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Champagne Ardenne SEMAINE 4 / JOUR 2 : Vous croyiez connaître la Transfo ?

Mise en place

En semaine 3 – du 2 au 6 avril dernier – nous avions pu mener l’ensemble de notre planning d’expérimentation quasiment au pied de la lettre. Il soufflait comme un air d’évidence, un constat de réussite partagé par tous les participants comme en témoignait notre dernier post. Nous comprenons aujourd’hui que ce qui semblait naturel était dû à quelques facteurs que nous analysons a posteriori :

  • Nous avions particulièrement planifié cette semaine,
  • La plupart des participants de la Région avaient fait l’expérience des deux premières semaines en septembre et janvier : pour eux, la démarche de la Transfo n’est pas une découverte,
  • L’objet de travail émanait d’une commande politique claire et motivée par un objectif à court terme : la rentrée scolaire 2012,
  • Le sujet d’expérimentation, LycéO, était très concret,
  • Le dispositif se prêtait particulièrement bien à l’exercice car l’enjeu d’amélioration de ce dispositif était relatif, Lycéo fonctionnant déjà plutôt bien.
    > La voie vers le laboratoire d’innovation nous semblait presque tracée !

Mais si nous revenons sur les conditions de notre satisfaction en semaine 3, c’est bien parce qu’elles ne sont pas toutes au rendez-vous en ce début de semaine 4. Dans le planning initial (pourtant tout aussi travaillé qu’en semaine 3), nous avions prévu de profiter des deux premiers jours pour aboutir le travail mené sur Lycéo. Les participants nous avaient en effet indiqué leur besoin d’expérimenter la démarche « jusqu’au bout », de passer des idées aux actes. Nous souhaitions ensuite , durant les trois derniers jours, nous attacher à la préparation des prochains mois nous séparant de la prochaine semaine de Transfo (début octobre !) : outiller les participants, leur donner les moyens de fonctionner en autonomie.

Sauf que, surprise, nous mettons un certain temps à comprendre qu’ils ont si bien travaillé à passer des idées aux actes pendant notre absence… que notre planning si léché est déjà obsolète !
Une surprise qui transfo-rme !
Nous sommes l’après-midi du premier jour. Nous avons un train de retard. Qu’à cela ne tienne, rattrapons et… devançons ? Non. Et c’est précisément là que tout devient très intéressant.
En effet, ce qui nous est apparu comme un revirement de situation délicat à surmonter instantanément pendant la première journée, s’avère en réalité bien plus « esprit Transfo » que nos prévisions !

Nous atteignons manifestement le moment charnière. Alors que nous étions encore jusque là des « coordinateurs-référents-résidents-animateurs », voilà que nous touchons au « co »  que nous souhaitons si familier de « conception », « création », etc. Soudain, ce préfixe (parfois victime de la mode) prend tout son sens. Soyez prévenus, s’en suivent « émancipation » ou « autonomisation » ou encore « encapacitation » !
Il ne s’agit plus du tout de devancer, mais bien d’avancer « co »njointement.

Cartes sur table

LIVRER LE CODE SOURCE

« Comment sait-on si on doit travailler en petits groupes ou en grand groupe ? »
Au cours du déjeuner de vendredi, nous souhaitons tirer les enseignements de la veille et proposons de mettre cartes sur table (littéralement !). L’échange informel nous permet de comprendre combien le groupe a mûri et nous découvrons leur désir d’autonomie. Nous leur racontons les coulisses de la préparation : nos interrogations de la veille, notre (très) longue soirée de brainstorming pour élaborer le mode opératoire de la journée… « Avant aujourd’hui, nous ne pouvions pas vous livrer toutes les astuces au péril de votre confiance et votre implication : on devait créer de la surprise pour vous donner envie d’aller plus loin ». Aujourd’hui, « …c’est le moment, nous sommes tous prêts à passer ce cap ».

Comment livre-t-on les ficelles de l’innovation ? Nous réalisons dans le train qui nous ramène vers Paris pour un week-end de break mi-Transfo que nous ne sommes pas réellement détenteurs de ce savoir si évolutif. Décidément le « co » revient à nouveau : dans ce travail de « co »élaboration de plus en plus égalitaire, quel est notre nouveau rôle ? Du travail en perspective mais le meilleur qui soit : l’invention.

Prise de recul sur quatre mois

LA POSTURE D’INDÉPENDANCE QUI PERMET LA FORCE D’INITIATIVE

Parallèlement, nous nous heurtons aussi à des différences fortes dues à nos cultures professionnelles parfois éloignées. De même que nous mettrons plusieurs heures à comprendre ce qu’une « note » signifie en langage administratif, nous nous interrogeons sur le rôle des agents par rapport à celui des élus.
« Proposer » est-il un acte qui ne revient pas aux agents car, intrinsèquement politique, il relèverait du pouvoir et de la légitimité des élus uniquement ?
Au fil de nos échanges, nous dressons des modes de fonctionnement possibles pour le futur labo :

  • répondre à une commande politique formulée par l’exécutif,
  • profiter du cadre de la commande pour investiguer librement le sujet et pouvoir proposer des réponses alternatives aux solutions préconisées par l’exécutif,
  • aller en immersion au contact des compétences régionales et proposer des sujets de travail, en auto-saisine.

Cette dernière proposition est très vite fortement controversée. Nous comprenons que le labo n’a – pour l’instant – aucune légitimité à « proposer », il doit d’abord « résoudre » de manière innovante, c’est-à-dire en tenant compte du point de vue des usagers. « Les élus doivent valider, c’est leur rôle ». Les propos du Président de Région nous apparaissent sous un nouveau jour.

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TRANSFO Champagne-Ardenne SEMAINE 4 / JOUR 1

Cette semaine, de nouveaux résidents arrivent. Un référent jeunesse d’une direction pas encore représentée dans la Transfo, un jeune stagiaire au cabinet du Président, un curieux sous l’effet produit par l’exposition de clôture de la semaine 3 et enfin un dernier qui…je ne sais pas.

Il est à noter que les semaines 3 et 4 sont très rapprochées. Et c’est tant mieux car les implémentations en vue d’améliorer le dispositif Lycéo connaissent un sort différent selon qu’elles soient plus ou moins techniques ou plus ou moins politiques. Et cela tombe bien, nous voulons connaître ce qu’il s’est passé depuis notre départ. Où en sommes-nous des améliorations jugées « faciles » pouvant être implémentées pour le mois de septembre ? Quel a été le fonctionnement des personnes concernées ? Est-ce que tous les résidents ont été sollicités ? Qu’est-ce qui a été décidé ?

Grille, outils et planning de la semaine 4

Réunion à la DLA avec les résidents

C’est donc naturellement à la Direction des Lycées et de l’Apprentissage, la fameuse DLA, que le storytelling de chaque fiche produites en semaine 3 s’écrit selon une grille de lecture que nous avions préparée. Les deux groupes formés se retrouvent à la fin de la matinée pour une mise en commun des travaux effectués.

Le déjeuner vite avalé, nous abordons la seconde phase de la journée : rédiger les “fiches actions” qui ne l’ont pas encore été.

Mais d’abord, les 9 premières fiches ayant connu un sort différent, nous tentons de définir les points d’étape incontournables pour que ces dernières puissent être validées le plus rapidement possible. Nous voulons faire un saut qualitatif, c’est un saut en arrière que nous faisons.

En effet, à la question, Qu’y a-t-il lieu de ne pas oublier de penser pour ne pas entraver la bonne marche en avant de telle ou telle action ?, quasi unanimement, la question de définir le processus de validation de chaque fiche se pose. Qui valide quoi ?, qui décide de quoi ?

Plusieurs discussions s’amorcent. Un flottement s’installe car nous finissons par identifier que nous sommes dans une phase de transition de la Transfo. La question de la gouvernance de la Transfo et donc du futur laboratoire d’innovation régional se pose de nouveau avec acuité . L’expérience menée jusqu’à maintenant ne permet pas encore au groupe de se sentir légitime pour faire des propositions directement aux échelons supérieurs de la hiérarchie régionale et aux élus alors même qu’ils en ont le mandat.

Qu’à cela ne tienne, l’écriture des fiches reprend. Et même si ce travail n’est pas terminé, nous avons suffisamment de matériau pour aller demain en immersion dans les directions qui sont impactées par les améliorations à apporter au dispositif.

Demain sera un autre jour pour faire un point et observer, représenter et critiquer le chemin parcouru ensemble jusque là. Un pas de côté nécessaire dans notre cheminement.