Les nouveaux usages de la médiathèque : Journée 3, semaine 1

Aujourd’hui, une partie de l’équipe va visiter la Bibliothèque départementale de Prêt du Puy de Dôme basée à Clermont-Ferrand, en compagnie de Renaud Aïoutz. Renaud est chargé des services numériques à la BDP et accompagne la résidence depuis sa préparation.

Comme 95 autres en France, la BDP est chargée de « constituer et d’accompagner le réseau des bibliothèques publiques situées dans les communes de moins de 10 000 habitants ». Elle est organisée autour de 3 fonctions : le stockage et la gestion des ouvrages, l’animation du réseau des bibliothèques, et la formation des personnels de ces bibliothèques. Rien que pour le Puy de Dôme, il faut couvrir les besoin de 340 « dépôts », réparties entre 5 niveaux par ordre de taille décroissante : les bibliothèques niveau 1, les bibliothèques niveau 2, les bibliothèques niveau 3, puis les points lectures et les simples dépôts.

Concrètement, la première impression est de voir en action une véritable unité départementale de stockage, de livraison et de collecte de plusieurs de milliers d’ouvrages, de CD et DVD mais aussi d’outils pédagogiques. Toute l’équipe n’est pas là le jour de la visite, mais sur la quarantaine d’agents qui travaillent normalement ici, environ 25 se consacrent à cette logistique qui mobilise des centaines de mètres de rayonnage, 3 véhicules de livraison dont 2 bibliobus et une camionnette qui livre et récupère les ouvrages deux fois par semaine, des logiciels de gestion en ligne (en cours de refonte).

Au fil de la visite on croise un atelier de protection des ouvrages, des techniciens qui préparent leur livraison, des véhicules qui arrivent et repartent. Un service est chargé de constituer et proposer un catalogue d’animations pédagogiques renouvelé chaque année : des mallettes et kits stockés à la BDP, mais aussi des compagnies et des spectacles avec lesquels la BDP contractualise puis propose aux bibliothèques locales.

La visite et l’entretien avec Renaud est très éclairante. Renaud nous parle notamment du travail de prospective sur la médiathèque que conduit le spécialiste Laurenzo Soccavo. Nous tombons d’accord sur la nécessité de penser les valeurs, les orientations, la vision qui doit porter une médiathèque comme celle de Lezoux. L’entretien nous inspire de nombreuses idées, pistes et interrogations :
– La qualité d’une telle logistique est forcément plus fragile en bout de ligne, du côté des plus petits dépôts les plus éloignés et des bénévoles, qui n’ont pas les moyens de s’informatiser, qui peinent à obtenir à temps les ouvrages récents, etc. Le réseau des « petits » doit-il chercher à « faire comme les grands en moins bien », ou bien inventer son propre modèle ? Comment revaloriser le rôle des bénévoles, mieux rendre visible leur rôle central dans l’apprentissage de la lecture, mais aussi leur rôle social et de voisinage ?
– La gestion des stocks ultra-centralisée demande de gros efforts, met à l’épreuve le système. La gestion à l’échelle des intercommunalités ne va pas tout régler ; Est-il possible d’imaginer des solutions repartant du terrain, sollicitant moins les stocks centraux ?
– La présentation Ex-Libris la veille a montré que les particuliers d’un territoire possèdent chez eux environ 5 fois les stocks de la médiathèque la plus proche…est-il possible de considérer stocks particuliers et stocks des bibliothèques de façon globale, dans une logique territoriale d’innovation sociale, en développant les pratiques de prêts en particuliers, avec l’appui des professionnels des bibliothèques ?
– Il faut 2 mois et plus, et beaucoup de logistique pour réserver/livrer/ récupérer/contrôler un ouvrage, ou bien un jeu de tapis issu du catalogue d’animation ; et si des solutions numériques, couvrant les questions de droits d’auteur, permettaient de produire ou d’imprimer localement ? (exemple des ateliers autour d’ouvrages numériques personnalisés, et des Fablab au sein des médiathèques) ;
– Nous évoquons aussi la jauge budgétaire minimum pour qu’une médiathèque soit un succès ; il semble qu’au Québec, l’ouverture le dimanche devienne la norme, et qu’en dessous de 40h d’ouverture, une médiathèque se mette en danger…

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