TRANSFO Bourgogne / Semaine 3 / Jour 4 – Le chatillonais

Le programme est chargé ce jeudi ! Entre les déplacements sur le terrain et le Chantier Village à préparer, nous n’étions pas trop de 6 ! Romain et Flore de passage, sont mis à contribution.

L’équipe en déplacement s’est rendu dans le Chalonnais accompagnée par Sophie VALDENAIRE, directrice du service aménagement et Franck MOREL, chargé de missions politiques territoriales. A Chalon-sur-Saône Rodolphe DUROUX, chef de projet en Pays Chalonnais et son assistante Charlotte OLIVIER nous attendaient avec un programme dense !

Mr GONTHIER, Vice président du Grand Chalon et Patrice BRENOT, chargé du développement numérique

D’abord, nous rencontrons Mr GONTHIER, Vice président du Grand Chalon et Patrice BRENOT, chargé du développement numérique qui nous exposent le plan d’équipement en numérique de l’agglomération. Tout d’abord, la création de 8 espaces multimédia sur le Grand Chalon proposant chacune 2 à 3 soirées à thème par an. Des soirées/débats à vocation pédagogique dans lesquelles le public (composé de parents, d’adolescents, d’élus ou encore de psychologues), est sensibilisé par des jeux de rôles aux risques d’internet et des réseaux sociaux. L’objectif de ces espaces est de rendre accessible internet pour tous, mais les 8 espaces multimédia ne peuvent englober l’ensemble des communes de l’agglo, se concentrant surtout sur les communes les plus denses.
Pour éviter le clivage numérique entre hyper connexion urbaine et désert rural, le Vice Président de l’agglomération recherche activement les moyens financiers et techniques nécessaires à la création et gestion de ces infrastructures (fibre optique, …). Cet aspect semble essentiel pour l’accueil et le maintien de nouvelles populations à la campagne. Le programme « Ecoles Numériques Rurales » sera aussi un outil fort pour améliorer la formation et l’accès de tous aux technologies de l’information et de la communication. Quatre écoles du Grand Chalon ont déjà bénéficié de ces équipements. L’intérêt des enseignants pour cet avancement technologique est aussi fort en milieu rural qu’à la ville. Le programme projette aujourd’hui d’aller plus loin en finançant les écoles (collèges) en tableau numérique (netbook,…). La première école vient d’être équipée et à terme, c’est le développement d’un réseau entre toutes les écoles numériques qui est envisagé. Les communes elles mêmes commencent aussi à embrayer et complètent les investissements.
Quand on demande sa vision du village du futur à Mr Gonthier, il imagine les 39 communes de l’agglomération connectées, à condition d’un haut débit évidemment ! En outre, l’évolution démographique de l’agglomération pointe un retour des personnes plutôt âgées, des retraités. Mais avec l’université qui doit ouvrir en 2013, la ville commence aussi déjà à se munir de logements étudiants. Peut-on imaginer des logements intergénérationnels pour le Chalon-sur-Saône du futur ? Pour lui, dans chaque commune des bornes d’accès permettent à tous de se connecter à tous les services de l’agglomération, mais aussi de rentrer en contact les uns avec les autres.

Locaux Agglomération Chalonnaise

Commune de Moroges à quelques kms de dijon et à 15 min de la gare SNCF bénéficie de sa grande accessibilité

Nous quittons ensuite l’agglomération pour rejoindre la campagne chalonnaise et le village de Moroges (71390). Passé de 454 habitants à 607 en 30 ans, Moroges se distingue par un patrimoine local préservé et une activité agricole encore présente. Les exploitations, essentiellement viticoles, sont certes moins nombreuses, mais elles occupent toujours la même surface et emploient plus de monde. Elle est source également d’une forte activité artisanale dont une remarquable fabrique de tapis, enseigne historique aujourd’hui reprise par deux parisiennes et embauchant une dizaine de personnes. Sa proximité avec l’urbain et les grandes voies de communication (à 20 minutes de Chalon, la RCEA toute proche et la gare TGV à 15 minutes) contribuent à en faire un village prisé. Mr VENOT, Maire du village, nous explique qu’il aurait d’ailleurs voulu répondre à cet élan en étendant l’offre de location sur son village qui présente un fort potentiel de développement : « Je voulais proposer le terrain derrière la mairie en constructif, mais je n’ai pas convaincu mon conseil municipal. ». Parmi les membres du Conseil Municipal, il est le seul natif du village, et constatant le vieillissement de la population aurait souhaité accueillir des nouveaux arrivants et inciter les propriétaires de terrains constructibles à vendre mais les membres du conseil ont peur de voir le village dénaturé. « Vouloir rester entre soi, ça me surprend toujours. » nous dit Monsieur le Maire, qui ne serait pas contre accueillir un nouveau lotissement le long de la mairie.

M. Le Maire et Sophie Valdenaire à la porte du four à pain juste rénové par l'association de patrimoine locale

M. Le maire est accompagné de Michel JONDOT, représentant de l’association TREMPLIN Homme et Patrimoine. Ils nous ont présenté un projet de rénovation du petit patrimoine réalisé récemment sur la commune. TREMPLIN propose à des jeunes en difficulté, des chantiers d’insertion en zones rurales en basant son action sur deux aspects directeurs : le patrimonial et l’humain. Les programmes s’inscrivent dans des temps longs, à cause du nombre important de partenaire à mobiliser. Le pays en est également coordinateur.
A l’origine limitée à la restauration des lavoirs, le champ de compétence de l’association s’est étendu en fonction de la demande des villages. Ainsi à Moroges, en plus du lavoir, c’est aussi un four à pain qui a été remis à neuf. Les deux témoins du projet se remémorent avec satisfaction les différentes phases : de l’insertion impliquant de part et d’autre un certain choc culturel jusqu’au repas de clôture rassemblant les jeunes citadins et les habitants. « Malgré des craintes initiales des deux côtés, le projet en tant que dynamique d’insertion a bien fonctionné. » Pour les apprentis, les compétences vont au-delà de la restauration et passent par le travail d’équipe, l’organisation. Le chantier permet de « se remettre au travail », et ils ont d’ailleurs pour la plupart tous trouvé un emploi par la suite.
Mr Jondot regrette cependant que l’implication ne soit pas plus poussée avec les acteurs locaux et constate un vrai problème de relais au niveau local pour mobiliser les publics en difficulté, alors que ces pratiques sont plus courantes en urbain. Il n’y a en effet pas de public issu des communes bénéficiaires, c’est pourquoi tous les candidats aux chantiers d’insertion viennent de la ville.

Discussion passionnée dans le restaurant du village de Saint Léger

Pour le déjeuner, nous nous rendons ensuite à Saint-Léger-sur-Dheune (71) où le maire Mr LERICHE nous attend avec Mr Benoit REGNAULT, Président du Pays Chalonnais, agriculteur et élu consulaire.

M. Régnault est un agriculteur atyoique. Il travaille en GAEC à 3 autour d’une exploitation céréalière, fait du maraichage à grande échelle, est viticulteur, vient de monter une boutique de circuit court, son nouveau cheval de bataille. au carrefour de différentes cultures agricoles, c’est un passeur possible qui laisse présager de ponts nouveaux entre agriculture « conventionnelle » et « alternative ». Il a aussi la particularité de n’être pas élu localement. Pas de fief à défendre spécifiquement, élu consulaire seulement, il œuvre pour le Pays tout entier !

Saint-Léger pourrait être présenté comme modèle en termes de développement rural : 1er Cœur de Village en 1999, la création d’une zone artisanale en 1983 occupée par une douzaine d’entreprises et procurant une centaine d’emploi, la réhabilitation du port, la création du voie verte en bordure de canal, la création d’une base de loisirs, la construction de logements sociaux en centre ville, … Voici l’état du cercle vertueux et du bilan accompli pendant les 5 mandats de Mr Leriche. Le village bénéficie de nombreux atouts : accessibilité de Chalon sur Saône, patrimoine présence du Canal, population en hausse, le cœur de village sans commerce vacant.Mais la motivation du Maire ne s’arrête pas là puisqu’il a encore bien d’autres projets pour sa commune. En cours : une micro-crèche, une maison des services publics, une zone d’accueil pour les campings cars… Le bourg bénéficie de la politique de l’agglomération et du Pays qui cherche à renforcer 4 bourgs secondaires dont Saint-Léger fait partie.
Pour l’avenir, il focalise également sa réflexion sur la cible des personnes âgées en voulant leur fournir un maximum de mobilité dans le village. Il s’inspire d’exemples innovants tels que des jardins suspendus pour personnes âgées et n’hésite pas à former son réseau en contactant les municipalités responsables. Il aimerait également développer les circuits courts en mobilisant les producteurs locaux et redensifier le marché. Bref, Mr Leriche ne manque pas d’idées pour le village du futur ! Pendant la ballade digestive à travers le village, il demande au Président et au directeur du Pays si un plan de rénovation de façade en centre ville ne serait pas envisageable ! « C’est nous qui les voyons tous les jours ! »

Micro crèche en travaux qui accuillera dès l'été environ 10 enfants

Rodolphe DUROUX, chef de projet en Pays Chalonnais et M. Leriche, Maire de Saint Léger

Il se met d’ailleurs en scène dans la peau du maire du village dans 30 ans pour nous expliquer les prochaines étapes de développement du village. A découvrir pendant l’événement expo d’octobre !

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