TRANSFO Bourgogne / Semaine 3 / Jour 3 / visite : Pays Puisaye-Forterre

Mercredi, Florent DUVAL nous a concocté un programme chargé qui nous a porté jusque dans l’Yonne en Pays Puisaye-Forterre. A 2h30 de Dijon c’est une nouvelle image de la Bourgogne qui s’offrait à nous.

bienvenue à Saint-fargeau

bienvenue à Saint-fargeau

Le premier rendez-vous, convenu spécialement pour nous dans le but d’étayer notre thématique hebdomadaire sur les réseaux était à Saint-Fargeau avec l’équipe du Pays. Sur le long trajet, Florent nous livre son point de vue sur ce territoire qui subit l’influence d’Auxerre (situé en 2ème et 3ème couronne) et celle de Paris (Par l’A6, Paris est à 1h15 !). Le secteur est prisé par les parisiens qui y ont beaucoup de résidences secondaires. Nombre d’architectes et d’artistes s’installent et contribuent certainement au développement culturel du Pays. On trouve des galeries d’art, le musée Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye, deux écoles de musiques au rayonnement important.

« Un pays de cocagne, beaucoup de forêts, des étangs, un patrimoine bâti magnifique, des châteaux et manoirs encore habités. Moi personnellement, si il y’a un endroit où j’aimerai habiter, en dehors de là où je suis actuellement, c’est là ! » confie Florent.

les locaux du pays Puisaye-Forterre

les locaux du pays Puisaye-Forterre

A la Maison du Puisaye-Forterre, nous rencontrons 3 membres du Conseil Développement du Pays de Puisaye-Forterre. Jean Charles LORIOUX, président du Conseil et membre depuis sa création. Ancien chef d’entreprise, il est très investit dans la vie locale : il fait du conseil en agriculture, est impliqué dans la démarche de mise en réseau d’acteurs de la culture par l’association Cré’Acteur et est également investit dans le Pôle Ethique, un centre de ressources et de formation sur les éco-matériaux et la qualité environnementale dans les bâtiments. (Pôle Ethique est un projet accompagné par la région) Nous rencontrons aussi Virginie BUGUET, chargée de Mission Tourisme et salariée de la Maison de la Puisaye-Forterre et Béatrice MINOIS, directrice du Conseil de Développement du Pays.

L’objet de notre rencontre portant sur la question des réseaux, chacun nous a présenté successivement leur vision des réseaux. On retient :

> Une histoire forte de réseau xsur le territoire : traditions, élans communautaire et implication bénévoles. Le Conseil Développement du Pays de Puisaye-Forterre est le résultat de long processus de regroupements en réseau. D’abord monté de manière spontané dans les années 70-71 par les agriculteurs, la création en 1995 des Programmes Régionaux de Développement Coordonné lui donnera une première ampleur institutionnelle confirmée 2 ans plus tard par la mise en place des Pays et sa structure en 8 commissions encore présentes aujourd’hui.

> Des recompositions territoriales qui requestionne la légitimité de certains réseaux. Le Conseil de Développement a été créé pour encourager l’impulsion de dynamiques localement. 40 ans après les prémisses de sa création, face à l’émergence de nouveaux regroupements telles que les communautés de communes, le président requestionne la raison d’être du Conseil de Développement. En janvier prochain les communautés de communes de Saint-Fargeau, Saint-Sauveur et Saint Amand ainsi que leur office de tourisme fusionneront. « La Maison Puisaye-Forterre existe parce que le territoire est éclaté, mais elle n’aurait pas lieu d’être. Ce serait plus raisonnable qu’un office du tourisme face ce travail à l’échelle du territoire. »

> La crise comme accélérateur de réseaux. La multiplication des réseaux dans le domaine du tourisme demande aux acteurs de faire des choix, d’autant plus que la plupart demande une contrepartie financière. La richesse du Pays dans ce domaine est certes un atout, mais aussi une forme de contrainte lorsqu’il s’agit de mobiliser les 30 sites touristiques, les 150 hébergeurs et la cinquantaine de restaurateurs ! C’est chez ces derniers que la difficulté se fait le plus ressentir puisque la plupart travaillent seulement avec la période touristique et ne voient pas l’intérêt de s’investir dans la dynamique avec la Commission Tourisme. Pourtant ils bénéficient comme les autres des retombées (communication internet dispensée par la Maison Puisaye-Forterre ou communication via les hôteliers voisins) : « Ils se disent quoi qu’il arrive on fonctionne, on n’a pas besoin de ça. Et pourtant ils sont pris dans un effet parapluie : les gens qui viennent dormir ils viennent aussi manger. Et ils sont contents que leur nom soit marqué, mais ils ne veulent pas payer ! » Virginie Buguet perçoit cependant des changements de comportements : « Les restaurateurs sentent aussi la crise, et on aura peut être une évolution des mentalités. C’est dans les moments les plus difficiles que les gens se mettent en réseau. » Elle remarque d’ailleurs que les restaurateurs sont de plus en plus en contact avec les hébergeurs de territoire, les gîtes et hôtels voisins, par l’échange de carte et de publicité.

> Un site phare qui permet d’irriguer le Pays : le chantier médiéval de Guédelon à Treigny. Le lancement de ce projet fou coïncide avec la démarche de mise en réseau des syndicats d’initiative en 1996 et a participé à l’essor du réseau touristique du territoire. Depuis son lancement, ce projet original de bâtir un château fort dans le respect des techniques du 13ème siècle attire nombre de visiteurs et les impacts se sont ressentis dès le début sur le reste du Pays. Cette répercussion n’est pas un simple effet boule de neige mais dûe à une stratégie de communication. En effet « le réseau tourisme fonctionne parce qu’il y a Guédelon au milieu et Guédelon communique aussi Puisaye Forterre. La plupart des réservations arrivent depuis le site de la Maison Puisaye-Forterre, non pas tant parce que c’est une destination touristique identifiée, reconnue, mais surtout grâce à Guédelon qui communique à travers cet image du Pays. Au début les gens viennent pour le site de Guédelon et les années suivantes ils reviennent pour le reste du territoire, grâce notamment à la diffusion de brochures depuis le site pour communiquer sur l’extérieur. ».

> La Commission Jeunesse/Enfance, un modèle en matière de réseau. 10 ans d’animation avec la fédération départementale des foyers ruraux de l’Yonne, qui grâce à leur impact institutionnel ont permis de réunir des structures telles que la DDSCP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations), la CAF, les Franca de l’Yonne, et ainsi jouer un rôle crucial dans la réussite de ce réseau.

La grande différence avec le secteur tourisme est qu’il n’y a pas d’enjeu financier –à part dans le fonctionnement des structures- mais qu’il fonctionne « grâce à l’humain ». Des réflexions se tissent continuellement sur le partage, la mutualisation atteignant des niveaux dont même Béatrice Minois s’étonne. « Basé sur l’échange, il y a une vraie volonté, on sent que le réseau existe. Les gens ne le font pas par obligation mais par participations volontaires. » Les structures mettent en commun un planning estival de telle sorte à ce que les activités proposées ne se concurrencent pas, s’équilibrent par rapport aux tranches d’âge des enfants, aux prix des services. L’enjeu principal et partagé par toutes les structures membres est l’intégration des enfants et l’amélioration du service.

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