Atelier du 25 octobre : débat, choix, expertise et gouvernance

Le 25 octobre dernier, les résidents de la Transfo PACA sont de nouveau dans les locaux de la Région pour « un atelier intermédiaire ». Une quinzaine de personnes sont présentes autour de la table pour retravailler les pistes d’expérimentation de septembre autour de « l’emploi », en préparation de la semaine de décembre…

Nous nous étions quittés en septembre avec 6 idées (voir billet précédent) issues d’une semaine intensive au cours de laquelle nous avions travaillé sur un langage commun, un protocole d’expérimentation, une cartographie des dispositifs régionaux liés à l’emploi via des entretiens avec des agents de la Région mais aussi avec des professionnels extérieurs, usagers intermédiaires des dispositifs régionaux… Il s’agit désormais de procéder au choix de deux idées d’expérimentation qui constitueront le fil rouge de la semaine de décembre pour aller à la rencontre des usagers sur le terrain et travailler avec eux.


Comment préciser les choix?

Pour cet atelier, les résidents ont préparé un mode de visualisation des 6 idées d’expérimentation ainsi qu’un processus pour les « décortiquer » :

1. Visualiser les idées
Chaque idée d’expérimentation est représentée par un cercle en papier, comportant une partie « + » et une partie « – » à compléter.
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2. Les étudier et les enrichir selon 6 critères, qui peuvent être favorables à l’idée ou défavorables
:
– Élements de contexte
– Projets ou expérimentations similaires ayant été menés ailleurs
– Possibilité de décloisonnement des services de la Région
– Possibilités de partenariats, notamment avec l’état
– Capacité à convaincre

3. Compléter les points positifs et les points négatifs de chacune en priorisant les éléments par la taille des mots utilisés.
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4. Débattre
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5. Choisir
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A travers cet outil, nous pouvons observer que la visualisation « grand format » porte une nouvelle fois ces fruits. Elle permet une remémoration simple de « là où nous en étions » et permet d’opérer rapidement des regroupements pour faire émerger des axes de travail transversaux.
De la même manière le jeu de la taille des mots en fonction de l’importance que l’on souhaite donner à l’élément que l’on porte à la connaissance du groupe, s’avère parlant et efficace.
Par contre, cette « exposition » des résultats de la semaine précédente leur donne une dimension « officielle » et « légitime » qui pose la question des termes employés, alors que nous nous étions quittés sur des notions encore « en construction » : une formulation trop stricte ou au contraire imprécise peut biaiser le travail d’atelier.
Par exemple, le mot « parrainage » affiché comme une piste d’expérimentation aurait pu être présenté différemment, en se basant non pas sur la forme mais sur la valeur de l’idée. En effet, ce n’est pas sur le dispositif régional de parrainage existant sur lequel nous souhaitions expérimenter, mais plutôt autour du lien entre « senior actif ou retraité » et « junior entrant dans le vie active », en cherchant à la fois à travailler le qualitatif et le quantitatif, tout en s’appuyant sur l’évaluation positive de ce type d’action.

GOUVERNANCE
Avant d’étudier les expérimentations nous décidons d’engager une discussion autour de la gouvernance de la « Transfo » et du processus décisionnel à mettre en place.
Quand le groupe « Transfo » travaille sur des idées et choisit des pistes d’expérimentations, par qui et comment doivent-elles être validées ?
L’idée de la Transfo est d’impliquer dans les ateliers et les temps de travail une pluralité d’acteurs : usagers, élus, agents, directeurs, chefs de service, professionnels du territoire… ainsi les décisions prises au cours des ateliers trouvent leur légitimité et ne nécessitent pas de validation « externe » au laboratoire. Cette vision qui implique à une sorte de « gouvernance intégrée » est-elle possible? faisable ? Comment la mettre en place?
Nous décidons, dans un premier temps, d’organiser en novembre une séance de restitution de nos travaux en cours et de nos pistes de travail en direction des élus et directeurs concernés afin de recueillir « en direct » leurs avis et éventuelles objections. Notre objectif étant qu’une pluralité d’acteurs participe à la semaine de décembre afin d’expérimenter progressivement cette idée de « gouvernance intégrée ».

LES EXPERIMENTATIONS

Nous commençons par écouter le point de vue d’agents de la Région directement concernés par certaines idées (notamment le parrainage et les ruptures des contrats d’apprentissage), ainsi que celui d’une élue, rapportée par une des personnes présentes. Ces points de vue remettent en question certaines pistes d’expérimentation, notamment par la connaissance de ce qui existe déjà, ce qui a déjà été expérimenté et ce qui n’a pas encore été exploré. Au fil de la discussion, nous essayons d’envisager nos idées de manières différentes, en allant chercher ce qui a fondé nos choix (pourquoi avons nous formulé ces idées, et pourquoi de cette manière là). Le but est de garder les grandes valeurs sur lesquelles se fondent ces idées, celles qui nous semblent importantes, tout en allant vers de nouvelles pistes d’expérimentations qui prennent en compte les nouveaux éléments portés à notre connaissance.

L’expertise en question
Ces discussions nous amènent tout au long de l’atelier à la question de l’expertise, qui revient de manière récurrente dans les Transfo. Pour certains, le fait de ne pas démarrer le travail par l’étude et l’analyse poussée d’un sujet avant d’émettre des pistes d’expérimentation est un écueil de la démarche, qui remet en cause sa légitimité, voir son « sérieux ».

Ces questionnements récurrents nous amènent régulièrement à clarifier le processus proposé par la Transfo: Le but d’une Transfo est d’expérimenter la conception de modes d’action publique innovants, en d’autres termes qui empruntent des chemins non encore explorés afin de correspondre étroitement aux besoins sociaux, et ainsi faire évoluer les situations sociales. Il n’y a pas, dans cette intention, de disqualification de l’action publique existante mais plutôt une proposition « d’essayer une autre manière de faire ».

Le chemin proposé à travers le processus de la Transfo est d’impliquer des représentants de toutes les personnes concernées par une politique publique dans un processus créatif basé sur l’expérimentation.
Le point de départ n’est donc pas le travail d’étude ou l’audit mais bien une mise en relation des usagers d’une politique publique et des personnes qui la pensent et la mettent en oeuvre. La Transfo va chercher à mobiliser chez toutes ces personnes leurs savoirs d’usages, leurs compétences professionnelles, leurs connaissances de la problématique, leurs visions politiques etc… et à les faire entrer en discussion.
L’objet de ces discussions n’est ni l’évaluation de l’existant (même si c’est un élément à prendre en compte) ni une projection globale sur ce que devrait ou pourrait faire l’acteur public. Ce sont des idées. Des idées d’actions concrètes, qui répondent à des enjeux et des problématiques qui émergent au fil des rencontres. Ces idées ne sont à priori « pas les bonnes », c’est pour ça qu’elles sont intéressantes. C’est autour d’elles que les rencontres et les débats vont pouvoir se tisser et faire progresser le collectif de travail vers des pistes plus pertinentes.
Dans ce processus, les données existantes, l’expertise, ne sont pas laissées de côté. Au contraire elles sont bienvenues et nécessaires : non pas pour faire autorité ou pour « intimider » le travail (« tout à déjà été fait ») mais plutôt pour nourrir le processus de réflexion collective et le rendre plus efficient.
L’idée centrale de la Transfo est de mettre au coeur du processus la créativité collective : faire se rencontrer une pluralité de points de vue et d’expertises, pour faire émerger des idées d’action, les tester, les remettre en question, les tester encore et les affiner progressivement.

Les jeunes dans l’emploi
Rapidement nous identifions une thématique qui regroupe au moins trois, voire quatre des idées lancées en septembre, et qui ré-engage la discussion. En effet les premières idées semblent trouver rapidement leurs limites. Cette thématique est « mieux intégrer les jeunes dans l’entreprise ». Elle apparaît comme un premier resserrement tangible de la Transfo en PACA.
À partir de là, nous pouvons remettre en marche la machine à idées en conservant les éléments positifs que nous avons énoncés pour les différentes pistes et en tenant compte des éléments négatifs. Vient s’ajouter à cela un élément de contexte, abordé en semaine 2, qui d’une part apparaît pour le groupe de plus en plus prégnant et d’autre part correspond à la thématique mise en lumière : la mise en place imminente des emplois d’avenir.

Un premier axe se dégage autour de l’accompagnement qualitatif des personnes qui bénéficieront des emplois d’avenir et des employeurs qui les mettront en place, dans le but de travailler sur « la suite » de ces emplois aidés.
Plusieurs idées sont avancées : expérimenter des actions relatives à la motivation des jeunes employés, à leurs connaissances des codes de l’entreprise, à leur savoir être ; expérimenter le partage d’expériences (entre employés mais aussi entre employeurs) à l’échelle d’un territoire, travailler sur des « filières d’avenir »…
Pour cela, nous pouvons nous appuyer sur des dispositifs performants de la Région comme le parrainage, le FAJE (aide à l’insertion professionnelle des jeunes diplômés) ou les ERIC, en identifiant ce qui peut être fédéré ou « réutilisé » autrement ou simplement pour trouver des sources d’inspirations.

Le deuxième axe de travail est plus resserré. Il est issu de la réflexion autour des ruptures dans les contrats d’apprentissage qui se réoriente, à la lumière des propos d’un agent connaisseur de ces problématiques, vers les freins à l’apprentissage et plus généralement à la formation. Dans cette perspective, nous choisissons de nous intéresser aux difficultés d’hébergement des apprenants.
Ce deuxième axe propose d’expérimenter des solutions pour l’hébergement des apprenants en PACA, en misant sur la mise en réseau et le travail partenarial et non sur l’investissement dans des programmes de construction.

Les deux pistes expérimentations nous incitent aujourd’hui à requalifier la thématique générale de la Transfo qui pourrait être : L’intégration des jeunes dans l’emploi.
La définition précise de la thématique pourra faire l’objet d’un temps de travail collectif en décembre.

LA SUITE

La prochaine semaine Transfo aura lieu du 10 au 14 décembre 2012.
D’ici là, nous devons mettre en place une séance avec les élus, directeurs et chefs de service concernés par les deux axes de travail mais aussi organiser notre semaine Transfo notamment par des prises de contacts et de rendez-vous avec des usagers, des structures professionnelles et les partenaires publics concernés par les emplois d’avenir et par l’hébergement des apprenants. Le but de cette semaine de décembre sera de confronter nos idées au terrain et à la réalité sociale.

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