Archives de Catégorie: Résidence à Lezoux – Les nouveaux usages de la médiathèque

Les nouveaux usages de la médiathèque : journée 1, semaine 2

Accueillis chaleureusement par Daniel, responsable du C.D.I au Collège de Lezoux, nous rencontrons une dizaine d’élèves pour échanger avec eux sur leurs pratiques numériques et leurs pratiques de la lecture. Tout en les informant sur l’existence de la future médiathèque, nous leur proposons de participer en semaine 3 à un contest de Play Station pour parler avec eux de leurs rapports aux jeux vidéos et réfléchir au positionnement d’une médiathèque sur le sujet.

Rencontre avec Jean-Christophe Lacas, Chef de projet pour la future médiathèque tout nouvellement recruté. Il sera notre partenaire privilégié jusqu’à la fin de notre résidence.

La Malle médiathèque participative fait son premier voyage dans le petit village de Bort l’étang. Nous sommes reçus par Sylvie, bénévole de la bibliothèque municipale. Elle nous ouvre ensuite les portes de sa maison. Nous appuyant sur une expérience menée par l’association De l’aire avec le Bruit du Frigo qui ont construit et fait circuler cette malle et 3 autres dans le village de Cobonne, nous souhaitons expérimenter ici la « médiathèque hors les murs » ou comment une médiathèque, avec l’appui des bibliothèques bénévoles dans les villages, peut devenir le support d’un outil culturel participatif et citoyen : la malle est enrichie par chaque habitant qui y dépose les ouvrages qu’il aime et a envie de partager (livres, CD, DVD, fichiers numériques sur une clé usb…).

ImageImage

Sylvie nous présente la liseuse numérique qu’elle a eu à Noël…

Image

Publicités

Les nouveaux usages en médiathèque : journée 1, semaine 2

La deuxième semaine de résidence à Lezoux démarre avec une soirée de présentation des expérimentations que nous allons mener cette semaine et lors de la prochaine semaine, en novembre.

Une trentaine de personnes étaient présentes, des élus, des représentants d’association , des bibliothécaires bénévoles,  des habitants de la communauté de communes, les partenaires publics, etc. Parmi elles, une dizaine de personnes qui avaient déjà été très présentes en 1ère semaine.

La soirée a débuté avec la projection d’un florilège de vidéos et extraits de films en lien avec les sujets traités dans les expérimentations (« Birth of a book », un extrait de « La neuvième porte« , « Bref, je suis bibliothécaire !« , »La bibliothèque » des Deschiens, « Book, la révolution technologique« , « Bref, MegaUpload a fermé« , « Le piratage c’est du vol…« , « Copier n’est pas voler« ) .

Chaque expérimentation a été détaillée, mise en perspective (articulation des expérimentation entre elles), notamment par rapport aux 3 grandes pistes de travail issues de la 1ère semaine.

Les participants se sont inscrits sur des ateliers pour affiner, mettre en place ou faire vivre les expérimentations durant cette semaine et la prochaine. Ainsi la liste des foyers à visiter avec la malle s’est allongée, des coups de mains appréciables seront donné mercredi pour la construction du « plug », le téléchargement et la sélection de fichiers, etc.

La soirée s’est poursuivi en discussion autour d’un pot.

Les nouveaux usages de la médiathèque : Journée 5, semaine 1

Dernière journée de cette 1ere session de travail.
Nous échangeons Marie-Gabrielle Gagnadre, présidente de la Communauté de Communes, qui nous dit que notre travail lui rappelle que le livre, dans sa jeunesse, a orienté sa vie et lui a donné un sens. Beau témoignage personnel d’un rapport à la lecture, et plus largement à la culture…
Nous plions bagages et organisons un coin de lecture sur notre démarche dans le Point Info Tourisme, pour toutes les personnes de passage jusqu’à notre retour.
Notre prochaine session de travail est prévue la semaine du 17 septembre. Nous allons maintenant réfléchir à la façon d’y tester des dispositifs concernant de futurs usages possibles de la médiathèque, en collaboration étroite avec les acteurs locaux, les bibliothèques bénévoles et les associations du territoire. A suivre…
En attendant : ambiances…
– à la bibliothèque de Lezoux :

– à la bibliothèque de Maringues :


– à la bibliothèque de Culhat :

Les nouveaux usages de la médiathèque : Journée 4, semaine 1

Au Point Info Tourisme, le va-et-vient des visiteurs se poursuit : certains – déjà connus- reviennent exposer leurs idées germées pendant la nuit, quand d’autres, venant au départ glaner des infos touristiques, se retrouvent finalement à « postiter » leurs constats et leurs envies autour de la future médiathèque.

Pendant ce temps, l’équipe poursuit sa tournée de rendez vous (BDP, associations, maisons de retraite, commerçants, tournée des communes du territoire) et ses cogitations notamment en vue de la restitution publique du soir.

Au gré des rencontres et des échanges, les pistes de réflexion évoluent, se transforment, s’affinent ; les idées se confrontent ou se confortent pour finalement être restituées sous la forme d’un poster avec les grands enjeux et d’une maquette pour spatialiser les futurs usages.

A 18h, les visiteurs affluent, une quarantaine de personnes – partenaires institutionnels, experts du livre, habitants, représentants associatifs. Il leur est demandé d’écrire en un mot ce que pourrait être une médiathèque idéale. Le lecture à haute voix des réponses marque le début de la réunion :

« Ensemble ; Partage ; Plaisir ; Ouverture-médiation sur les populations, sur le numérique ; Rencontres ; Accueillant ; Plaisir ; Echanges ; Pas que du numérique mais une source d’informations ; Hors les murs ; Rencontre/échange culturel, social et citoyenne ; Point il y aura + d’ados, stricte, + fun (lol) ; Conviviale ; Rencontres intergénérationnelles « relais témoins » ; Plaisir ; Convivialité ; Culture, Empathie ; Echanges ; Musique ; Lien social ; Partager ; Numérique ; Multiple ; Partage ; Lieu de rencontres et de culture ; Liberté ; Durable ; Convivialité ; Convivialité ; Ouverture ; Des poufs vert anis ou orange partout… »

Les mots clés définis par le public trouvent bonne place dans le schéma exposé.

Nous enchaînons avec la restitution des pistes de travail qui se décline sur trois niveaux.

Nous souhaitons renverser une vision « supermarché » de la médiathèque, pour cela il est nécessaire de repartir des valeurs fondatrices et moteurs du projet : citoyenneté, développement et mise en valeur des cultures locales, ouverture culturelle vers le monde, et pédagogie active.

A ce jour, trois grandes idées ont émergé sur ce que pourrait être la future médiathèque intercommunale :

– Une médiathèque Hors-les-murs, en lien et active sur l’ensemble de son territoire, ouverte et connectée au monde ;

– Une médiathèque lieu de coopération avec les initiatives locales ou comment ce lieu co-construit (ateliers, fonds participatifs, réalisations) avec ses usagers et favorise l’ouverture culturelle à travers le « faire ensemble » et les nouvelles technologies; et enfin

– La médiathèque, lieu d’accueil de services connexes, envisagée comme point d’appui pour les services publics (Halte-garderie, Mission Locale…), relais diffusion des acteurs culturels et lieu de convivialité (bar, café librairie).

Les retours arrivent peu à peu : la question du transport dans l’intercommunalité, l’absence d’équipement pour les adolescents, la nécessité de repartir des besoins du territoire ou la création d’un lieu temporaire en lien avec les ados.

Les nouveaux usages de la médiathèque : Journée 3, semaine 1

Aujourd’hui, une partie de l’équipe va visiter la Bibliothèque départementale de Prêt du Puy de Dôme basée à Clermont-Ferrand, en compagnie de Renaud Aïoutz. Renaud est chargé des services numériques à la BDP et accompagne la résidence depuis sa préparation.

Comme 95 autres en France, la BDP est chargée de « constituer et d’accompagner le réseau des bibliothèques publiques situées dans les communes de moins de 10 000 habitants ». Elle est organisée autour de 3 fonctions : le stockage et la gestion des ouvrages, l’animation du réseau des bibliothèques, et la formation des personnels de ces bibliothèques. Rien que pour le Puy de Dôme, il faut couvrir les besoin de 340 « dépôts », réparties entre 5 niveaux par ordre de taille décroissante : les bibliothèques niveau 1, les bibliothèques niveau 2, les bibliothèques niveau 3, puis les points lectures et les simples dépôts.

Concrètement, la première impression est de voir en action une véritable unité départementale de stockage, de livraison et de collecte de plusieurs de milliers d’ouvrages, de CD et DVD mais aussi d’outils pédagogiques. Toute l’équipe n’est pas là le jour de la visite, mais sur la quarantaine d’agents qui travaillent normalement ici, environ 25 se consacrent à cette logistique qui mobilise des centaines de mètres de rayonnage, 3 véhicules de livraison dont 2 bibliobus et une camionnette qui livre et récupère les ouvrages deux fois par semaine, des logiciels de gestion en ligne (en cours de refonte).

Au fil de la visite on croise un atelier de protection des ouvrages, des techniciens qui préparent leur livraison, des véhicules qui arrivent et repartent. Un service est chargé de constituer et proposer un catalogue d’animations pédagogiques renouvelé chaque année : des mallettes et kits stockés à la BDP, mais aussi des compagnies et des spectacles avec lesquels la BDP contractualise puis propose aux bibliothèques locales.

La visite et l’entretien avec Renaud est très éclairante. Renaud nous parle notamment du travail de prospective sur la médiathèque que conduit le spécialiste Laurenzo Soccavo. Nous tombons d’accord sur la nécessité de penser les valeurs, les orientations, la vision qui doit porter une médiathèque comme celle de Lezoux. L’entretien nous inspire de nombreuses idées, pistes et interrogations :
– La qualité d’une telle logistique est forcément plus fragile en bout de ligne, du côté des plus petits dépôts les plus éloignés et des bénévoles, qui n’ont pas les moyens de s’informatiser, qui peinent à obtenir à temps les ouvrages récents, etc. Le réseau des « petits » doit-il chercher à « faire comme les grands en moins bien », ou bien inventer son propre modèle ? Comment revaloriser le rôle des bénévoles, mieux rendre visible leur rôle central dans l’apprentissage de la lecture, mais aussi leur rôle social et de voisinage ?
– La gestion des stocks ultra-centralisée demande de gros efforts, met à l’épreuve le système. La gestion à l’échelle des intercommunalités ne va pas tout régler ; Est-il possible d’imaginer des solutions repartant du terrain, sollicitant moins les stocks centraux ?
– La présentation Ex-Libris la veille a montré que les particuliers d’un territoire possèdent chez eux environ 5 fois les stocks de la médiathèque la plus proche…est-il possible de considérer stocks particuliers et stocks des bibliothèques de façon globale, dans une logique territoriale d’innovation sociale, en développant les pratiques de prêts en particuliers, avec l’appui des professionnels des bibliothèques ?
– Il faut 2 mois et plus, et beaucoup de logistique pour réserver/livrer/ récupérer/contrôler un ouvrage, ou bien un jeu de tapis issu du catalogue d’animation ; et si des solutions numériques, couvrant les questions de droits d’auteur, permettaient de produire ou d’imprimer localement ? (exemple des ateliers autour d’ouvrages numériques personnalisés, et des Fablab au sein des médiathèques) ;
– Nous évoquons aussi la jauge budgétaire minimum pour qu’une médiathèque soit un succès ; il semble qu’au Québec, l’ouverture le dimanche devienne la norme, et qu’en dessous de 40h d’ouverture, une médiathèque se mette en danger…

Les nouveaux usages de la médiathèque : Journée 2, semaine 1

Fantassins de la lecture
L’arrivée prochaine de la médiathèque de Lezoux est un événement important qui aura un fort impact sur les réseaux en place. Que va t-il se passer pour les bénévoles qui animent des points livres et de petites initiatives autour du prêt d’ouvrages dans les petites communes du territoire intercommunal ? Pour explorer cette question, nous recevons en soirée une douzaine de ces fantassins de la culture, véritables missionnaires qui bataillent pour intéresser leur entourage et leurs voisins à la lecture.
ll apparaît très vite qu’ils se rencontrent assez peu entre eux et que le réseau n’est pas encore véritablement constitué. Les bénévoles, qui mènent leur action de médiation et de conseil sur leur temps libre et dans les quelques mètres carrés où ils stockent les ouvrages, se sentent souvent isolés, condamnés à reproduire le modèle des grandes médiathèques -mais forcément en moins bien, avec des moyens très faibles, des ouvrages qui peinent à circuler. Pourtant, le potentiel sous-jacent semble très grand : comment pourraient-ils valoriser la relation de proximité, de confiance, d’affect qui fait leur force par rapport aux grands établissements ? Et si ce réseau informal, de terrain, formait en fait le « second réseau » dont les grands équipements ont besoin pour toucher d’autres publics de façon innovante, et aller au devant des habitants les plus éloignés ?
L’équipe réfléchie à des façons de valoriser cette fonction de pionniers de la lecture, injustement méconnue. Par la suite, elle compte bien également explorer de nouvelles formes de médiations que pourraient adopter les bénévoles, mais aussi de nouvelles approches du stockage et de la circulation des ouvrages, tâche complexe qui empêche d’avoir les livres récents à temps (tout le monde les demande), et exige du suivi, de l’informatisation…

« Et si la médiathèque… » Journée 1, semaine 1, suite

Nous sommes lundi, un peu avant 9h. L’équipe de résidents prend possession du local de l’office intercommunal de tourisme à Lezoux. On fait bouger les meubles, on empile des livres en vitrine, le bar voisin accepte de prêter des chaises : le local devient provisoirement le nouveau QG de la 27e Région. Un des murs est aussitôt transformé en un panneau d’affichage qui va progressivement se remplir. Il comprend une « bibliothèque à projets », qui compilera au fil de l’eau l’ensemble des initiatives innovantes autour des médiathèques ; le « tableau des constats », qui servira à collecter les éléments de contexte, des alertes et des impressions de personnes interviewés et de visiteurs ; les « idées en vrac », ébauches de micro-solutions provisoires.

Après une première salve de prises de contacts pour la semaine, l’équipe se focalise sur la préparation de l’événement de la journée : Une trentaine de personnes (professionnels, habitants, acteurs associatifs) sont attendues à 18h pour « la Foire aux expériences », un moment convivial sur le mode « pecha kucha » durant lequel une vingtaine d’initiatives inspirantes seront présentées en quelques minutes chacune. Les partenaires Région, Département et Communauté de communes sont présents. C’est l’occasion pour l’équipe de rappeler les grands principes de la méthode, de permettre à chacun de faire connaissance, et de susciter des premières réactions sur la démarche et les attendus de chacun.

La liste des projets présentés :
– Les colporteuses de Cobonne (De l’Aire). Plus d’informations ici.
– Les Fablab en médiathèque (Max Benelhadj)
– Le réseau d’échanges de livres Circul’livre. Plus d’informations ici.
– Le livre numérique rematérialisé (Pascal Delage). Plus d’information ici
– Ex-Libris (Adrien Demay). Plus d’informations ici.
– la bibliothèque 4eme lieu (Victoria Peres Labourdette Lembé AGENCE GUTENBERG 2.0) ici

Renaud Aïoutz, chef de projet développement numérique à la bibliothèque département du Puy de Dôme, est venu les bras chargés de cadeaux, sous la forme d’une myriade d’initiatives : Bogota, « les livres ne connaissent pas de mur », « la médiathèque en ligne de la Bibliothèque départemental de la Gironde, la résidence d’écriture « numérique » à Guebwiller… (la liste complète d’une vingtaine d’initiative est à découvrir sur slideshare ici)

Les premières réactions sont timides, mais autour d’un verre de juit de fruit les langues se délient et les participants livrent progressivement leurs sentiments, leur expérience. Chacun est invité à annoter les premières propositions en collant des post-it : « il manque des activités pour les ados », « est-ce qu’il y a assez d’habitants pour lancer des réseaux sociaux autour du livre ? ».