Archives de Catégorie: Résidence à La Ruche à Rennes – La citoyenneté numériquement augmentée

Partant de l’expérience du site La Ruche (Rennes), résidence sur le sujet : les réseaux et la ville, ou comment lier le numérique à la vie quotidienne du territoire

La citoyenneté numériquement augmentée

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Deux projets à court terme sont lancés

Nous commençons la journée par un débriefing de notre présentation publique d’hier soir.
Les échanges ont été très fructueux et nous ont inspiré l’idée d’un second prototypage.
Nos deux propositions de réalisation concrète à moyen et court terme sont :

  • Impression d’une carte de la Ruche (du réseau social) dans la ville.

pour…
 Donner accès à la Ruche par d’autres canaux que sur son écran à domicile
Valoriser l’information postée en l’affichant dans un lieu public  (ex: Possibilité de lire un article du Wiki Rennes dans la rue)
Inciter à participer…

Ce projet va nous permettre de présenter à court terme ce que serait une version « papier » de la Ruche, mais également de se servir de la carte pour présenter des scénarios futurs d’usage du réseau.

  • Offrir une zone de dialogue dediée au covoiturage la Ruche

L’objectif étant de lancer une dynamique sur le réseau social pour inviter les gens à échanger des infos sur leur territoire et enrichir la ruche de collectifs informels de citoyen. Nous envoyons un mail aux 1500 inscrits de la Ruche qui les invite à nous faire part de leur annonce de covoiturage. Nous afficherons ensuite ces annonces sur les zones de « covoiturage sauvage »

 

zone sauvage de covoiturage rennes

une zone "sauvage" de covoiturage aux abords de Rennes

Pour qu’un réseau social local ne soit pas dans la logique de « l’enrichissement de mon profil perso » mais davantage dans l’idée de dire et partager une façon de vivre le territoire. Le réseau social en ligne se veut plus qu’une « collection » d’individus. Le contenu proposé est une image du territoire en mouvement. D’une part, les échanges y prennent autant de valeur que les individus et sont affichés à même hauteur. Et d’autre part, toutes ces données confondues s’affichent ensemble sur la carte du territoire en question.

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Deuxième jour, nos idées…

Un sujet qui a le vent en poupe

Nous rencontrons Télé Rennes qui fait un reportage sur la Ruche, sa spécificité vis à vis des autres réseaux sociaux, son avenir.
Sur France 3, au journal régional de 19h, est diffusé un reportage plus généraliste sur les réseaux sociaux.

L’usage de ces réseaux sociaux semble de plus en plus titiller la question de la gouvernance territoriale. Le réseau peut permettre l’émergence d’un registre plus informel d’expression publique.

Les collectivités territoriales sont-elles prêtes à compter avec cette nouvelle parole ?
Pourquoi ne pas inviter des agents territoriaux à animer le groupe d’un réseau social sur les thématiques qui les concernent ? Comment cette contribution peut-elle être aménagée sur leur temps de travail et entrer dans le cadre de leur mission ? se demande concrètement Richard Delogu.

Avant de penser cette possible collaboration, nous cherchons plus modestement à scénariser des situations de véritable échange citoyen sur le réseau.
ex: Partager un article du Wiki, donner son avis (géolocalisé) dans le cadre d’une concertation urbaine, raconter un souvenir à tous, créer un collectif d’habitants pour améliorer le covoiturage du quartier, ou rêver sur la ville du futur…


Autant de situations qui ne répondent pas aux seules logiques dites utilitaristes (1) qui voudraient qu’un internaute « moyen » désire toujours être connecté, savoir où il est et avoir beaucoup d’amis, mais cherche également à raconter des souvenirs, se perdre dans sa ville et être surpris.

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Présentation de notre perspective

La fin de journée est consacrée à la restitution de scénarios possibles pour les futurs réseaux sociaux en ligne. Depuis la première semaine, les questions posées, les possibles envisagés se sont étoffés et affinés. Cela a donné naissance à une dizaine de scénarios que nous présentons à une quinzaine de personnes parmi lesquelles des salariés et administrateurs de Bug, des personnes de Rennes métropole et du service Développement numérique régional de la Région Bretagne.

Nous présentons nos dix scénarios et s’en suit une longue discussion informelle avec les personnes présentes. Ces échanges nous aident notamment à faire le tri entre les propositions qui apparaissent immédiatement faisables, appliquables et celles qui donnent à penser mais dont on ne voit pas bien comment on pourrait les mettre en place. Ces dernières servent de boussoles, de visions « d’avenir » de ce que serait pour nous un réseau social débarrassé de la  comparaison avec Facebook. Apparemment, d’après les remarques entendues dans l’assistance, notre présentation a aidé certains à se projeter loin de cette comparaison.

« Moi j’aime pas du tout Facebook et je comparais sans cesse la Ruche à  ça, maintenant, je vois mieux la différence »

« Et mes amis dans tout ça, ils sont où ? »

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La présentation de nos propositions

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(1) Nicolas Nova dans les Médias géolocalisés évoque cette vision très rationaliste pour laquelle « l’action d’un individu reposerait sur des logiques d’optimisation des rencontres et le gain de temps« .

De retour à la Ruche

Avant la résidence…

Nous avions revu  Richard Delogu et Simon Chignard, respectivement directeur et président de  l’association BUG, lors du Forum régional Villes 2.0 organisé les 24 et 25 septembre à l’occasion de la deuxième édition de CapComNet à Rennes.

La rencontre avait pour thème « Les réseaux sociaux urbains et territoriaux ». Après une première semaine de résidence où nous les avions beaucoup questionnés sur ce qu’était la Ruche à leur yeux, ce fut l’occasion pour BUG d’exposer ce qui fait l’ADN de son réseau social urbain :
Mise en relation des personnes et des associations
Diffusion d’évènements de proximité (rencontres de quartier)
Confiance (réseau en dehors des logiques commerciales)

Mais également de faire un état des lieux de son utilisation actuelle.
Qui est inscrit sur la Ruche ?
Qui active la Ruche ?

Un travail sur les données du site (en respectant l’anonymat des abeilles) a permis à Simon Chignard de dégager de précieuses informations sur « ceux qui font vivre la Ruche » :
Leur nombre
Leur âge
Leur profil

Le site internet rennais accueille 300 ruches (associations et collectifs plus informels), 1500 abeilles (individus) et 10000 visiteurs depuis sa création. Les inscrits sont en moyenne plus âgés que les inscrits sur Facebook, « un peu plus proche de la réalité de la ville » commente Simon.Liberation-facebook se fait une bouche  la reine copie Il s’agit d’une population diversifiée et pour la plupart sensibles aux valeurs qui sont à l’origine de la Ruche (logiciels libres, open source, consommation durable, implication dans le monde associatif…). Les associations rennaises sont bien représentées mais également des collectifs plus informels (ex : « un groupe d’habitants de la rue de Paris ») qui participent à la dynamique de la ville sans nécessairement une inscription officielle sur le territoire. Le réseau social en ligne leur offre une plateforme. De quoi potentiellement soutenir ces énergies citoyennes pour inaugurer un réseau social de lien fort !

Pour la Ruche, comme pour tout autre réseau social territorial, reste à trouver pour l’avenir des propositions susceptibles de mettre en valeur ce potentiel. Nous abordons la deuxième semaine de résidence avec deux problématiques :
Comment ancrer dans le réel un réseau social local?
Comment fédérer les utilisateurs autour d’un objet commun ?

Lundi, retour dans les locaux de BUG…

Nous retrouvons les locaux de l’association BUG avec, aux murs, les traces de notre première résidence : nos premières réflexions, propositions concernant un avenir possible d’un réseau social local.

Richard Delogu nous confie qu’une idée en germe au sein de l’association  s’est concrétisée suite à notre venue : la possibilité pour un utilisateur de créer son blog sur la Ruche. Une toute petite chose mais qui permet aux collectifs comme aux individuels de personnaliser leur page, d’apporter plus de contenu à partager.

Exposé de nos recherches au terme de la première semaine

L’après midi nous reprenons contact avec les membres de l’équipe de BUG et nous synthétisons les idées que nous avions présentées au terme de notre première semaine de résidence pour nous engager dans une seule thématique, l’objectif étant de présenter un ensemble cohérent de propositions scénarisées à 18h mardi lors de notre restitution publique, et de lancer un prototypage dès mercredi.

Lundi soir

Autour d’un verre, Simon Chignard nous expose les conclusions de son analyse des données du site et évoque la possibilité/l’envie de lier un réseau tel que la Ruche à des missions d’intérêt général comme:
La question de la petite enfance
La réduction des gaz à effet de serre.

Sans pour autant réduire le réseau à une seule mission rappelle Richard Delogu, mais bien en réaffirmant son aspect « protéiforme ».

Vendredi, jour de restitution

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La future page d'accueil de la Ruche ?

Nous ne voulions pas partir sans avoir présenté à l’équipe de Bug notre avancement suite à cette première semaine si riche. Nous avons donc consacré la matinée à créer un ensemble de visuels de présentation et de maquettages de nos idées. Difficile cependant de synthétiser le bouillonnement de ces quelques jours et le raisonnement global qui en est né, difficile aussi d’afficher et de discuter si rapidement des perspectives qui chamboulent les visions de l’ensemble de l’équipe sur leur propre projet…

Malgré tout, la présentation fut un moment fort d’échanges et de confrontation productive d’idées.

Télécharger la présentation :

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Valoriser son inscription territoriale

La fin de la première semaine de résidence approche. Nous préparons nos premiers maquettages et la mise en relief des valeurs de la Ruche.

La matinée est donc entièrement consacrée à une séance de réflexion et propositions dont ressortent quelques points majeurs. Nous les « testons » aussitôt énoncés auprès de l’équipe de Bug.

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Subjectif et collectif

Si aujourd’hui la carte affichée sur La Ruche mélange individus et collectifs au sein d’un espace commun, la possibilité de n’être bientôt dédiée qu’à l’un ou à l’autre restait ouverte. En fonction des suppositions, La Ruche passerait ainsi de l’espace d’expression individuelle à l’espace de communication dédié aux collectifs. Parallèlement, et depuis le début, chaque acteur du projet s’accorde à dire qu’il serait bon que ces « réseaux sociaux » apporte enfin un plus social. La solution pour que cela soit possible, et même, la condition sans laquelle cela ne fonctionnerait pas, semble donc être de ne pas dissocier ces deux types d’utilisation : individuelle et collective. Car les associations et les structures établies ont déjà leurs moyens de communication « officielle » au travers d’agendas culturels sur papier comme sur le web. De même, chacun peut se connecter à un ou des réseaux sociaux de toutes sortes avec les limites déjà évoquées. Par contre, l’idée fédératrice de former un tout, un ensemble complexe visible et vivant à l’image de la ville semble étonnament peu présente sur le web et plus particulièrement dans les réseaux sociaux.

Voilà ce qui semble pour nous faire la particularité de la Ruche : un espace où l’individu et le collectif se font entendre à même hauteur, et où sont valorisés à la fois indépendamment et conjointement des impressions subjectives et des manifestations collectives, tout ce qui fait le foisonnement d’une ville.

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Il s’agit pour nous de valoriser la vie d’un territoire et l’usage qu’en font ses habitants, ce que permet très bien le numérique. Ce besoin de valorisation semblait d’ailleurs encore se confirmer lors de notre visite de l’atelier urbain du Blosnes. Mais, à l’image de cet atelier, il faut également penser une passerelle entre cette interface et l’ancrage dans le réel.

Une fois la vitalité de la ville représentée sur La Ruche, dès la page d’entrée, cette même page pourrait très bien être affichée dans la ville : sur les bus, sur les écrans, sur l’agenda culturel local ? Cette image de la Ruche serait alors :
– le reflet des dernières activités de toutes sortes (inscription d’un nouveau participant, événements à venir, groupe de discussion actif, annonce associative, mise en ligne d’un article sur le centre-ville en 1800…)
– un objet sensible ancré dans le quotidien du territoire. Publiée, tous les mois, cette image pourrait devenir propice à susciter la curiosité des connectés comme des non-connectés. Cela permettrait ainsi une forme d’aller-retour permanent entre le virtuel et le réel, entre ce qui se passe vraiment dans la ville et la représentation de ce même espace sur la toile ; deux plans se nourrissant l’un l’autre.
A la fin de l’année on pourrait imaginer une collection pour le public de 12 « instantanés du territoire », 12 ruches prisent en photo, 12 photos de la vitalité de la ville proposant une géo-localisation participative.

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Entre 12h et 14h nous avons participé à la présentation par Richard Delogu (de l’asso Bug) de Lift à Marseille. L’occasion de re-questionner nos réflexions sur la Ruche, face aux points récurrents de cette présentation :
– idée le la métaphore collective (cartes)
– volonté de co-construction, avec l’idée de pouvoir faire agir les habitants à l’aide de controleurs
– penser l’acceptabilité sociale des outils et projets
– méthode pour  d’innover avec des non-innovants

Tous ces exposés parlent du « faire ensemble », reste à trouver le moyen de passer des intentions à de réelles pratiques collectives. Par exemple, la proposition de Pachube.com s’avère bien limitée ; tout le monde peut mettre en ligne des infos, mais pourquoi faire ?

Finalement, tout le monde peut se géolocaliser sur la Ruche, mais pourquoi exactement ?

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Quel désir de « local » pour le numérique?

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Au programme de cette matinée du jour des enfants:

– Tout d’abord un débriefing de notre courte présentation publique de la veille.

Cet accrochage sommaire et volontairement simple dans la cafétéria de la Maison des Associations nous a permis d’engager de nouvelles discussions techniques et théoriques avec BUG. Notamment chercher à faire coïncider au mieux notre résidence avec l’action du futur chargé de mission que va recruter l’association dont l’une des missions sera de coordonner et d’animer non seulement la Ruche mais également le projet d’un wiki Rennes.

– Enfin, nous avons pris un temps d’écriture pour mettre au clair nos perspectives d’action/réflexion. A la recherche d’une définition de la Ruche… où le « social » ne serait pas un seulement un mot galvaudé et où les possibilités d’échange éviteraient le spectre « facebookien » du seul lien faible.
Aider à ce que cette initiative centrée sur une technologie ne prenne pas la technologie comme seule raison d’être. Pour cela, nous souhaitons imaginer en collaboration avec BUG les outils évènements, rencontres, affichages publiques) qui permettraient de dynamiser, motiver cette communauté virtuelle (actuelle et à venir).

Quels outils?

– Des options sur le site (plus précisément la carte de la page d’ouverture) qui allieraient une possibilité de géo-localisation, de présentation d’évènements (désir des associations) mais aussi une invitation à ajouter des infos sensibles et subjectives des habitants et leur suggestion. Ce qui permettrait de rendre sensible dès la première page du site, l’esprit de co-construction de La Ruche et pour mettre en évidence le potentiel d’une géo-localisation de proximité, « locale ».

– Inventer des évènements « ruchiens » qui seraient à cheval entre les Apéruches (déjà mis en place avec le CRES l’année passée avec cette qualité des thématiques abordées) et des propositions plus ouvertes, hybrides, festives. Pourquoi pas la fête annuelle des cyber-pôles où chacun amène son avatar de la Ruche ou encore des actions collectives urbaines initiées par des artistes ou « activistes de la ruche »ou …
La liste est à inventer, compléter ensemble…P1030935

Quel désir de « local » possible pour le numérique?

Pour avoir quelques pistes pour enrichir cette liste et pour que ces perspectives restent ancrées dans les pratiques et envies des rennais, nous sommes allés visiter le Forum du Landrel (Blosne, quartier sud de rennes étiqueté « à problème »). Nous avions pris rendez-vous avec Yassin, l’animateur du pôle multimédia, que nous avions rencontrés brièvement lors de notre journée de repérage.
Il nous a présenté le pôle et introduit à la dizaine d’enfants agglutiné autour des écrans.

Nous circulons un moment, avec deux jeunes filles, sur le site de la Ruche, immédiatement elles posent la souris sur la carte et cherche le quartier du Blosne,comme pour vérifier qu’il existait bien sur cette carte de Rennes. Comme on regarde sa photo perso. Elle découvre que leur centre est inscrit sur la ruche, mais que sur la « fiche complète » rien n’est écrit d’autre que ce qu’elles savent déjà…

Pour que le réseau puisse affirmé sa qualification de « social », nous avons souhaité rencontrer les autres animateurs de quartier/de rue qui travaillent au Forum et utilisent de temps en temps le pôle multimédia.
Quelle possibilité voient-ils pour un réseau comme la Ruche dans leur pratique d’animateurs et pour la vie du quartier ?P1030931
Ferdinand, animateur de la maison de quartier, nous donne quelques pistes mais avoue ne pas réussir à « imaginer la force d’un réseau local »
Quelques pistes:

– lien entre la ville d’habitation (Rennes) et le pays (ville) d’origine pour les populations immigrées. En effet, le multimédia peut aider à nourrir les échanges avec le pays d’origine. (Valoriser sa culture, se sentir proche par vidéo conférence, partager un moment collectif, cuisine etc…)

– renforcer la visibilité des actions du centre

Au Triangle, dans le quartier du Blosne

Au Triangle, dans le quartier du Blosne

16h Visite de l’atelier urbain du Blosnes (lieu de concertation publique pour la requalification du quartier du Blosnes)

Rencontre avec la personne chargée des micro animations de concertation auprès d’enfants et adultes du Quartier. Elle nous confie que l’outil internet pourrait être davantage utilisé pour cette concertation qui concerne la ville (forum, visualisations..) mais qu’elle n’a pas la compétence pour le mettre en place.

La ruche nous apparaît comme une plateforme où il serait pertinent de rendre publique des impressions, des souvenirs des rennais et où l’on pourrait y échanger des avis concernant ces projets urbains. La carte apparaît encore comme un outil pertinent qui permettrait de localiser les lieux de la ville « débat »,les « zones » à re / penser collectivement.
Sorte de « journal de quartier » sans texte mais intuitif et évolutif qui susciterait aux rennais l’envie de participer aux groupes de discussions que propose la Ruche.P1030897

La Ruche, proposer sans imposer ?

Deuxième jour de résidence. Notre journée est polarisée par le premier rendu que nous allons faire à 18h à la Maison des associations. 

Notre objectif est double: 
-continuer à rencontrer des acteurs du monde associatif et numérique rennais, et des usagers.
– dégager quelques constats et propositions à présenter pour le soir.

Des rencontres éclectiques

Entre l’élu de la ville de Rennes, la bibliothécaire chargée du service numérique et le primo-arrivant qui vient dans les cybercentres pour mailer et apprendre le français, nous rencontrons des personnes avec des objectifs et usages du numérique très disparates.

9h, Nous rencontrons Sarah et Pierre, animateurs dans deux  pôles multimédia du sud de Rennes  (Maison des Squares / Maison de Suède). Ils nous parlent avec plaisir de leur quotidien et de ce qu’ils perçoivent de leur rôle. A la fois, animateurs de projets de groupe (journalligator), conseillers pour la recherche d’emploi et formateurs à l’outil internet, ils définissent leur position à cheval entre le culturel et le social. De fait, ces pôles sont bien souvent intégrés à une maison de quartier qui travaille en partenariat avec le centre social, l’association d’apprentissage au français, le comité de quartier. Pour nous, c’est l’occasion de voir la réalité des « usagers » et de savoir ce que représente pour eux le réseau social local de la Ruche.

Deux types de population fréquentent les centres:  
Les jeunes, 10 /18 ans,  plutôt débrouillards, jonglant entre MSN, Facebook et les jeux en réseau. La ruche, ils ne connaissent pas.  Nous allons avec l’un d’entre eux sur l’interface de la Ruche. Un réseau social localisé à Rennes, cela apparaît comme logique, car ses amis (sur MSN, Facebook) sont rennais. 

Quelque chose comme « le local » semble encore pertinent sur le web…
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Les autres usagers de ces centres, sont ceux qui viennent  pour bénéficier d’une formation pour utiliser internet : personnes âgées, usagers des centres sociaux. Un public qui ne manipule pas encore bien l’outil informatique ou bien se limite à des actions simples : quelques mails avec des membres de la famille éloignés, une gravure sur cd de photos numériques pour inviter les autres à découvrir leur vacances.

La ruche ? Elle est encore loin d’eux…

Pierre, animateur du pôle multimédia de la Maison de Suède, nous fournit la conclusion de notre visite  :
« Pour moi, la Ruche, en ce moment, c’est plus culturel que social. C’est comme un agenda culturel »

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La Ruche : réseau social local

Local, on voit.
Social, c’est moins évident, surtout si personne ne l’utilise.

Nous continuons notre enquête auprès d’autres acteurs plus décisionnels (élus, bibliothécaire, CRES) pour connaître leur utilisation et volonté concernant un « numérique local ». Tous relèvent que le numérique peut contribuer à mettre en avant la participation du citoyen.

La Bibliothèque veut redéfinir sa politique et donc ses services en mettant les usagers au centre. Une Bibliothèque connectée et active dans un réseau social local, « c’est imaginable » pour Françoise Sarnowski. C’est même l’objectif de la déterritorialisation des institutions.

Autre exemple d’ouverture au numérique:
Sébastien Sémeril et Fréderic Bourcier , tous deux élus à la ville, affirment que l’apport des nouvelles technologies dans le domaine de la concertation des habitants (dans le cadre d’un projet d’urbanisme) peut être considérable :
– vues en 3D
– entrée dans un projet à n’importe quel moment
 
En quoi la Ruche peut concerner ces problématiques urbaines et citoyennes ? 
Mais tout d’abord, utilisent-ils la Ruche ? Non… pas encore…
Pourtant le potentiel d’un outil participatif, local, numérique semble exister… Il est encore à développer.

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Au fil des rencontres, nous voyons un premier objectif de notre résidence se préciser : définir, circonscrire les objectifs de la Ruche avec ses concepteurs. Pour qu’elle ne soit pas le fourre-tout des attentes de chacun, un projet sans fin, mais davantage une proposition lisible et stimulante.

Quelle est son identité et donc sa fonctionnalité ? Beaucoup nous parlent de sa spécificité ( par rapport à Facebook), de son image éthique (protection des données des usagers…) rares sont ceux qui nous parlent de leur utilisation ou d’une potentielle utilisation.

La ruche un outil conçu pour les associations ?

C’est ce qu’attendait Thierry Vincent, acteur associatif important de Rennes (CRES) et Richard Delogu lorsqu’ils ont mis en place les apéruches : débats citoyens autour d’un thème. Initiative qui inaugure une sortie de la Ruche dans le « réel physique » et qui, pensons-nous, peut être développée. Un outil qui permettrait d’échanger plus facilement des infos entre assos, de mutualiser des compétences, de se prêter du matériel. Pourtant techniquement, la Ruche permet -en bonne partie au moins- de répondre à ces attentes par la constitution de groupes, la publication d’annonces et des événements de chacun. Mais le paradoxe actuel veut que presque personne n’utilise toutes ses fonctionnalités (dont certaines sont en ligne depuis peu).

Un travail de sensibilisation (pédagogie ?) de ce qu’est La Ruche nous apparaît de plus en plus nécessaire. Pour cela il s’agit de trouver ceux qui seraient à même d’en révéler le potentiel et de la faire vivre : ses potentiels ambassadeurs. C’est pourtant prendre le problème à l’envers. Comment les animateurs des pôles que l’on verrait bien dans ce rôle, pourraient faire vivre La ruche s’ils ne comprennent pas eux-mêmes son objectif ?

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Les choses semblent circulaires. Un élément nous a permis de sortir de ce cercle : poser la question sous cette forme aux concepteurs de la Ruche. C’est ce que nous avons eu l’occasion de faire lors de notre présentation à 18h. Un nouvel élément de compréhension nous a été donné.

« L’objectif de la Ruche, c’est aux usagers de le définir »

« C’est à eux (les usagers) de nous dire ce qu’est elle est et non à nous (les concepteurs) de donner une définition qui tombe d’en haut. En gros, c’est de l’usage que viendra le sens. Le but est qu’elle devienne ce que les abeilles veulent en faire : un outil à inventer. »

Position louable, qui consiste à ne pas trop pré-penser d’en haut un usage mais inviter les potentiels usagers à bricoler, braconner et faire leur ce lieu virtuel. Mais n’est-ce pas limiter ici l’usage du réseau aux initiés ?

Entre une définition trop réductrice et pédagogique de ce qu’est la ruche et l’entière liberté laissée aux abeilles d’imaginer ses différents usages, un juste milieu peut être trouvé. Que la ruche soit force de propositions participatives et collectives, libre aux abeilles de maintenir l’énergie et de devenir, elles-mêmes, initiatrices de nouvelles propositions.

 

Prendre du recul et imaginer un projet participatif

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Deux perspectives sont envisageables :
– aider à définir ce qu’est la Ruche (valeurs, objectif) en partenariat avec ses concepteurs et les usagers actuels et potentiels pour mieux communiquer et initier ses potentiels représentants (ambassadeurs)
– concevoir une réalisation concrète participative et collective pour ranimer la Ruche (happening, installation dans des lieux physiques, organisation d’un « Flash butinage »)

Il s’agit de savoir comment on peut influer une énergie à cette Ruche, ce que nous disions plus haut, faire qu’elle ne soit pas qu’un « concept éthique » pour devenir un véritable lieu d’échange et un outil repéré par les associations et les citoyens.

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Autant de propositions qu’il faut construire pour ne pas perdre cette « énergie » que représente la Ruche. Car « les gens s’y sont inscrits alors qu’on ne leur offrait rien » rappelle Richard Delogu de BUG, « il faut savoir répondre à ce premier désir ».

Quel désir exactement ?
Partager, échanger, créer, se situer…

Et comment ?

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