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Transfo Pays de la Loire / Semaine 5 / Jour 2 : Prototyper et anticiper

Mardi 13 novembre

Ce matin, notre petit groupe mêle des agents issus de directions différentes (Labo des mutations, Prospective, Lycées, Apprentissage) mais aussi des « extérieurs » (Onisep, Carif-Oref, CIO). Avec eux, nous attaquons ce deuxième jour par 3 heures d’atelier créatif. L’objectif de la séance est ambitieux : faire émerger, au sein de l’éco-système de l’orientation, des pistes d’amélioration et développer des prototypes permettant de tester ces pistes sur le terrain.

Comme souvent, nous repartons du matériau récupéré la veille en atelier comme support de la réflexion. L’effort de synthèse opéré par l’équipe laisse apparaître des « points cardinaux » qui révèlent une répartition des compétences entre les dispositifs généraux dédiés à l’orientation et les ERN en tant que structure de médiation, tout en localisant de potentielles zones d’impact des « signaux faibles » identifiés par la prospective.

Le premier travail d’identification des nœuds et de dépliage des questionnements est long mais essentiel, et il faut savoir prendre le temps de le faire aboutir collectivement (du moins c’est ce que nous nous efforçons de faire). Nous savons que le temps passé cette fois-ci à première phase d’analyse a été très court et l’équipe appréhende donc un peu des réactions face à cette simplification graphique. Au contraire, l’idée générale qui en ressort est plutôt partagée et le schéma re-raconté par les participants avec notamment une vision sous un autre angle : « l’axe vertical, là où les structures identifiées sont bien positionnées, c’est l’axe de la commande publique et l’axe horizontal, là où les espaces numériques sont positionnés, c’est l’axe de la mission territoriale ». Décidément, un schéma, ça se partage !

Si le constat de certains dysfonctionnements importants au sein du système actuel de l’orientation est assez largement partagé, il est parfois difficile d’admettre que : « nous ce n’est pas là que nous pourrons agir ». Nous nous obligeons donc à faire un « pas de côté », à explorer les marges de manœuvre existantes au sein de l' »espace gris » autour des dispositifs officiels. C’est là que nous pouvons intervenir, et c’est aussi cette échelle qui permet prendre du recul et de réfléchir aux usagers qui échappent encore aux mailles, un peu trop grosses sans doute, du filet institutionnel. Par contre, tout le monde s’accorde sur la multiplicité des dispositifs : l’enjeu n’est pas d’en créer un nouveau, mais plutôt d’éclairer les chemins possibles au sein du système global en essayant d’identifier les « grains de sable » pour, si possible, les éliminer.

Rapidement, les participants, répartis en deux groupes, esquissent quelques pistes:
– penser le rôle de « passeur » des professionnels des structures de médiation comme les ERN,
– fluidifier les parcours entre les différents dispositifs,
– valoriser l’essai-erreur et révéler le caractère itératif des cheminements individuels,
– permettre les échanges entre pairs,
– penser la place des outils numériques…

Et tout ça, concrètement, ça pourrait donner quoi ? Un « Marmiton.org » des « ingrédients » utilisés par chacun dans son propre parcours (mais aussi des erreurs de « cuisson » ou de « dosage », pour filer la métaphore) ? Un livre d’or qui valorise l’essai-erreur et l’aléa dans les parcours de chacun ? Un kit d’animation à transmettre aux « passeurs » ? Une cartographie pour se repérer dans cet éco-système complexe?

Pas de doute, il y a là de la matière pour développer des prototypes!

A mi-parcours du programme, nous continuons aussi de tirer les leçons de nos erreurs passées. Si une mobilisation forte d’agents issus de directions différentes est la condition sine qua non de la pérennisation de notre action, le processus de mobilisation prends du temps. Nous décidons donc d’anticiper au mieux les suites en profitant de notre présence sur place pour préparer la prochaine semaine, en février.

L’occasion, aussi, de se mettre à jour sur les avancées de chacun pendant notre absence et de reprendre contact avec des interlocuteurs importants : les prises de RDV se multiplient, et les « trous » de la semaine se remplissent peu à peu. Aujourd’hui, nous rencontrons Antoine Foucault (DPSDD) et Carole Bodenan (D4CAE, Mission méthode). Avancée de la démarche prospective, échecs et succès des « immersions », conceptualisation d’une exposition-restitution des Assises, réutilisation des enseignements tirés de notre expérience à la Flèche, transformation du Bureau des Méthodes en Mission Méthode, réflexions sur la fonction prospective au sein de la Région… Il s’en passe des choses en quelques semaines ! Mine de rien, l’acupuncture Transfo semble porter quelques fruits, et les agents s’autorisent de plus en plus à réutiliser certaines des méthodes déployées. Par ailleurs, nous prenons à nouveau conscience de l’importance du partage de l’information, loin d’être optimale, et de la difficulté de coordonner les calendriers de chacun… Pas toujours simple de faire coïncider le calendrier d’un programme sur deux ans en pointillés, avec des « trous » de plusieurs mois entre les semaines Transfo, et un agenda politique qui peut tout bousculer !

Pendant que le premier binôme enchaine les RDV, les designers de l’équipe mettent la main à la pâte pour mettre en formes des versions plus tangibles des idées du matin permettant de les tester au plus vite. Les temps sont malheureusement trop serrés car, au mieux, nous aurions bien partagé un peu plus ce travail avec les agents. Un jour viendra… En attendant, la fin d’après-midi approche, il est temps pour cette moitié d’équipe de retrouver les agents présents et de s’acheminer vers Médiagraph, ERN associatif situé en centre-ville de Nantes. Premier test in vivo des outils élaborés quelques heures plus tôt, et surtout confrontation au terrain pour les agents et à l’ambiance sur place. Puisque nous parlions de lien social et de l’importance des aspects humains le matin, nous sommes servis ! Médiagraph est un lieu de vie avec une cuisine où on se croise et où on partage ses expériences. Peut-on s’inspirer de cette réalité vivante et informelle, s’appuyer dessus, sans l’institutionnaliser, ce qui la tuerait sans doute ?

La journée fut bien remplie pour chacun, et il faut aussi trouver le temps de partager entre nous informations, expériences et questionnements soulevés par ces différentes rencontres…

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TRANSFO Champagne-Ardenne SEMAINE 4 / JOUR 1

Cette semaine, de nouveaux résidents arrivent. Un référent jeunesse d’une direction pas encore représentée dans la Transfo, un jeune stagiaire au cabinet du Président, un curieux sous l’effet produit par l’exposition de clôture de la semaine 3 et enfin un dernier qui…je ne sais pas.

Il est à noter que les semaines 3 et 4 sont très rapprochées. Et c’est tant mieux car les implémentations en vue d’améliorer le dispositif Lycéo connaissent un sort différent selon qu’elles soient plus ou moins techniques ou plus ou moins politiques. Et cela tombe bien, nous voulons connaître ce qu’il s’est passé depuis notre départ. Où en sommes-nous des améliorations jugées « faciles » pouvant être implémentées pour le mois de septembre ? Quel a été le fonctionnement des personnes concernées ? Est-ce que tous les résidents ont été sollicités ? Qu’est-ce qui a été décidé ?

Grille, outils et planning de la semaine 4

Réunion à la DLA avec les résidents

C’est donc naturellement à la Direction des Lycées et de l’Apprentissage, la fameuse DLA, que le storytelling de chaque fiche produites en semaine 3 s’écrit selon une grille de lecture que nous avions préparée. Les deux groupes formés se retrouvent à la fin de la matinée pour une mise en commun des travaux effectués.

Le déjeuner vite avalé, nous abordons la seconde phase de la journée : rédiger les “fiches actions” qui ne l’ont pas encore été.

Mais d’abord, les 9 premières fiches ayant connu un sort différent, nous tentons de définir les points d’étape incontournables pour que ces dernières puissent être validées le plus rapidement possible. Nous voulons faire un saut qualitatif, c’est un saut en arrière que nous faisons.

En effet, à la question, Qu’y a-t-il lieu de ne pas oublier de penser pour ne pas entraver la bonne marche en avant de telle ou telle action ?, quasi unanimement, la question de définir le processus de validation de chaque fiche se pose. Qui valide quoi ?, qui décide de quoi ?

Plusieurs discussions s’amorcent. Un flottement s’installe car nous finissons par identifier que nous sommes dans une phase de transition de la Transfo. La question de la gouvernance de la Transfo et donc du futur laboratoire d’innovation régional se pose de nouveau avec acuité . L’expérience menée jusqu’à maintenant ne permet pas encore au groupe de se sentir légitime pour faire des propositions directement aux échelons supérieurs de la hiérarchie régionale et aux élus alors même qu’ils en ont le mandat.

Qu’à cela ne tienne, l’écriture des fiches reprend. Et même si ce travail n’est pas terminé, nous avons suffisamment de matériau pour aller demain en immersion dans les directions qui sont impactées par les améliorations à apporter au dispositif.

Demain sera un autre jour pour faire un point et observer, représenter et critiquer le chemin parcouru ensemble jusque là. Un pas de côté nécessaire dans notre cheminement.

Résidence Circuits courts alimentaires à l’EPL du Balcon des Ardennes // Semaine 2 de résidence / Lundi 7 juin

Résidence au Balcon des Ardennes / Semaine 2 - lundi 7 juin

Nous avons rencontré…

Lancement de la deuxième semaine de résidence à l’établissement d’enseignement agricole du Balcon des Ardennes à Saint-Laurent. Cette semaine nous sommes 3 résidentes à temps plein : Anne Fontaimpe, Hélène Caubel et Adèle Seyrig.

Pour cette première journée, nous rencontrons :

Pour démarrer la seconde semaine de résidence et faire le point :

  • M.Vivier, proviseur de l’EPL

Dans le cadre du cours de Jérémy André :

  • La classe de troisième

De manière informelle dans la journée :

  • Alexandra Thiefaine
  • Sophie Lefort

Dans le cadre d’un entretien « portrait sensible » :

  • M. Vivier puis,
  • Jean François Lambert, élève de troisième

Dans le cadre d’un atelier de projet sur les repas circuits-courts :

  • Un petit groupe de troisième en étude

Au cours d’un entretien individuel :

  • Christophe Le Clezio

Dans le cadre de la  réunion mensuelle de la confrérie de la Cacasse :

  • Une vingtaine de membres

Le Point de vue des résidentes :

Cette première journée de retour au lycée est bien riche d’actions et de discutions, nous retrouvons avec plaisir l’équipe de direction, les élèves ainsi que les membres de la confrérie.

Notre entretien de début de journée nous permet de vérifier nos axes de travail avec Étienne Vivier, nous développons ensemble nos réflexions et partons avec une belle liste de projets à mettre en place durant les deux prochaines semaines.

M. Vivier a d’ailleurs transmis nos propositions à l’ensemble du personnel encadrant et nous sommes déjà solicitées par plusieurs encadrants pour travailler avec des élèves durant la journée et les temps d’études.

Nos deux temps de travail avec les élèves de troisième autour de l’idée de repas local débutent juste mais déjà nous tentons d’esquisser des menus d’un repas local ardennais… nouvelle génération. Deux menus sont proposés par les élèves qui une fois lancés, ne manquent pas d’idées !

Hélène inaugure l’atelier des portraits sensibles par une rencontre avec Étienne Vivier.

Un passage à la réunion mensuelle de la Confrérie  de la Cacasse à Charleville nous permet de leur présenter à tous la résidence et d’inviter les membres à différents ateliers de travail. Nous leur proposons deux axes que nous avons intitulé :

  • la  Cacasse court circuite
  • la Cacasse s’invite au lycée

Nous assistons à une petite partie de la réunion, ce qui nous permet de découvrir un peu plus en détails l’activité de l’association.

La résidence se construit

Nous avons repris nos marques et le planning de la semaine ne tarde pas à bien se remplir, les portraits se profilent et les projets s’enrichissent et s’affinent au cours des rencontres et ateliers. Nous espérons renouveler ces temps de travail avec les élèves qui sont disponibles pour la dernière fois cette semaine avant leurs examens et révisions.

Résidence Circuits courts alimentaires à l’EPL du Balcon des Ardennes // Semaine 2 de résidence / Mardi 8 juin

Résidence au Balcon des Ardennes / Semaine 2 - mardi 8 juin

Nous avons rencontré…

Deuxième journée. L’équipe de résidentes se partage en deux équipes. Hélène se consacre à la réalisation des portraits sensibles de l’atelier « Qui sont-ils ? ». Adèle et Anne rencontrent des acteurs à l’extérieur de l’établissement.

Au cours de cette journée nous rencontrons donc :

Pour les « portraits sensibles » :

  • Christophe Kleber, enseignant IAA (industrie agro-alimentaire), fondateur de l’atelier de transformation et de la Maison des produits de terroir,
  • Romain Berlot, élève en terminale Bac Pro Gestion des Milieux Naturels et de la Faune

En entretien à Charleville, au journal de l’Ardennais :

  • Bernard Giraud, Président de l’Ambassade des Confréries de l’Ardenne, vice-président du Conseil français des Confréries.

Pour une découverte de l’exploitation des 4 vents, en maraîchage bio à Mesmont (08) :

  • Pascal Flandrin, maraîcher
  • Justine, salariée de l’exploitation

Dans le courant de la journée, nous croisons également des membres de l’équipe de l’établissement : Etienne Vivier, Sébastien Vial, Stéphanie Wersinger, Alexandra Thiefaine, Fabien Lejeune, etc.

Le point de vue des résidentes

Journée chargée… les ateliers qui n’étaient pour l’instant que sur le papier commencent à prendre forme, l’équipe en teste la faisabilité dans les temps très courts de la résidence, le challenge est lancé, nous ne savons pas encore quels seront les résultats.

La réalisation des portraits sensibles, entretiens approfondis d’1H à 1H30, sont une occasion d’aller plus loin dans la découverte de ceux qui font l’établissement, qu’ils soient élèves de passage ou impliqués dans les projets de l’établissement depuis plusieurs années. Les rencontres sont d’une grande richesse, elles inscrivent les thématiques que nous étudions dans des parcours de vie, ce qui les rend tout d’un coup beaucoup plus réalistes et palpables.

Du côté des entretiens à l’extérieur de l’établissement, la rencontre avec Bernard Giraud nous permet d’en apprendre plus sur les confréries ardennaises et d’un peu mieux cerner ces mouvements associatifs se donnant pour vocation de promouvoir le patrimoine gastronomique local tout en cultivant un fort esprit festif.

La rencontre avec Justine, salariée de l’exploitation en maraîchage bio à Mesmont, nous donne quant à elle enfin une vision de terrain d’une exploitation agricole fonctionnant dans ce schéma économique des circuits-courts : vente en AMAP, distribution dans le cadre d’une association regroupant plusieurs producteurs locaux en bio, transformation et valorisation des légumes invendus en conserves ou autre plats, etc. L’échange est pour nous très riche et nous éclaire d’un point de vue différent sur  les problématiques autour desquelles nous gravitons depuis le début de cette résidence.

La résidence se construit

Nous prenons enfin le temps d’afficher dans 4 points de passage de l’établissement, les posters présentant les ateliers que nous avons imaginés pour les deux semaines de résidence. On espère qu’ils permettront à ceux que nous n’avons fait que croiser de mieux comprendre la présence de cette équipe d’inconnues qui dort à l’internat, petit-déjeune, déjeune et dîne à la cantine et n’arrête pas de faire des aller-retour dans l’établissement… Reste pour nous à prendre le temps de mettre en place chacun de ces temps d’expérimentation. Le travail sur les portraits sensibles est bien parti, nous devons maintenant trouver le temps dans cette semaine déjà bien chargée de solliciter des élèves, des enseignants, des membres de l’équipe pédagogique ou d’autres personnes de l’établissement sur les autres ateliers.

Nous préparons également un temps de présentation et d’échange pour ce jeudi, au self sur le temps du repas. L’invitation est lancée.

Résidence au Balcon des Ardennes / Semaine 2 -invitation présentation du 10 juin

Résidence Circuits courts alimentaires à l’EPL du Balcon des Ardennes // Semaine 2 de résidence / Mercredi 9 juin

Résidence au Balcon des Ardennes / Semaine 2 - mercredi 9 juin

Nous avons rencontré…

Au cours de cette journée, les membres de l’équipe rencontrent :

Pour les « portraits sensibles » :

  • Guy Boquillon, chef-cuisinier de la cantine du Balcon des Ardennes
  • Fabien Lejeune, économe de la cantine

Dans la matinée, nous proposons à  des élèves en permanence au CDI du lycée de participer à de courts brainstormings liés à notre atelier « Que mange-t-on dimanche ? ». Nous animons deux ateliers avec des élèves en BEPA EANR (Entretien et Aménagement des Espaces Naturels et Ruraux) et Bac Pro ABIL (Alimentation, bio-industries et laboratoire) :

  • Pierre, Benoît, Xavier, Guillaume, David, Aurélien, Jordan et Nicolas.

Nous discutons également avec une personnes de l’équipe du CDI

Au cours d’un entretien en fin de matinée :

  • Philippe Gonod, professeur d’agro-équipement

En début d’après-midi, Anne assiste à la première partie du conseil d’exploitation :

  • Y sont présents les membres du conseil d’exploitation : l’équipe de direction du lycée, des représentants des professeurs, des représentants du personnel  et des représentants  du milieu agricole local (banque, centre de gestion  et exploitants agricoles).

En fin de journée, nous assistons à la distribution du Comptoir bio, distribution de produits bio diversifiés par des producteurs ardennais, qui se déroule tous les 15 jours à La Petite Brasserie Ardennaise. Nous y échangeons plus particulièrement avec deux producteurs :

  • Francis Portier, producteur de fruits, cidre, vinaigre et confitures à Grandchamp
  • Daniel Gilbert, maraîcher et boulanger à Givron

Le point de vue des résidentes

La rencontre que nous avons en fin de matinée avec Philippe Gonod, enseignant au lycée, nous permet d’avoir un échange enrichissant car critique sur notre sujet, sur les questions de circuits-courts, de restauration collective, mais aussi sur l’implication des élèves au sein de l’établissement, sur la notion de projet d’établissement, etc.

Le reste de l’après-midi et la soirée sont consacrés à la préparation de la présentation prévue le lendemain.

En fin de journée, nous nous échappons du Balcon des Ardennes une heure pour assister à la distribution du Comptoir bio, à laquelle nous retrouvons Justine Marin, rencontrée la veille sur l’exploitation maraîchère de Pascal Flandrin et où nous rencontrons deux autres producteurs. C’est un moment très plaisant qui nous permet, le temps de cette distribution, de nous immerger dans la réalité de ces fameux circuits-courts dont nous parlons. Dans ce contexte, les producteurs sont présents une fois tous les quinze jours (moins pour certains) pour distribuer leurs produits bio (ou en reconversion), commandés auparavant par les consommateurs du comptoir via le site internet de l’association qui joue le rôle d’intermédiaire commercial. Les producteurs nous font rapidement part de leur vision, de leur expérience, le ton est positif, le système semble leur convenir et même leur réussir.

La résidence se construit

Au sujet de « portraits-sensibles » réalisés par Hélène

Nous sommes convaincues que tenter de réaliser cette série de portraits, malgré cette course contre le temps que nous ne cessons d’évoquer, est une piste de travail intéressante. Prendre du temps (justement) avec nos interlocuteurs, les laisser déployer le fil de leur vie et voir comment cette dernière interagit avec les thématiques que nous sommes venus traiter nous permet d’opérer un va-et-vient entre subjectivité et objectivité, entre déclaration d’intention et réalités vécues sur le terrain.

Au sujet de nos tentatives de co-conception avec des élèves

Le temps de brainstorming en groupe réalisé avec des élèves sollicités au CDI sur leur temps de permanence (et donc de liberté pour se documenter, « traîner » sur Internet ou bouquiner des revues ou BD) nous pousse à remettre en cause l’ambition que nous avions mise dans la co-conception avec les élèves. Tout d’abord, il n’est pas si facile d’intéresser les élèves à notre sujet de la gastronomie régionale et des circuits-courts et puis il n’est pas facile de les faire rentrer dans un mode « participatif-actif ». Pour ceux qui se prennent au jeu et se dévoilent sur leurs goûts, les recettes ardennaises cuisinées à la maison, leur rapport à l’alimentation, etc., leur participation reste tout de même très limitée aux questions que nous posons. Le débat peine à se tisser entre les jeunes eux-mêmes et à dépasser l’énumération de ce que l’on aime ou n’aime pas.

Lorsque nous leur présentons oralement notre idée de réaliser un recueil de recettes qui puisse être un lien entre eux, entre générations d’élèves, entre élèves et personnel, nous ne recueillons pas un très grand enthousiasme…  Nous n’arriverons pas, dans ce cadre, et dans ce temps relativement court et peut-être trop informel pour les élèves à construire ensemble la trame de la fiche recette que nous voulions co-concevoir. Nous prenons conscience qu’ils nous auraient sans doute fallu mieux construire ces temps avec des professeurs ou les personnes du centre de documentation.

Concernant la préparation de la présentation hebdomadaire

Cette présentation prévue dans la méthodologie de Territoire en résidences est un temps fort de la semaine qui est essentiel mais un temps qui nécessite une longue préparation. Le nez dans le guidon pour faire avancer les ateliers que nous avons initiés, il nous faut aussi prendre du recul sur l’ensemble de la résidence, faire à la fois un travail de synthèse et se projeter dans ce que nous proposerons à l’établissement de développer d’ici la fin de la résidence.

Nous prenons le parti de faire ce travail par écrit, en listant atelier par atelier : les objectifs de l’atelier, là où nous en sommes de l’expérimentation, les phrases et anecdotes dites et entendues en lien avec le sujet de l’atelier, nos considérations sur l’expérimentation, ce que nous voulons ou avons prévu de faire d’ici la fin de la résidence et enfin les pistes de prolongement que nous imaginons pour l’établissement ou les autres acteurs impliqués à l’issue de notre immersion.

Résidence Circuits courts alimentaires à l’EPL du Balcon des Ardennes // Semaine 2 de résidence / Jeudi 10 juin

Résidence au Balcon des Ardennes / Semaine 2 - jeudi 10 juin

Nous avons rencontré…

Pour cette journée, l’équipe de résidentes est complétée par Romain Thevenet, chargé de mission de la 27e Région.

Pour les « portraits sensibles », nous nous entretenons avec :

  • Sébastien Vial, proviseur adjoint et
  • Patrick Fostier, l’un des fondateurs de la confrérie de la Cacasse à cul nu

Lors d’un rendez-vous à la Chambre d’Agriculture des Ardennes nous échangeons avec :

  • Bénédicte Le Clezio, responsable du SUAT (Service d’Aménagement du Territoire) et
  • Claire Pignon, conseillère diversification

Sur le temps du repas, plusieurs personnes de l’établissement viennent assister à la présentation de la résidence :

  • des membres de l’équipe de direction,
  • des professeurs du lycée et du CFPPA,
  • deux personnes du CDI du lycée,
  • la personne en charge de la communication
  • Julien Noirvache, de la direction lycées de la région Champagne-Ardenne, etc.

Pour un atelier avec la Confrérie de la Cacasse :

  • 5 membres de la Confrérie

Le point de vue des résidentes

L’entretien que nous avons à  la Chambre d’agriculture est particulièrement instructif, il nous permet d’avoir une autre vision sur le contexte des circuits-courts dans le département, centrée sur les agriculteurs-producteurs qui ont fait le pas vers la diversification et/ou de la vente directe. Nous retiendrons en particulier de cet échange que dans le département, l’offre en produits locaux de terroir reste encore nettement inférieure à la demande et que le potentiel de développement des circuits-courts reste énorme. L’échange que nous avons sur la question du développement du bio ou sur celle de l’approvisionnement des restaurants scolaires en produits locaux nous permet également d’affiner notre positionnement sur ces questions.

La matinée est consacrée à  l’installation de la présentation publique.

L’accrochage a lieu dans la salle de réception de la cantine de l’établissement, sur le temps du repas. Pour cette semaine, nous avons tenu à ouvrir la présentation à l’ensemble de l’établissement et à l’organiser dans un lieu qui soit un lieu partagé par tous. Il n’y a finalement que quelques personnes qui sont passées voir notre présentation, mais les échanges que nous avons eu ont été assez riches. Les participants se sont particulièrement attardés sur les photos exposées et les post-it relatant des phrases ou anecdotes entendues sur les différents sujets qui nous occupent.

Nous nous consacrons ensuite à l’organisation d’un atelier pour la confrérie de la Cacasse à cul nu.

Un moment réjouissant… Nous introduisons le temps d’atelier par un travail commun sur le « cycle de vie » de la Cacasse, du produit brut à la dégustation. Au travers de ce travail nous abordons ensemble la notion de circuit court et nous nous posons collectivement la question des démarches possibles de progrès. Cette réflexion nous permet d’introduire dans un second temps un jeu de rôle spécialement conçu pour l’occasion autour de l’objectif de la mise en place d’un concours et création d’un label par la confrérie de la Cacasse.

L’objectif du jeu, se remuer les méninges de façon ludique sur ce qui tient à cœur à la confrérie : la provenance des produits utilisés, la façon dont ils sont cuisinés, la recette, le mode de présentation, le prix etc. sont-ils des critères entrant en compte dans l’attribution d’un label qui serait attribué par la confrérie ?

Chaque groupe pioche des contraintes (ingrédients, mode de cuisson, lieu de distribution, etc.) avec lesquelles il doit ensuite composer pour réaliser sa cacasse qu’il doit ensuite défendre auprès des autres participants qui prennent le rôle de jurés. Les membres de la confrérie se prennent au jeu et tout le monde participe de bon cœur. On se retrouve avec une cacasse (plat populaire par excellence) servie en brochette dans un relais et château… ou encore avec une cacasse réalisée à partir de pommes de terre sous vide, mais épluchées main pour « créer de l’emploi »… Au travers du jeu, en conclusion, nous listons finalement l’ensemble des critères qui rentreraient en compte dans la labellisation de la cacasse.

La résidence se construit

À propos des rencontres et entretiens avec les acteurs du territoire

Les entretiens que nous avons avec les professionnels du territoire pour les questionner sur les problématiques qui nous intéressent dans le cadre de notre résidence, nous mettent plus que jamais face à l’importance d’acquérir une expertise fine sur les sujets qui nous préoccupent. Ces rencontres sont essentielles mais sont-elles suffisantes pour proposer des projets positionnés au juste niveau, en bonne connaissance du contexte local, du jeu d’acteurs, des problématiques économiques, etc. ?

Elles sont assez chronophages pour l’équipe sur le temps très court de la résidence et pourtant elles ne nous semblent jamais être assez longues pour comprendre l’ensemble du contexte. Ce qui pose la question pour ces résidences de l’importance « d’embarquer » un complice local sur une partie du temps de la résidence, qui connaisse particulièrement le ou les sujet(s) et soit disponible pour jouer le rôle « d’interprète », de guide dans le contexte de la résidence.

À propos de la présentation publique

Au travers de la présentation de la résidence, nous tentons de montrer l’état d’avancement de nos différents projets. Sur la table, une présentation très textuelle de l’état d’avancement de projets et ateliers. La forme choisie se révèle être trop détaillée pour être lue dans ce contexte, pas assez synthétique pour faire passer le message sur nos projets. Cependant, le fait de mettre à plat l’ensemble du travail réalisé nous permet de mieux mesurer le chemin parcouru et celui qui reste à parcourir en 3ème semaine pour réussir à formaliser certains de ces projets.

À propos du temps d’atelier « La Cacasse court-circuite »

Ce temps d’atelier avec la Confrérie de la Cacasse est une réussite. C’est pour nous une belle démonstration qu’un outil d’animation de réunion spécialement conçu pour l’occasion permet de faire sortir bien plus d’idées qu’une discussion en groupe informelle. D’autant qu’au travers du jeu, le sujet est abordé sous un angle constructif et positif, et le fait de se mettre dans la peau de… pour dénoncer telle ou telle pratique permet de faire tomber bien plus facilement les préjugés, les tabous, etc.

Nous projetons de renouveler l’expérience en développant sans doute un jeu du même registre dans le courant de la 3e semaine.

Résidence Circuits courts alimentaires à l’EPL du Balcon des Ardennes // Semaine 1 de résidence / Lundi 17 mai

Résidence au Balcon des Ardennes / Semaine 1 - lundi 17 mai

Nous avons rencontré…

Lors de cette première journée, l’équipe de résidents a rencontré successivement les personnes suivantes :

Dans le cadre d’une réunion de présentation de la résidence :

  • Philippe Gonot, professeur d’agro-équipement
  • Arnaud Petit, employé de l’exploitation agricole en charge de l’élevage de gibier
  • Céline Baradel, professeur de physique-chimie travaillant aussi sur l’exploitation
  • Sébastien Vial, directeur adjoint chargé de la formation lycée, que nous croiserons à nouveau à plusieurs reprises dans la journée
  • Jérémy André, responsable de l’atelier de transformation, que nous reverrons également plusieurs fois dans la journée
  • Sébastien Léonard, secrétaire général, que nous croiserons également à nouveau

Dans le cadre de la réunion de direction :

  • Étienne Vivier, proviseur de l’établissement que nous croiserons lui aussi à plusieurs reprises dans la journée
  • Antoine Scaillierez, directeur de l’exploitation agricole de l’établissement
  • Fabrice Savary, directeur du CFA / CFPPA
  • Sophie Lefort et son collègue tous deux CPE du lycée
  • l’animatrice du réseau des EPL de Champagne-Ardenne

Dans le cadre d’un cours de Jérémy André :

  • un demi-groupe de la classe de 3e
  • Stéphanie Wersinger, chargée de la communication de l’établissement

Au cours d’un entretien individuel :

  • Héléna Thébaud, professeur d’ESC

Le point de vue des résidentes

Cette première journée en immersion totale dans le lycée nous projette très rapidement dans le sujet même de la résidence : circuits courts, gastronomie régionale et enseignement agricole. Nous abordons la semaine par une découverte du fonctionnement de l’établissement, par une présentation de certaines des spécificités de l’enseignement agricole, etc.

Et puis nous avons la chance, dès ce premier jour, d’échanger sur le sujet des circuits-courts et de la gastronomie régionale avec une classe d’élèves de 3e. L’idée d’un premier projet voit déjà le jour : et si l’on essayait de monter ensemble un repas avec uniquement des aliments provenant de moins de 50 km ?

Nous présentons la raison de notre présence aux différentes personnes que nous rencontrons, le sujet de la résidence ainsi que nos méthodes en deux-trois mots. L’accueil est chaleureux, la semaine s’annonce constructive.

La résidence se construit…

Pour cette première journée, nous nous contentons de nous installer dans la salle mise à notre disposition par le lycée. La salle est située à proximité du CDI très fréquenté par les élèves et également lieu de passage pour les professeurs, et à proximité également de l’espace d’exposition de l’établissement dans lequel certains élèves passent du temps pendant leurs pauses, nous espérons que nous aurons de la visite.

Nous prenons également le temps d’organiser l’emploi du temps de cette première semaine.