Archives mensuelles : septembre 2012

Les nouveaux usages en médiathèque : journée 1, semaine 2

La deuxième semaine de résidence à Lezoux démarre avec une soirée de présentation des expérimentations que nous allons mener cette semaine et lors de la prochaine semaine, en novembre.

Une trentaine de personnes étaient présentes, des élus, des représentants d’association , des bibliothécaires bénévoles,  des habitants de la communauté de communes, les partenaires publics, etc. Parmi elles, une dizaine de personnes qui avaient déjà été très présentes en 1ère semaine.

La soirée a débuté avec la projection d’un florilège de vidéos et extraits de films en lien avec les sujets traités dans les expérimentations (« Birth of a book », un extrait de « La neuvième porte« , « Bref, je suis bibliothécaire !« , »La bibliothèque » des Deschiens, « Book, la révolution technologique« , « Bref, MegaUpload a fermé« , « Le piratage c’est du vol…« , « Copier n’est pas voler« ) .

Chaque expérimentation a été détaillée, mise en perspective (articulation des expérimentation entre elles), notamment par rapport aux 3 grandes pistes de travail issues de la 1ère semaine.

Les participants se sont inscrits sur des ateliers pour affiner, mettre en place ou faire vivre les expérimentations durant cette semaine et la prochaine. Ainsi la liste des foyers à visiter avec la malle s’est allongée, des coups de mains appréciables seront donné mercredi pour la construction du « plug », le téléchargement et la sélection de fichiers, etc.

La soirée s’est poursuivi en discussion autour d’un pot.

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Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 5

Qui dit 5ème jour dit, en langue « Transfo », jour de bilan…

Après avoir travaillé toute la semaine sur un objet comprenant à la fois les dispositifs de rencontre de la Région avec ses citoyens et la production issue de ces rencontres, que pouvons-nous répondre aux questions de départ ? Alors que nous arrivons bientôt au milieu du programme Transfo en Pays de la Loire, tentons ici de les reprendre une par une (ainsi que quelques nouvelles qui ont surgi entre temps) et de voir ce qui se dégage de nos expériences…

– Pourquoi aller à la rencontre de l’usager/habitant (y compris sur des sujets aussi complexes que la prospective) ?

En semaine 3, nous étions arrivés à illustrer la situation en concluant que nous étions, par de nombreux aspects, à la recherche d’un insaisissable équilibre. Entre la technicité de l’action régionale et les aspects pratiques du terrain, entre les connaissances techniques des agents et l’expérience du quotidien des habitants, entre le temps long de la prospective et le besoin de réponses concrètes et rapides ressenti par les usagers, nous dessinions points par points les contours d’une Région idéale capable de produire des politiques publiques adaptées et comprises par ses habitants. Parmi ce flot d’entre-deux quelque peu théoriques, deux figures « pures » ressortaient, au sens où elles étaient positionnées exactement à l’équilibre : le citoyen et l’élu. La figure du citoyen en particulier retenait notre attention et était finalement différenciée de l’habitant ou de l’usager. Au fur et à mesure des discussions, le citoyen apparaissait tout simplement redéfini comme une personne informée, à même de comprendre les enjeux et le sens de l’action, qu’elle soit usager ou non, habitant ou non.

Aller à la rencontre de l’habitant reviendrait donc d’abord à faire une action de communication, au sens noble du terme, d’explication de l’action, de présentation et d’échange autour des questionnements régionaux avant même de proposer des réponses. Cet aspect pédagogique s’est en effet révélé particulièrement important cette semaine. Il prenait même régulièrement des accents inattendus de désacralisation de l’institution et de ceux qui la compose (à l’image des agents « presque redevenus humains » le temps d’un soir parce qu’ils avaient mis de côté la veste et avaient joué quelques scénettes ! ). Le besoin de « cassage du mythe régional » s’est donc avéré criant et a montré le fossé qui nous séparait de l’état actuel à celui de connaissance mutuelle. Cette dernière notion mérite d’ailleurs d’être ré-affirmée : il ne s’agit pas uniquement de faire faire à l’habitant le chemin le séparant de l’institution mais bel et bien de faire se rapprocher dans un effort commun et permanent l’institution et l’habitant.

Ce faisant, les productions issues de la semaine passée font aussi la preuve qu’au-delà d’un « simple » rapprochement, des rencontres Région-citoyens peuvent aussi permettre de s’assurer de l’absence d’a priori et de repréciser quelques notions dans ce qu’elles ont de plus sensible et subjectif.

– Quelle matière peut-on retirer de la consultation citoyenne ?

L’immersion fléchoise a confirmé ce que nous pressentions : même après un temps de présentation non négligeable, comme dans le cas de la soirée du jeudi, tout sujet (encore plus lorsqu’il est aussi complexe que la prospective) amène avant tout à parler de qui l’on est, de ce que l’on connaît avant d’éventuellement aller plus loin et toucher du doigt la complexité régionale. Pour autant cela n’a pas vraiment semblé problématique. Au contraire, ce contenu vivant et imparfait, après avoir généré quelques questions sur son utilité, est vite devenu une matière appréciée pour sa capacité à être parlante, à résumer parfois en quelques mots emplis de vécu une idée qui, énoncée par la Région, semble souvent bien plus abstraite. Si une compilation exhaustive de toutes les phrases prononcées et les images collectées n’aurait vraisemblablement qu’un intérêt restreint, chaque participant à cette semaine est sans nul doute reparti avec en tête son florilège de réflexions spontanées lui permettant ainsi de re-concrétiser la démarche, de la tangibiliser. Ce faisant, chacun d’entre nous aura intimement ressenti ce qui est peut-être l’intérêt premier de la production d’une démarche de consultation : une re-connection avec l’humain, un apport de chair et d’os dont l’expression, très rapidement clichée et facile à moquer, ne doit pas masquer la satisfaction qui ressortait largement dans l’équipe en cette fin de semaine d’avoir un tout petit peu répondu à la quête de sens précédemment exprimée.

Personne n’est donc revenu avec des réponses précises aux grandes questions posées et il faut bien rappeler que ça n’est pas ce qu’il faut aller chercher ! Au contraire, nous avons récolté tout au long de la semaine des avis subjectifs, des visions parcellaires et des phrases « qui résument tout », de l’affect, des envies, des peurs, de la complexité, du re-questionnement… Et cela nous apparaît aujourd’hui comme un complément intéressant à l’exercice de prospective préalablement mené par la Région. Là où le travail des experts consiste à faire émerger des tendances, à raisonner en systèmes et à rationaliser, la consultation répond de façon impressionniste et expressionniste. Ce qui nous a dès lors préoccupé a été de ne pas simplifier artificiellement ce contenu, de ne pas l’orienter par nos réactions, le sur-interpréter, d’assumer notre besoin de synthèse sans produire des comptes-rendus vides de sens, de sensibilité, de contradictions. C’est pourquoi nous avions consacré une bonne partie des ateliers de la semaine 3 ainsi que le temps jusqu’à la semaine 4 à imaginer des formes originales à même de recueillir tout ce matériau subjectif et de le rendre le plus ré-appropriable possible. La difficulté de l’exercice auquel nous nous attelons dès aujourd’hui est de récupérer toutes ces formes et d’en faire un document compréhensible et partageable… Y compris dans d’autres temps de consultation !

En effet, l’un de nos tests de la semaine (les « Questions à Réactions« , posées sans préalables au sein d’un marché et qui ont montré certaines limites) a aussi mis au jour un intérêt important : aller au devant des gens avec des questions et un intérêt pour leurs réponses est sans doute l’un des meilleurs moyens pour faire preuve de l’ouverture de la démarche et donner envie de participer à des formats plus longs… En quelque sorte, la consultation se nourrie d’elle-même : des formes de consultations légères permettent de mener d’autres consultations plus approfondies et d’accentuer ainsi le partage et le rapprochement de la Région et de ses citoyens.

– Comment faire un pas vers la stratégie (sans prendre le pas sur le travail des élus, sans effacer la complexité) ? Comment passer de la consultation à l’objet de politique publique ?

Notre expérimentation autour de l’exercice de « prospective participative » touchant à sa fin, nous arrivons maintenant au moment où les études se transforment en décisions et en dispositifs. C’est alors aux élus de se saisir du travail mené et de proposer les projets qui y répondront. Le rôle des agents est de faciliter le passage de l’un à l’autre et pour cela, généralement, de synthétiser. Cependant, dans le cas de la prospective, comme dans d’autres, la somme d’informations récoltée est énorme et les questions bien plus nombreuses que les réponses. Synthétiser ne reviendrait-il pas dès lors à faire état de cette complexité, à la mettre en avant plutôt que de chercher à la réduire artificiellement ?

Puisqu’il ne s’agit pas ici d’anticiper sur le travail des élus, qui seuls ont la légitimité politique, et puisque les agents ont bien montré leur souci de ne pas mal interpréter le contenu qu’ils ont récolté, il nous faut penser des formes intermédiaires entre le retour de paroles brutes et la synthèse simpliste. Il nous faut affirmer la notion de flou: se garder de faire passer ce qui a été fait pour un travail scientifique et bien montrer grâce aux formes employées que tout cela ne sont que des tendances pouvant même être contradictoires les unes par rapport aux autres, un ressenti exprimé par le territoire à un moment T. Depuis le début, toute la difficulté de l’exercice semble se cristalliser dans ce moment de passage de relais, d’un travail fait d’expertises et de sensible vers le politique, « définisseur » de projets. Forts de tout le travail mené depuis le début de la Transfo, nous avons maintenant la possibilité de tester des formes nouvelles et d’avancer encore un peu notre réflexion de fond sur l’innovation au sein de l’institution régionale. Nous entrons dans une phase où le travail sur les formes de restitution va être prépondérant et notre vendredi après-midi est d’ailleurs en grande partie consacré à la réflexion en groupe sur ce sujet. Rendez-vous est donné dans quelques semaines…

– Quel(s) retour(s) pour les citoyens ?

Notre semaine a aussi été l’occasion de se rendre compte parfois de notre manque de politesse ! Nous saluions bien les personnes rencontrées et les remerciions chaleureusement mais pris dans l’élan et concentrés sur nos premiers objectifs, nous nous sommes assez vite rendus compte que nous avions délaissé les questions de présentation (qui sommes-nous, pourquoi sommes-nous là) et que nos remerciements, même appuyés, semblaient finalement bien maigres au regard de l’attention que nous portaient les fléchois et du travail qu’ils fournissaient dans les ateliers. Ainsi, nous nous sommes vite considérés comme redevables si ce n’est d’une réponse, au moins d’un retour envers tout ceux qui avaient bien voulu nous répondre. C’est en fait ce vendredi que l’expression idoine est clairement ressortie ; ce qui nous avait marqué à l’issue de cette semaine et ce qu’il fallait que nous gardions absolument a été ainsi résumé : faire preuve d’empathie.

Lors des ateliers, un premier retour consistant à afficher aux murs les productions tout juste réalisées donnait l’occasion d’une première prise de recul et d’une première affirmation que ce qui avait été dit n’était pas parti dans le vide. Mais il nous faut maintenant aller plus loin. Après nous être rendus compte de notre erreur, nous avons essayé de collecter les adresses e-mails de tous les participants intéressés et devons maintenant leur faire un retour plus complet et plus travaillé, montrer que nous avons entendu et retenu ce qui a été exprimé sous une forme synthétique mais pas simpliste. Les participants sont bien placés pour savoir ce qu’ils ont dit et ne s’y retrouverait pas ! Finalement, le besoin auquel nous devons répondre ne semble pas très éloigné de celui de restitution aux élus… Cela peut même apparaître comme une qualité que d’être en mesure de faire d’abord un retour ne prenant pas parti, faisant le plus honnêtement possible état de ce qui a été dit, avant de donner la parole aux élus qui expliqueront ce qu’ils en ont retenu et les réponses qu’ils y apportent. Dans l’idée de pédagogie, c’est aussi l’occasion d’affirmer, si ce n’est de faire connaître, la différence entre l’aspect administratif de la collectivité et le rôle stratégique et décisionnaire des élus. Le travail sur des formes intermédiaires évoqué plus haut apparaît donc à la fois plus important et plus efficace.

– Quelle(s) forme(s) pour une fonction d’innovation régionale ?

La fin de la Transfo est encore un peu lointaine mais les semaines défilent vite et à l’aune de notre premier sujet d’expérimentation, quelques hypothèses se dessinent déjà. De part le temps passé en immersion avec 7 agents régionaux, la semaine 4 a notamment été l’occasion de nous confronter à des questions de management dont nous sommes peu familiers. Les temps de réflexion internes au sein de l’équipe 27e Région et les temps de réflexion ouverte avec les agents, tout comme les temps de réflexion avec les citoyens se sont parfois mélangés avec des résultats plutôt négatifs, voire contre-productifs : pertes de repère, sentiments de flottements, fréquentes remises en cause et possible perte de temps. En cela, la 27e Région (bien que toute petite comparée aux 26 autres) et à travers notre équipe, la préfiguration d’une fonction d’innovation régionale, n’apparaissent pas différente d’une autre organisation puisqu’elles ne peuvent s’exonérer de ces questions de management et doivent réussir à mieux formaliser le processus de co-création, sans doute en dissociant mieux les temps de travail et en formalisant des niveaux de responsabilité laissant libre cours à la discussion et aux propositions mais permettant de décider d’une orientation à suivre lorsque cela est nécessaire. En somme, le difficile équilibre évoqué pour l’action régionale se retrouve assez logiquement ici dans le fonctionnement même de la fonction innovation.

Cela amène d’ailleurs à penser l’autonomie de cette fonction. Comment en effet tenir son rang de « poil à gratter », de « re-questionneur » ou encore de « pirate bienveillant » sur la longueur (très importante pour pouvoir capitaliser et construire comme l’expliquait par expérience Jean-Lou Molin) au sein de l’institution ? Sur cette question l’utilisation du design aujourd’hui donne une bonne possibilité de comparaison. Avec un rôle identique sur de nombreux aspects, la fonction design est partagée entre des équipes intégrées au sein des organisations et des équipes externes. Si la base du métier est la même, le contexte dans lequel s’exerce la fonction amène selon le cas (et en généralisant quelque peu) à plus de facilités pour l’intégration des contraintes de l’organisation ou à une prise de recul plus évidente. De ce fait, certaines organisations ont recours au deux modes de production simultanément, faisant travailler des équipes externes et internes sur des sujets communs. Cependant il nous faut aussi penser en terme d’efficacité or l’action publique a la particularité de dissocier le travail de réflexion, d’analyse et de mise en place effectué par l’administratif de celui de priorisation, de stratégie et de décision mené par le politique. En cela une fonction d’innovation régionale pourrait sur le papier déjà bénéficier d’une bonne part de l’indépendance nécessaire à son bon fonctionnement. Mais, de la même façon qu’une Région proche de ses citoyens ne peut se construire que sur le long terme, l’acculturation des agents régionaux, et à travers eux de l’ensemble de l’institution, à des méthodes innovantes incluant par exemple le recours à la prospective pour re-problématiser les sujets d’étude, ne peut se faire qu’avec une certaine pérennité, qui doit donc être garantie. A voir le malheureux exemple de l’abandon soudain du travail mené en Espagne en région Estremadur, on peut justement se demander : une fonction innovation externalisée ne constituerait-elle pas une alternative plus stable et donc plus à même de remplir son rôle ? Afin que cela soit viable, mais aussi pour garantir le recul de cette fonction innovation sur ses sujets de recherche, une telle entité pourrait-elle par exemple bénéficier d’un portage multi-acteurs ?

Nombre de questions sont encore posées et les réponses sont certainement multiples. Cependant, nous saisissons un peu mieux chaque semaine les tenants et les aboutissants du sujet. Généralement d’ailleurs l’enthousiasme l’emporte sur les difficultés rencontrées et à relire nos billets de blog, il pourrait apparaître comme une forme de positivisme démesuré. Qu’on se rassure donc, le travail mené soulève au moins autant de questions qu’il n’en résout, il montre en particulier l’extrême difficulté qu’il y a à mener une action mesurée assez innovante pour faire bouger les choses et faire preuve de son efficacité, tout en étant assez partagée pour pouvoir être diffusée et donc, là aussi, efficace… Nul doute que cela fera partie des questions abordées lors de l’événement organisé par la 27e Région « Design Public Local » à Tourcoing la semaine prochaine.

Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 4

L’immersion à la Flèche continue, pour son troisième et dernier jour. Au programme de la journée : deux ateliers de prospective, un le matin avec les résidents du foyer d’hébergement et un deuxième le soir au théâtre de la Flèche, ouvert au grand public et en présence d’élus.

L’atelier du matin se déroule comme prévu. On test à nouveau les outils. Malgré des craintes unanimes face à la complexité du radar du futur et sa difficile compréhension de la part de personnes âgées, nous sommes agréablement surpris de sa bonne réception. Le test sert aussi à ça finalement : à aller à l’encontre d’aprioris que l’on pourrait avoir sur nos productions. 

L’après-midi, nous nous rendons au théâtre de Halle aux blé où nous avons prévu de convier le grand public. C’est une course contre la montre qui commence : il faut régler les derniers détails, faire face aux imprévus. Une équipe scénographie s’occupe de trouver une solution au fait que nous n’aurons pas accès à la scène comme nous l’imaginions. Une équipe logistique s’occupe de mettre en place la salle, tandis qu’une équipe signalétique s’occupe de rendre les lieux facilement accessible. Les agents semble avoir retirés leur costume de fonctionnaires territoriaux à l’entrée… le cadre Transfo transforme !

18H00 : les premiers citoyens arrivent… le stress monte. Les journalistes réalisent des interviews dans des recoins du théâtre.


18h15 : Mr le maire franchît la porte, la lumière s’éteint, puis se rallume : le spectacle commence !

Car oui nous avons décidé de commencer cette soirée par un petit temps théâtral. 4 agents du Conseil Régional se sont prétés au jeu pour raconter trois récits de vie. Les spectateurs sont projetés en 2040, le mariage homosexuel semble avoir été accepté, le télétravail est une réalité, le littoral est une zone de villégiature pour les retraités anglais, l’excellence dans le domaine des algues marines est une réalité économique …
L’ambiance est posée : ce soir nous sommes tous réunis pour imaginer le futur, pour sonder les visions et les aspirations des citoyens.
Nous passons dans la salle annexe où nous nous répartissons en petit groupe. Radar du futur et photo-langage sont à nouveau expérimenté mais cette fois-ci dans leur version aboutie.


Le format atelier, bien qu’ayant déstabilisé quelque participant (qui s’attendait à un débat classique) semble avoir été apprécié :

  • Les discussions sont équilibrées. Contrairement à un débat classique où certains monopolisent la parole, les ateliers permettent à chacun de s’exprimer.
  • Les discussions portent sur les intérêts des participants. Un certains nombres de thèmes sont abordés en peu de temps sans pour autant être survolés.
  • Les échanges sont directs et permettent réellement la confrontation des points de vue.
  • L’animation fait preuve de « fraîcheur ». On découvre l’institution régionale « sous un autre jour ». Elle est désacralisée.
  • La parole est entendue : elle laisse trace. « On ne parle pas dans le vent, on peut espérer que les gommettes qu’on colle soit analysées »

22H30
La soirée se termine… premières discussions dans l’équipe. La satisfaction est unanime. On se lance des fleurs et ça fait du bien ! Mais une élue nous met en garde : « qu’allez vous faire de tout ça ? » Et effectivement (et pour utiliser une métaphore sportive), il reste à transformer l’essai !
Comme nous le disions lors du précédent post, nous avons désormais une dette envers les personnes qui nous ont consacré du temps et on se doit de leur retourner un document de synthèse.
Mais pour l’heure _ 00h30, nous arrivons à Nantes _  il est l’heure de se coucher : au dodo !

Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 3

Il est 7h du matin et notre deuxième journée à La Flèche commence : eh oui, les semaines de Transfo ne ressemblent pas tout à fait à des vacances!

Le programme est chargé et il n’y a pas de temps à perdre. Nous essayons de nous répartir les tâches au mieux: pendant qu’une équipe s’installe sur le marché, l’autre prend ses marques au lycée d’Estournelle de Constant. L’occasion de mettre en pratique,  auprès de publics différents, les « questions à réactions » travaillées la veille.

Tester, c’est aussi apprendre à tirer des leçons de nos échecs pour tenter d’améliorer les processus mis en oeuvre. La veille, en faisant le point sur l’atelier à l’IFSI, nous avons réalisé que nous avions – dans l’urgence et malgré un effort de préparation important – complètement négligé un aspect important de l’introduction. Pourtant, aménager un vrai temps de présentation est le préalable indispensable pour parvenir à instaurer d’une relation de confiance entre nous et les personnes qui participent à l’exercice. Question de politesse, d’honnêteté ou d’intégrité, chacun en convient, nous avons une forme de dette envers ces personnes. Quel que soit l’outil utilisé pour aller à la rencontre des citoyens, toute personne qui accepte de donner de son temps est en droit d’exiger de :

  • savoir QUI l’interpelle
  • savoir POURQUOI elle est interpellée
  • savoir COMMENT sera utilisée sa parole

Avant de nous lancer, nous prenons donc dans chaque groupe le temps de présenter un « protocole » défini la veille par les résidents pour apporter, d’entrée de jeu, des réponses aux questions ci-dessus.

Après quelques heures de mise en pratique vient le temps du débriefing. Jacky et Nicolas, restés au « QG » pour continuer un travail de fond sur la préparation de la suite de la semaine, en profitent pour nous rejoindre et partager les enseignements tirés de cette expérience. Premier constat: il est très facile de s’approprier l’outil, bien que chacun le fasse à sa façon. Par ailleurs, nous sommes tous agréablement surpris par les réactions des personnes abordées, bien plus positives que ce que chacun pouvait imaginer. Enfin, nous réalisons que l’outil n’a pas nécessairement répondu à l’objectif de départ mais que sa mise en oeuvre a permis, entre autres:

  • de « faire du buzz » pour la séance du jeudi
  • de désacraliser l’institution régionale
  • d’instaurer un lien de confiance entre la Région et les citoyens
  • de sensibiliser les participants sur la Région
  • de mettre le pied à l’étrier des agents-animateurs

Pour autant, quelques ratés sont à déplorer. Tout d’abord, sur le fond, personne n’est sûr d’avoir appris des choses nouvelles. Les contenus recueillis ne sont pas inintéressants, mais n’apportent rien de nouveau. Par ailleurs, on peut quand même regretter un certain effet micro-trottoir (qui, on s’en doutait, est probablement inévitable dans ce genre d’exercice, mais rien ne vaut la preuve par l’expérimentation). Enfin, faire le lien avec la soirée du jeudi, qui portait sur la prospective, était loin d’être évident. Beaucoup de questionnements persistent, mais c’est aussi cela l’intérêt du test! D’autant que des pistes d’amélioration se dessinent.

Après une pause-déjeuner salutaire, nous allons cette fois-ci investir la Mairie pour un temps de travail collectif. Encore une fois, l’ampleur de la tâche nous invite à nous répartir en petits groupes, car nous avons une heure pour récupérer et commencer à mettre en forme les contenus recueillis grâce aux 3 outils testés. Nous initions donc un travail qui nous sera fort utile pour commencer à réfléchir au contenu du « 6 pages » de restitution que nous nous sommes engagés à produire à l’issue de l’immersion. Le retravail du contenu du photo-langage dévie assez rapidement sur une proposition d’amélioration de l’outil en soi, sans qu’une proposition de mise en forme de l’ensemble des contenus récoltés ne soit vraiment esquissée. Eh oui, les consignes sont aussi là pour être détournées!

Séance de travail à la Mairie: comment restituer et mettre en forme les contenus récupérés?

A 16h, une partie de l’équipe se dirige vers la Bibliothèque pour une nouvelle séance de Questions à réactions, pendant que le reste de la troupe retourne au « QG ». Quelques uns planchent sur les items du Radar du futur, dont certains sont loin de faire l’unanimité. Avec parfois l’impression de couper les cheveux en quatre et de remettre en cause de façon permanente des choix forcément un peu subjectifs. Chacun réalise vite que si le test permet de tirer des enseignements essentiels pour améliorer nos outils, la phase de retravail se révèle souvent à la fois passionnante, chronophage et épuisante! Pendant ce temps là, nos comédiens dans l’âme répètent leur « spectacle »: d’un commun accord, nous avons décidé de renforcer la théâtralisation des récits de vie. Avec plus ou moins d’appréhensions, car se mettre en scène reste assez loin des pratiques quotidiennes des agents d’une institution régionale, chacun fini par se prêter au jeu.

On tâtonnes, on retravaille, on se prend la tête, mais une chose est sûre: on avance, d’une façon ou d’une autre. Et on apprend énormément, que ce soit de nos succès ou de nos échecs!

Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 2

Ca y’est ! Nous y sommes ! Après avoir longuement travaillé sur la question de l’immersion et sur les finalités de celle-ci en semaine 3, nous voici à La Flèche ! Agents, participants extérieurs et équipe 27e Région, nous sommes une douzaine sur place pour tester sur 3 jours différents outils.

Avant tout, nous rappelons l’objet de notre quête : questionner les modalités de rencontre entre la Région et ses citoyens. Comme à notre habitude, l’équipe recontextualise la démarche et lance un état des lieux de l’avancée des différents outils pensés pour la semaine. Depuis juin, les échanges de mails sont allés bon train mais rien ne vaut une bonne mise à jour en face à face ! A nouveau, la démarche se veut ouverte et nous mettons de suite en discussion les outils.

Les 2 propositions d’outils destinés à des temps d’atelier, bien qu’assez avancées dans leurs formes (sans savoir si celles-ci se révèleront appropriées ou non), sont encore à préciser, ne serait-ce que dans leurs modalités de mise en route. Entre le « photo-langage » et le « radar du futur », la matinée passe vite à préciser collectivement les étapes qui nous permettrons d’animer chaque outil. Nous prenons la logique d’animation/mini-formation à coeur et tâchons de faire en sorte que les citoyens que nous allons rencontrer puisse rentrer dans les outils aussi simplement et progressivement que possible, que leurs premières réflexions puissent leur permettre de rentrer dans la logique prospective, de rentrer dans la démarche, pour ensuite s’exprimer de la façon la plus ouverte qui soit, en connaissance de cause. Au fur et à mesure des discussions et des différentes modalités envisagées, nous nous rendons bien compte du lien direct entre les questions auxquelles nous cherchons à répondre et la façon dont il va nous falloir scénariser les outils. Cependant, imaginer tous ensemble les avantages et les inconvénients de telle ou telle mise en forme (relativement complexe compte-tenu du format des ateliers), la requestionner face aux objectifs s’avère parfois difficile et peut-être même quelque peu inefficace alors que les premiers tests grandeur nature sont prévus pour la fin de journée…

En début d’après-midi, nous lançons une réflexion sur un outil que nous avons moins précisé : des « questions à réactions » à même de susciter la discussion sur des lieux comme le marché ou dans la rue dans lesquels nous n’aurons pas le temps ni les moyens de s’appuyer sur des supports complexes. L’équipe explique son parti pris : tant qu’à questionner les personnes croisées dans la rue sur un thème plus resserré, pourquoi ne pas le faire sur cette fameuse question de la relation entre la Région et ses citoyens ? Sur cette base, nous imaginons collectivement, sur le mode brainstorming, une collection de modalités toutes aussi décalées par rapport à ce qui existe aujourd’hui que pertinentes compte tenu de ce que nous cherchons à obtenir. A force de regroupements, nous reprécisons nos attentes et identifions des sous-thèmes plus à mêmes de susciter la réaction. Nous arrivons finalement à un constat : plutôt que de questionner les citoyens dans un mode assez déconnecté de la réalité, tourné vers 2040, pourquoi ne pas jouer à fond la carte de l’étonnement ? Nous décidons de nous présenter demain au marché comme des personnes de la Région envisageant sérieusement différents modes de consultation aussi loufoques que susceptibles d’exister un jour. Nous écrivons les phrases sur lesquelles nous nous baserons demain : « Bonjour, nous sommes de la Région et nous réfléchissons aux relations entre les citoyens et la Région. C’est pourquoi nous envisageons de faire venir un élu chez vous pendant une semaine ». Ou encore : « Bonjour, nous sommes de la Région et nous réfléchissons aux relations entre les citoyens et la Région. C’est pourquoi nous envisageons d’augmenter les impôts des personnes ne participant pas aux réunions publiques ». Nous espérons bien que cette approche débridée amènera, au-delà des réactions d’étonnement, des discussions ouvertes et vivantes sur les buts, les limites, les intérêts, les possibilités d’échanges entre citoyens et Région…

Vient enfin le temps de notre premier test des outils destinés aux ateliers ! Nous arrivons à l’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) un peu avant 17h et nous installons rapidement. Nous découvrons que le public sera très restreint mais nous le prenons comme la possibilité de tester nous-mêmes les outils en se mêlant aux 4 personnes présentes. Compte-tenu de ces circonstances, sur le temps d’un atelier, nous nous répartissons en deux groupes et produisons un « radar du futur » et un « poster flou » issu du photo-langage. Ces premiers tests jouent pleinement leur rôle d’objets martyrs. En effet, à peine ces objets produits, nous demandons à nos participants de nous faire leurs retours… Des retours pleins de questions et même, de quelques débuts de remises en cause vraisemblablement accentués par le fait que nous avions pleinement – voire un peu trop – joué le jeu de l’expérimentation et affiché dès le départ nos questionnements… C’est là le jeu de l’ouverture !

Loins d’être parfaites, les formes et les méthodes proposées pour les ateliers sont logiquement re-questionnées après dîner, tout comme nos méthodes de co-production et notre organisation. Petit à petit, notre expérience de l’innovation publique ouverte se forge… Demain, dans quelques heures, nous irons à nouveau à la rencontre des citoyens, les « vrais »(!), un aller-retour entre réflexion et pratique, fondement de notre démarche, que le quotidien ne cesse de conforter !

Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 1

Lundi 10 septembre : nous voilà déjà en semaine 4.
Cette semaine l’équipe de la Transfo sera légèrement différente.
Pour des raisons personnelles, Shah-dia ne sera pas des nôtre mais l’équipe de résidents habituels ne sera néanmoins pas en sous effectif puisque nous serons accompagnés pour les premiers jours de Nicolas Rio, qui travaille chez Acadie. Il nous sera d’une grande aide puisqu’il a participé à l’écriture des « scénarios » prospectifs pour la Région (qu’on pourrait nommer plus justement des « points cardinaux »).

1er travail de la journée : se mettre au clair sur l’objet de la semaine et ses objectifs. En voilà la synthèse.

Présentation de la semaine :

Objet  : Une immersion sur le territoire de la Flèche pour tester des outils et réinterroger le processus de rencontre entre la Région et les citoyens.

Planning :  Nous alternerons des temps d’ateliers (en vert), des temps de discussions spontanées avec les citoyens (en jaune) et des temps de débriefing collectifs (en rose).

Thème des discussions :
Lors des ateliers citoyen de prospective (en vert) nous discuterons de l’avenir de la région et essaierons de récolter des visions de la part de différents publics (étudiants infirmiers, personnes âgées, grand public). Ce sera l’occasion de tester nos outils pour savoir si ils permettent d’être des supports de discussions efficaces.
Les temps de « micro-projet » (en jaune) seront des temps de discussion plus spontanés. Nous irons dans la rue, sur le marché, dans la cour d’un lycée pour discutter avec des citoyens des modalités idéales de rencontre entre eux et l’institution Régionale. De quelle type de communication ont-ils envie ? Le débat public est-il le meilleur format ? Comment améliorer cette communication ? Que pourrait-on imaginer pour aller dans ce sens ?

Objectifs pour les agents :
– Avoir un retour sur les outils qu’ils ont conçus / comprendre l’intérêt du test-utilisateur
– Recueillir des avis de la population sur le thème de la consultation citoyenne
 S’essayer à synthétiser le matériau recueilli afin de produire un document diffusable
– Vivre l’expérience du terrain, du sensible

2ème travail de la journée : ne pas perdre de vue la démarche dans son ensemble et préparer la suite du programme. Voilà synthétiquement un résumé des discussions.

Définition d’une vision :
Afin de ne pas naviguer à vue et de tendre vers un objectif partagé nous avons défini une vision pour la Transfo :
« La prospective au service de l’innovation régionale »
Cette vision permet de poser les objectifs du programme, et d’imaginer un déroulé idéal pour les semaines suivantes.

Définition de l’objectif :
Expérimenter la façon dont la prospective peut impacter les actions d’autres directions régionales, dans l’objectif de prototyper les fonctions d’un futur laboratoire d’innovation régional.

Une piste pour la semaine 5 ?
Travailler à la refonte d’un dispositif régional en utilisant le matériau prospective comme « input », et ainsi amener le service prospective à collaborer avec des directions opérationnelles.

Ceci posé tout semble clair et limpide. Mais en attendant, nous ne sommes que Lundi et La Flèche nous attends !

TRANSFO BOURGOGNE – Préparation du Forum des villages du futur

ça bosse à la direction de l’aménagement du territoire pour préparer le forum et restituer les éléments collectés dans les villages depuis près d’un an !