Transfo – Pays de Loire / Semaine 3 / Jour 5 / Accrochage-bilan

Déjà vendredi ! Le temps est venu d’accrocher la production de la semaine dans le Salon d’honneur de l’Hôtel de Région et de réserver ainsi un moment pour deux choses fondamentales :
– l’ouverture de la réflexion à un maximun de personnes, certaines n’ayant pu participer à l’ensemble de la semaine, d’autres venant aussi de l’extérieur de l’institution (Ville de Nantes, Angers, Région Bretagne) pour découvrir tout ça.
– la prise de recul sur ce qui a été fait, qui ne peut qu’aider à envisager les choses encore à faire…

Largement entamé la veille, le travail d’installation se poursuit à la hâte dès 8h. Le temps restant avant que les premiers visiteurs n’arrivent vers midi ne sera pas de trop et à dire vrai, lorsque que, quelques heures plus tard, le premier tour guidé de l’accrochage sera lancé, quelques éléments seront encore en plein « patafix-age »…

Pour autant, les questions soulevées par les ateliers et les prises de contact effectuées à cette occasion exigeaient de ne pas se limiter à la rétrospective de la semaine et de pousser un peu plus avant certains point précis. C’est pourquoi, en même temps qu’une bonne partie de l’équipe s’affaire autour de l’accrochage, nous prenons le temps d’échanger plus spécifiquement avec Laurent Touron, chargé de Mission 3ième assises régionales, sur cette question des assises. Puisque notre prochaine semaine devrait constituer une forme d’expérimentation à petite échelle de leur principe, autant revenir un peu sur le dispositif, tout autant son historique que son avancement. La discussion est d’ailleurs tellement dense et le programme tellement chargé que nous n’aurons même pas l’occasion de la partager au sein de l’équipe dans la journée !

Les « visites guidées improvisées » se succèdent au rythme des arrivées. Ce format de découverte accompagnée s’impose d’ailleurs de lui-même car au-delà d’un petit manque de légendes et d’explications dû au temps de préparation limité, il s’agit bel et bien de faire parcourir aux agents, élus et personnes issues d’autres collectivités ou institutions, le déroulé de nos travaux et réflexions, et si celles-ci sont loin d’être linéaires, il n’en est que plus important pour nous de pouvoir le partager et tenter, bien qu’indirectement, de faire vivre un peu au travers d’un « parcours accroché » cette fameuse démarche itérative que nous prônons.

Convivial, suivi d’un buffet, ce temps de restitution est notamment l’occasion d’un échange avec Christophe Clergeau, 1er vice-président du Conseil régional des Pays de la Loire. Ayant suivi la démarche des ateliers prospective dont sont issus les scénarios, il les connaît bien et ne découvre pas la complexité qu’il y a à les faire partager. Cependant, l’expérience que nous avons menée rend cela très tangible. Nous discutons donc sur les différentes possibilités qui s’offrent à nous pour simplifier un peu cette matière trop dense, pleine de références et d’une forme de logique systémique…

La première possibilité envisagée consiste à saucissonner ce grand bloc décidément trop indigeste. Que ce soit en utilisant une entrée thématique ou bien en ne prenant en main qu’un scénario parmi les 3 présentés, on comprend bien ici la tentation de réduire rapidement le temps d’appropriation du sujet par les personnes que nous rencontrerons. Cependant, ce principe de découpage semble poser un problème majeur : s’il peut constituer une forme de porte d’entrée intéressante, il pourrait tout aussi bien en biaiser la compréhension. Car ces scénarios sont fait pour être regardés les uns en face des autres. Ils constituent en effet autant d’axes forts qui n’ont vraisemblablement que très peu de chances de se réaliser pleinement un jour et dont on risque au contraire de retrouver des morceaux de chacun disséminés dans une réalité plus complexe. Dès lors, un découpage excessif apparaît comme à éviter. Une simplification qui déboucherait sur une mauvaise compréhension de ce que sont ces axes, les transformant en 3 futurs auxquels il faudrait donner du corps pour ensuite pouvoir sereinement choisir parmi eux lequel serait le bon, risquerait d’amener à un non sens. Cette réflexion nous amène plusieurs questionnements :

  • On a beaucoup parlé cette semaine de la figure des futuribles, ces futurs possibles que dressent la prospective et dont nous ne connaissions pas même l’existence il y a deux mois au sein de l’équipe (et encore moins parmi les agents en dehors de la direction prospective), mais plus qu’un petit groupe de 3 scénarios, ces futurs ne seraient-ils pas en fait constitués de l’ensemble des possibles contenus entre ces 3 grands scénarios ? Autrement dit, n’y aurait-il pas une forme de contre-sens à parler de ces seuls scénarios comme des futuribles de la Région des Pays de la Loire ?
     
  • Acceptons l’idée que les scénarios en tant que tels ne sont pas les futuribles mais plutôt une sorte de délimitation de l’espace dans lesquels les futuribles s’incrivent, ne parler que des scénarios reviendrait alors à n’envisager que les frontières du champ sans jamais regarder la terre dont il est fait. Comment réussir à présenter ces scénarios, qui ont été réfléchis par un groupe fort de ces expertises et expériences, sans que le débat ne tourne exclusivement autour de ces objets délimitants ?
     
  • – de même que la notion de futuribles, celle des futurables (futurs souhaitables ou désirables) a été amplement discutée cette semaine, débouchant généralement sur l’idée qu’il s’agissait de futuribles plus « tangibles », plus « concrets », plus « proches des souhaits des gens » car complétés par des notions de désir et d’envie, des éléments plus sensibles. La dimension sensible semble indéniable mais dans la logique de notre réflexion, ne s’agirait-il pas plus précisément de baliser l’intérieur de l’espace dessiné par les scénarios, de signaler d’une pierre blanche les points remarquables, qu’ils soient écueils ou opportunités, marais saumâtre ou point d’eau ? Il faudrait donc là aussi éviter de se focaliser sur les scénarios et se concentrer sur la réalité plus complexe qu’ils renferment…

La deuxième possibilité envisagée pour parvenir à une meilleure compréhension de la question complexe qu’est la prospective n’est autre que l’appel au design sous son aspect le plus concret : la mise en forme(s). Suivant la maxime « une image vaut mille mots », nombreux sont les participants aux ateliers de cette semaine à exprimer cette idée que des formes mieux pensées pourraient dans un premier temps, permettre de mieux communiquer la démarche de prospective, pour ensuite mieux rendre compte de la production qui ressortira des assises. Ce sentiment ainsi exprimé n’est évidemment pas pour déplaire aux designers de l’équipe ! Mais surtout, il tend à montrer que les efforts faits tout au long de ce début de Transfo pour tangibiliser les réflexions, rendre visuels les principes et les constats, portent leurs fruits. Cependant cela amène aussi son lot de questions :

  •  La première tentative de mis en forme d’un contenu sur la base des scénarios s’est révélée peu fructueuse. La matière serait-elle trop dense ?
     
  • De nombreux exemples de part le monde montre aujourd’hui le regain d’intérêt pour les formes de communications graphiques qui, après avoir été en bonne partie reléguées à des utilisations commerciales, s’affirment à nouveau comme un outil puissant de transmission d’informations dont l’émergence du terme « data visualization » se fait l’écho. Ce terme à la mode brouille au passage la simple réalité : tout ceci n’est pas foncièrement nouveau, ça n’est que du design graphique bien pensé  (pour le plaisir, voici tout de même quelques bons exemples du moment ici) ! Ne risque-t-on donc pas une fois la vague de la tendance passée de retomber de haut et de s’apercevoir que certes, le passage d’informations sous forme graphique comprend bien des avantages (attrayant, sensible au-delà des chiffres, appropriable…) mais qu’il a aussi ses limites (temps de production, forme figée, sens multiples…) et qu’il ne dispense pas complètement du besoin de temps et d’attention portée par le destinataire du message ? L’aspect « joli-vendeur-sexy-fun-ludique » ne risque-t-il pas à nouveau de l’emporter sur le fond et le sérieux de la démarche ?

Alors que notre déjeuner-discussion au milieu de l’exposition se termine, nous mesurons mieux que jamais ce qui nous attend pour la suite et sommes à la fois un peu inquiets devant la quantité de choses à préciser et impatients d’en découdre ! Sandra Rataud et Francine Fenet du Pôle Politiques Publiques et Prospective de la mairie de Nantes, venues découvrir notre démarche, partagent avec nous questionnements et envies, et le simple fait de se retrouver à plusieurs sur des démarches différentes, avec des analyses et des sentiments communs fait plaisir à entendre ! L’idée de pouvoir se recroiser au fur et à mesure du programme est lancée, certains qu’il y aurait du bon à travailler un peu plus ensemble sur un même territoire.

C’est d’ailleurs sur cette même idée que se termine notre après-midi à l’occasion d’un rendez-vous avec Isabelle Delatour, directrice de la D4CAE (Communication interne, Conseil, Evaluation, Coordination, Contractualisation et Affaires européennes) avec qui nous échangeons tout particulièrement sur le Bureau des méthodes. Là aussi, nous trouvons facilement des passerelles entre nos démarches respectives et convenons rapidement de nous tenir informés de nos avancées respectives, d’y réagir et d’éventuellement proposer des alternatives dans une sorte de compagnonnage réciproque. Outre nos questionnements propres qui s’enrichissent jour après jour, nous commençons donc à développer un petit réseau de personnes intéressées par l’innovation publique sur tout le territoire régional et cela n’est pas pour nous déplaire !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s