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Eco-balade : le film de l’expérimentation

Les espaces numériques, un projet politique

Ce jeudi 24 juin, la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée organisait pour la 4ème fois les rencontres annuelles des ERIC (Espaces Régionaux Internet Citoyens) Cyberbase. L’occasion pour nous de présenter les premiers enseignements de la résidence au comité d’orientation du réseau. Il y avait là les représentants de la Région Paca et de l’Ifape, partenaires de la résidence, la Caisse des Dépôts, les représentants de l’agglomération et plusieurs représentants et animateurs d’espaces numériques voisins.

Pour Mohamed, animateur de l’Eric Berthe, « la résidence a permis à chacun de lever le nez du guidon. Ce qui est étonnant, c’est le nombre d’idées qui ont été produits en peu de temps. Ce qui montre bien le potentiel immense de ces lieux à l’avenir ! ». Plusieurs animateurs soulignent l’urgence de penser l’avenir des espaces numériques, et de produire un discours plus politique, susceptible de prouver aux décideurs que ce sont des équipements d’avenir, dont le rôle est devenu central pour de nombreux publics. « Les décideurs gardent à l’esprit l’image de la fracture numérique. Ils ne réalisent pas que nous sommes progressivement devenus un lieu aux usages multiples, dont la population ne pourrait plus se passer. L’intérêt de ces scénarios est qu’ils montrent les conséquences probables de situations que nous connaissons déjà ! » témoigne cette animatrice, en faisant référence au scénario sur l’emploi, dans lequel Pôle Emploi, en 2018, n’assure plus aucune médiation avec les demandeurs d’emploi.

« Il faudrait aussi sortir des statistiques, donner plus d’incarnation aux situations personnelles, faire des portraits de nos usagers, faire des vidéos ». L’enjeu est de changer le regard sur ces lieux, montrer qu’ils représentent une nouvelle génération d’espace public, à l’heure où l’internet à radicalement transformé la façon d’apprendre, de trouver du travail, de socialiser. La méthode utilisée par les résidents suscite également de l’intérêt : il n’est pas si fréquent que l’on mobilise ainsi la créativité des gens et que l’on teste des projets en grandeur réelle. « Il faudrait poursuivre, et voir comment poursuivre cette dynamique dans notre réseau », conclut Mohamed.

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Prototypage de l’ « Eco-balade » … Et plus si affinités …

La thématique de l’environnement-tourisme a été, pendant toute la résidence à l’ERIC-Cyberbase de Berthe, un vecteur fort de cohésion entre animateurs, usagers mais aussi entre structures ERIC-Cyberbases et  collectivités.

Faire « sortir les ERIC-Cyberbases de leurs murs et les mettre au vert », en les installant pendant des périodes éphémères dans des endroits naturels fréquentés par des touristes et habitants  pour développer des actions de sensibilisation à l’environnement par la découverte de la faune et la flore de notre région via les TIC, voilà quelle était la préoccupation première des animateurs et usagers sur cette thématique à l’issu de la deuxième semaine de résidence.   Ainsi, on peut juste citer les projets d’Eco-vacances, d’ Eric in my Pocket ou encore d’ Eco-cartographie

Pendant l’inter-résidence, nos résidents ont opté pour la réalisation d’une expérimentation autour d’une « Eco-balade » sur le territoire toulonnais. Il s’agit d’une balade où des usagers des l’ERIC-Cyberbase se promèneraient sur des sites naturels protégés, recueilleraient  des données géolocalisées de la faune et de la flore encadrés par des animateurs et des naturalistes. Les données  récoltées  pourraient  être réutilisées dans des bases de données naturalistes pour travailler sur des problématiques de la biodiversité. Elles permettraient aussi d’étoffer le programme de formation des usagers des ERIC-Cyberbase et les sensibiliser par la porte « projet » à des problématiques environnementales. Enfin, elles valoriseraient fortement les territoires par la création de parcours éco-touristiques.

La préparation de la journée d’Eco-balade : Constitution d’un dispositif multi-acteurs autour du projet

Dans l’optique de la préparation de cette journée, les résidents constituent pendant l’inter-résidence une ébauche de dispositif multi-acteurs autour du projet d’’Eco-balade en nouant des liens forts avec  « Natural Solutions », une entreprise spécialisée dans la fourniture de solutions éco-informatiques pour le recueil et la réutilisation de données environnementales. Le projet d’ Eco-balade les intéressant vivement par son caractère participatif et citoyen, ils décident de faire partie de l’aventure. Patrick Peters, naturaliste chez Natural Solutions, et un ingénieur en système d’information géographique (SIG)   accompagneront une équipe d’usagers et d’ animateurs de l’ERIC-Cyberbase de Berthe.

Les collectivités et notamment TPM sont aussi partenaires de la journée avec la présence de deux chargés de  missions « Environnement » et du chef de service « Territoire numérique », Pascal Peuchot.

Les outils de la journée « Eco-balade »

Pendant les deux jours qui ont précédé la réalisation de l’expérimentation, l’équipe de résidents et l’entreprise Natural Solutions prototypent tout un ensemble d’outils destinés à faciliter le recueil de données et leur réutilisation par nos « éco-touristes en herbe »

-Le Pocket Erelevé : vers un outil grand public de collecte de données

Outil mobile d’observation, de collecte de données de la biodiversité, le Pocket Erelevé de Natural Solutions est, à l’origine, un outil professionnel à destination des naturalistes. L’outil a du donc être adapté pour l’occasion à un usage plus grand public. Par souci de simplicité, les résidents ont déterminé avec Patrick Peters 16 espèces aisément identifiables pour les publics (4 oiseaux, 4 papillons, 4 mammifères et 4 plantes). L’ergonomie et l’interface de l’outil ont dû aussi être simplifiées avec des pictogrammes aisément identifiables pour les utilisateurs, des appellations communes des espèces (habituellement en latin) et un descriptif pour chaque espèce de faune et de flore permettant de les identifier.

-Le carnet de bord du naturaliste

En plus de l’outil numérique, les résidents prototypent un guide de découverte, un carnet de bord pour les « Eco-baladeurs » avec la présentation sur support papier des 16 espèces à trouver avec encarts pour y annoter des observations.

-Le guide méthodologique de visualisation de parcours touristiques

La collecte de données naturalistes n’a de sens dans le cadre des missions des ERIC –Cyberbases que si elle s’intègre dans un programme plus vaste d’appropriation de l’outil numérique. Nos résidents ont donc demandé à Natural Solutions de constituer un guide méthodologique très simple d’utilisation de Google Earth, l’outil cartographique de Google pour permettre aux Eco-baladeurs de visualiser en 3D, leurs parcours et d’y intégrer leurs données environnementales.

Déroulé de la Journée  d’ Eco-Balade : Les 3 temps forts

A 9h30, les participants à l’Eco-balade se sont retrouvés à la Cyberbase de Berthe autour d’un café et de quelques viennoiseries. L’ambiance est détendue : sont présents des associations, des chargés de mission environnement et de développement numérique de TPM, des représentants de Naturals Solutions ainsi que des  usagers et animateurs de l’Eric-Cyberbase de Berthe.

A 10h, la présentation commence. Elle est animée en binôme par Julien Defait, résident 27e Région, et Patrick Peters, naturaliste chez Natural Solution. Le projet d’Eco-balade est présenté aux participants. Cette présentation rapide est suivie d’une discussion avec les participants sur les modalités de l’Eco-balade et les futurs possibles de cette expérimentation. Tous nos participants quittent ensuite la Cyberbase pour se rendre sur le site de l’Eco-Balade pour un pique-nique champêtre. L’endroit choisi avait été repéré la semaine précédente par  l’équipe de résidents et Patrick Peters, il s’agit du chemin touristique de la Renardière à St Mandrier.

A 14 heure, tout le monde est réuni : au total 14 personnes participent à l’expérimentation, deux groupes sont créés avec dans chacun, un membre de Natural Solution pour guider nos Eco-baladeurs. La balade, très agréable, dure une heure et demi et chaque groupe collecte grâce au Pocket Erelevé, des données géolocalisées concernant la flore et la faune : papillons, oiseaux, mammifères et plantes.

A 17h tous les participants de l’Eco-balade se retrouvent à la Cyberbase de Berthe pour créer et consulter en 3D leurs parcours éco-touristique.

La journée est un succès et des contacts se créent notamment entre les services Environnement et Territoire Numérique de la Communauté d’agglomération toulonnaise intéressés par l’approche ascendante et citoyenne du projet et l’entreprise Natural Solutions . Wait and see…

De l’Eco-Balade à la création d’ outils citoyens de collecte  et de visualisation de données éco-touristiques :

Et si on allait plus loin… et si on imaginait l’Eco-balade comme le point de départ de la mise en place d’un dispositif ouvert mêlant collectivités territoriales, entreprises privées, associations, laboratoire de recherche, réseau Eric-Cyberbase sur des problématiques environnementales, touristiques et citoyennes.

Le succès de l’expérimentation du jour a montré l’implication des différents acteurs sur une thématique comme  l’éco-tourisme. Les résidents ont donc imaginé, de manière prospective, quelles pourraient être les grandes étapes vers le développement d’outils citoyens de collecte et de réutilisation de données environnementales sur la thématique d’un éco-tourisme participatif. Et quels rôles pourraient être alors le rôle des Eric-Cyberbases dans ce dispositif.


Le réseau Eric-Cyberbase au cœur d’un living Lab Eco-tourisme

Déjà rodé dans  la création d’ écosystème d’innovation ouvert  avec des acteurs publics, privés, associatifs  faisant directement participer le citoyen dans le processus, le territoire de TPM semble, depuis l’expérience du projet « wiki-carto« , un territoire particulièrement propice à des initiatives de projets multi-acteurs mettant les ERIC-Cyberbases et leurs usagers au coeur du processus  comme esquissé par le projet Eco-Balade.


« Tournez ! Montez ! »


Dernier jour de la semaine de résidence à Berthe. Les animateurs  sont pris en main par Agnès d’O2zone (ERIC spécialisé dans la vidéo participative) qui les initie au « Tourné-monté ». Le principe est simple (en apparence). Pas de montage post tournage pour la diffusion. Du coup, on tourne et monte « cut », sans plans de coupe…et faut pas se planter ! Le but du jeu pour cette première journée est d’assimiler les rudiments du tournage, de manipuler après avoir concocté deux petits reportages. Les deux scenarii sont le fruit des cogitations de la veille lors du workshop. Il s’agit d’aménager la place de Berthe pour y exporter la Cyber-base, revivifier et implanter commerces et services. Micro trottoirs d’habitants, d’institutionnels concernés par la réhabilitation du quartier, panoramiques et plans du quartier vont alimenter les reportages. Voilà donc une première approche de prototypages qui seront mis en œuvre lors de la 3e semaine. A ce moment-là, les deux équipes de tournage seront renforcées par quelques stagiaires de la formation de BPJEP option TIC et permettront de simuler aussi d’autres scenarii parmi les plus plébiscités lors des ateliers créatifs des deux jours précédents. Et c’est parti ! Les deux équipes Momo 2 et Chéhrazed, puis Momo 1 et Kaïs partent sur le terrain, munis de leur scenario, répètent au micro leurs questions pour interviewer et…ils sont aux anges !

micro trottoir sur le vif

Pendant ce temps, les résidents se font un « débrief » devant le mur d’accrochage où sont scotchés les idées de projets prospectifs pour les ERIC de demain, regroupés par thématiques : «emploi et activité» ; « le réseau des ERIC » ; « environnement » ; « santé numérique ». On regroupe, on reclasse, on hiérarchise entre « méta » et « applications » et puis, le résultat est vraiment convaincant ! Bien sûr, le prototypage en est encore au stade du balbutiement mais, tout compte fait, le temps « perdu » en cogitation avec les animateurs, les responsables des ERIC, les chargés de mission de TPM et de la Région semble plutôt gagné. Et, ce que l’on gagne dans la démarche, c’est d’avoir réussi à agréger les idées des acteurs, les nôtres, d’opérer les recoupements de points de vue divers, de mettre en place les conditions d’une réelle appropriation, à la fois des outils et des futurs projets expérimentaux.

Une « carto » des acteurs et un schéma d’arbres de compétences viendront illustrer et raconter les méthodes proposées pour enclencher les projets, sous forme de prototypes. L’objectif étant de laisser une « empreinte » de la résidence sur place, à Berthe, et d’inciter le réseau à se saisir des idées prospectives. Toutes ne feront pas l’objet de prototypages en une semaine, mais les 3 ou 4 les plus symboliques et porteurs de futurs services, en termes de renversement de perspective, sont déjà un peu dans les tuyaux. Il s’agit, en fait, d’inciter à la fois les animateurs et à la fois les politiques publiques à définir leur avenir à partir des initiatives des acteurs et non en « surplomb ». Parmi quelques exemples, inciter les ERIC à se regrouper au sein du réseau entre 5 ou 6 structures pour proposer la co-rédaction de cahiers des charges avec les collectivités territoriales pour des appels à projets numériques représenterait un réel changement de posture. Autre projet « méta » : « la cybercoopérative » propose un changement radical dans la démarche d’offre et de demande. Ce sont les usagers, les animateurs et les acteurs locaux qui construisent une offre de services en direction d’autres publics : jeunes, entreprises, établissements publics, collectivités, etc. Ils s’organisent en Scoop et s’autofinancent en grande partie par la vente de prestations. Un nouvel outil, « parcours de vie », vient remplacer le traditionnel CV rébarbatif. Il s’agit d’un teaser qui valorise à la fois les expériences professionnelles et à la fois les compétences acquises durant les périodes transitoires. Ces Scoop fonctionnent en réseau et sont devenues les partenaires incontournables des pouvoirs publics dans tous les domaines de la création d’activités et de services. Les mots ont aussi leur importance : on ne parle plus de « chômeurs » ou de « demandeurs d’emploi » mais de « chercheurs/créateurs d’activités ».

En fait, ce scenario de coopérative s’avère également structurant pour les autres projets autour de l’environnement et du tourisme, de la vie du réseau, de la santé, mais aussi démocratie participative, projets d’urbanisme, etc. Ils pourraient préfigurer de futurs centres de ressources, mutualisés entre plusieurs ERIC répartis sur tout le territoire régional.

Les restitutions du workshop en vidéo

Jour de Workshop à l’ERIC-Cyberbase de Berthe : 4 projets se démarquent

En ce jeudi 20 mai, le programme est chargé pour nos résidents avec un workshop d’une petite trentaine de participants du réseau ERIC-Cyberbase. A la fin de cette journée, les résidents sélectionneront et adapteront les idées et projets pour les prototyper en troisième semaine.

Rendez-vous est donné à midi pour un pique-nique devant l’ERIC-Cyberbase. Se retrouvent pour le déjeuner, les animateurs de la Cyberbase, des représentants de l’IFAPE, de TPM, de la région PACA ainsi que des étudiants, consultants et responsables d’autres ERIC.

A 14h, l’atelier commence…

Une présentation rapide de la résidence et du déroulé de l’atelier est faite par Stéphane Vincent secondé par Corinne Ielh et Julien Defait. Les participants sont ensuite répartis en quatre groupes (Emploi-activité, Environnement-tourisme, Santé Numérique et Réseau ERIC).

Les trois temps de l’atelier :

Le premier temps de 40 minutes est consacré à la prospection à partir des scénarii « catastrophe » déjà testés la veille. L’objectif de cette phase est de produire un maximum d’idées. Au cours de l’atelier, les animateurs proposent les fiches-idées produites la veille pour « doper »  la réflexion. A la fin de ce temps, les participants accrochent les fiches-idées sur le mur et votent pour les idées de projets des autres équipes qui ont le plus de potentiel d’innovation.

Sur la base des votes des participants, les animateurs sélectionnent les deux ou trois thèmes les plus porteurs qu’ils font retravailler à leur groupe.

L’objectif de cette seconde phase de 40 minutes est de s’éloigner du contexte prospectif et d’inscrire le projet dans la réalité. Quelle serait la version bêta de ce projet ? Comment, avec qui le mettre en place ? Quels sont les obstacles à sa concrétisation ? De nouvelles fiches-projets sont mises à la disposition des participants de chaque groupe.

A la fin de ce temps, un porte-parole est désigné dans chaque groupe. Il présente en 1 minute le ou les projets-phares de l’atelier aux autres participants. Cette restitution est filmée par nos résidents.


Le rendu du workshop : les fiches projets

THÉMATIQUE ENVIRONNEMENT-TOURISME

THÉMATIQUE  SANTÉ NUMÉRIQUE

THÉMATIQUE  RÉSEAU ERIC

THÉMATIQUE EMPLOI-ACTIVITE

Synthèse des ateliers du mercredi et jeudi

Après le départ des participants, c’est l’heure du bilan de ces deux jours d’atelier pour nos résidents. Il est temps de sélectionner les projets à réaliser en prenant en compte le caractère de faisabilité des projets et la double dimension locale et  réseau des ERIC-Cyberbase. Pour aider à la décision, nos designers créent une arborescence des différents projets qui ont émergé pendant ces deux jours.

Après réflexion, quatre pistes sérieuses de réalisation se profilent :

-2 concernant l’emploi : « Parcours de vie » et la « Cyber-coopérative »
-1 concernant l’environnement : la « Cyberbase se met au vert » dont une variante est la cyberbase sous-marine
-1 concernant le réseau :  » l’ E-charte »

Suite au prochain billet…

De la Cyberbase SOUS-MARINE…

Mercredi 19 mai, c’est aujourd’hui jour workshop avec les animateurs et les usagers à l’ ERIC-Cyberbase de Berthe.

L’objectif du jour:

Sortir des idées et des pistes de projets à partir des scénarios réalisés par nos résidents pendant l’inter-résidence et issus des grands thèmes sélectionnés. Ces scénarios prospectifs sont volontairement extrêmes pour susciter des réactions parmi la quinzaine de participants réunis. Quatre scénarios ont été élaborés sur les thématiques de l’Emploi-Formation, du réseau ERIC, Santé Numérique et le Tourisme-développement durable.

Des outils sont aussi mis à la disposition des participants : photos illustratives, « cartes-tag » et des fiches-idées pour noter les réflexions. L’ atelier se fera sous la forme d’un brainstorming de 30 minutes par thème, soit 2h. A la fin, les participants votent pour les idées ou projets avec lesquels ils ont le plus d’affinités.

Ces pistes de projet vont permettre d’approfondir l’atelier du lendemain avec les animateurs des ERIC, représentants de structures comme TPM ou de l’IFAPE, des chercheurs et des étudiants.

Extraits des scénarios : « Super Eric, sauve le monde »

EMPLOI ET FORMATION

 » Nous sommes en 2018 et le paysage de l’emploi en France s’est métamorphosé. Les réformes successives du Pole Emploi ont complètement changé sa mission. Alors qu’autrefois il accueillait les chômeurs et les orientait dans leurs recherches et leurs démarches, il a aujourd’hui un rôle de contrôle des chômeurs et de production de statistiques sur l’emploi. Il est donc devenu impossible pour les chômeurs de pouvoir rencontrer un conseiller car ceux-ci, faute de temps et de disponibilité, ne communiquent avec eux plus que par l’interface du Pôle Emploi. Les chômeurs sont donc de plus en plus isolés et coupés du monde professionnel.Les petites et moyennes entreprises ont quasiment complètement disparues, soit qu’elles aient été, petit à petit, absorbées par de plus grosses, soit qu’à force de vouloir réduire les charges et de rendre flexibles leurs salariés, les dirigeants les aient métamorphosé en auto-entrepreneur. Ainsi le télé-travail s’est particulièrement développé : chacun travaille de chez soi, avec les outils numériques. De ce fait, une grande part de la population connait des périodes de travail alternées avec des périodes de chômage sans trouver d’aide pour développer ses activités. L’individualisation des comportements désagrège petit à petit le lien social
Les Eric se sont saisis de cette question et proposent aujourd’hui aux chômeurs comme aux actifs de se regrouper afin de renouer le lien entre les personnes, tant au niveau professionnel qu’au niveau personnel. Ces cyber-coopératives professionnelles, dont le maillage sur le territoire rend leur activité particulièrement efficace tant au niveau local qu’au niveau régional, mettent à disposition des usagers des espaces et des outils : mise en commun des locaux et des moyens (internet, électricité, matériel informatique…), réseau de mise en relation, annuaire de contacts… « 

ENVIRONEMENT ET TOURISME

 » Nous sommes en 2018 et la Région PACA est saturée de touristes. Forte de son patrimoine et de ses atouts naturels, elle a toujours été une destination idéale pour les touristes français comme pour les touristes étrangers. Mais aujourd’hui cette attractivité est fortement compromise par ce tourisme de masse qui consomme plutôt qu’il ne découvre. Les côtes sont surfréquentées, la mer est polluée, les massifs forestiers sont dénaturés et le territoire perd de sa biodiversité. Ce qui fait l’attractivité de notre territoire est petit à petit en train de le tuer. Faut-il laisser cette diversité nous échapper et voir s’asphyxier notre région alors même que le tourisme représente une part importante de notre économie ? Comment responsabiliser les touristes pour qu’ils continuent à profiter d’un patrimoine exceptionnel et original tout en garantissant les emplois et les activités des habitants de la région ? Le réseau des ERIC se penche sur ces problèmes…

LE RÉSEAU ERIC :

 » Les ERIC ont perdu leur idée de réseau et fonctionnent chacun dans leur coin. Une masse pléthorique d’informations et d’initiatives éparpillées saturent les Cyber-Bases qui ne peuvent plus les traiter ni les exploiter. « Trop d’infos tuent l’info ». Pour revivifier le réseau des ERIC et valoriser les initiatives existantes, les acteurs du réseau proposent des projets avec la participation des utilisateurs pour revivifier le réseau.

SANTE ET NUMERIQUE

« Qui l’aurait cru en 2010 ? Soit dix ans plus tôt, l’internet est mis à l’index par l’ensemble du corps médical: depuis le succès massif du piercing communiquant en 2013, l’usage prolongé des «technologies de l’immédiateté permanente» est devenu la première cause d’arrêt du travail, et une hantise pour les enseignants. Tout va trop vite! Partout dans le monde, les « burning-out » sont monnaie courante dans toutes les catégories professionnelles, et les ados ne parviennent plus à décrocher du réseau, du tchat et des jeux en ligne. Comment reprendre la main sur le tsunami technologique, sans renier tous ses acquis ? la Cyberbase de Berthe y a répondu dès 2015, en devenant espace de reconnexion. « Notre priorité, c’est d’aider les habitants à resynchroniser leurs vies !». »

Les outils de l’atelier

Après une heure et demi d’atelier, trois thématiques sont traitées, celle de l' »Emploi-Formation », de l' »Environnement-tourisme » et celle du « Réseau ERIC ». La thématique de la Santé Numérique n’a pas pu être traitée faute de temps.

Les idées-projets du workshop avec les usagers et animateurs

Thématique « Emploi-formation »

Thématique « Environnement-tourisme »



Thématique « faire vivre le réseau ERIC« 

Restitution, vote et affichage des fiches-idées

A la fin de l’atelier, les projets sont affichés et nos participants votent avec des gomettes colorées pour leurs idées préférées dans chaque thématique. Le projet de la « Cyberbase Sous-marine », du « Book video » et d’une « Fête des ERIC »  sont plébicités. Puis tous nos participants se sont retrouvés autour d’un verre pour échanger informellement autour des projets lors du traditionnel « accrochage  » du mercredi.

…Suite du petit tour : portraits des ERIC-Cyberbases

La première base, au cœur de la petite ville de Brunet, dans la rue commerciale et tranquille, accueille un public surtout composé de personnes retraitées, avec l’atelier senior de la commune. Abdel est d’ailleurs en train d’animer ce petit atelier d’initiation à notre arrivée : « Bon, alors, pour naviguer et faire vos recherches, vous devez ouvrir un nouvel onglet, sinon ça va vous emmener dans un espace trop vaste et vous serez perdus ! Et, si moi, je veux aller loin, justement dans l’espace ? » s’exclame une dame toute frétillante. Ici, peu de jeunes et d’enfants fréquentent le lieu excepté en accès libre par quelques jeunes du collège. Il y a aussi un partenariat avec le lycée « Georges Cisson » pour des ateliers en direction des « primo arrivants ». Ce sont des élèves d’origine étrangère qui ne maîtrisent pas la langue française et pour lesquels un apprentissage est proposé en vue d’obtenir le « PIM », le passeport internet multimédias. Il y a aussi de l’aide aux devoirs dans le cadre du Contrat Local d’Accompagnement scolaire (CLAS).

La particularité de cet espace est qu’il est corrélé avec celui de Ste Musse, tout proche et qui travaille en étroite coopération avec le Centre socioculturel (CSC) flambant neuf. Frédéric Fallot coordonne les deux espaces pour lesquels un planning commun est élaboré. La typologie des usagers est très différente entre les deux mais les statistiques révèlent une fidélisation croissante des publics. En file active, la base de Brunet représente 900 personnes. Cela dit, il y a un problème de com en général : « certains habitants ont découvert par hasard l’existence de la Cyber-base, alors qu’ils passaient devant tous les jours ! ».

La proximité avec le Centre social et culturel renforce les relations au travers de projets transversaux. Concernant l’emploi, par exemple, l’espace Cyber-base de Ste Musse a mis en place une plateforme de permanences, dédiées à l’accompagnement des demandeurs d’emploi, mutualisée entre plusieurs asso telles que la Mission locale, CESAM, l’AFIJ, le CEDIS, organismes déjà missionnés sur ces fonctions avec chacune sa spécificité. Les publics sont accueillis sur rendez-vous pour des séances individualisées de recherche par le numérique.

Le bâtiment de la « Maison des services publics », inauguré en septembre dernier, trône sur la place accueillante au cœur du quartier de Ste Musse avec son drapeau bleu-blanc rouge de la République. Autant dire qu’il s’agit vraiment d’un service public qui impressionne un peu. Très contemporain, l’espace, vaste et entièrement blanc ressemble un peu à un centre d’art contemporain. Frédéric regrette seulement que l’architecture n’ait pas été conçue en concertation avec les utilisateurs. « On ne peut rien toucher, ni punaiser…et les usagers ne peuvent pas vraiment l’habiter ! ». Cela dit, la médiathèque qui jouxte l’ERIC Cyber-base est vraiment un « plus » pour resserrer les liens entre les divers publics et booster la collaboration sur des projets. D’ailleurs 3 postes de consultation des bases de données de la médiathèque occupent un petit espace dès l’entrée et il est question d’y intégrer un portail avec des liens fléchés « culture » : visites virtuelles de musées, programmation culturelle de Toulon, etc. Perle, animatrice à la cyber-base nous montre aussi quelques productions créatives réalisées avec des enfants. Petit aperçu sur le lien : lacartoonerie.com


Une petite spécificité dont s’enorgueillit Frédéric, coordonnateur des deux espaces numériques, c’est la Cybermobile : « C’est une mallette avec des ordi portables pour aller au devant de publics handicapés et personnes âgées. L’idée est de développer ce concept sur tous les quartiers Est de l’agglo pour introduire ces pratiques numériques dans les hôpitaux, les maisons de retraite et autres établissements spécialisés. « La merveille, explique Frédéric, c’est que des personnes âgées de la maison de retraite qui ne parlaient plus, se sont remises à parler et ont recréé des modes de sociabilité ! »

Autre lieu, autre décor, autres publics aussi : l’espace de La Valette situé au cœur d’une ZAC et d’un centre commercial est géré par l’association « Horizon multimédias ». Michèle Blain nous accueille dès notre arrivée et nous guide tout de suite vers l’Espace Ouvert d’Education Permanente, initié par la Région PACA. IL s’agit d’un libre accès aux ressources documentaires offertes aux salariés entre 35 et 45 ans en reconversion professionnelle, avec un accompagnement pour les guider dans leurs recherches. Ici aussi, un réseau d’organismes spécialisés dans l’emploi s’est constitué de façon informelle pour coordonner leurs efforts : Mission locale pour les 16-25 ans, PLIE (plateforme d’insertion par l’économique) pour l’orientation et la formation, le CFA (centre de formation des apprentis), juste à côté, à La garde. Les autres activités et partenaires ? Une toute récente, la « Cyber bébé », prévoit d’intervenir dans une crèche pour le bain numérique précoce…et ludique ! Une activité aussi en lien avec une asso d’artistes à Revest, une autre avec une école primaire, également à Revest pour la préparation au B2I (Brevet d’initiation à l’informatique), et une autre encore autour de la « cyber-dépendance » et d’outils de prévention dans les écoles pour lutter contre l’addiction à l’internet. Bien sûr, une foultitude d’activités et de projets sont aussi dans les tuyaux ou déjà en cours.

Mais le « must », réside sûrement dans la formation BPJEP/TIC. Cette formation diplômante, agrée Jeunesse et Sports et unique en son genre au sein du réseau des ERIC, offre 1340 h de connaissances approfondies liées aux EPN avec des stages en alternance et des projets collectifs pour les futurs animateurs. Une rencontre avec le groupe de stagiaires réunis au moment de notre venue, est organisée de façon impromptue. La présentation du dispositif de « Territoires en résidence » suscite pas mal de questions de la part des futurs animateurs des espaces numériques. Ils se montrent vraiment intéressés et souhaitent participer à l’aventure. Rendez-vous est pris avec eux pour une séance de tournage avec « O2zone » le lundi 21 juin de la 3e semaine. L’idée serait de les associer dans le cadre de prototypages de projets prévus à ce moment là, sous la forme de teasers mettant en scène des micro-fictions.

Direction La garde, commune proche de La Valette. La Cyber-base ERIC, gérée par l’IFAPE, est elle aussi encastrée dans une méga médiathèque, au sein d’un bâtiment communal hébergeant aussi le Conservatoire National à rayonnement Régional. Pourtant aucune relation n’existe entre ces 3 entités. IL s’agit seulement d’une cohabitation. Cette petite cellule est animée par 2 animateurs pour des ateliers d’aide à la recherche d’emploi, en lien avec le Bureau Municipal de l’Emploi et le Bureau d’Information Jeunesse. De fait, l’IFAPE a répondu à un appel d’offres avec « Initiative », (société de conseil pour le reclassement, l’ »outplacement », couveuse d’entreprises, etc.) pour un programme national, décliné au niveau territorial, de répartition des rôles entre le Pôle-emploi et les Cyber-bases, dans le cadre d’une convention avec la « Caisse des Dépôts et Consignations ». La Cyber-base dispose aussi d’un espace dans la maison des associations d’à côté, davantage fréquentée et où d’autres ateliers sont proposés, en direction de différents publics, scolaires, retraités, habitants. Pour Nadia, animatrice, les activités sont assez diversifiées mais souffrent d’un déficit de communication, constat partagé par ailleurs par tous les interlocuteurs des Cyber-bases ERIC rencontrés. De plus les animateurs n’ont pas assez de visibilité du fonctionnement de l’IFAPE pour être réellement des acteurs forces de propositions. Ils jouissent d’une réelle autonomie en matière d’organisation de leur travail mais ne disposent pas vraiment d’informations concernant la gestion.

Ce petit tour d’horizon, très incomplet, nous a donné la mesure de la richesse et de la complexité de ces EPN. Tous sont en prise avec leur environnement social et doivent passer par les fourches caudines des dispositifs de politiques publiques territoriaux. Or, au niveau local, ces dispositifs, dans le maquis et l’opacité des acronymes qui en sont le reflet, représentent souvent la seule source de financements dans ces logiques de zonage et de discrimination sociale : « CUCS », « CLAS », « PLU », etc. réservés aux « initiés » et représentent des parts de marché potentiels pour ces acteurs sociaux. Ils militent souvent pour un mieux être social mais se retrouvent du coup aussi dans une concurrence entre eux. Ces circuits, « chasse gardée », incitent peu les projets de coopération entre organismes ; dès lors, comment imaginer la plus-value apportée par la formation aux outils numériques pour rendre presque évidente aux yeux des élus et acteurs institutionnels, l’intérêt d’une coopération aux différentes échelles territoriales.

Un autre constat ressort de ces rencontres ainsi que des observations et discussions informelles : la dimension réseau n’a pas de réalité au niveau quotidien. Manque de temps ? Effet de concurrence ? D’espaces de réflexion, centralisme de gestion pour les gros organismes ? De fait, peu de projets collaboratifs à l’initiative des Cyber-bases ERIC entre elles voient le jour. Les événements, à la faveur de l’animation du réseau et à l’initiative de La région PACA ou de TPM, sont de réelles occasions d’échanges féconds mais, chacun retourne ensuite à son turbin de gestion au quotidien….Il est patent qu’une démarche collaborative stimulée à l’échelle du réseau régional mais à l’initiative des ERIC eux-mêmes, permettrait d’exploiter et de rendre visible la richesse des projets, des activités et la multiplicité des utilisateurs de ces espaces numériques. Le handicap supplémentaire, lié à la difficulté de répondre aux appels à projets, soit par manque de savoir-faire, soit par déficit de temps et aussi par la mise en concurrence des candidats ne favorise pas la dynamique de réseau et sa plus-value potentielle. Ainsi, dans les scenarii possibles, des centres de ressources numériques, plus localisés et avec les moyens idoines, auraient, entre autres fonctions, celle d’accompagner les porteurs de projets réunis au sein de collectifs d’acteurs. Une piste à explorer ?

Un petit tour des ERIC

De retour à « Berthe » lundi 17 mai pour la deuxième semaine. Les résidents reprennent pied dans l’espace…numérique où les animateurs  de la  «Cyberseyne » les accueillent. L’équipe se répartit en deux : Anaïs et Corinne, accompagnées de Rosemonde, chargée de mission du service « territoire numérique » à Toulon Provence Méditerranée et de Djamila, stagiaire de ce même service vont rencontrer deux autres ERIC-Cyberbases. L’ une située à Brunet, l’autre à La Valette. Le lendemain c’est Julien et Corinne avec Pascal Peuchot, responsable du service numérique qui vont visiter la Cyberbase de Ste Musse, au cœur du Centre socio-culturel, sise dans un bâtiment tout neuf et très contemporain. Puis, direction La Garde, petite cellule enchâssée dans la médiathèque imposante du bâtiment du Conservatoire National de Rayonnement Régional.

Il s’agit de faire un petit tour d’horizon des usages, projets, difficultés liés à ces espaces très hétérogènes dans leur profil, malgré la louable initiative de TPM d’harmoniser et de soutenir activement ces lieux.

La semaine de résidence s’annonce très dense avec trois temps forts autour d’ateliers. Le premier a lieu mercredi avec les utilisateurs de la Cyberseyne, asso du quartier, créateurs d’entreprises, jeunes du centre « Nelson Mandela » et d’autres qui, par l’entremise des animateurs, ont reçu l’info, de bouche à oreille. Il s’agit d’un moment de créativité prospective, animé par les résidents avec la contribution active de nos designers bien rôdés au Workshop. Le second aura lieu demain, jeudi avec un pique-nique d’ouverture. Il est à l’instigation de la Région PACA et organisé par l’agence Proposition, avec laquelle il sera animé. L’objectif : imaginer, faire turbiner les neurones (hémisphère créativité), se projeter et projeter les ERIC de demain.

Les politiques publiques, Régions, Europe, collectivités territoriales s’interrogent en effet sur les inflexions à donner aux services numériques un peu partout sur les territoires. De leur côté, les animateurs, les Espaces Publics Numériques dans leur ensemble se questionnent et interpellent les pouvoirs publics sur leur devenir, leur rôle dans les reconfigurations des politiques publiques. Ce travail de remue-méninges tente donc de se saisir de ces préoccupations, à cheval sur les frontières institutionnelles et tendues entre un futur incertain et un présent « chronophage » et submergé de soucis quotidiens : contexte économique et social très préoccupant, zonages accentuant les discriminations par des politiques d’empilement de dispositifs, course effrénée aux financements, réponses à appels d’offres pour ceux qui « savent faire », gestion des demandes des utilisateurs pour lesquels ces espaces représentent bien souvent une bouée de secours, des lieux de sociabilité dans le désarroi où les laissent les organismes publics comme le Pôle-Emploi ou la Caf, dans l’incapacité de répondre aux demandes les plus élémentaires et besoins des « demandeurs d’emploi », etc. Bref, les « Cyber Shiva », n’ont pas assez de tous leurs bras pour  prendre en compte ces situations d’urgence !

Pour cet atelier créatif,  l’effet réseau des ERIC est sollicité pour coordonner les initiatives innovantes (pas forcément high tech, d’ailleurs) et en impulser de nouvelles en essaimant. Mais comment se distancier du quotidien et se prêter à l’exercice de se propulser dans un futur plus ou moins proche sans faire le « grand écart » ? Véritable défi pour des enjeux actuels car, en matière de numérique tout va très, trop vite et la fracture sociale risque de devenir abyssale aux différents niveaux de gouvernance territoriale.

L’ ERIC Cyber-base TPM de La Seyne-sur-Mer Berthe entre en résidence, 5e jour: Workshopday

Préparation du Workshop

Jeudi soir, nos résidents ont veillé tard pour préparer le workshop du lendemain avec Laurent Ciavatti, coordinateur des Cyberbases de l’IFAPE, Rosemonde Savi de TPM et les animateurs de la Cyberbase. L’objectif de cet atelier : dégager des thématiques et des pistes de projets porteuses tant au niveau de leur faisabilité que de l’implication des acteurs « pros ».

A partir de nos observations, interviews et discussions informelles, 9 thématiques sont sélectionnées par notre équipe et proposées aux participants du workshop :

1-« ERIC et Mobilité »

2-« ERIC et Créativité/ Expérimentation »

3-« Accueil des publics dans les ERIC »

4-« Réseau des ERIC »

5-« ERIC et Formation »

6- « Visibilité des ERIC »

7-« ERIC et Citoyenneté »

8-« ERIC comme Plateforme/ Centre de Ressources »

9-« ERIC et Mixité des Usagers »

Sur un moodboard, les résidents « adossent » à ces grandes thématiques des idées issues de leurs propres réflexions et reformulent celles des acteurs interrogés pendant la semaine. Le dispositif est prêt, reste à en définir les règles et se repartir les tâches.

Il est décidé que le workshop dure 1h 30, soit 10 minutes par thématique. En maître de cérémonie, c’est Julien Defait qui orchestrera cette « tempête de cerveaux » en guidant les participants sur tel ou tel thème  selon la tournure des débats. Les autres résidents participeront activement à l’atelier en essayant de « booster » le débat tout en prenant des notes et en s’assurant de la bonne gestion du temps. Chaque idée nouvelle ou complémentaire d’une thématique sera « post-ité », de même pour les réserves et objections.  A la fin de l’atelier, les participants pourront voter pour deux thématiques de leur choix.

Workshop : Et le grand gagnant du jour est … Visibilité

A 8h du matin, nos résidents et les participants au workshop se retrouvent à l’ERIC-Cyberbase de Berthe, l’atelier débute.

Julien en explique succinctement les règles et les débats commencent. Sans entrer dans le détail des discussions, nous pouvons tirer plusieurs enseignements de ce premier workshop.

Quatre thématiques n’ont pas accroché nos participants. Le thème « ERIC et Citoyenneté » n’a pu être traité, faute de temps. Celui de la plateforme « centre de ressources » ainsi que la question de la « visibilité » des projets réussis et porteurs ayant occupé le centre des débats. Les ERIC-Cyberbases  comme « incubateurs  citoyens » ou « outils de la démocratie participative locale » apparaissent peu impliquants  en terme d’idée ou de projets.

La deuxième thématique peu « disputé » est celle de l’ « Accueil des ERIC-Cyberbase » mais il semble qu’elle s’intègre en fait dans une autre thématique plus transversale celle de la « Visibilité » Idem pour celle du « Réseau ERIC. »

Quant à la thématique « ERIC et Mixité des Usagers », le thème n’a pas pu être abordé non plus approfondi, faute de temps.

La thématique des  « ERIC comme plateformes/Centre de Ressources »  proposée à la discussion par nos résidents a fait débat mais n’a pas emport2 l’adhésion des animateurs et des représentant de l’Ifape et de TPM

L’idée des ERIC comme :

-Plateformes pour les associations du quartier

Détecteurs d’innovations ascendantes

-Incubateurs  de microprojets

-Forces de proposition dans des démarches d’innovation ouverte type « livingLabs »

…N’est pas « judicieuse »  pour Laurent Ciavatti et les animateurs   étant donné la forte concurrence dans ce domaine par des structures qui l’assument déjà. Les animateurs soulignent aussi le fait qu’ils ont déjà« la tête dans le guidon. »

La thématique qui a emporté l’ensemble des suffrages, est celle  de la « visibilité des ERIC ». Il y a un véritable consensus chez les animateurs comme pour Laurent Ciavatti de l’IFAPE et Rosemonde Savi de TPM : « les ERIC souffrent d’un manque de visibilité de leurs actions réciproques. » Les animateurs ajoutent qu’au sein des structures, il faut davantage « communiquer sur les activités et les compétences des ERIC. » Plusieurs idées sont avancées pour pallier ce manque :

-Mettre en place une signalétique adaptée à l’intérieur des  espaces et à l’extérieur

-Créer une « Fête des ERIC » qui serait l’occasion pour les acteurs de PACA de se rencontrer, d’échanger sur leurs projets

-Développer des  réseaux  d’ « ERIC  spécialisés » par exemple dans l’emploi

-Valoriser les projets via des dispositifs d’affichages numériques dans les Cyberbases

Les trois dernières thématiques ont été moins prolifiques  en terme d’idées ou de projets mais reste néanmoins intéressantes à creuser pour les prochains ateliers. Quelques réflexions et pistes :

-La question des ERIC-mobiles est évoquée par les animateurs avec l’idée d’ « un animateur qui se déplacerait chez les personnes âgées, malades ou handicapées, dans les prisons et hôpitaux, par exemple pour leur donner des cours d’initiation au numérique »  style réunion Tupperware.

-La question de la mobilité des animateurs est abordée avec l’idée de mettre en place des « résidences d’animateurs » dans d’autres ERIC de la région à fin qu’ils étoffent leurs compétences et échangent leurs méthodes.

-Nos résidents proposent aussi l’idée d’une « Cyberbase volante » qui travaillerait sur un mode « One-shot » ou sur des problématiques spécifiques.

-Rosemonde Savi de TPM propose l’idée sur la thématique « ERIC et Créativité/Expérimentation », de généraliser le rôle  des « ERIC comme  lieu d’expérimentation des usages de NTIC dans le cadre de la constitution d’écosystème d’innovation ouvert de type  livinglabs »

Sur la thématique « ERIC et Formation », les animateurs ont fait valoir leur souhait de « monter en compétences » et développer une véritable politique de formation afin de  répondre aux demandes de certains usagers. La question de cours sur un usage « raisonné » des technologies a également  été débattue.

Un pas vers les « usagers-exemplaires » de l’ERIC-Cyberbase

Cet atelier nous a permis de mettre en avant les thématiques porteuses en terme de consensus chez les  acteurs institutionnels et pros. Si la problématique de la visibilité des ERIC-Cyberbases doit être un des axes forts de notre réflexion tant au niveau micro que méso, nous ne devons pas perdre de vue  l’approche « ascendante » de la 27e et le potentiel créatif  des « vrais gens », premiers utilisateurs et critiques de la Cyberbase car nous pensons que c’est de la confrontation des points de vue qu’émerge des projets innovants collaboratifs et pérennes. Mais dans le contexte qui est le nôtre avec des premiers usagers  « volatiles » et peu impliqués, comment faire ? Ce thème est évoqué en « off » à la fin du workshop  et c’est là qu’arrive à point nommé ce que l’on pourrait appeler un « utilisateur-exemplaire »

Habib a travaillé pendant plus de dix ans dans une entreprise de plomberie. Un jour, il est licencié pour raison économique. Pendant plus de trois mois, il cherche du travail et n’en trouve pas. Comme il le dit lui-même : « J’aurais pu tourner mal » C’est à ce moment là que « Momo », animateur, l’incite à participer au projet «  E-tpme » et l’aide dans ses premiers pas de créateur d’entreprise.

Aujourd’hui chef d’entreprise, Habib est un de ces « usagers-exemplaires » que nous nous devons de rencontrer pour mener à bien cette résidence. Nous l’invitons à participer à un atelier créatif lors de notre prochaine semaine de résidence. Il accepte. Nous demandons ensuite aux animateurs de prendre contact avec d’autres « utilisateurs-exemplaires » comme Habib, ce qu’ils s’engagent  à faire. Ouf, l’approche « Bottom-up » est sauve !