Archives mensuelles : juillet 2013

TRANSFO PACA / SEMAINE 6 / Jour 4

En ce jeudi, 4° jour de notre semaine 6, nous reprenons le travail entamé en semaine 5 sur la question du Labo d’innovation, interne à la Région. Une douzaine d’agents nous ont rejoint ce jour.

Nous commençons par exposer les résultats de la précédente journée Labo : une charte des valeurs portées par le Labo, 3 hypothèses de fonctionnement issues des projets travaillés en semaine 5 (cf billet de blog correspondant) et un schéma présentant un processus commun de fonctionnement issu de la synthèse des propositions d’hypothèses.

Processus de travail du Labo

Dans un premier temps, les participants sont invités à revoir le processus de fonctionnement tant dans son organisation générale que dans les étapes qu’il propose : reformulation de la commande > étude documentaire/veille > étude utilisateur > prototypage > expérimentation > retour d’usages/évaluation.

Les participants se répartissent en 3 groupes et réfléchissent aux éléments à modifier, supprimer ou ré-inventer.

Le premier groupe décide de travailler sur un cas concret : l’idée de carte de transport unique pour tous les jeunes apprenants de la Région. Il insiste particulièrement sur la manière dont la commande arrive au labo en proposant une espace intitulé zone d’émergence / composteur à idées qui visent à nourrir, enrichir la commande initial. Ce groupe insiste sur l’identité du labo qui doit donner le droit à l’erreur, faire place à la créativité et bénéficier de protocoles souples. Les modes de productions du Labo doivent prendre le contre pied des modes de production classiques : réactivité, circuit court et utilisation des nouvelles technologies sont de mises.
carte-unique

Le deuxième groupe se concentre sur le détail des « phases » du processus. Avec la progression du projet dans les étapes, on passe dans différentes phases :
– Initiative de la commande
– Reformulation de la commande
– Problématisation et modélisation
– Etude documentaire et veille en parallèle de l’études de terrain, ce qui compose un diagnostic
– A partir du diagnostic on produit des concepts préliminaires, des hypothèses conceptuelles que l’on va évaluer
– Prototype
– Evaluation du prototype
– Mise en oeuvre du projet au sein de la collectivité
– Suivi et évaluation de l’action

Le groupe insiste sur le fait que le processus n’indique en rien la manière dont sont menées chacune des étapes (avec co-conception ou non). les conditions de réussite du travail du Labo sont la mobilisation permanent de l’ecosystème des acteurs concernés, des aller-retours permanents avec la gouvernance du projet (élus, services), l’implication du service qui va mettre en oeuvre le projet et un processus de travail dynamique (possibilité de revenir à des phases antérieures si nécessaire).
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Le troisième groupe se concentre sur le processus en lui-même et la succession des étapes. Avant même de reformuler la commande, il faut bien évidemment qu’il y ait commande. Cette commande constitue le point d’entrée dans le processus du labo. Les étapes « étude documentaire » et « étude utilisateur » ne sont plus distinguées mais associées au sein d’une même étape (ce qui veut dire qu’il semble nécessaire de faire l’une et l’autre). Pour les participants, c’est le nœud central du processus, c’est à dire qu’à tous moment on pourra à nouveau s’y référer. Ensuite, et avant qu’il y ait prototypage, il doit y avoir une proposition, celle-ci amenant en effet à un prototypage puis une expérimentation et une évaluation sur le terrain (retour d’usage). A partir de cette réflexion, le groupe propose de revoir la forme du processus afin de la rendre plus cohérente avec les intentions. Il décide de produire un schéma sous la forme d’un huit avec une entrée et une sortie (le projet ne doit pas tourner à l’infini dans le Labo), le nœud central représentant l’étude utilisateur et l’étude documentaire. La boucle du bas peut ainsi être bouclée plusieurs fois si la première proposition amène à une expérimentation peu satisfaisante.
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Il ressort de la matinée qu’il faudra très certainement faire la synthèse des 3 propositions plutôt qu’en choisir une, les participants ayant choisi des approches très différentes mais surtout très complémentaires.

Après une pause repas, étouffés par la chaleur qui règne en salle Notre-Dame, nous nous rapatrions en salle Verdon pour la suite des réflexions. Avec une température nettement moins élevée, l’inspiration et le courage reviennent pour l’après-midi.

Le visage du Labo se dessine

L’équipe :

1. Deux ou trois permanents : ils identifient les équipes et les ressources nécessaires, prennent en charge l’amont et l’aval, ont un rôle d’information et d’animation interne, ils coordonnent les actions du labo, ils prennent en charge la capitalisation.
2. Les agents “transversaux” / “volontaires” / “transformers” : sont sollicités sans que ce soit leur domaine d’expertise, ils sont des supports pour la méthode, des regards extérieurs, du « poil à gratter »…
3. Les agents “ressources” : ils ont une expertise sur le sujet
4. Les prestataires externes : AMO notamment pour les designers qui doivent rester extérieurs à la Région.

Nous abordons également la position du Labo dans l’organigramme de la Région, ainsi que sa gouvernance. Des discussions à approfondir à la rentrée …

TRANSFO PACA / SEMAINE 6 / Jours 2 et 3

« Mon avenir Num’ERIC »
Expérimentation/ Transfo PACA

Au programme de ces mardi et mercredi, deux ateliers qui se déroulent chacun dans un ERIC-Cyber-base:  Le mardi, celui de Martigues, dédié à l’emploi et localisé dans la maison de la formation et de l’emploi, à côté des locaux de la mission locale, et le mercredi, celui de la Seyne-sur-Mer, localisé dans le quartier Berthe (où nous avons déjà organisé des rencontres durant la semaine 5)

Ces ateliers rassemblent  des jeunes pas ou peu diplômés, et intéressés par le secteur numérique, des conseillers missions locales et des animateurs multimédias, pour travailler sur les représentations liées aux métiers du numérique, sur les qualités acquises et à acquérir, les besoins en formation, etc… C’est la première étape de notre expérimentation « Mon avenir num’ERIC » et de la réflexion que nous voulons alimenter sur:

– La manière dont on peut repérer des appétences numériques chez les jeunes non qualifiés dans les missions locales et les espaces publics numériques;

– La manière dont on peut faire évoluer l’offre de formation « numérique » de la Région PACA notamment au sein de ses dispositifs de droit commun (ETAPS, ETAQ, EOEP) qui sont accessibles aux personnes  peu qualifiées et quels dispositifs de certification pourraient être à créer.

– La manière dont on peut faire des espaces publics numériques (EPN) des « lieux ressources » pour l’emploi des jeunes -notamment dans le secteur numérique- tout en sensibilisant et mobilisant les employeurs (du secteur numérique et des autres secteurs) vis à vis d’un public de  « jeunes peu qualifiés »  sur des postes nécessitant des compétences informatiques/numériques.

Déroulement de l’atelier
Cet atelier a été conçu en partenariat avec l’association Fréquence Ecoles (http://www.frequence-ecoles.org/) et avec Fabien Labarthe, sociologue de la culture, des usages des outils numériques et de l’innovation sociale.

L’atelier a été conçu en trois temps :  d’abord un travail en trois groupes respectifs (jeunes, conseillers missions locales et animateurs multimédia) pour travailler sur les représentations de chacun sur les métiers du secteur. Chaque groupe est invité à citer des métiers, en lister les activités, les outils et les qualités nécessaires. Les jeunes peuvent ensuite s’exprimer sur la manière dont ils se projettent, ou non, dans le métier en question, ce qui leur plaît et ne leur plaît pas dans celui-ci. Les conseillers missions locales et multimédias sont là pour dire s’ils jugent le métier accessible à des jeunes peu qualifiés et ce qu’il faudrait faire pour leur en faciliter l’accès et pour les aider à y évoluer.

Dans un deuxième temps, les jeunes, individuellement et supportés par un conseiller ML ou multimédia, sont invités à découvrir le métier »d’assistant technicien pédagogique en lycée »,  et à réfléchir sur les qualités qu’ils pensent avoir pour exercer le métier et sur les compétences qu’ils pensent devoir acquérir. L’exercice de projection va jusqu’à la manière dont pourrait se passer leur entretien de recrutement afin qu’ils puissent aux mieux montrer leurs qualités aux recruteurs et et jusqu’aux formes pédagogiques avec lesquelles ils souhaiteraient acquérir les compétences manquantes. Avec cette séance, nous espérons apporter des éléments concrets à la Région qui est l’employeur de ces « assistants pédagogiques » et qui est responsable de leur recrutement.

Le troisième temps est une discussion autour de la mise en commun des travaux effectués le matin sachant que nous avons prévu un témoignage de professionnels du numérique – sur leur métier et leur parcours (témoignage qui n’aura finalement lieu qu’à La Seyne-sur-Mer).

L’atelier de Martigues

Chacune des deux missions locales a mobilisé une bonne quinzaine de jeunes qui ont confirmé leur intention d’être présents. Mais lorsque nous arrivons à Martigues, seuls deux jeunes sont présents au rendez-vous.

Les deux jeunes présents à Martigues sont en recherche d’emploi depuis l’automne dernier après avoir décroché un bac pro en ‘informatique et réseau’. Ils viennent de la ville « voisine » de Port de Bouc et sont ravis de cette opportunité de briser leur isolement et d’échanger  longuement avec nous sur leurs connaissances, leurs envies et leur problématique d’emploi et d’avenir professionnel. Ils ont, de par leur diplôme, une connaissance des métiers du numérique et ils possèdent des compétences dans le domaine. En même temps, ils perçoivent bien et valorisent, à côté de la dimension technique,  la dimension sociale d’animation et d’accompagnement des élèves qui caractérise le métier d’assistant technicien pédagogique en lycée. Ils mettent en priorité ‘la mise en situation’, y compris dans les lycées, comme forme de recrutement à même de rendre visible ce qu’ils savent et ce qu’ils aiment faire. Et concernant la formation, ils pensent mieux apprendre en partageant leurs savoirs et plébiscitent l’échange avec d’autres jeunes et avec des professionnels comme moyen de formation.

Dès ce premier jour à Martigues et dans la discussion commune que nous avons l’après-midi, émerge l’idée de mettre au point un outil support à l’orientation et au  recrutement type QCM (Questions à Choix Multiples) permettant aux  jeunes de montrer comment ils abordent la résolution de différents problèmes et de les orienter progressivement vers différentes métiers/filières de formation. Un outil ludique, permettant l’interaction avec les autres, proche du jeu de société dans sa forme. Une idée qui donnerait toute sa place aux ressources que sont les ERIC-Cyber-bases tant pour développement d’un tel outil  que pour le tester (et à long terme, l’animer) avec les jeunes.

L’atelier de la Seyne-sur-Mer

Les 5 jeunes présents à l’atelier organisé à  l’ERIC-cyber-base de la Seyne-sur-Mer ont des profils et parcours divers, des connaissances de niveaux variés en matière de numérique, deux d’entre eux formulant des projets professionnels précis, comme devenir  infographiste et game designer. Il est intéressant de constater que selon leur parcours, leurs goûts, leurs affinités, les jeunes donnent des teintes très différentes aux « métiers du numérique », qui correspondent aux différentes qualités ou compétences relatives à ces métiers : la dimension technique, la dimension créative et la dimension sociale. Cela montre que « les métiers du numériques » recouvrent une diversité de pratiques, qui peut correspondre à des « profils » variés.

En termes de modalités pour acquérir de nouvelles compétences, ils ne choisissent pas en priorité les supports multimédias ou le serious game pour se former mais bien l’échange de savoirs avec d’autres jeunes et le travail en petits groupes. Nous constatons que ces jeunes qui ont vécu des situations d’échec dans le cadre de leur parcours scolaire, sont particulièrement soucieux de ne pas, à nouveau, être confrontés à l’échec mais sont en demande de situation où ils se sentent en confort et accompagnés. Ce groupe de jeunes privilégie aussi la mise en situation comme la plus appropriée pour leur permettre de montrer ce qu’ils savent faire et notre proposition, élaborée la veille, de développer un outil QCM évolutif remporte l’adhésion et leur intérêt pour contribuer (tout comme l’animateur multimédia) à le concevoir et à le tester.

La matinée et le déjeuner sont riches d’échanges et sont suivis d’un temps de témoignage, via Skype, avec deux animateurs du Hublot, ERIC-Cyber-base de Nice, engagés sur un projet de webcartoons. Leur témoignage a le mérite de confirmer aux jeunes qui les écoutent qu’il n’y a pas de chemin tout tracé d’avance vers un métier du numérique, mais que l’acquisition des compétences nécessaires à un métier peut se faire le long d’un parcours d’expériences et d’opportunités de formations variées.

Les participants repartent satisfaits de la journée. Ils ont découvert des métiers, des activités (relatifs aux FAB LABS par exemple) et même des techniques (l’imprimante 3D) dont ils n’avaient pas entendu parler et ils ont tous rendus visibles (comme ceux de la veille) leurs intérêts et leur profil par rapport à un avenir potentiel dans le numérique – et le projet num’ERIC.

Ces deux journées ont également montré l’importance de sensibiliser les conseillers des missions locales à ces « métiers du numérique » souvent méconnus,  et ont conforter l’idée qu’il pouvait être intéressant de développer un outil partagé entre les différentes acteurs de l’emploi des jeunes sur les territoires, de connaissance de ce secteur et de repérage des appétences « numériques » chez les jeunes.

Transfo Pays de la Loire / semaine 7 / Fin de semaine

D’une certaine façon, la semaine 6 nous avait fait passer un cap. D’un coup, nous travaillions directement et à la vue de tous sur une vision d’ensemble de la construction des politiques publiques et par la même sur le but ultime de nos 2 années d’expérimentation : la mise en place d’une fonction innovation. Les réactions étaient nombreuses et positives. Comme si, enfin, nous nous attaquions au sujet. Pourtant cela n’était que la suite logique d’une réflexion-action de fond lancée plus d’un an auparavant… Mais il faut bien avouer que ce passage marqué du travail de quelques sujets « parmi d’autres » (comme si la « prospective participative » et l’orientation étaient des petits sujets…) au travail sur l’innovation dans la création des politiques publiques avait un côté spectaculaire et naturellement dynamisant !

Au contraire, la semaine 7 nous a vu replonger dans un travail plus souterrain. Maintenant que nos modes opératoires ont été esquissés, il faut vite les tester et cela est passé tout au long de la semaine par des temps de préparation toujours productifs mais parfois fastidieux. Qui plus est, pour les agents de la future fonction innovation, ce passage du statut de participants à nos ateliers à celui de porteur de la démarche a concrétisé un nombre important de questions soulevées depuis le début de la Transfo et en a révélé d’autres. Au final, c’est donc une équipe motivée mais visiblement inquiète qui boucle avec nous cette nouvelle semaine en étant consciente des nombreuses choses qui restent encore à préciser et à valider dans les faits, ainsi que de l’ampleur de la tâche.

Jeudi et vendredi après-midi en particulier, sont réservés à préciser les conditions de travail de la fonction innovation, celles qui seront le plus à même, selon toutes les compétences et expériences réunies autour de la table, de permettre aux projets d’aboutir et à la culture de l’innovation d’essaimer. Ainsi sont dessinées les bases (sous la forme d’un chèque en blanc et d’un casque protecteur) de la demande que nous allons faire passer à la Direction Générale pour le cadre de la fonction innovation. Les choses avancent bien avec notamment une dissociation claire entre l’objet du travail et les méthodes utilisées : si le choix d’un sujet de travail pour la fonction doit être discuté avec la DG avant de pouvoir engager du temps et des moyens, les méthodes utilisées doivent en revanche être libres ! Tout le monde se rend bien compte du profond changement d’état d’esprit que cela implique… C’est donc tout logiquement lors de ces séances de jeudi et vendredi que la belle énergie passée en début de semaine dans l’avancée sur nos 3 tests en cours a quelque peu cédé la place à la crainte de ne pas être à la hauteur, de ne pas être légitime ou de n’avoir pas assez de marge de manoeuvre pour mener à bien la fonction innovation.

Les conditions nécessaire à la fct innovation

Les conditions nécessaire à la fct innovation

Face à ces craintes et grâce à une bonne ambiance de travail intacte, les résidents de l’équipe Transfo s’attachent à rappeler le chemin parcouru et nous constatons collectivement en quoi la situation de la future fonction innovation se rapproche finalement de celle de notre petite équipe de résidents : une légitimité jamais totalement acquise, un rôle de faux naïf à assumer, une prise de recul à défendre et des façons de travailler à ré-imaginer et renégocier en permanence. Les contreparties sont indéniables avec tout d’abord le plaisir de voir avancer les projets et la stimulation que cela procure. Mais pour le reste ? La prise de risque est importante, sera-t-elle valorisée à sa juste hauteur ? En cas de blocage, comment éviter que cela retombe sur les agents qui se seront engagés ?

Au terme de cette belle semaine, l’équipe de résidents partage sans ambages avec les collègues agents la réalité de nos métiers respectifs. En particulier, nous rappelons le plus clairement possible que, même avec toutes les conditions réunies, même dans le cadre le mieux défini possible, une équipe innovation ne pourra réellement fonctionner que si de façon collective et individuelle, ses membres assument et entretiennent leur rôle de poil à gratter ou, pour reprendre une expression chère à la 27e Région, de « pirates bienveillants ».

Or, sans caricaturer, cette attitude est aujourd’hui vite prise pour de la rébellion dans une grande organisation hiérarchisée comme un Conseil régional. Demain peut-être (nous l’espérons !), les pratiques que nous expérimentons seront plus habituelles et intégrées mais d’ici là, comment dépasser cet état de fait ? Comment, avec les moyens actuels, faire débuter quelque chose qui permettra une progressive montée en puissance ?

Les résidents en sont convaincus, notre retour à un travail moins exposé, appuyé sur toutes les productions précédentes, a permis cette semaine des avancées profondes, peut-être moins spectaculaires vues de l’extérieur mais qui à nos yeux valent largement celles de la semaine 6. Rendez-vous en semaine 8 pour voir les choses évoluer et réapparaître au grand jour avec notamment les résultats des tests lancés en semaine 7, peut-être de nouveaux bons points à mettre dans l’escarcelle de la fonction naissante !

Des agents de plus en plus porteurs de la démarche ! ;)

Des agents de plus en plus porteurs de la démarche ! 😉

Transfo Pays de la Loire / Semaine 7 / Le démarreur bienveillant

Les travaux de la précédente semaine avaient mis en évidence une des missions fondamentales de la future fonction innovation : celle de réussir la commande politique via un mode opératoire nommé « le démarreur bienveillant ».

Voici la manière dont il se présente : « Pour permettre aux élus de clarifier une idée avant de la soumettre à leur collègues ou d’en faire une commande pour les services, il faut pouvoir réinterroger la problématique de départ. Dans ce but, la fonction innovation propose aux élus qui le souhaitent d’organiser un temps d’échange assez court avec quelques agents (et éventuellement des ressources extérieures), dans un cadre de bienveillance réciproque. En créant cet espace neutre, les participants ont pour unique objectif que la commande politique soit précisée afin de lancer un dynamique initiale de projet plus efficace, autant dans sa finalité que dans sa mise en œuvre. »

clm_0259-1C’est sur la base de cette proposition que l’équipe de résidents est repartie pour traiter ce sujet central. Notre parti pris fut de tenter un premier test grandeur nature dès la semaine 7, pour nous permettre d’identifier ses conditions de réussite.

Les conditions du test :

Nous avons opté pour la mise en pratique suivante :
un lieu neutre = l’espace de documentation du Conseil Régional, fermé au public le mercredi matin et donc tout à notre disposition pour y aménager un espace préservé/décalé.

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un élu en questionnement sur une future commande = Nous avons proposé à Françoise Gentil, membre de la Commission « Finances, personnel, affaires générales, travaux, communication et démocratie » au sein de laquelle elle est déléguée à la démocratie, de participer à notre expérience. En lien avec le programme la Transfo depuis le début du fait de son implication dans la mise en place des Assises régionales sur la prospective et notamment des Ateliers du futur, elle nous a fait part de son intérêt pour ce mode opératoire lors de l’exposition de la semaine 6. Aussi, sa réponse a été de suite positive.

un sujet = les questionnements de Françoise Gentil portaient notamment sur la suite des Assises et des démarches citoyennes mises en place à cette occasion. Quelle retour pouvait initier la région à destination de l’ensemble des territoires locaux ? Pour valider ce sujet, l’élue en fit part en amont de la semaine 7 au cabinet. Et quelle ne fut pas sa déception de constater que, du fait d’un manque de connaissance de la démarche de la Transfo en interne de la région, celui-ci finit par refuser ce sujet pour en proposer un autre à savoir « quel place des habitants dans les politiques régionales? ». Trop général pour être traiter comme tel, et en désaccord avec les objectifs même de ce premier test, nous avons pris la décision de repartir du sujet identifié par Françoise Gentil. Cette situation de blocage nous informe dans tous les cas que pour pérenniser ce mode opératoire au sein de la région, il sera nécessaire d’assurer un meilleur suivi politique.

des discutants = nous avons proposé à deux agents régionaux présents dans le cadre de la Transfo de participer au test : Antoine Foucault, de la DPSDD et connaissant très bien la démarche participative jusque là mise en œuvre, et Alice Thauvin, de la DC, n’étant pas experte du sujet mais ayant un recul intéressant sur la gestion de projets à la région.

l’animation de séance = elle était pensée de façon autogérée par les 3 participants, autant sur la gestion de leur temps de parole, que de rendu final.

des observateurs = pour pouvoir prendre du recul sur ce test et identifier ses marges d’amélioration, 5 personnes se sont portées volontaires pour être observateurs. Une grille de questionnement leur a été proposée en début de séance pour les guider dans leur analyse.

un timing = la séance s’est tenue un matin, avec un crédit temps d’1h30.

Le déroulé du démarreur #1

Après une très rapide présentation de la démarche et de ses objectifs, nous avons laissé place au test dans les conditions décrites ci-dessous. La séance a duré 1 heure, les trois participants considérant ce temps comme suffisant.

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3 phases dans leur échange ont pu être identifiées par les observateurs :
– une présentation assez conséquente du contexte des assises et des suites attendues.
– la définition collective des hypothèses possibles pour la mise en place du projet
– un questionnement et la sélection d’options de mise en œuvre opérationnelle.

Quels premiers constats ?

> Le lieu choisi est intéressant. il est calme et a permis d’instaurer une bonne écoute et un climat de disponibilité entre les participants.

> Le timing du mode opératoire est circonscrit et dynamique. Pour autant, il a posé question à certains observateurs, qui considéraient qu’il ne permettait pas aux agents de bien s’approprier le sujet et d’apporter des propositions plus précises. Cette réflexion rejoint celle de l’objet du démarreur bienveillant. L’envie est grande qu’il puisse répondre à la fois au questionnement de la commande, à une réflexion sur la possibilité de mise en œuvre, à une prise de décision sur le pilotage du projet…

> Le choix des discutants a permis de stimuler la réflexion. la posture de l’agent « candide » du sujet permettait de reposer régulièrement le cadre du débat quand l’agent « expert » pouvait interagir avec l’élue de pair à pair. Lors du test, il a été constaté un glissement du binôme 1 élue/2 agents, à 2 experts/1 néophyte du sujet abordé. Cette situation a remis en cause la pertinence la présence de seulement 3 personnes lors du démarreur : est qu’un 2e néophyte serait de rigueur pour faciliter la remise en question bienveillante du sujet? N’est ce pas trop de moyen pour ce temps sans enjeu opérationnel?
Autre interrogation relevée, celle de la préparation du sujet en amont de la séance : faut il fournir aux agents de la documentation? Si cette solution peut réduire le temps de présentation du contexte, cela peut aussi engendrer des idées préconçues et un manque d’écoute.

> Plusieurs biais ont été relevés concernant le choix du sujet. Il s’agit de la continuité d’une politique publique et non d’une nouvelle commande. De plus, le temps de préparation pour ce test a manqué à l’élue du fait du contexte décrit plus haut.
Lors du débriefing, il a été clarifié que dans tous les cas, l’élu participant viendrait toujours avec un sujet sous forme de question.

> Concernant les « résultats » du test sur la commande politique, au consensus, l’ensemble des participants ont considéré que le cadre de la discussion était bien installé : l’absence de filtre entre interlocuteur et le climat de confiance et d’écoute étaient au rendez vous. Par contre, ce test interroge sur les objectifs du démarreur bienveillant et sa déclinaison opérationnelle. Le sujet a beaucoup été traité sous l’angle de la gestion de projet, et n’a pas forcément été beaucoup creusé dans sa finalité et son but. La controverse, ou le challenge de la commande n’a pas forcément pu aboutir sous cette forme.

> La présence d’Antoine de la DPSDD, impliqué dans la mise en œuvre des Assises Régionales, la rédaction du document stratégique et dans sa future diffusion au sein des territoires, a soulevé un questionnement sur la suite du démarreur. Que fait on des échanges qui ont eu lieu? Comment les valide t on ? A qui en fait-on part? Décide t on ensemble d’un chef de projet ? …
De façon plus générale, la question du livrable de fin de séance s’est posée. Pour garder une trace des échanges tenus, mais aussi valoriser le temps des agents impliqués, il pourrait être intéressant de mobiliser une quatrième personne (de la future fonction innovation?) qui serait présente tout au long de l’échange pour prendre à chaud le compte rendu. Celui-ci pourrait ensuite être transmis aux participants et aux directions des deux agents.

Et la suite ?

Ce test, très enrichissant, nous donne beaucoup de matériel pour avancer sur la mise en œuvre concrète du « démarreur bienveillant ».
Au programme de la semaine 8, nous prévoyons de refaire des tests grandeur nature, en prenant en compte les remarques et questionnements mis en évidence cette semaine, pour à terme, envisager sa pérennité au sein du Conseil Régional.