Archives de Catégorie: La Transfo Pays de la Loire

Transfo Pays de la Loire / semaine 6 / Jours 2,3,4 : atelier !

Après une journée de démarrage consacrée au nécessaire résumé des épisodes précédents, nous nous sommes retrouvés ce mardi matin à l’Hôtel de Région, prêts à entamer le travail « vers un  prototype de la fonction innovation ». Première tâche, et premier atelier : à partir des expérimentations réalisées dans les semaines précédentes, mais aussi à partir de l’expertise des agents en matière de « fabrication » des politiques publiques, nous nous proposons de dessiner les cheminements pris par la construction des politiques publiques. Nous nous répartissons en 3 groupes. Deux s’appuient sur des exemples vécus précis correspondant aux directions des participants (prospective participative et politique culturelle co-produite) tandis que le troisième groupe prend comme point de départ l’ensemble des expériences des participants. Dans tous les cas, les questions sont les mêmes : quelles actions, quels acteurs, avec quels moyens et pour quels livrables ? Nous abordons ces questions une par une, les anticipons, y revenons et construisons rapidement plusieurs schémas basés sur un même axe temporel.

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Mais surtout, pour chaque « cartel », nous nous demandons quelle « importance » il a dans le processus de conception et de mise en œuvre d’une politique publique de la Région. Dans chaque groupe, les discussions sur ce qui fait critère d’importance en la matière apporte une profondeur supplémentaire à la prise de recul que nous entamons. Ces discussions nous permettent déjà, ce mardi, d’identifier les points d’appuis que nous pourrons utiliser pour la suite de nos ateliers. Tard dans la nuit, voilà où nous en sommes (cliquez sur l’image pour accéder au fichier pdf) :

Représentation Construction de politique publique v0.1

Nous continuons nos travaux dès mercredi matin, sur la base de cette analyse de la synthèse réalisée par l’équipe dans l’intervalle. En re-travaillant cette forme-support en sous-groupes, nous affinons les intuitions de la veille et identifions des zones clés, des vides, des noeuds, des points d’acupuncture en quelque sorte, sur lesquels pourraient porter les efforts et les propositions de la future fonction innovation. Parmi ces points identifiés : le passage de la commande et son lot d’incompréhension, le temps de l’évaluation, l’identification des rôles de chacun dans un groupe projet…

Schéma construction des politiques retravaillé

Une fois mise en forme par l’équipe avant le dernier atelier, nous obtiendrons cette deuxième forme-support (là aussi, cliquez sur l’image pour voir en grand).

Représentation Construction de politique publique v0.3-LD1

Lors de la clôture de l’atelier du mercredi, des propositions de réponses, concrètes, à ces problématiques, émergent peu à peu. Et c’est ainsi assez simplement que l’équipe travaillera tout ce matériau dans l’après-midi, non seulement pour produire les deux dernières schémas de synthèse mais aussi pour entamer des maquettes de 6 modes opératoires de la future fonction innovation.

Représentation Construction de politique publique v0.3-LD2

A l’issue du travail du mercredi, nous imaginons en effet qu’elle ne deviendra pas un seul bloc opérationnel mais bel et bien une sorte de boîte à outils élaborée, ou plutôt une boîte à processus, à modes d’action, à laquelle les agents pourront faire appel indépendamment à différents moments de la vie de leur programme :

  • au moment de l’émergence de la commande politique, « le démarreur bienveillant »
  • en amont de l’ingénierie de projet proprement dite, « l’exploration des usages » pour connaître le contexte des usages, mais aussi « la fabrique de mandats » pour mettre sur pied une équipe opérationnelle et « l’atelier des prototypes » afin de disposer d’un objet-prototype à interroger avant même de lancer la machine ;
  • au fil de la vie du projet, une forme d’évaluation intelligente, le dispositif de « mise en réalité » ;
  • et à la fin, mais aussi tout au long de la vie du projet, un travail de veille et de documentation « utile » à la vie du projet : « le capitaliseur ».

Et pour préciser ces propositions, dans la lancée de la semaine (et de l’année passée !), l’équipe soumet lors du dernier atelier du jeudi, quelques « dessins à réaction » aux agents participants, élaborés à partir des nuages de mots récoltés sur chaque mode opératoire la veille. Ces dessins, entre recherches formelles et reprises graphiques des questionnements, poussent le groupe vers la concrétisation. En replaçant ces idées parfois décalées dans leur réalité de travail, les sous-groupes enrichissent, précisent et contre-disent les premières maquettes… en vue de la présentation de l’exposition du lendemain !

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atelier-jeudi-mode-action2Voilà comment une semaine passe en un clin d’oeil ! Plus justement, voilà comment une année passe en un clin d’oeil ! En effet, régulièrement dans la semaine, nous avons récoltés des avis très positifs comme quoi cette semaine particulière serait sans doute la plus intéressante de toute cette Transfo jusqu’alors. Or nous savons les étapes qu’il a fallu franchir pour arriver à celle-ci et nous avons pu, tout au long des réflexions et productions de la semaine, mesurer (si nous en doutions !) à quel point ces trois jours étaient intimement liés à tout le parcours réalisé jusqu’ici. Nous le rappelons donc dès que l’occasion nous est donnée et nous ravissons d’avoir eu le temps nécessaire pour en arriver là !

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Transfo Pays de la Loire / semaine 6 / Jour 1 : lancement de la semaine

C’est avec plaisir que nous prenons nos marques ce lundi matin dans les locaux du Conseil Régional pour le lancement de la semaine 6 du programme la Transfo.
En effet, un long laps de temps s’est écoulé depuis la semaine précédente en novembre. De plus, l’équipe de résidents a changé pour moitié : Clément Tissandier, designer et Louise Ollier, animatrice de démarches collaboratives spécialisée en sciences humaines/politiques ont intégré la démarche depuis décembre.

C’est donc impatients, et plein d’envies concrètes en tête que nous retrouvons les agents des différents service pour cet atelier de lancement.

L’objectif était principalement :
– de se retrouver
– de faire le point sur ce qui avait déjà été réalisé
– d’identifier ensemble des résultats tangibles et sensibles des semaines précédentes
– et d’envisager l’orientation de la suite de la semaine.

Aussi, voici un petit résumé de ce qui a pu être dit !

La démarche de la Transfo, pour les participants des semaines précédentes, pourrait être résumée en un mot comme :

mais aussi, comme ce schéma :

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Dans les deux années imparties à ce programme, la transfo en Pays de la Loire a parcouru la moitié du parcours.
5 semaines ont déjà été menées dont le résumé a été repris ce matin grâce au support graphique ci dessous.
Un travail participatif en fin de séance a permis aux participants de retraduire les impacts tangibles/concrets/physiques mais aussi les retours sensibles/méthodologique/de posture des temps de travail en Transfo qu’ils avaient déjà pu vivre.

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La semaine 6 est un temps charnière qui a pour but de capitaliser et prendre du recul sur les expériences précédemment vécues. Il s’agira de partir de cet état des lieux de la construction des politiques publiques pour envisager la formalisation d’une proposition pour une future « fonction innovation » au sein du Conseil régional.
Comme tout « work in progress », les travaux menés cette semaine, seront ensuite testés en semaine 7 du 24 au 28 juin prochain.
Plus nous serons nombreux à participer à cette démarche, plus celle ci prendra son sens ! Aussi, « nouveaux », comme « anciens » de la démarche Transfo, n’hésitez pas à nous rejoindre cette semaine :
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InterTransfo #3 : bilan à mi-parcours de programme(s)

La troisième rencontre InterTransfo a eu lieu le 17 octobre dernier. Elle rassemblait les équipes de résidents et les agents régionaux engagés dans chacun des programmes Transfo déployés par la 27e Région en Champagne-Ardenne, Bourgogne, Pays de la Loire de Provence-Alpes Côte d’Azur. Retour sur cette journée de réflexion, d’échange et d’analyse.

Après deux premières rencontres, la première orientée vers l’objectif final des programmes, et la seconde vers la recherche de solutions à des problèmes concrets, cette troisième InterTransfo marque le temps d’un bilan, à mi-parcours du programme. C’est le moment pour les 4 équipes et leurs interlocuteurs en Régions de prendre du recul et la mesure des avancées et des difficultés rencontrées.

La matinée est donc consacrée à un point d’étape de chacune des Transfos, à partir de 3 questions posées en amont aux participants :

  • En quoi la Transfo interroge-t-elle la façon dont travaille la Région ?
  • En quoi transforme-t-elle les pratiques des agents/citoyens/élus/professionnels?
  • En quoi apporte-t-elle un regard nouveau sur la thématique traitée au sein de l’institution?

Au fur et à mesure des réponses détaillées de chacune des équipes, plusieurs questionnements ou constats se répètent, tandis que d’autres sujets ou enjeux, mis en avant lors des deux précédentes sessions, semblent désormais moins critiques. Le défi n’est plus, par exemple, de réussir à libérer la parole des agents, le cadre de confiance de la Transfo se renforçant dans la plupart des Régions.

La bienveillance des élus : nécessaire, mais pas suffisante

Au regard de la relation aux élus et au « top management » administratif, l’enjeu semble s’être déplacé : alors qu’il était au départ crucial de s’assurer de leur bienveillance, voire de leur soutien, il faut désormais réussir à les impliquer de manière active dans la démarche Transfo. Une implication personnelle plus compliquée à susciter que prévu, ce qui amène même certaines équipes à envisager des sessions de Transfo conçues pour et destinées spécifiquement aux élus et managers. L’idée ne fait pas l’unanimité.

Cette nécessité est liée à la question de la gouvernance de la Transfo, qui se pose à nouveau dans chaque Région, cette fois-ci à partir de cas concrets, rapportés par les participants. Si en Champagne-Ardenne, les résidents et référents jeunesse ont construit leur propre programme de travail, en Provence-Alpes Côté d’Azur, le processus de validation hiérarchique pèse encore sur la prise d’initiative des agents investis dans le programme. Dans l’ensemble, la logique de commande reste difficile à dépasser.

Apprendre à accepter un corps étranger et à le laisser fonctionner en électron libre

En Pays de la Loire, l’équipe note que « la Transfo infuse à la base » et que « les micro-changements d’habitudes sont une base nécessaire pour pouvoir emmener les agents vers des choses plus questionnantes« .

C’est en bousculant, même brièvement, les habitudes, que la démarche Transfo se transmet le mieux : en immersion à la Flèche, lors de la dernière semaine de Transfo, les élus ont pris part à des d’ateliers participatifs, mais sans dévoiler leur fonction. Noyés dans la masse ils ont été « modérés » par les agents régionaux qui assuraient l’animation des ateliers.

Transfo, subversion et sectarisme 

L’un des nouveaux arrivants de cette InterTransfo livre son analyse du bouleversement qu’entraîne la Transfo. Celle-ci réduit la distance entre le discours et l’acte, car on va au-delà des mots qu’on utilise habituellement. « Et dès que l’on se déplace sur le terrain, en immersion, le discours explose complètement. Les gens reviennent transformés« .

Cette expérience crée un sentiment d’appartenance; un vocabulaire commun au sein du groupe, qui peut conduire si l’on n’y prend pas garde à adopter un comportement excluant : « j’ai l’impression que l’on commence à considérer les autres comme des profanes, c’est un risque« .

La « Transfo autonome », une préfiguration des futurs labos ? 

L’appropriation de la démarche et des méthodes de la Transfo varie d’une région à l’autre, les programmes étant à des stades d’avancement différents (6e semaine sur 10 en Bourgogne, 2e semaine en PACA).

En Champagne-Ardenne, entre les semaines 4 et 5, une « Transfo autonome » s’est auto-baptisée et auto-organisée : le groupe des référents jeunesse a organisé ses propres immersions, rencontres et entretiens avec des partenaires sur le terrain. Dans les réunions transversales, on se demande désormais « comment la Transfo aborderait-elle ce problème ? ». Ces nouveaux réflexes, très encourageants pour les équipes, ont cependant leurs limites : dans la pratique, les initiatives se heurtent encore souvent à la réalité hiérarchique de l’institution. « On arrive dans le coeur des problématiques : management et méthodes » conclue un participant, et « on cherche la pérennité » ajoute une résidente.

Dans l’après midi, les équipes de chaque Transfo sont mélangées pour partager les réussites et réinterroger les difficultés de chacun, collectivement ou personnellement. Trois mots clés émergent de ces discussions :

  • Chronophagie : le rythme du programme Transfo est intensif. Les participants (résidents comme agents) s’interrogent sur la soutenabilité du modèle : si la Transfo est sensée prototyper, expérimenter le futur labo d’innovation de la région, est-il raisonnable qu’elle appuie son travail sur un rythme qui ne pourra pas être tenu sur la durée ? La question des modes et rythmes d’activité s’insère ainsi dans la réflexion globale sur la mise en place des futurs labo.
  • Eco-système : chaque Transfo représente à elle-seule un petit éco-système qui a ses outils de communication, son langage, sa propre identité. Tous souhaitent cependant pouvoir plus et mieux échanger avec les équipes des autres régions, suivre au fur et à mesure les avancées et résultats du programme, qui nourrissent leur propre analyse. L’enjeu, pour la 27e Région, est donc de faciliter les échanges intra et inter-Transfos et d’améliorer la documentation du processus.
  • Identité : Vis-à-vis de leur interlocuteurs régionaux ou extérieurs, les résidents ont parfois des difficultés à se situer, à se présenter par rapport à la 27e Région. La formalisation de leur lien contractuel et figuré avec l’association apparaît à nouveau comme un chantier urgent.

Encore une fois, l’InterTransfo a montré la forte valeur ajoutée de la dimension interrégionale de ce programme. Des équipes soudées, des nouveaux venus et des observateurs (cette fois-ci venus de la Région Nord-Pas de Calais) : voilà qui fait l’équilibre et la richesse de ces sessions.

Transfo Pays de la Loire / Semaine 5 / Jour 5 : Accrochage rétrospectif

A nouveau à l’heure du dernier jour d’une semaine de travail au sein de la Région, vient le moment de l’accrochage de tout ce qui a été produit. L’exercice de communication et de synthèse destiné à ceux qui n’ont pas participé directement se révèle à chaque fois une bonne occasion de prendre du recul sur ce qui a été fait. Dans une posture plus réflexive, chacun – à commencer par nous et les participants à la semaine – prend la mesure, remouline les réflexions et associe plus clairement les idées entre elles. Deux idées fortes ressortent sous différentes formes :

  • dédramatiser l’orientation notamment en s’appuyant sur le pair à pair
  • mettre en relation les animateurs des territoires (Espaces Numériques mais aussi Centres Sociaux Culturels, mairies, etc…) et les experts de l’information/orientation

Après une matinée (un peu trop) vite passée à tout accrocher sur les vitres du Salon d’honneur, nous tâchons donc d’aller au-delà d’une « simple » visite d’exposition. Nous rappelons que cela n’est qu’un accrochage des travaux produits, y compris dans ce qu’ils ont de non fini, et qu’au travers de cette mise à nu du processus, nous questionnons aussi nos méthodes de travail. Le temps d’échange est donc primordial et le buffet installé sur place nous aide à le mettre en place !

A ce rythme, nous atteignons très vite l’heure de la réunion-bilan avec les participants de la semaine. Toujours sur les mêmes principes de partage, nous dédions ce temps à l’expression des retours sur la semaine : avis, critiques, envies, réflexions… Tout est le bienvenu. Compte tenu de l’enthousiasme général (qui n’exclue pas quelques interrogations), le moment deviendrait presque enivrant pour le petit groupe qui a l’impression d’avoir « vraiment fait quelque chose », « d’être allé très vite du brassage d’idées au concret » en l’espace d’une semaine. En cela, la situation générale en fin de semaine de Transfo colle souvent trait pour trait à ce que décrit Hubert Guillaud dans son article « les dispositifs créatifs en question ». Le moment de décadrage créé amène vite une ambiance joyeuse qui peut aussi très vite retomber…

Nous profitons donc de ce moment pour appuyer à nouveau sur l’importance de la semaine 6 à venir et sur le fait que les questionnements posés à ce moment là toucheront toutes les directions. Nous misons beaucoup sur cette semaine pour toucher au cœur du problème de la Transfo : comment faire fonctionner l’innovation au quotidien et sur la longueur au sein de la Région ? Des « semaines créatives » seront-elles toujours nécessaires avec leurs effets dynamisants et catalyseurs ? Faudra-t-il au contraire faire disparaître petit à petit cette façon de faire événementielle, certes très prometteuse, mais dont les productions peuvent rester superficielles et/ou difficiles à concrétiser ? Quelles sont au juste les conditions nécessaires à la démarche d’innovation et, si l’apport d’ouvertures (par le temps court dédié, par l’animation « neutre », par la participation  de partenaires…) en fait partie, comment le formaliser à l’avenir ?

Nous qui faisions, dans le bilan de cette semaine passée sur la question de l’information et de l’orientation, la conclusion qu’il ne fallait pas chercher à institutionnaliser l’informel mais qu’il s’agissait plutôt de l’outiller et de le cultiver… Nous nous retrouvons, sur notre sujet « toile de fond » qu’est la fonction innovation, à pointer du doigt cette même nécessité d’une organisation assez souple pour laisser faire et organisée pour en profiter. « Agile » diront certains ?

Transfo Pays de la Loire / Semaine 5 / Jour 4 : Objectif « note »

Jeudi 14 novembre

Avant dernier jour, et, comme toujours, les choses s’accélèrent. Nous avons préparé la veille au soir un dernier temps d’atelier avec les agents. Nos objectifs ? Avant tout, il s’agit bien sûr de finaliser la démarche de prototypage entamée. Mais nous nous en fixons un autre : s’assurer de l’utilisation extérieure des productions de la semaine. Et nous imaginons qu’il faudrait pour cela permettre aux agents de trouver une passerelle entre ces travaux un peu éloignés de leur quotidien et leurs pratiques habituelles. Mais lesquelles ? La rédaction de notes de validation de projet, pardi !

L’atelier va donc consister, une fois faits les retours des tests en ENR, en 2 ateliers, avec 2 groupes de travail sur 2 des formes réalisées mardi. Le choix, fait collectivement, aura bien sûr permis une précision des termes utilisés et de ce que chacun met derrière les « mots ». La question à traiter,  in fine : dégager ce qu’il faut pour rédiger une note proposant le développement de l’objet choisi et sa mise en oeuvre concrète.

Pendant que le premier groupe se penche sur le couple réseau des passeurs/cartographie des acteurs de l’orientation, le second s’intéresse au développement d’une « bande-annonce » de présentation d’outils généralistes comme meformer.org. Résultat en images ci-dessous:

Au moment du partage des travaux réalisés en sous-groupes, nous nous attachons surtout à ne pas perdre de vue notre objectif opérationnel : s’assurer qu’il y aura des suites au travail de la semaine « dans la réalité », sous forme de note (et qui sait, si elle est validée, ce que cela pourra devenir ensuite).

Pari gagné ? Nous n’en savons rien pour le moment, mais au moins nous avons fixé quelques éléments clés :

  • qui ? Les 2 agents du CR présents depuis lundi se chargent de coordonner les travaux et d’initier la rédaction de la note
  • quoi ? Entamer la rédaction de deux notes (une par objet travaillé), contenant des éléments classiques (=rédigés) mais intégrant également des éléments visuels issus des travaux du jour (et proposés à l’exposition de demain) ;
  • pour quoi faire ? Pour proposer la mise en œuvre des prototypes.
  • avec qui ? L’appui, sur leur demande, des résidents et des participants des autres directions ou encore les partenaires des CIO et de l’ONISEP (voire même d’autres). A voir si des co-signatures de directions internes pourront être tentées…
  • quand ? D’ici mi-décembre.

Rdv est donc donné pour mesurer l’implantation et l’appropriation des méthodes d’innovation proposées par la Transfo et donc leur durabilité.

Après-midi

Rejoints par Romain, de la 27e Région, nous entamons l’après-midi avec une bonne liste de choses à faire, que nous nous répartissons. Deux agents passeront prendre le pouls et mettre, un peu, la main à la pâte dans l’après-midi. Les uns partent donc commencer la conception et la mise en place de l’exposition du lendemain, les autres avancent sur les productions à y ajouter, d’autres encore relancent une invitation aux membres du CR pour venir la visiter…

Et dans tout cela, nous gardons aussi le cap sur notre second objectif de la semaine : préparer très en amont la prochaine semaine, en février, qui sera dédiées à faire le point : « qu’avons nous réalisé jusque là (avec les différentes expérimentations) et qu’en faisons nous pour la suite (du prototypage d’une fonction innovation ?) ». Pour préparer plus intelligemment cette future semaine, nous mobilisons dans l’après-midi la DPSDD pour échanger autour de nos premières intuitions et imaginer notre travail commun d’ici là.

En ressortent des idées riches et enthousiasmantes : en février, nous aurons vraisemblablement à construire quelque chose comme un « carrefour des réflexions » : nous pourrions proposer de travailler de manière collaborative sur les chantiers respectifs du « labo des mutations », de la Mission Méthodes et de la DPSDD pour que chacun progresse en profitant de l’intelligence collective – et au même moment mettre cette dernière au service d’un premier protypage de la future fonction innovation. Ceci permettrait à chacun d’être partie prenante de scénarios ainsi élaborés tout en avançant sur ses propres missions.

Est-ce que nous sommes plus organisés, à force? En tout cas, si elle n’a pas toujours été facile (se répartir les tâches impose aussi de réserver des temps de mis en commun), cette répartition des tâches fut productive!

Transfo Pays de la Loire / Semaine 5 / Jour 3 : Tester et prendre du recul


Mercredi 13 novembre

L’équipe se retrouve pour un début de débrief au petit matin, rapidement écourté pour retrouver Anne Bassinet, Directrice Générale Déléguée Stratégie et Territoires, et, pour nous, « directrice référente » puisque régulièrement rencontrée et responsable de la direction prospective.  A nouveau, nous nous séparons : la moitié de l’équipe part au RDV, l’autre moitié met ce temps à profit pour synthétiser, en billet de blog et en schéma, ce qui a été dit et produit jusqu’alors.

Le rendez-vous : obtenir d’avoir des agents « permanents »

Le rendez-vous est pour nous un moment important. Nous ramons depuis trop longtemps à faire participer des agents à nos semaines, alors même que nous avons pu compter très rapidement sur la grande aide de quelques alliés dans la maison. Nous cherchons donc activement des moyens de dépasser le stade des chasses aux participants répétées avant chaque semaine pour pérenniser notre démarche. Une bonne part de l’entretien sera donc tourné vers ce but. Nous repartons avec une liste de directions/personnes fléchées et l’accord pour transmettre et appuyer nos futures demandes vers ces « cibles ». A nous d’envoyer au plus vite un premier calendrier de la semaine de février ! Calendrier auquel nous travaillons justement…

Par ailleurs, ayant eu vent d’une nouvelle commande politique qui semble nous concerner, nous cherchons à comprendre ce qu’il en est et à nous affirmer comme interlocuteur bienveillant sur le sujet. Tendres ingénus, nous découvrons encore cette possibilité qu’une demande politique intervienne sans crier gare au milieu du travail des administratifs. Or il faut bien s’y faire ! Et si cela nous inquiète un peu de prime abord compte tenu des efforts que nous déployons pour réfléchir sur la méthode, le principe que les élus se saisissent au plus vite d’une question leur semblant primordiale sans attendre qu’elle colle à l’agenda administratif n’en est pas moins compréhensible. Nous nous mettons donc d’accord pour nous rapprocher des agents saisis de la demande et voir avec eux comment nous pouvons participer à la réponse.

Plus généralement, cet épisode montre bien comment le fonctionnement théorique entre politique et administratif est différent dans les faits, comment les aspects transversaux sont complexes à gérer et enfin comment des équipes travaillant sur un sujet peuvent ne pas être consultées sur une question pourtant directement en lien avec leur travail. L’analyse des causes de ce fonctionnement (travaux méconnus, manque de temps pour identifier les compétences à associer, culture du travail par directions…) et la proposition d’alternatives devra forcément apparaître quelque part dans notre production au bout du programme… De façon plus précise, nous sommes, à un moment où nous nous le demandions justement, directement alertés sur les questions de « gouvernance de la fonction innovation ». Qui décide d’utiliser cette fonction ? Qui pose le sujet dont elle se saisit ? Quelles compétences sont alors activées et comment ?

Parallèlement, production de synthèse

Synthétiser la réflexion, la mettre en forme pour y voir plus clair voilà ce à quoi s’attèle le reste de l’équipe.

11h > 12H30 : un temps commun de partage des avancées de la veille avec les agents

Suite à la séparation des équipes, et au fait que certains agents n’aient pas pu se libérer pour la phase de test sur le terrain, nous nous remettons à niveau avec ceux qui ont pu prendre le temps de nous rejoindre. Les designers de l’équipe expliquent les mises en formes réalisées (les idées « prototypées » ainsi que la synthèse de la réflexion sous forme de schéma), mais aussi les réactions recueillies lors de la soumission de ces idées à l’animatrice de l’ERN Médiagraph rencontrée la veille. Cette remise à niveau collective permet de relancer la discussion, d’affiner les propositions… et même de faire naitre de nouvelles idées.

15h > 17h : immersion dans une maison de quartier

L’après midi, le coeur joyeux et l’esprit chantant, nous nous rendons dans le quartier du Breil et plus particulièrement à l’espace multimédia de la maison de quartier.

Certains d’entre nous discutent avec l’animateur pendant que d’autres interviewent les adolescents présents : raison(s) de leur présence, relation à l’animateur, ambiance du lieu, et… orientation ! Nos discussions sont intéressantes, mais aborder avec le sujet de l’orientation est délicat: ils sont très jeunes (5e et 4e) et n’ont pas encore trop d’idées, ne savent pas encore à qui ils vont s’adresser , ni comment ils vont s’y prendre, ni si Daniel_ l’animateur_ sera leur interlocuteur. Bref, la discussion n’est pas facile à mener et nous avons l’impression de leur demander de s’exprimer sur des choses dont ils n’ont pas grand chose à nous dire.

Le deuxième temps de notre visite sera plus intéressant : nous descendons d’un étage voir la personne de l’accueil de la maison de quartier.

Elle nous réconforte d’emblée : « Je suis la porte ouverte du service public ». « On me demande tout, caf, stage de 3e, aide au CV, horaire de la piscine … ». Nous sommes donc fasse à une véritable « Passeuse », c’est à dire, pour nous, une personne qui est en relation avec le public cible de l’orientation mais qui n’est pas forcément compétente en la matière.

Partageant notre vision des choses, elle nous confirme son manque d’outils, de méthodes et de savoirs pour orienter ces gens vers les « bonnes personnes ».

Nos idées lui paraissent intéressantes mais peut-être encore trop vagues. Grâce à notre discussion, c’est elle qui nous permettra d’aller plus loin en nous montrant des outils qu’elle a l’habitude d’utiliser : le guide des associations de son quartier (un livret-annuaire édité par la mairie de quartier). Voilà qui nous intéresse. Quel serait l’équivalent nommé « Guide des acteurs de l’orientation du quartier du Breil » ?

Car oui, tous nous l’ont dit : « un annuaire des professionnels c’est bien, mais il faut qu’il soit à l’échelle du quartier car les gens ici n’ont pas de voitures et ne feront pas l’effort d’aller à l’autre bout de Nantes pour rencontrer la personne ou la structure indiquée. Il faut qu’on les oriente vers des professionnels proches » 

Voilà une des difficultés : comment la Région peut-elle se saisir, avec ses partenaires bien sur, de la question et contribuer à inventer des outils pour des échelles si fines?

Nous laissons la questions en suspens. Une chose est sûre : outiller les passeurs semble être une bonne idée, et même un impératif. Reste à savoir comment. Avec un annuaire local des professionnels ?  un temps de formation?la mise en place d’un réseau des passeurs ? Nous n’avons pas encore LA solution (et elle est certainement multiple) mais l’immersion aura confirmée que la zone d’action est la bonne !

Sur ce, rendez-vous demain pour un dernier atelier sur le sujet qui consistera à mettre en mots les propositions afin de les présenter aux élus vendredi.

Transfo Pays de la Loire / Semaine 5 / Jour 2 : Prototyper et anticiper

Mardi 13 novembre

Ce matin, notre petit groupe mêle des agents issus de directions différentes (Labo des mutations, Prospective, Lycées, Apprentissage) mais aussi des « extérieurs » (Onisep, Carif-Oref, CIO). Avec eux, nous attaquons ce deuxième jour par 3 heures d’atelier créatif. L’objectif de la séance est ambitieux : faire émerger, au sein de l’éco-système de l’orientation, des pistes d’amélioration et développer des prototypes permettant de tester ces pistes sur le terrain.

Comme souvent, nous repartons du matériau récupéré la veille en atelier comme support de la réflexion. L’effort de synthèse opéré par l’équipe laisse apparaître des « points cardinaux » qui révèlent une répartition des compétences entre les dispositifs généraux dédiés à l’orientation et les ERN en tant que structure de médiation, tout en localisant de potentielles zones d’impact des « signaux faibles » identifiés par la prospective.

Le premier travail d’identification des nœuds et de dépliage des questionnements est long mais essentiel, et il faut savoir prendre le temps de le faire aboutir collectivement (du moins c’est ce que nous nous efforçons de faire). Nous savons que le temps passé cette fois-ci à première phase d’analyse a été très court et l’équipe appréhende donc un peu des réactions face à cette simplification graphique. Au contraire, l’idée générale qui en ressort est plutôt partagée et le schéma re-raconté par les participants avec notamment une vision sous un autre angle : « l’axe vertical, là où les structures identifiées sont bien positionnées, c’est l’axe de la commande publique et l’axe horizontal, là où les espaces numériques sont positionnés, c’est l’axe de la mission territoriale ». Décidément, un schéma, ça se partage !

Si le constat de certains dysfonctionnements importants au sein du système actuel de l’orientation est assez largement partagé, il est parfois difficile d’admettre que : « nous ce n’est pas là que nous pourrons agir ». Nous nous obligeons donc à faire un « pas de côté », à explorer les marges de manœuvre existantes au sein de l' »espace gris » autour des dispositifs officiels. C’est là que nous pouvons intervenir, et c’est aussi cette échelle qui permet prendre du recul et de réfléchir aux usagers qui échappent encore aux mailles, un peu trop grosses sans doute, du filet institutionnel. Par contre, tout le monde s’accorde sur la multiplicité des dispositifs : l’enjeu n’est pas d’en créer un nouveau, mais plutôt d’éclairer les chemins possibles au sein du système global en essayant d’identifier les « grains de sable » pour, si possible, les éliminer.

Rapidement, les participants, répartis en deux groupes, esquissent quelques pistes:
– penser le rôle de « passeur » des professionnels des structures de médiation comme les ERN,
– fluidifier les parcours entre les différents dispositifs,
– valoriser l’essai-erreur et révéler le caractère itératif des cheminements individuels,
– permettre les échanges entre pairs,
– penser la place des outils numériques…

Et tout ça, concrètement, ça pourrait donner quoi ? Un « Marmiton.org » des « ingrédients » utilisés par chacun dans son propre parcours (mais aussi des erreurs de « cuisson » ou de « dosage », pour filer la métaphore) ? Un livre d’or qui valorise l’essai-erreur et l’aléa dans les parcours de chacun ? Un kit d’animation à transmettre aux « passeurs » ? Une cartographie pour se repérer dans cet éco-système complexe?

Pas de doute, il y a là de la matière pour développer des prototypes!

A mi-parcours du programme, nous continuons aussi de tirer les leçons de nos erreurs passées. Si une mobilisation forte d’agents issus de directions différentes est la condition sine qua non de la pérennisation de notre action, le processus de mobilisation prends du temps. Nous décidons donc d’anticiper au mieux les suites en profitant de notre présence sur place pour préparer la prochaine semaine, en février.

L’occasion, aussi, de se mettre à jour sur les avancées de chacun pendant notre absence et de reprendre contact avec des interlocuteurs importants : les prises de RDV se multiplient, et les « trous » de la semaine se remplissent peu à peu. Aujourd’hui, nous rencontrons Antoine Foucault (DPSDD) et Carole Bodenan (D4CAE, Mission méthode). Avancée de la démarche prospective, échecs et succès des « immersions », conceptualisation d’une exposition-restitution des Assises, réutilisation des enseignements tirés de notre expérience à la Flèche, transformation du Bureau des Méthodes en Mission Méthode, réflexions sur la fonction prospective au sein de la Région… Il s’en passe des choses en quelques semaines ! Mine de rien, l’acupuncture Transfo semble porter quelques fruits, et les agents s’autorisent de plus en plus à réutiliser certaines des méthodes déployées. Par ailleurs, nous prenons à nouveau conscience de l’importance du partage de l’information, loin d’être optimale, et de la difficulté de coordonner les calendriers de chacun… Pas toujours simple de faire coïncider le calendrier d’un programme sur deux ans en pointillés, avec des « trous » de plusieurs mois entre les semaines Transfo, et un agenda politique qui peut tout bousculer !

Pendant que le premier binôme enchaine les RDV, les designers de l’équipe mettent la main à la pâte pour mettre en formes des versions plus tangibles des idées du matin permettant de les tester au plus vite. Les temps sont malheureusement trop serrés car, au mieux, nous aurions bien partagé un peu plus ce travail avec les agents. Un jour viendra… En attendant, la fin d’après-midi approche, il est temps pour cette moitié d’équipe de retrouver les agents présents et de s’acheminer vers Médiagraph, ERN associatif situé en centre-ville de Nantes. Premier test in vivo des outils élaborés quelques heures plus tôt, et surtout confrontation au terrain pour les agents et à l’ambiance sur place. Puisque nous parlions de lien social et de l’importance des aspects humains le matin, nous sommes servis ! Médiagraph est un lieu de vie avec une cuisine où on se croise et où on partage ses expériences. Peut-on s’inspirer de cette réalité vivante et informelle, s’appuyer dessus, sans l’institutionnaliser, ce qui la tuerait sans doute ?

La journée fut bien remplie pour chacun, et il faut aussi trouver le temps de partager entre nous informations, expériences et questionnements soulevés par ces différentes rencontres…