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Transfo Pays de la Loire / Semaine 2 / Jour 2

Cette nouvelle journée est marquée par l’exploration de l’organigramme de la Région et la précision du positionnement de notre action : un grand écart volontaire et affiché entre appui pratique aux agents d’une direction régionale et grandes réflexions inter-régionales. Le matin nous assistons à la présentation de l’avancement de la démarche prospective en Comité de Direction tandis que l’après-midi, scindés en deux groupes, nous participons à une réunion de la Direction Prospective, Schémas et Agenda 21 (DPSA21) et enchaînons en parallèle deux rencontres avec Jérôme Giudicelli et Jean-Charles Ringard, tous deux Directeurs Généraux Délégués (respectivement « Emploi Economie et Innovations » et « Education et formation initiale ») . Dès que l’occasion nous en est donnée, nous expliquons notre positionnement à ces deux niveaux : les 2 ans et demi de travail qui s’annoncent au contact des agents ont aussi pour but de dessiner les contours de ce que pourrait être une future fonction d’innovation-action au sein de la Région.

schéma expliquant le positionnement sur deux niveaux de la Transfo

Au fur et à mesure des réunions, des rencontres et des aller-retours entre les différents niveaux de l’organigramme, nous comprenons un peu mieux l’organisation régionale et les chemins pris par les projets. Qui sont les porteurs ? Où un projet est-il imaginé ? Où est-il construit ? Où est-il questionné ? Ces questions, loin d’être spécifiques au cas de la prospective, sont pourtant déterminantes pour penser au mieux les outils que nous pouvons apporter et la démarche de projet à laquelle nous projetons d’acculturer les agents. Les formes de (co-)construction, l’organisation des réunions, le passage du principe à la concrétisation sont des points plusieurs fois abordés et qui rappellent, par exemple, que la simple utilisation d’un tableau papier pour représenter sur le vif les situations complexes abordées, même si elle s’avère très simple, productive et stimulante, n’est pourtant pas une pratique régulière. L’idée d’acculturation des équipes à des méthodes de recherche-action et à des alternatives dans les conceptions des projets est donc très bien accueillie, peut-être même ressentie comme plus profondément innovante que ce qu’il nous semblait. Le terrain de la prospective, sur lequel nous sommes engagés dans le cadre de cette Transfo Pays de la Loire, est alors clairement envisagé comme un support de la démarche et non comme un but. Faudrait-il dans ce cas considérer que seule la maîtrise par la Région de méthodes de projet à la fois plus créatives et plus efficaces compte ? Y’a-t-il besoin d’une fonction, d’un organe dédié ?

Face à cette question, l’un de nos interlocuteurs estime tout d’abord que la formation des agents serait un grand pas, qui pourrait presque suffire, mais très pragmatiquement, il met aussitôt en avant les avantages inhérents à l’effet « Poil à gratter » d’une fonction dédiée toujours en mesure de questionner les pratiques. Finalement, cette dualité se retrouve aussi dans le positionnement actuel de l’équipe de la Transfo, toute à la fois composée de seulement 4 individus pouvant potentiellement se consacrer à 100% à de la recherche-action avec quelques agents — se diluant ainsi parmi les 700 que comptent la région—, et petit groupe autonome, « corps étranger » à la Région, résolument lancé sur des questions plus larges. Et la prospective dans tout ça ?

Parfois, les spécificités de la DPSA21 tendent donc à s’effacer au profit d’une vision plus générale de la transformation des modes d’action. Cependant la semaine de Campus avait bien mis en exergue le fait que la prospective était un exercice on-ne-peut-plus transversal et qu’elle portait en elle un fort potentiel d’aide à la stratégie. Les frontières entre prospective, stratégie et innovation avaient d’ailleurs régulièrement fait l’objet de questionnements, si ce n’est de franchissements plus ou moins conscients… Si une fonction « labo d’innovation sociale », version pérenne de la Transfo, venait à naître demain en Région Pays de la Loire, aurait-elle alors vocation à intégrer la prospective ? Serait-elle une sorte de « prospective +++ » ? Ces questions semblent encore lointaines. La découverte du quotidien des agents de la direction nous rappelle d’ailleurs que, même si les questionnements des uns et des autres sont les bienvenus au sein de l’équipe, le temps est compté et les retours sur les projets en cours doivent être suivis d’effets. Et là aussi,dès maintenant, nous avons un espace où travailler avec les agents.

l'équipe de la Transfo à son QG : la doc

Malgré tout, pour notre équipe, la réflexion autour du lien entre prospective et stratégie s’affirme comme une sorte de fil rouge pour les prochaines semaines. Partant du principe qu’un exercice de prospective peut être — sinon se doit d’être — innovant, et constatant les difficultés à passer de la prospective à la stratégie, à la production, on peut notamment se demander : quelle(s) forme(s), de projets et d’objets, pourraient permettre à l’innovation de mieux toucher l’usager ?

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Transfo Pays de la Loire/ Semaine 2 / Jour 1

1 mois jour pour jour après la semaine Campus, l’équipe de la 27e région est de retour à l’hôtel de région des Pays de la Loire, cette fois-ci sous une forme plus réduite, pour poursuivre le programme de la Transfo.

Pour commencer la réflexion sur de bonnes bases, nous avons choisi de consacrer cette première semaine à l’exploration de l’institution régionale. L’objectif est de rencontrer les différents acteurs avec qui nous allons travailler, d’assister à différentes réunions pour mieux comprendre le fonctionnement de l’institution, difficile à saisir au premier abord. Le but de cette semaine est aussi de définir plus précisément les sujets de prospective sur lesquels nous allons engager La Transfo.

1er jour / matin
Ce matin, nous sommes accueillis par Olivier Ryckewaert, responsable du laboratoire des mutations, pour une visite des locaux (le Campus régional) et plus particulièrement de l’hôtel, ou plutôt du « palais » de région comme il est désigné par les agents. Olivier, ancien directeur de cabinet, nous présente aux différents agents.
Nous passons de l’aile droite à l’aile gauche et les bureaux défilent sous nos yeux un à un. Pas de frontières visibles et pourtant elles sont bien là.
Nous traversons les bureaux des représentants des groupes politiques, ceux de la direction de la communication, du cabinet, de la direction générale des services, des directions déléguées… Sans guide, impossible de se repérer : les étiquettes nominatives ne précisent pas la fonction des personnes.
Nous apercevons au détour d’un couloir et à travers une petite lucarne, l’hémicycle où se déroule la séance plénière du CESER (Conseil Economique Social Environnemental Régional).

Olivier nous montre les écrans qui diffusent en direct la séance plénière du CESER.

Cette visite globale est l’occasion de découvrir les lieux dans leur physicalité mais aussi l’occasion de croiser différentes personnalités (président du CESER, chef de cabinet du Président de Région); rencontres qui font ensuite l’objet d’explications de la part d’Olivier. Nous rafraichissons ainsi notre connaissance de cette grande machine politico-administrative.

Autre chose, nous voyons enfin où travaille l’équipe de la DPSA21, direction de la prospective, des schémas et de l’agenda 21 avec qui nous allons travailler. Là, nous prenons le temps de discuter plus longuement avec les agents qui n’étaient pas présents à la semaine de Campus afin de bien comprendre la réalité de leur travail et les outils qu’ils utilisent. Un de ceux là est « l’intranoo », l’intranet de la Région, un réseau interne dont les accès sont protégés et difficiles à obtenir. Les agents nous présentent l’outil, ses fonctionnalités. Toutes les informations essentielles pour se repérer au sein de l’institution y sont regroupées mais elles sont réservés aux seuls fonctionnaires et élus. Quid du partage de ces données ?

Christophe Nicolle nous présente le géoportail "Géopal"

1er jour / après-midi
En début d’après-midi, nous prenons le temps de discuter avec les personnes de la documentation où nous nous sommes installés. Elles nous présentent leur métier, nous parlent des archives. « La prospective est une histoire ancienne et il serait intéressant d’étudier les documents des décennies précédentes ». Pour autant, ces documents sont bien souvent des pavés de cinq cent pages qui ne donnent pas tellement envie de s’y plonger !

Ensuite, nous sommes invités par Guillaume Julien, à la tête de la DPSA21, à assister au comité de pilotage de la démarche Prospective.
Cette instance, animée par les techniciens, présente l’avancement de la démarche aux élus et notamment le résultat de la phase de questionnement prospectif qui a eu lieu en interne. Ce résultat est présenté sous la forme d’une grille de questionnement (un tableau) où apparaissent divers paramètres répartis en 4 catégories : les cartes / le territoire, les technologies et les questions humaines, avec en plus les points de ruptures susceptible de naître à un moment ou un autre.

Les remarques des différents participants à la réunion portent davantage sur le fond que sur la forme – qui apparait à tous comme synthétique et originale.
Il est néanmoins souligné l’enjeu d’appropriabilité de ces outils qui sont voués à créer le débat aussi bien auprès des agents de la Région que du grand public.

Concernant ce dernier, des rencontres, encore non définies dans la forme, sont prévues. Il s’agira de consulter cinq types de population : les lycéens, les seniors, les ouvriers et les habitants de quartiers populaires, la classe moyenne salariée et les « innovateurs » (ou créatifs sociaux-économiques).

Parallèlement, un travail avec des experts prospectivistes est en cours sous l’égide de Martin Vanier. Nous découvrons les quatre scénarios imaginés par le cabinet ACADIE et qui serviront de base de réflexion aux experts. Le résultat de ce travail sera présenté en juin aux élus ainsi qu’aux agents.

Et la Transfo dans tout ça ?
Pour nous tous, cette journée a permis de reposer les choses à plat. Au cours du comité de pilotage, nous avons rappelé que notre démarche vise à accompagner les agents dans leur travail de prospective car les questions de formes ou de format ne sont pas négligeables. Comment consulter des lycéens ou des personnes âgées sur l’avenir ? Comment arriver à se projeter?
D’autre part, il nous semble que la ligne d’horizon de la Transfo est d’articuler la démarche prospective avec une démarche stratégique. Nous nous interrogeons donc sur la ou les manières de rendre compte de ces démarches : vulgarisation et appropriabilité sont des mots qui sont régulièrement revenus dans nos discussions.

Affaire à suivre…