonctionnement de la 27e région…

Et concrètement, au Grand Lyon, on la fait comment la prospective ? « On s’abime les yeux sur le présent » nous dit Jean-Loup Molin. Préalable indispensable, le travail sur les tendances assure une meilleure compréhension de la société. D’autre part, il est plus simple d’intéresser les gens et d’engager la réflexion à partir du présent, plus concret. Et finalement, on reste bien dans la prospective, puisqu’in fine c’est bien la question de « Qu’est-ce qu’on est en train de construire avec ça demain? »qui est posée.

La question de la porte d’entrée est également importante : chaque sujet dont s’empare la DPDP est toujours interrogé en partant d’un autre sujet, et c’est ce travail qui va permettre de réinjecter du politique, du sociétal et donc d’enrichir les problématiques de départ. Ainsi, le rôle de la prospective « à la sauce DPDP » n’est pas tant d’apporter des solutions que de redéfinir les questions posées, en bref, se faire « entreprise de politisation ». C’est à dire ? C’est à dire faire inscrire à l’agenda politique des questions qui n’y étaient pas au départ. Cela renvoie également à la question des valeurs et des finalités : politiser c’est aussi décrypter les valeurs sous-jacentes derrière chaque projet. Ce rôle de la prospective semble indispensable, d’autant plus qu’il y a aujourd’hui, selon Jean-Loup Molin, un déni sur les futurs possibles : « on n’a pas vraiment envie de les voir ».

Pour mener à bien ces missions, l’apport du collectif est essentiel: partant du constat que la sphère publique ne peut plus, à elle seule, conduire le changement, la construction d’une intelligence collective est plus que jamais nécessaire pour permettre l’action. Et c’est en ce sens qu’il faut continuer d’aller vers une prospective participative, qui ne se cantonne pas aux experts. Pour autant, Jean-Loup Molin reconnaît et souligne que ceux qui alimentent véritablement la prospective sont toujours les corps intermédiaires, les forces vives, rarement le grand public, d’ailleurs jamais consulté directement par la DPDP. Evoquant une « zone grise » autour de la participation, souvent utilisée à des fins électorales (appropriation ex-post du projet politique) il reste dubitatif sur la possibilité de développer une réelle expertise avec le grand public dans un temps court. En effet, il est nécessaire de se donner les moyens d’outiller les citoyens pour parvenir à dépasser l’avis « micro-trottoir », et ce préalable prend nécessairement du temps.

On pourrait continuer encore longtemps, tant cette présentation était riche. D’ailleurs, l’avis des participants est unanime : passionnant !

Mais alors, c’est quoi la recette ? La formule magique pour parvenir à cette prospective là ? Evidemment, il n’y en a pas et il ne peut pas y en avoir. Jean-Loup nous l’a rappelé dès le départ : il n’existe pas, en la matière, un modèle unique applicable partout. C’est le contexte qui permet et conditionne le développement d’un modèle spécifique. Et d’ajouter que la posture, si elle ne fait pas tout, reste essentielle.

Autant d’invitations à la modestie… Et de questionnements sur notre propre démarche. Que va t’on retirer d’une consultation citoyenne sur des scénarios prospectifs ? Est-ce faisable ? Ne faudrait-il pas repartir du présent, avant d’aller vers d’éventuels futur-ibles (futures possibles) ou futur-ables (futures désirables) ? Nous repartons avec un tas de questions, sans forcément avoir des réponses… Tiens, mais est-ce que l’on ne serait pas déjà en train de faire de la prospective alors?

PS : pour en savoir plus, rendez vous sur le site de Millénaire 3 ou pour un peu de lecture avec l’article de Jean-Loup Molin paru dans Futuribles ce mois-ci (« Prospective et action publique. Réflexions à partir de l’expérience du Grand Lyon », n° 386, juin 2012, pp. 5-21).

Résidence Nord-Pas de Calais // Penser l’environnement de travail de l’élu / 1ère visite visite à Lille pour le lancement d’une nouvelle résidence

VIE ELU-20090911-06Après les lycées, le numérique dans les quartiers et dans le monde associatif, les maisons de santé, la 27ème Région lance une nouvelle résidence sur un thème incontournable, celui de la vie politique régionale et de ses acteurs : les élus. A l’heure où la participation citoyenne est l’objet de toutes les attentions, il ne nous paraissait pas incongru de nous pencher sur l’évolution du métier d’élu, dans son quotidien.

Pour l’instant intitulée « Environnement de travail de l’élu », cette nouvelle résidence se déroulera en Région Nord-Pas de Calais où trois élus régionaux ont déjà accepté de se prêter au jeu de l’expérimentation : Jean-François Caron[1], Brigitte Parat[2] et René Vandierendonck[3]. Au programme : 3 semaines d’immersion dans la vie de ces élus pour observer, comprendre, questionner, expérimenter autour de cette question de l’environnement de travail de l’élu. Quel est-il ? Comment pourrait-il évoluer dans le sens de l’efficacité, du développement durable, ou encore de la transparence, de la responsabilité démocratique ?

11 septembre 2009, nous rencontrons au Conseil Régional Nord-Pas de Calais Patrick Banneux, chargé à la Région de la mise en place de la future Résidence. Sont également présents les 3 collaborateurs des élus régionaux qui ont pour l’instant accepté de prendre part à l’expérimentation : Sylvie Depraetere, assistante de Jean-François Caron ; Ludovic Debar, assitant de Brigitte Parat et Christine Moïses, assistante de René Vandierendonck.

Pour cette première visite, nous sommes 3 représentants de la 27ème Région : Adèle Seyrig, designer, qui sera en charge de la Résidence, Hélène Veiga Gomes, anthropologue-vidéaste et Stéphane Vincent, directeur de la 27ème Région. Au programme de cette matinée : présenter aux collaborateurs le projet de Résidence, ses objectifs, les outils et méthodes auxquels les résidents font appel et surtout, commencer à échanger sur les problématiques qui seront abordées dans le cadre de la Résidence.

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De la discussion ressortent de nombreuses pistes, le champ est vaste et le système complexe.  À l’interface entre les citoyens et l’institution, l’élu navigue, du terrain à l’assemblée, de la Région à sa mairie, à son parti. C’est sur ces outils de navigation que nous nous interrogerons et sur les usages qu’en font les uns et les autres.

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Tout au long de sa carrière politique, comment se construit la vie d’un élu ? Comment devient-on un élu ? Y’a-t-il deux élus qui se ressemblent, qui travaillent de la même façon ? Comment l’élu se constitue-t-il, au fil de ses mandats, son propre environnement de travail ? Comment y évolue-t-il au quotidien ? Comment les élus conjuguent-t-ils leurs divers mandats, attributions, engagements ? Comment organisent-ils leur temps, entre celui de la représentation, celui de la réflexion, celui de l’action ? Comment travaillent-ils avec leurs différents collaborateurs, leurs homologues, les cabinets conseil, les citoyens ? Comment accueillent-ils la montée de la participation citoyenne ? Comment réussissent-ils à incarner les politiques publiques qu’ils contribuent à mettre en place ? Comment continuent-t-ils à s’alimenter quotidiennement d’informations ? Et les TIC dans tout ça ? Le Web 2.0 ? Et les parapheurs, le service des protocoles ? À quoi ressembleront-ils dans 10-15 ans ?

VIE ELU-20090911-05Autant de questions que nous avons soulevées au cours de cette matinée de travail et qui commencent à préciser le champ d’expérimentation dans lequel s’ancrera cette nouvelle résidence.

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[1] Jean-François Caron / Groupe « Les Verts » / Conseiller régional délégué à la prospective, président du groupe « Les Verts » / Maire de Loos-en-Gohelle / Vice président de la Communauté d’agglo de Lens Liévin, chargé de l’environnement

 

[2] Brigitte Parat / Groupe socialiste / Conseillère régionale, 11ème vice-présidente « Personnel régional » / Adjointe au Maire de Loos-lez-Lille

[3] René Vandierendonck / Groupe socialiste / Conseiller régional, 9ème vice-président « Aménagement du territoire, Politique de la ville et mise en œuvre du Contrat de projets État-Région / Maire de Roubaix