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TRANSFO PACA / semaine 5 / Jour 1

Lundi 13 mai 2013, la Transfo reprend ses quartiers à la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. A partir de 11h, est réuni en Salle Notre Dame le « groupe projet » qui doit plancher sur la création d’un « processus de retours d’usages et d’amélioration continue » du dispositif Emploi d’Avenir, ou tout du moins sur sa version « prototype ». Ce groupe projet est composé de différents acteurs : Région, Missions Locales, Association Moderniser sans Exclure, chambre d’artisanat, associations culturelles et sociales employeuses d’emploi d’avenir, 27e Région…

Les résidents ont organisé la journée en différents temps :

Matinée : Mise en commun et inspiration
– Un premier temps de récit du processus Transfo qui nous a mené à ce projet d’expérimentation, accompagné de la réalisation d’un schéma « martyr** » représentant ce projet.
** Martyr = là pour être massacré, déconstruit, remis en question !
– Une « séance inspirante » est ensuite proposée. Elle consiste à présenter des exemples de « retours d’usages » mis en oeuvre par différents acteurs, dans différents contextes. Pour cela les participants ont été sollicités et nous avons la chance de découvrir différents types d’outils :

  • L’ARDML présente une enquête de satisfaction réalisée auprès des ses usagers en PACA.
  • L’association « Moderniser Sans Exclure » présente un film réalisé récemment sur les Emplois d’Avenir, qui donne la parole à de jeunes embauchés et vise notamment à promouvoir le dispositif auprès d’employeurs potentiels.
  • Une personne de la délégation à l’évaluation revient sur les enjeux de la participation des citoyens dans l’action publique. Elle insiste sur la triple dimension : une culture, une posture, des outils. Pour elle la Région est une échelle particulière car elle a toujours des intermédiaire vis-à-vis des citoyens, elle n’intervient pas directement. Elle est cependant doté d’outils permanents comme le Conseil Régional des jeunes mais qui semble sous-utilisé. Pour cette personne les usagers doivent être présents dans les comités de pilotage. « Ce que nous avons à mettre en oeuvre n’est pas un simple retours sur les perceptions mais il s’agit bien d’un travail de co-production à entreprendre avec les personnes concernées ». Elle donne des exemples d’expériences menées par la délégation à l’évaluation notamment une enquête sur les discriminations menées avec le CR des jeunes et analysée en groupe de travail, qui a abouti à des propositions. Pour elle, il y a également un enjeu de formation à la politique publique et un objectif d’inter-connaissance et d’échanges entre les personnes impliquées.
  • Les résidents de la 27e Région présente une expérimentation assez radicale menée en Grande-Bretagne (Nesta) ainsi que plusieurs exemples issus du design, notamment des innovations en termes d’outils.

Cette séance se révèle particulièrement intéressante au regard de la diversité d’expériences présentées. Elle nous permet d’échanger sur les enjeux de la participation des citoyens dans les politiques publiques et de repérer des points de vigilance pour notre expérimentation. Le terme « retours d’usages » est remis en question car perçu comme jargonnant.
Quel autre titre trouver à notre projet ?

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Après-midi : Scénarios
L’après-midi est consacré à un travail de groupe. Chaque groupe est invité à concevoir un projet de « retours d’usages » autour du dispositif Emploi d’Avenir dans un contexte donné.
Les trois contextes proposés sont:
– Un secteur d’activité : le socio-culturel + le secteur culturel et artistique
– Un territoire : les Alpes de Haute Provence
– Un lieu : les Espaces Régionaux Internet Citoyen (ERIC)

Chaque groupe dessine son projet en essayant de se projeter vers un fonctionnement concret du processus : qui est impliqué ? où ? quand ? avec quels outils ? dans quelle temporalité? Comment aborder les différentes étapes ? (captation, traitement des informations et restitution, repérage et mobilisation des interlocuteurs décisionnaires, co-production de solutions ou d’expérimentations…)

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Les trois scénarios proposés présentent quelques caractéristique décrites ci-dessous :
– Dans le contexte du secteur socioculturel/artistique.
Deux projets sont ébauchés, avec une réécriture de la « commande » puisque le groupe a choisit de s’intéresser aux emplois d’avenir dans les collectivités territoriales (qui sont peu impliquées dans le dispositif à l’heure actuelle). Les deux projets se construisent autour de deux outils de captation : la réalisation de vidéos avec les jeunes et les employeurs dans une optique d’auto-médiatisation (réalisées par MSE) et la mise en place d’un site internet. Dans ces scénarios, la Transfo s’intéresserait plus au traitement et à la circulation des informations dans les canaux de la Région sachant que MSE s’occuperait plus de la captation.
– Dans les ERIC : Le groupe a opté pour la constitution d’un groupe témoin, composé de jeunes en EAV, d’employeurs et de tuteurs, qui se réuniraient régulièrement dans un ERIC et se saisiraient des outils numériques pour faire remonter des informations et propositions du terrain. Ces groupes seraient animés par un animateur multimédias et des personnes impliquées dans la Transfo + MSE.
– Dans les Alpes de Haute-Provence : Le groupe décide de s’intéresser en priorité aux employeurs (identifiés comme le frein actuel aux EAV) en les impliquant individuellement, via des entretiens.

A partir de ces trois scénarios, l’équipe de résidents tentent de repérer les enjeux majeurs, les idées fortes qui permettront de créer un scénario plausible, réalisable, répondant aux différents enjeux et correspondant aux idées du groupe. La suite demain…

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Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 3

Il est 7h du matin et notre deuxième journée à La Flèche commence : eh oui, les semaines de Transfo ne ressemblent pas tout à fait à des vacances!

Le programme est chargé et il n’y a pas de temps à perdre. Nous essayons de nous répartir les tâches au mieux: pendant qu’une équipe s’installe sur le marché, l’autre prend ses marques au lycée d’Estournelle de Constant. L’occasion de mettre en pratique,  auprès de publics différents, les « questions à réactions » travaillées la veille.

Tester, c’est aussi apprendre à tirer des leçons de nos échecs pour tenter d’améliorer les processus mis en oeuvre. La veille, en faisant le point sur l’atelier à l’IFSI, nous avons réalisé que nous avions – dans l’urgence et malgré un effort de préparation important – complètement négligé un aspect important de l’introduction. Pourtant, aménager un vrai temps de présentation est le préalable indispensable pour parvenir à instaurer d’une relation de confiance entre nous et les personnes qui participent à l’exercice. Question de politesse, d’honnêteté ou d’intégrité, chacun en convient, nous avons une forme de dette envers ces personnes. Quel que soit l’outil utilisé pour aller à la rencontre des citoyens, toute personne qui accepte de donner de son temps est en droit d’exiger de :

  • savoir QUI l’interpelle
  • savoir POURQUOI elle est interpellée
  • savoir COMMENT sera utilisée sa parole

Avant de nous lancer, nous prenons donc dans chaque groupe le temps de présenter un « protocole » défini la veille par les résidents pour apporter, d’entrée de jeu, des réponses aux questions ci-dessus.

Après quelques heures de mise en pratique vient le temps du débriefing. Jacky et Nicolas, restés au « QG » pour continuer un travail de fond sur la préparation de la suite de la semaine, en profitent pour nous rejoindre et partager les enseignements tirés de cette expérience. Premier constat: il est très facile de s’approprier l’outil, bien que chacun le fasse à sa façon. Par ailleurs, nous sommes tous agréablement surpris par les réactions des personnes abordées, bien plus positives que ce que chacun pouvait imaginer. Enfin, nous réalisons que l’outil n’a pas nécessairement répondu à l’objectif de départ mais que sa mise en oeuvre a permis, entre autres:

  • de « faire du buzz » pour la séance du jeudi
  • de désacraliser l’institution régionale
  • d’instaurer un lien de confiance entre la Région et les citoyens
  • de sensibiliser les participants sur la Région
  • de mettre le pied à l’étrier des agents-animateurs

Pour autant, quelques ratés sont à déplorer. Tout d’abord, sur le fond, personne n’est sûr d’avoir appris des choses nouvelles. Les contenus recueillis ne sont pas inintéressants, mais n’apportent rien de nouveau. Par ailleurs, on peut quand même regretter un certain effet micro-trottoir (qui, on s’en doutait, est probablement inévitable dans ce genre d’exercice, mais rien ne vaut la preuve par l’expérimentation). Enfin, faire le lien avec la soirée du jeudi, qui portait sur la prospective, était loin d’être évident. Beaucoup de questionnements persistent, mais c’est aussi cela l’intérêt du test! D’autant que des pistes d’amélioration se dessinent.

Après une pause-déjeuner salutaire, nous allons cette fois-ci investir la Mairie pour un temps de travail collectif. Encore une fois, l’ampleur de la tâche nous invite à nous répartir en petits groupes, car nous avons une heure pour récupérer et commencer à mettre en forme les contenus recueillis grâce aux 3 outils testés. Nous initions donc un travail qui nous sera fort utile pour commencer à réfléchir au contenu du « 6 pages » de restitution que nous nous sommes engagés à produire à l’issue de l’immersion. Le retravail du contenu du photo-langage dévie assez rapidement sur une proposition d’amélioration de l’outil en soi, sans qu’une proposition de mise en forme de l’ensemble des contenus récoltés ne soit vraiment esquissée. Eh oui, les consignes sont aussi là pour être détournées!

Séance de travail à la Mairie: comment restituer et mettre en forme les contenus récupérés?

A 16h, une partie de l’équipe se dirige vers la Bibliothèque pour une nouvelle séance de Questions à réactions, pendant que le reste de la troupe retourne au « QG ». Quelques uns planchent sur les items du Radar du futur, dont certains sont loin de faire l’unanimité. Avec parfois l’impression de couper les cheveux en quatre et de remettre en cause de façon permanente des choix forcément un peu subjectifs. Chacun réalise vite que si le test permet de tirer des enseignements essentiels pour améliorer nos outils, la phase de retravail se révèle souvent à la fois passionnante, chronophage et épuisante! Pendant ce temps là, nos comédiens dans l’âme répètent leur « spectacle »: d’un commun accord, nous avons décidé de renforcer la théâtralisation des récits de vie. Avec plus ou moins d’appréhensions, car se mettre en scène reste assez loin des pratiques quotidiennes des agents d’une institution régionale, chacun fini par se prêter au jeu.

On tâtonnes, on retravaille, on se prend la tête, mais une chose est sûre: on avance, d’une façon ou d’une autre. Et on apprend énormément, que ce soit de nos succès ou de nos échecs!

« Tournez ! Montez ! »


Dernier jour de la semaine de résidence à Berthe. Les animateurs  sont pris en main par Agnès d’O2zone (ERIC spécialisé dans la vidéo participative) qui les initie au « Tourné-monté ». Le principe est simple (en apparence). Pas de montage post tournage pour la diffusion. Du coup, on tourne et monte « cut », sans plans de coupe…et faut pas se planter ! Le but du jeu pour cette première journée est d’assimiler les rudiments du tournage, de manipuler après avoir concocté deux petits reportages. Les deux scenarii sont le fruit des cogitations de la veille lors du workshop. Il s’agit d’aménager la place de Berthe pour y exporter la Cyber-base, revivifier et implanter commerces et services. Micro trottoirs d’habitants, d’institutionnels concernés par la réhabilitation du quartier, panoramiques et plans du quartier vont alimenter les reportages. Voilà donc une première approche de prototypages qui seront mis en œuvre lors de la 3e semaine. A ce moment-là, les deux équipes de tournage seront renforcées par quelques stagiaires de la formation de BPJEP option TIC et permettront de simuler aussi d’autres scenarii parmi les plus plébiscités lors des ateliers créatifs des deux jours précédents. Et c’est parti ! Les deux équipes Momo 2 et Chéhrazed, puis Momo 1 et Kaïs partent sur le terrain, munis de leur scenario, répètent au micro leurs questions pour interviewer et…ils sont aux anges !

micro trottoir sur le vif

Pendant ce temps, les résidents se font un « débrief » devant le mur d’accrochage où sont scotchés les idées de projets prospectifs pour les ERIC de demain, regroupés par thématiques : «emploi et activité» ; « le réseau des ERIC » ; « environnement » ; « santé numérique ». On regroupe, on reclasse, on hiérarchise entre « méta » et « applications » et puis, le résultat est vraiment convaincant ! Bien sûr, le prototypage en est encore au stade du balbutiement mais, tout compte fait, le temps « perdu » en cogitation avec les animateurs, les responsables des ERIC, les chargés de mission de TPM et de la Région semble plutôt gagné. Et, ce que l’on gagne dans la démarche, c’est d’avoir réussi à agréger les idées des acteurs, les nôtres, d’opérer les recoupements de points de vue divers, de mettre en place les conditions d’une réelle appropriation, à la fois des outils et des futurs projets expérimentaux.

Une « carto » des acteurs et un schéma d’arbres de compétences viendront illustrer et raconter les méthodes proposées pour enclencher les projets, sous forme de prototypes. L’objectif étant de laisser une « empreinte » de la résidence sur place, à Berthe, et d’inciter le réseau à se saisir des idées prospectives. Toutes ne feront pas l’objet de prototypages en une semaine, mais les 3 ou 4 les plus symboliques et porteurs de futurs services, en termes de renversement de perspective, sont déjà un peu dans les tuyaux. Il s’agit, en fait, d’inciter à la fois les animateurs et à la fois les politiques publiques à définir leur avenir à partir des initiatives des acteurs et non en « surplomb ». Parmi quelques exemples, inciter les ERIC à se regrouper au sein du réseau entre 5 ou 6 structures pour proposer la co-rédaction de cahiers des charges avec les collectivités territoriales pour des appels à projets numériques représenterait un réel changement de posture. Autre projet « méta » : « la cybercoopérative » propose un changement radical dans la démarche d’offre et de demande. Ce sont les usagers, les animateurs et les acteurs locaux qui construisent une offre de services en direction d’autres publics : jeunes, entreprises, établissements publics, collectivités, etc. Ils s’organisent en Scoop et s’autofinancent en grande partie par la vente de prestations. Un nouvel outil, « parcours de vie », vient remplacer le traditionnel CV rébarbatif. Il s’agit d’un teaser qui valorise à la fois les expériences professionnelles et à la fois les compétences acquises durant les périodes transitoires. Ces Scoop fonctionnent en réseau et sont devenues les partenaires incontournables des pouvoirs publics dans tous les domaines de la création d’activités et de services. Les mots ont aussi leur importance : on ne parle plus de « chômeurs » ou de « demandeurs d’emploi » mais de « chercheurs/créateurs d’activités ».

En fait, ce scenario de coopérative s’avère également structurant pour les autres projets autour de l’environnement et du tourisme, de la vie du réseau, de la santé, mais aussi démocratie participative, projets d’urbanisme, etc. Ils pourraient préfigurer de futurs centres de ressources, mutualisés entre plusieurs ERIC répartis sur tout le territoire régional.