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Résidence Circuits courts alimentaires à l’EPL du Balcon des Ardennes // Semaine 1 de résidence / Mardi 18 mai

Résidence au Balcon des Ardennes / Semaine 1 - mardi 18 mai

Nous avons rencontré…

2ème journée de la semaine, Anne Fontaimpe et Adèle Seyrig, les deux résidentes qui étaient là depuis dimanche soir sont rejointes pour la journée par Hélène Caubel, qui fait également partie de l’équipe de résidents et Stéphane Vincent, directeur de la 27e Région. Au cours de la journée, l’équipe de résidents a rencontré les personnes suivantes :

Au cours d’entretiens individuels :

  • Antoine Scaillierez, directeur de l’exploitation agricole de l’établissement
  • Sébastien Vial, directeur adjoint chargé de la formation lycée

De façon informelle dans le courant de la journée :

  • Étienne Vivier, proviseur de l’établissement
  • Guy, chef cuisinier de l’établissement
  • Laurent Ledoux, professeur d’ESC
  • La documentaliste responsable du CDI du lycée
  • Les élèves de la classe de 3e
  • Jérémy André, responsable de l’atelier de transformation

Puis également lors de la présentation publique organisée en fin de journée :

  • Une quinzaine d’élèves délégués de classe
  • Des professeurs de l’établissement
  • Des représentants de la confrérie de la Cacasse à cul nu
  • Catherine Coutant de la région Champagne-Ardenne
  • Sophie Lefort, CPE du lycée

D’autres personnes rencontrées dans le courant de la journée étaient également présentes à cette présentation

Le point de vue des résidentes

Les rencontres de cette deuxième journée sont l’occasion d’approfondir notre compréhension générale de l’établissement. Nous commençons à mieux identifier ce qui fait la spécificité d’un établissement d’enseignement agricole, la place importante occupée par des projets pédagogiques interdisciplinaires, etc.

En rencontrant le chef d’exploitation, nous avons également une meilleure visibilité sur l’exploitation, sur son fonctionnement, sur sa nécessité de rentabilité, sur les activités auxquels participent les élèves, etc. L’échange que nous avons avec Antoine Scaillierez sur la question de l’évolution de l’exploitation vers plus de respect de l’environnement nous permet d’aborder plus spécifiquement notre problématique des « circuits-courts » en lien avec l’enseignement agricole.

En rencontrant le proviseur adjoint, nous clarifions cette fois-ci notre vision de la diversité de formations proposées par le lycée, de la 3e au BTS, dans les champs de l’aménagement des espaces naturels, de l’agriculture et de l’agro-alimentaire. Sébastien Vial nous livre également un certain nombre d’informations sur la progression des effectifs du lycée dans ces différentes sections, sur le profil des jeunes en formation, etc.

L’échange avec la documentaliste du lycée nous donne également un aperçu de la richesse de cet outil qu’est le CDI. Nous espérons qu’un projet pourra se mettre en place au cours de la résidence en lien avec ce lieu très fréquenté par les élèves.

La résidence se construit…

La présentation publique de la fin de journée est pour nous l’occasion de présenter plus largement la résidence, nos méthodes, nos objectifs et de commencer à exposer des pistes d’ateliers pressenties. Cette présentation est introduite par M. Vivier, le proviseur, qui y a convié l’ensemble des professeurs et du personnel du lycée ainsi que les délégués de classe.

Nous commençons par une rapide présentation par Stéphane Vincent de la 27e Région qui reste encore très abstraite pour nos interlocuteurs. En leur présentant très rapidement en quelques images les trois résidences s’étant déroulées dans des lycées de Champagne-Ardenne et la résidence ayant eu lieu en Auvergne sur le sujet de la maison de santé, nous espérons rendre tout cela un peu plus tangible.

Adèle présente ensuite rapidement la genèse de la résidence, le montage en partenariat avec la direction Culture de la Région et sa mission de valorisation du patrimoine gastronomique, la confrérie de la Cacasse à cul nu et l’établissement du Balcon des Ardennes. Elle présente le sujet : circuits-courts alimentaires, gastronomie régionale et enseignement agricole, puis nous passons rapidement à la présentation de la méthode de travail de résidence.

Nous l’illustrons au travers de 7 idées « d’ateliers » imaginées par l’équipe de résidentes pour rencontrer et construire des projets et des visions avec les usagers / acteurs de l’établissement :

  • atelier « repas – 50 km », pour réfléchir sur la notion de circuit des aliments et créer ensemble un repas de locavores ;
  • atelier « affiche ton cliché » pour expulser tous les clichés des uns et des autres sur le monde rural, l’agriculture, le folklore régional, le bio, etc. ;
  • atelier « guide de recettes ardennaises par le Balcon », pour construire ensemble un parcours autour de la gastronomie ardennaise depuis nos traditions jusqu’à demain ;
  • atelier « lexi-dico » pour mieux comprendre et s’approprier une palette de mots confus tels que circuits-courts, bio, développement durable, agrobiologie, etc. ;
  • atelier « prospective d’établissement », pour réfléchir à la construction de visions imagées et scénarisées du projet d’établissement ;
  • atelier « projection de film », pour partager des réflexions, des émotions autour d’un film lié à la thématique du monde agricole et des enjeux environnementaux ;
  • atelier « portraits sensibles / récits de vie », pour découvrir en profondeur des points de vue et des expériences de plusieurs acteurs locaux de l’établissement, des circuits-courts ou moins courts.

Le débat est lancé au cours de la présentation entre l’équipe et les professeurs présents sur la pertinence du positionnement de tel ou tel atelier, sur la pertinence du déroulement de la résidence en toute fin d’année scolaire, etc. Les élèves de leur côté semblent encore relativement sceptiques. Nous réalisons que notre discours est peut-être encore un peu abstrait…

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Résidence Circuits courts alimentaires à l’EPL du Balcon des Ardennes // Semaine 1 de résidence / Mercredi 18 mai

Résidence au Balcon des Ardennes / Semaine 1 - mercredi 31 mai

Nous avons rencontré…

3ème journée de la semaine, de nouvelles rencontre au sein de l’établissement et une visite à l’extérieur :

Nous rencontrons, au cours d’entretiens individuels :

  • Fabrice Savary, directeur du CFA / CFPPA
  • Sébastien Léonard, secrétaire général de l’établissement

De façon informelle dans le courant de la journée :

  • Étienne Vivier, proviseur de l’établissement
  • Jérémy André, responsable de l’atelier de transformation

Lors de la visite de la Salaison « Aux saveurs d’Ardennes » :

  • Didier Villemin, chef d’entreprise

Le point de vue des résidentes

Pendant cette troisième journée, les visites destinées à mieux comprendre le fonctionnement de l’établissement continuent.

La rencontre avec Fabrice Savary, directeur du CFA / CFPPA (centre de formation des apprentis / centre de formation professionnelle pour adultes) nous permet de compléter notre vision d’ensemble de l’établissement du Balcon des Ardennes qui est composé du lycée agricole, du CFA / CFPPA et de l’exploitation agricole. Le mode de fonctionnement y est différent, les apprentis ou les adultes en formation suivent un rythme et des contenus de formation qui ne sont absolument pas les même qu’au lycée. L’offre de formation se structure autour de deux filières : travaux paysagers et secteur forestier.

Nous avons avec M. Savary un échange très intéressant sur la question de l’interrégional dans ce secteur de la formation professionnelle et sur la grande difficulté des établissement et des régions à rencontre dans une logique de mutualisation de moyens entre des centres de formations qui rayonnent au-delà de la région dans laquelle ils se situent du fait de la spécificité de leurs formations.

Nous échangeons ensuite plus spécifiquement sur les projets de l’établissement en lien avec la thématique de la résidence, celle des circuits-courts que M. Savary met en perspective avec un projet de parcelle maraîchère dont nous avait déjà parlé M. Vivier, liant culture et insertion professionnelle.

Lors de notre rencontre avec Sébastien Léonard, secrétaire général de l’établissement nous abordons l’établissement sous l’angle de ses projets «  développement durable ». Labélisé Éco-école, l’établissement conduit depuis plusieurs années déjà un certain nombre de projets engagés dans une démarche de réduction de l’impact du « système EPL » sur l’environnement : tri des déchets dans tout l’établissement (classes, internat, cantine, admnistration…), passage au papier recyclable, utilisation de produits d’entretien éco-labélisés, repas bio servis mensuellement à la cantine, certains produits bio servis quotidiennement, approvisionnement en circuit-court pour plusieurs type de produits, etc. L’ensemble de démarches étant associées à un certain nombre de projets pédagogiques menés tous les ans avec les élèves.

Le fait de mieux connaître toute cette démarche, nous permet de mieux appréhender l’investissement de l’établissement dans cette problématique environnementale qui est étroitement liée avec celle des circuits-courts sur laquelle nous travaillons.

Au cours de la journée, en dehors du cadre de nos entretiens, nous prenons également le temps de « trainer » dans et autour du lycée pour s’imprégner du lieu.

La visite que nous effectuons à la salaison « Aux saveurs d’Ardennes » nous permet de sortir du contexte de l’établissement pour commencer à s’imprégner également du contexte existant à proximité dans tout ce qui est  gastronomie régionale. La salaison transforme essentiellement du porc ardennais en produits de terroir (saucissons, jambons, terrines, boudins, etc.) vendus sur place et sur des foires ou marchés.

La résidence se construit

Cette journée essentiellement consacrée à des rencontres et entretiens nous permet d’élargir encore notre vision du contexte dans lequel s’inscrit la résidence. Cette immersion est indispensable car elle nous permettra par la suite de proposer des ateliers ou projets qui s’appuient sur l’existant en tenant compte de la complexité du système, de son expérience, des ses forces et de ses faiblesses, etc.

En fin de journée nous confrontons notre vision avec celle de Monsieur Vivier, qui nous fait part également d’autres expériences qu’il a pu avoir dans d’autres établissements. Ces échanges réguliers avec le proviseur nous permettent de commencer à mieux cerner à quel niveaux pourront se situer nos interventions dans le cadre de la résidence.

Résidence circuits courts alimentaires à l’EPL du Balcon des Ardennes / Semaine 1 de résidence / jeudi 20 mai

Résidence au Balcon des Ardennes / Semaine 1 - jeudi 20 mai

Nous avons rencontré…

4e journée de la semaine, Adèle et Anne sont rejointes pour la journée par Hélène et Shah-Dia qui est « l’experte » circuits-courts de la résidence.

Pendant cette journée, nous rencontrons :

Dans le cadre d’un rendez-vous à la DRAAF de Châlons-en-Champagne, accompagnées de Catherine Coutant, chargée de mission à la Région :

  • Max Louette, chef du SRFD (Service régional formation et développement) à la DRAAF Champagne-ardenne

Lors du temps de travaux pratiques à l’atelier de transformation :

  • Les élèves de la classe de bac pro IAA (industrie agro-alimentaire)
  • Jérémy André, responsable de l’atelier de transformation et sa collègue, également salariée de la Maison des produits de Terroir

Dans le cadre de la commission menu :

  • les membres de la commission

Au cours d’entretiens individuels :

  • une professeur d’ESC

Au Café l’Européen, sur la place Ducale à Charleville-Mézières:

  • des membres de la Confrérie de la Cacasse à Cul nu

Le point de vue des résidentes

La rencontre de la matinée à la DRAAF nous permet d’en apprendre plus sur le positionnement de l’enseignement agricole, tant dans sa vocation que dans la place qu’il occupe dans le paysage de l’éducation en France. L’échange que nous avons avec Max Louette nous donne un éclairage sur les axes de travail régionaux mais aussi nationaux de l’enseignement agricole, sur la place des exploitations dans les établissements, etc. Un axe central étant de favoriser la production et la consommation d’une nourriture plus saine, plus respectueuse de l’environnement, ce qui fait directement écho au sujet qui nous intéresse pour la résidence.

Nous échangeons ensuite plus spécifiquement sur la problématique de « l’autosuffisance alimentaire » des établissements agricoles et nous évoquons en particulier l’idée de parcelle maraîchère ainsi que la question de la production laitière du Balcons des Ardennes. M. Louette nous fait part de la réussite du projet de maraîchage du lycée agricole de Fayl Billot où le circuit-court a été mis en place au sein même du lycée. Nous sommes séduites par cette approche qui semble convaincante tant sur le plan humain, qu’éducatif, gastronomique ou écologique.

Et en parallèle du RDV à la DRAAF, le temps passé par Adèle à l’atelier de transformation permet de rendre plus concret tout ce qui concerne l’apprentissage pratique et technique que suivent les élèves du lycée dans cette filière agro-alimentaire. En parallèle de fabrication de la terrine de sanglier, nous en profitons pour discuter avec les élèves d’avenir professionnel, d’expériences familiales de la gastronomie ardennaise, de la fête de la Bière, etc.

En fin de journée, le rendez-vous avec la confrérie de la Cacasse à cul nu nous permet quant à lui de croiser de nouveaux membres de l’association et de discuter à bâtons rompus des activités de la confrérie, de ses projets, de leurs attentes vis à vis de la résidence, etc.

Nous terminons notre excursion à Charleville par une petite dégustation de gastronomie locale. Nous tentons entre autre la salade au lard… une réussite !

La résidence se construit…

Pour cette première de semaine de résidence, l’équipe aura été de taille variable. La présence pour la journée d’Hélène et Shah-Dia est une occasion pour l’équipe de faire le point sur toutes les rencontres de la semaine, sur la compréhension du réseau d’acteurs, sur les enjeux liés au sujet de la résidence, etc.

L’équipe ébauche une schématisation de l’établissement et de tous ces projets dont elle a entendu parlé tout au long des entretiens. Ce travail de mise à plat qui est indispensable pour notre compréhension deviendra peut-être un projet à part entière de la résidence.

Nous avançons également en équipe sur les ateliers ou projets que nous projetons de mettre en place dans le cadre de la résidence. Ensemble nous rediscutons des enjeux de la résidence, que ce soit pour le lycée, pour la confrérie de la Cacasse, pour la Région ou encore pour la 27e Région ; nous précisons l’approche de résidence et nous questionnons sur les outils et méthodes que nous allons pouvoir expérimenter, développer, etc.

Embarquées dans les rencontres et la découverte du terrain de résidence, il est important de prendre ce temps en équipe pour prendre du recul, penser à ce qui va venir et partager sur nos propres méthodes.

Fin de la résidence au lycée Gabriel Fauré: premier bilan

Nous touchons à la fin de la résidence de la 27e Région au lycée Gabriel Fauré d’Annecy. C’est l’heure d’un premier bilan sur les réalisations et sur la poursuite des projets au-delà de la résidence.

Le kit de speed dating

La fabrication du kit speed dating

La première réalisation des résidents consiste en un kit de speed dating pour lycéens. Il contient des t-shirts pour le staff, un sifflet, un chronomètre, des plots, une ligne de démarcation, un fanion et un mode d’emploi. Il est mis à disposition des élèves dans le bureau de la vie scolaire de l’internat. Les objets ont en eux-mêmes un fort pouvoir de transmission. La matérialité du kit devrait favoriser l’appropriation de l’idée du speed dating par les élèves et le personnel du lycée. C’est en soi un dispositif très simple, et le kit permet de le mettre en place en un clin d’œil à la récréation ou à la pause déjeuner. C’est l’exemple parfait du type de micro action que nous préconisons.

Kit speed dating

Le projet de signalétique poétique et critique

Le projet de signalétique poétique a été prototypé et testé avec une classe et son professeur de français. Lors de cette expérimentation, les plaques de rues avaient été figurées par des feuilles de papier. Il s’agissait alors de tester la capacité des élèves à identifier des espaces spécifiques dans l’établissement et à les renommer. Cet atelier d’écriture poétique a encouragé les élèves à s’interroger sur leur perception du lycée. L’action d’aller rebaptiser chaque couloir en accrochant une plaque de rue a renforcé leur sentiment d’appropriation des lieux.

Pour que le projet se poursuive, il faut désormais passer à la réalisation des plaques de rues en bois. Cela représente un budget peu élevé et l’équipe de la maintenance du lycée a les outils et les compétences pour le réaliser. Mais l’impulsion doit venir de la direction pour que l’intendance fasse partir un devis. Or, le proviseur, à qui le projet a été soumis, ne l’a pas rejeté mais n’a pas pour autant dit qu’il allait le mettre en œuvre.

Le trombinoscope : rendre visible les invisibles

Le trombinoscope a été une expérimentation lancée en fin de deuxième semaine et a reçu un accueil mitigé. Les élèves n’ont pas immédiatement perçu l’enjeu de cette représentation commune de l’ensemble des « habitants du lycée », visibles et invisibles, des lycéens jusqu’aux agents. Pourtant, en fin de troisième semaine, on voit encore quelques élèves s’arrêter devant le trombinoscope. En revanche, au regard des photos émouvantes que nous avons prises des agents techniques traversant en groupe le hall du lycée pour venir regarder le trombinoscope, on peut dire que ce travail de représentation a produit quelque chose : une émotion, un événement, et peut-être plus ?

Le micro : vers un partage de la parole entre administration et lycéens

Le micro dans le bureau de la vie scolaire

A la suite des débordements qui ont suivi l’expérimentation du micro dans le hall, le dispositif a été déplacé dans le bureau de la vie scolaire. Le contenu et la fréquence des messages a été entièrement modifié par ce déménagement. Nous avons entendu, uniquement au moment des pauses, des appels pour s’inscrire à la soirée des terminales et pour donner des vieux meubles pour aménager le foyer. Seulement, le micro utilise pour le moment la ligne téléphonique d’une CPE en congé maladie. Un autre CPE suggère de rendre disponible la ligne dont se sert le bureau de la vie scolaire aux élèves, du moment qu’il s’agit de messages informatifs ou créatifs. Il aura donc fallu que nous installions un micro dans le hall pour faire évoluer certains usages. Quoiqu’il en soit, l’expérimentation de mercredi n’aura pas été vaine : elle a révélé le besoin qu’ont les élèves de s’exprimer. Entendre les élèves se souhaiter leur anniversaire ou le souhaiter à un surveillant introduit plus d’humanité et de quotidienneté dans l’établissement.

Le projet du foyer : évoluer vers des protocoles de micro action

Myriam à la réunion chantier

Le projet du foyer, comme expliqué dans le billet précédent, est désormais dans les mains d’une CPE, Myriam. C’est la transformation de l’association du Foyer Socio-Educatif en Maison des Lycéens qui est à l’origine du réveil du projet d’aménagement du foyer. Un professeur très investi dans le FSE et qui est à l’origine de la journée Kulte partage sa perception de la réunion du 20 mai, dédiée à l’aménagement du foyer. Au contraire de Myriam, il ne croit pas que ce changement de nom du FSE va changer quoi que ce soit. En revanche, il est convaincu par le protocole de micro action que nous avons proposé. « C’est fou ce que les élèves sont procéduriers » dit-il. « Il y a ce mythe d’un protocole administratif qui donnerait la bataille gagnée d’avance. » Il est maintenant convaincu que l’important est de faire venir les élèves dans le foyer pour que le processus d’aménagement s’enclenche : « On habite les lieux avec plus de pertinence au bout d’un certain temps. » Il reconnaît aussi que Kulte a placé la barre de la conduite de projet très haut, au risque de couper le lien avec les élèves susceptibles de se l’approprier. Des actions plus modestes et ponctuelles peuvent susciter des envies. « On a un protocole qui est né de votre passage » conclue-t-il.

Une conclusion mitigée

Alors que nous nous apprêtons à partir, nous sommes assez brutalement confrontés à la réalité du lycée Gabriel Fauré. La direction aura été peu à l’écoute et n’a garanti la réalisation d’aucun de nos projets qui, dans un autre contexte, auraient pu être mis en place très rapidement car ils demandent peu d’argent et peu de savoir-faire. La signalétique comme le trombinoscope restent en suspens.

Arrivés au lycée par l’intermédiaire d’un professeur de philosophie frondeur et atypique, fatigué de se heurter aux blocages administratifs qui accompagnent chaque projet, nous avons été confrontés aux mêmes difficultés. Nous espérons que la poursuite de la discussion avec la région Rhône-Alpes prolongera le travail accompli pendant la résidence.

Gérer le foyer du lycée comme une auberge espagnole

Une réunion sur l’aménagement du foyer

Voilà plus de trois ans que le foyer destiné aux lycéens de Gabriel Fauré est laissé dans un état d’abandon. Les élèves n’y viennent pas et pour cause : le lieu est sans âme, parsemé de chaises en bois dur, et, paraît-il, il y fait très froid l’hiver. De surcroît, le lieu se trouve à l’écart des flux de circulation les plus importants du lycée.

Une CPE de l’établissement, Myriam, a décidé de s’emparer du problème. Elle convie les résidents de la 27e Région à participer à une réunion sur l’aménagement du foyer, en présence des représentants du CVL, ceux du FSE, des professeurs principaux de seconde, du proviseur adjoint et des élèves d’arts plastiques qui ont travaillé à des projets d’aménagement du foyer.  Nous profitons de cette occasion pour exposer notre projet pour le foyer auquel nous avons longuement réfléchi.

Notre proposition : responsabiliser les lycéens

David raconte son expérience d'aménagement des toilettes du lycée

A travers la référence au film L’Auberge Espagnole, nous proposons de gérer le foyer comme une colocation. Cette proposition est née du constat que le foyer doit répondre à des attentes parfois contradictoires de la part des étudiants et lycéens. Les élèves de BTS veulent un lieu où déjeuner. Les lycéens veulent un lieu confortable où se détendre. Les salles de musique étant adjacentes au foyer, il faut également tempérer entre le bruit que font les élèves en pause et le bruit des instruments de musique. La colocation implique l’idée de cohabitation mais aussi de responsabilité. Si je suis locataire d’un espace, j’ai certaines responsabilités : je l’aménage et je l’entretiens. Dans une colocation, personne ne décide de l’aménagement global de l’appartement, mais chacun apporte ses meubles et le tout s’organise dans un joyeux désordre.

Nous proposons un moyen concret d’initier la colocation : doter chaque classe d’un chèque cadeau de 20 euros destiné à l’achat d’un meuble ou d’un élément de décoration ou de n’importe quel objet destiné au foyer. Si une classe souhaite acheter un objet plus coûteux, elle doit s’organiser avec d’autres classes. Les délégués seraient responsables, avec le prof principal, d’organiser la délibération entre les élèves.

La prise de décision collective, une utopie ?

Première réaction d’une élève de Première L « Le collectif, c’est une utopie. C’est toujours un petit groupe de personnes qui prend les décisions. » Derrière notre proposition, il y a la volonté de faire participer même les élèves qui n’ont pas l’habitude de s’engager dans des projets. Investis de la responsabilité de décider quoi faire avec leur dotation, l’ensemble des élèves serait de fait confronté à la question de l’aménagement du foyer. Nous touchons ici à une question centrale : faut-il impliquer tous les lycéens ou seulement les élèves les plus motivés dans le processus de décision concernant l’aménagement du foyer ?

La professeure d’arts plastiques quant à elle insiste : « Il faut d’abord aménager ce lieu pour qu’on puisse y habiter » Mais ce point est discutable. Faut-il aménager le lieu pour faire venir les lycéens ou faire venir les lycéens puis aménager le lieu ? Notre proposition part du principe qu’il faut d’abord mobiliser les lycéens, et que les questions d’aménagement se règleront dans la foulée.

La professeure d'arts plastiques partage son point de vue

Selon le proviseur adjoint, « en hiver, le foyer est vide car il y fait très froid. On ne pourra jamais rien faire tant qu’il ne sera pas mieux isolé. C’est par là qu’il faut commencer. » Romain, designer de la 27e Région, intervient. « Il y a trois catégories : ce qui relève du gros œuvre (isolation), ce qui relève du matériel (meubles, lampes…) et ce qui relève de la décoration (peintures, cadres…). Toutes sont importantes mais il faut choisir par laquelle commencer ». Par exemple, si de plus nombreux élèves investissent le foyer, la demande pour engager des travaux d’isolation auprès de l’administration sera plus pressante.

Privilégier le mode opératoire plutôt que le résultat

Les élèves d'art plastique montrent leur projets d'aménagement du foyer

Cette discussion met en lumière les différentes façons comment la démarche de la 27e Région diffère de la façon dont les problèmes sont généralement abordés au lycée. Les élèves d’arts plastiques montrent leurs projets d’aménagement du foyer. L’un a conçu un projet sur le thème du western, l’autre a développé le thème du home sweet home…ce sont des projets qui s’attachent avant tout à définir des univers décoratifs cohérents. Les professeurs comme les élèves présents sont d’ailleurs tous préoccupés davantage par l’aménagement final que par la recherche du levier qui permettra de démarrer la mise en œuvre du projet. Des élèves de seconde proposent « Il faut des canapés. Il faut jouer sur les lumières. ». Mais ce ne sont pas les projets d’aménagement qui manquent. Ce qui fait défaut, c’est de comprendre comment passer à l’action.

C’est pourquoi notre proposition propose un mode opératoire et non un projet d’aménagement de l’espace. Il cherche à définir comment amener les lycéens vers une gestion autonome du foyer, sans se prononcer sur le choix des meubles ou le découpage de l’espace. Difficile de trouver un compromis entre les deux démarches qui pourtant ne sont pas incompatibles. Mais Miriam, la CPE, est décidée à guider les élèves vers un travail collectif.

Un micro mis à la disposition des lycéens dans le hall de l’établissement

« Composez le 313 et adressez-vous à tout le lycée. À n’utiliser qu’en dehors des heures de cours. »

Installé en fin de journée mardi, le dispositif du micro était prêt aujourd’hui pour l’arrivée des lycéens vers 7h30. L’idée à l’origine de ce projet était de faciliter l’expression des lycéens en mettant à leur disposition un micro. Initialement, le projet avait été conçu avec une seule règle « À  n’utiliser que pour le bénéfice de tous. » Finalement, le dispositif consiste en un téléphone posé dans le hall contre un pilier soigneusement recouvert de papier kraft d’un bleu éclatant, accompagné d’une affichette disant simplement « Composez le 313 et adressez-vous à tout le lycée. À n’utiliser qu’en dehors des heures de cours. »

Le micro dans le hall du lycée

Arrivés tôt ce matin, nous observons les lycéens qui traversent sans se presser le hall pour gagner leurs salles de cours. Aucun ne semble remarquer le micro. Mais alors que nous sommes en train de prendre notre petit déjeuner à la cantine, nous entendons tout d’un coup les trois notes qui comme dans un aéroport indiquent qu’une annonce va être diffusée. Puis une voix jeune qui entonne « Je ne veux pas travailler » de Pink Martini. Le chant est joli, le timing judicieux. Nous observons du coin de l’œil les surveillants sourire. Le dispositif promet de bien fonctionner.

« Allo ? Allo ? Allo ? »

Très vite, le signal d’aéroport recommence et l’on entend une voix juvénile annoncer « Nadine est attendue à l’accueil. » Bon. Pourquoi pas. Le signal encore, puis des rires étouffés. Encore des rires. Encore un message qui réclame que Guillaume ou Léa ou Julie gagne le hall immédiatement. Plus tard, au moment de la récré, un groupe de filles utilise le micro pour souhaiter l’anniversaire d’une amie. Nous sommes loin des communications sur des concerts ou autres évènements que nous avions espérés, plus loin encore des messages poético-politiques que je m’étais laissée aller à imaginer. Mais dans l’ensemble, malgré quelques fous rires, quelques « Allo ? allo ? allo ? », les lycéens semblent apprivoiser l’outil.

Jean-Sébastien Poncet en embuscade dans la loge

Une réaction hostile

Après la récréation, alors que les élèves sont retournés en cours, je me fais alpaguer par un membre du personnel du lycée: « Vous êtes bien de la 27e Région ? Vous demandez souvent l’avis des gens, non ? Et bien moi, je vais vous donnez mon avis sur la 27e Région : Vous n’avez rien à faire ici. »  Alors que je le presse pour obtenir plus d’explications, il répète « Nous n’avons rien à nous dire, je vous l’ai dit, la 27e Région n’a rien à faire ici. » Je pressens que le micro n’est pas pour rien dans cette agressivité soudaine quand il lâche « Vous et moi, nous ne faisons pas le même métier. Moi, je travaille, vous… » Voilà, c’est dit. Lui, à longueur d’années, il travaille à contenir les lycéens, et nous, à peine arrivés, nous ouvrons les digues.

La bérézina

Il me semble que c’est à partir de là, comme pour lui donner raison, que les lycéens ont commencé à se servir sans interruption du micro pour des messages de moins en moins audibles et de plus en plus déconcertants. Un terminale colle son téléphone au micro pour partager un morceau de rap qu’il aime bien, mais on n’entend qu’un grésillement. Une élève annonce « Je t’aime. » Avant de conclure « Va te faire foutre Chloé. » Une autre encore « Je veux pas aller en chinois. Le chinois, c’est de la merde. » A chaque message, ces trois notes d’aéroport, aigues et intrusives. Les messages se suivent à intervalles resserrés alors que des cours ont lieu au même moment. À chaque débordement, nous nous sentons de plus en plus démunis face à la manière dont les lycéens se sont emparés du micro pour un usage que nous n’aurions pas imaginé.

Des lycéennes hésitent près du téléphone-micro

Encore un coup du 27e bataillon

Après la pause déjeuner, je me poste avec Marie-Claude, une sociologue qui nous rend visite, dans un coin du hall. J’observe des lycéens tourner autour du micro sans se décider, tandis que d’autres s’en emparent sans hésiter une seconde. J’interroge Walid, qui monopolise depuis un certain temps le micro, sur ce qu’il pense du dispositif « Ah, vous êtes du 27e bataillon ? Vous posez beaucoup de questions. » Je lui répète que nous sommes La 27e Région, mais il persiste, nous sommes « le 27e bataillon », et nous lui sommes sympathiques. Pour lui, l’installation du micro est un geste politique : nous offrons aux lycéens le moyen de la confrontation. Le contenu des messages n’est pas remarquable, mais leur fréquence, leur énergie, témoigne d’un désir très vif de transgression.

Des lycéens diffusent de la musique via le téléphone micro

Une jeune fille avoue avoir eu beaucoup de plaisir à entendre sa voix résonner ainsi dans tout le lycée. Pourtant, au début, elle pensait que c’était une installation des élèves d’art plastique et n’avait pas idée que son message allait être diffusé. Faudrait-il alors rajouter plus d’explications et des mises en garde du type « Pas d’insultes » ? « Surtout pas, ca pourrait nous donner des idées » prévient-elle.

La possibilité d’un apprentissage citoyen ?

Malgré les perturbations inattendues et presque continues provoquées par le micro, nous décidons de pousser l’expérience jusqu’au bout. Cette décision est le fruit d’une concertation entre les résidents. Nous le le débrancherons pas. Au bout de quelques jours, quelques semaines, croyons-nous, les lycéens vont apprendre eux-mêmes à s’en servir. Le proviseur n’aura pas eu cette patience. Le micro disparaît au cours de l’après-midi, sur sa décision.

Il se laisse cependant convaincre de le réinstaller, mais cette fois-ci dans le bureau de la vie scolaire. Lui aussi croit que ce dispositif peut être l’outil d’un apprentissage citoyen. Sous le regard des surveillants, les lycéens auront peut-être un usage plus réfléchi du micro.

Le test d’aujourd’hui aura été riche d’enseignements. La démarche de la 27e Région peut être mal perçue par certains usagers du lycée. Venus de l’extérieur, sans expérience du lycée, avec une démarche résolument créative, les résidents s’imposent et bouleversent. Mais cette façon de fonctionner à tâtons, en restant en permanence à l’écoute des habitants du lycée, sans craindre de proposer des projets qui ne trouveront pas leur forme idéale d’emblée, a la capacité de réveiller l’envie d’expérimenter au lycée.

Prototypage du projet de signalétique poétique : une expérimentation avec la classe de seconde 11

L’enjeu : renforcer le sentiment d’appropriation des lieux

M.Duport, professeur de lettres, nous invite à participer à son cours avec la classe de seconde 11 pour mettre en œuvre le projet de signalétique poétique, qui consiste à faire écrire aux élèves, sur des plaques de rues en bois peintes à la peinture à craie, des noms de rues imaginaires. L’enjeu de ce dispositif est de matérialiser le lien des élèves à l’établissement et de renforcer le sentiment d’appropriation des lieux. C’est aussi une façon de caractériser visuellement des espaces scolaires relativement uniformes.

Les résidents travaillent avec la seconde 11 et leur professeur de lettres

Nous expliquons aux élèves : C’est un peu comme si vous étiez le maire de la ville, et que vous deviez nommer les lieux pour qu’on puisse se repérer ». A la question « Avez-vous des expressions bien à vous pour parler de certains lieux du lycée, comme le hall, la cantine, certains couloirs ? », peu de réactions se font entendre. Nous cherchons à les guider : « Quand tu es à la cantine, qu’est-ce que tu ressens ? Faire la queue, c’est un peu fastidieux non ? » Mais leur enseignant habitué à gérer sa classe, organise immédiatement les cadres du travail collectif. Par groupes de trois, les élèves cherchent des expressions pour qualifier une sélection de lieux. Ensuite, chaque groupe lit ses trouvailles et les écrit au tableau.

Les élèves travaillent en groupes

Des noms de rues imaginaires

Les élèves suggèrent de renommer la cantine, « Place de la Nécessité » ou « Place du Marché ». Le coin fumeur devient la « Rue Gainsbourg ». Le couloir de maths provoque la controverse : « C’est la Rue de la Perdition ! » « La Rue sans Issue »  tandis qu’une élève s’oppose « C’est la Rue de l’Amour ». Mystérieux. Le bureau de la vie scolaire est unanimement condamné « C’est le commissariat », la « Rue de la Fin, parce que quand t’y vas, c’est la fin de tout et le début des problèmes. » Ici, M.Duport suggère que nous laissions la vie scolaire en dehors de l’exercice.

Les élèves inscrivent leurs trouvailles au tableau

Accrochage des panneaux de rue dans le lycée

Les élèves s’accordent sans trop de peine sur les noms de rue qu’ils souhaitent retenir. Chaque groupe se charge de dessiner sur une feuille blanche un panneau de rue temporaire, et nous partons pour un tour du lycée. Le choix de l’endroit où accrocher le panneau est à chaque fois médité et discuté. Tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faut un endroit bien visible, mais qui respecte la signalisation des rues traditionnelles. Alors que nous sommes en train de baptiser la cantine, nous rencontrons le chef cuisinier, qui s’enthousiasme. Il avait fait des jeux similaires quand il travaillait en colonie de vacances « Pour sécuriser les gamins qui avaient peur d’aller d’un endroit à l’autre, on rebaptisait les lieux. Vous pourriez changer le nom de la cantine selon le menu ! Restaurant italien par exemple ! »

Les toilettes sont rebaptisées Place du Soulagement

Quelle suite au prototype ?

Quelle suite pour ce prototype ? La réalisation des plaques de rue est simple, et nous allons voir jusqu’à quel point les porteurs de projets potentiels veulent porter l’expérimentation.

Le choix de l'emplacement, une décision collective