Archives de Catégorie: PACA – Semaine 6

TRANSFO PACA / SEMAINE 6 / Jour 4

En ce jeudi, 4° jour de notre semaine 6, nous reprenons le travail entamé en semaine 5 sur la question du Labo d’innovation, interne à la Région. Une douzaine d’agents nous ont rejoint ce jour.

Nous commençons par exposer les résultats de la précédente journée Labo : une charte des valeurs portées par le Labo, 3 hypothèses de fonctionnement issues des projets travaillés en semaine 5 (cf billet de blog correspondant) et un schéma présentant un processus commun de fonctionnement issu de la synthèse des propositions d’hypothèses.

Processus de travail du Labo

Dans un premier temps, les participants sont invités à revoir le processus de fonctionnement tant dans son organisation générale que dans les étapes qu’il propose : reformulation de la commande > étude documentaire/veille > étude utilisateur > prototypage > expérimentation > retour d’usages/évaluation.

Les participants se répartissent en 3 groupes et réfléchissent aux éléments à modifier, supprimer ou ré-inventer.

Le premier groupe décide de travailler sur un cas concret : l’idée de carte de transport unique pour tous les jeunes apprenants de la Région. Il insiste particulièrement sur la manière dont la commande arrive au labo en proposant une espace intitulé zone d’émergence / composteur à idées qui visent à nourrir, enrichir la commande initial. Ce groupe insiste sur l’identité du labo qui doit donner le droit à l’erreur, faire place à la créativité et bénéficier de protocoles souples. Les modes de productions du Labo doivent prendre le contre pied des modes de production classiques : réactivité, circuit court et utilisation des nouvelles technologies sont de mises.
carte-unique

Le deuxième groupe se concentre sur le détail des « phases » du processus. Avec la progression du projet dans les étapes, on passe dans différentes phases :
– Initiative de la commande
– Reformulation de la commande
– Problématisation et modélisation
– Etude documentaire et veille en parallèle de l’études de terrain, ce qui compose un diagnostic
– A partir du diagnostic on produit des concepts préliminaires, des hypothèses conceptuelles que l’on va évaluer
– Prototype
– Evaluation du prototype
– Mise en oeuvre du projet au sein de la collectivité
– Suivi et évaluation de l’action

Le groupe insiste sur le fait que le processus n’indique en rien la manière dont sont menées chacune des étapes (avec co-conception ou non). les conditions de réussite du travail du Labo sont la mobilisation permanent de l’ecosystème des acteurs concernés, des aller-retours permanents avec la gouvernance du projet (élus, services), l’implication du service qui va mettre en oeuvre le projet et un processus de travail dynamique (possibilité de revenir à des phases antérieures si nécessaire).
jaune-bleu

Le troisième groupe se concentre sur le processus en lui-même et la succession des étapes. Avant même de reformuler la commande, il faut bien évidemment qu’il y ait commande. Cette commande constitue le point d’entrée dans le processus du labo. Les étapes « étude documentaire » et « étude utilisateur » ne sont plus distinguées mais associées au sein d’une même étape (ce qui veut dire qu’il semble nécessaire de faire l’une et l’autre). Pour les participants, c’est le nœud central du processus, c’est à dire qu’à tous moment on pourra à nouveau s’y référer. Ensuite, et avant qu’il y ait prototypage, il doit y avoir une proposition, celle-ci amenant en effet à un prototypage puis une expérimentation et une évaluation sur le terrain (retour d’usage). A partir de cette réflexion, le groupe propose de revoir la forme du processus afin de la rendre plus cohérente avec les intentions. Il décide de produire un schéma sous la forme d’un huit avec une entrée et une sortie (le projet ne doit pas tourner à l’infini dans le Labo), le nœud central représentant l’étude utilisateur et l’étude documentaire. La boucle du bas peut ainsi être bouclée plusieurs fois si la première proposition amène à une expérimentation peu satisfaisante.
schema-8

Il ressort de la matinée qu’il faudra très certainement faire la synthèse des 3 propositions plutôt qu’en choisir une, les participants ayant choisi des approches très différentes mais surtout très complémentaires.

Après une pause repas, étouffés par la chaleur qui règne en salle Notre-Dame, nous nous rapatrions en salle Verdon pour la suite des réflexions. Avec une température nettement moins élevée, l’inspiration et le courage reviennent pour l’après-midi.

Le visage du Labo se dessine

L’équipe :

1. Deux ou trois permanents : ils identifient les équipes et les ressources nécessaires, prennent en charge l’amont et l’aval, ont un rôle d’information et d’animation interne, ils coordonnent les actions du labo, ils prennent en charge la capitalisation.
2. Les agents “transversaux” / “volontaires” / “transformers” : sont sollicités sans que ce soit leur domaine d’expertise, ils sont des supports pour la méthode, des regards extérieurs, du « poil à gratter »…
3. Les agents “ressources” : ils ont une expertise sur le sujet
4. Les prestataires externes : AMO notamment pour les designers qui doivent rester extérieurs à la Région.

Nous abordons également la position du Labo dans l’organigramme de la Région, ainsi que sa gouvernance. Des discussions à approfondir à la rentrée …

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TRANSFO PACA / SEMAINE 6 / Jours 2 et 3

« Mon avenir Num’ERIC »
Expérimentation/ Transfo PACA

Au programme de ces mardi et mercredi, deux ateliers qui se déroulent chacun dans un ERIC-Cyber-base:  Le mardi, celui de Martigues, dédié à l’emploi et localisé dans la maison de la formation et de l’emploi, à côté des locaux de la mission locale, et le mercredi, celui de la Seyne-sur-Mer, localisé dans le quartier Berthe (où nous avons déjà organisé des rencontres durant la semaine 5)

Ces ateliers rassemblent  des jeunes pas ou peu diplômés, et intéressés par le secteur numérique, des conseillers missions locales et des animateurs multimédias, pour travailler sur les représentations liées aux métiers du numérique, sur les qualités acquises et à acquérir, les besoins en formation, etc… C’est la première étape de notre expérimentation « Mon avenir num’ERIC » et de la réflexion que nous voulons alimenter sur:

– La manière dont on peut repérer des appétences numériques chez les jeunes non qualifiés dans les missions locales et les espaces publics numériques;

– La manière dont on peut faire évoluer l’offre de formation « numérique » de la Région PACA notamment au sein de ses dispositifs de droit commun (ETAPS, ETAQ, EOEP) qui sont accessibles aux personnes  peu qualifiées et quels dispositifs de certification pourraient être à créer.

– La manière dont on peut faire des espaces publics numériques (EPN) des « lieux ressources » pour l’emploi des jeunes -notamment dans le secteur numérique- tout en sensibilisant et mobilisant les employeurs (du secteur numérique et des autres secteurs) vis à vis d’un public de  « jeunes peu qualifiés »  sur des postes nécessitant des compétences informatiques/numériques.

Déroulement de l’atelier
Cet atelier a été conçu en partenariat avec l’association Fréquence Ecoles (http://www.frequence-ecoles.org/) et avec Fabien Labarthe, sociologue de la culture, des usages des outils numériques et de l’innovation sociale.

L’atelier a été conçu en trois temps :  d’abord un travail en trois groupes respectifs (jeunes, conseillers missions locales et animateurs multimédia) pour travailler sur les représentations de chacun sur les métiers du secteur. Chaque groupe est invité à citer des métiers, en lister les activités, les outils et les qualités nécessaires. Les jeunes peuvent ensuite s’exprimer sur la manière dont ils se projettent, ou non, dans le métier en question, ce qui leur plaît et ne leur plaît pas dans celui-ci. Les conseillers missions locales et multimédias sont là pour dire s’ils jugent le métier accessible à des jeunes peu qualifiés et ce qu’il faudrait faire pour leur en faciliter l’accès et pour les aider à y évoluer.

Dans un deuxième temps, les jeunes, individuellement et supportés par un conseiller ML ou multimédia, sont invités à découvrir le métier »d’assistant technicien pédagogique en lycée »,  et à réfléchir sur les qualités qu’ils pensent avoir pour exercer le métier et sur les compétences qu’ils pensent devoir acquérir. L’exercice de projection va jusqu’à la manière dont pourrait se passer leur entretien de recrutement afin qu’ils puissent aux mieux montrer leurs qualités aux recruteurs et et jusqu’aux formes pédagogiques avec lesquelles ils souhaiteraient acquérir les compétences manquantes. Avec cette séance, nous espérons apporter des éléments concrets à la Région qui est l’employeur de ces « assistants pédagogiques » et qui est responsable de leur recrutement.

Le troisième temps est une discussion autour de la mise en commun des travaux effectués le matin sachant que nous avons prévu un témoignage de professionnels du numérique – sur leur métier et leur parcours (témoignage qui n’aura finalement lieu qu’à La Seyne-sur-Mer).

L’atelier de Martigues

Chacune des deux missions locales a mobilisé une bonne quinzaine de jeunes qui ont confirmé leur intention d’être présents. Mais lorsque nous arrivons à Martigues, seuls deux jeunes sont présents au rendez-vous.

Les deux jeunes présents à Martigues sont en recherche d’emploi depuis l’automne dernier après avoir décroché un bac pro en ‘informatique et réseau’. Ils viennent de la ville « voisine » de Port de Bouc et sont ravis de cette opportunité de briser leur isolement et d’échanger  longuement avec nous sur leurs connaissances, leurs envies et leur problématique d’emploi et d’avenir professionnel. Ils ont, de par leur diplôme, une connaissance des métiers du numérique et ils possèdent des compétences dans le domaine. En même temps, ils perçoivent bien et valorisent, à côté de la dimension technique,  la dimension sociale d’animation et d’accompagnement des élèves qui caractérise le métier d’assistant technicien pédagogique en lycée. Ils mettent en priorité ‘la mise en situation’, y compris dans les lycées, comme forme de recrutement à même de rendre visible ce qu’ils savent et ce qu’ils aiment faire. Et concernant la formation, ils pensent mieux apprendre en partageant leurs savoirs et plébiscitent l’échange avec d’autres jeunes et avec des professionnels comme moyen de formation.

Dès ce premier jour à Martigues et dans la discussion commune que nous avons l’après-midi, émerge l’idée de mettre au point un outil support à l’orientation et au  recrutement type QCM (Questions à Choix Multiples) permettant aux  jeunes de montrer comment ils abordent la résolution de différents problèmes et de les orienter progressivement vers différentes métiers/filières de formation. Un outil ludique, permettant l’interaction avec les autres, proche du jeu de société dans sa forme. Une idée qui donnerait toute sa place aux ressources que sont les ERIC-Cyber-bases tant pour développement d’un tel outil  que pour le tester (et à long terme, l’animer) avec les jeunes.

L’atelier de la Seyne-sur-Mer

Les 5 jeunes présents à l’atelier organisé à  l’ERIC-cyber-base de la Seyne-sur-Mer ont des profils et parcours divers, des connaissances de niveaux variés en matière de numérique, deux d’entre eux formulant des projets professionnels précis, comme devenir  infographiste et game designer. Il est intéressant de constater que selon leur parcours, leurs goûts, leurs affinités, les jeunes donnent des teintes très différentes aux « métiers du numérique », qui correspondent aux différentes qualités ou compétences relatives à ces métiers : la dimension technique, la dimension créative et la dimension sociale. Cela montre que « les métiers du numériques » recouvrent une diversité de pratiques, qui peut correspondre à des « profils » variés.

En termes de modalités pour acquérir de nouvelles compétences, ils ne choisissent pas en priorité les supports multimédias ou le serious game pour se former mais bien l’échange de savoirs avec d’autres jeunes et le travail en petits groupes. Nous constatons que ces jeunes qui ont vécu des situations d’échec dans le cadre de leur parcours scolaire, sont particulièrement soucieux de ne pas, à nouveau, être confrontés à l’échec mais sont en demande de situation où ils se sentent en confort et accompagnés. Ce groupe de jeunes privilégie aussi la mise en situation comme la plus appropriée pour leur permettre de montrer ce qu’ils savent faire et notre proposition, élaborée la veille, de développer un outil QCM évolutif remporte l’adhésion et leur intérêt pour contribuer (tout comme l’animateur multimédia) à le concevoir et à le tester.

La matinée et le déjeuner sont riches d’échanges et sont suivis d’un temps de témoignage, via Skype, avec deux animateurs du Hublot, ERIC-Cyber-base de Nice, engagés sur un projet de webcartoons. Leur témoignage a le mérite de confirmer aux jeunes qui les écoutent qu’il n’y a pas de chemin tout tracé d’avance vers un métier du numérique, mais que l’acquisition des compétences nécessaires à un métier peut se faire le long d’un parcours d’expériences et d’opportunités de formations variées.

Les participants repartent satisfaits de la journée. Ils ont découvert des métiers, des activités (relatifs aux FAB LABS par exemple) et même des techniques (l’imprimante 3D) dont ils n’avaient pas entendu parler et ils ont tous rendus visibles (comme ceux de la veille) leurs intérêts et leur profil par rapport à un avenir potentiel dans le numérique – et le projet num’ERIC.

Ces deux journées ont également montré l’importance de sensibiliser les conseillers des missions locales à ces « métiers du numérique » souvent méconnus,  et ont conforter l’idée qu’il pouvait être intéressant de développer un outil partagé entre les différentes acteurs de l’emploi des jeunes sur les territoires, de connaissance de ce secteur et de repérage des appétences « numériques » chez les jeunes.