Gérer le foyer du lycée comme une auberge espagnole

Une réunion sur l’aménagement du foyer

Voilà plus de trois ans que le foyer destiné aux lycéens de Gabriel Fauré est laissé dans un état d’abandon. Les élèves n’y viennent pas et pour cause : le lieu est sans âme, parsemé de chaises en bois dur, et, paraît-il, il y fait très froid l’hiver. De surcroît, le lieu se trouve à l’écart des flux de circulation les plus importants du lycée.

Une CPE de l’établissement, Myriam, a décidé de s’emparer du problème. Elle convie les résidents de la 27e Région à participer à une réunion sur l’aménagement du foyer, en présence des représentants du CVL, ceux du FSE, des professeurs principaux de seconde, du proviseur adjoint et des élèves d’arts plastiques qui ont travaillé à des projets d’aménagement du foyer.  Nous profitons de cette occasion pour exposer notre projet pour le foyer auquel nous avons longuement réfléchi.

Notre proposition : responsabiliser les lycéens

David raconte son expérience d'aménagement des toilettes du lycée

A travers la référence au film L’Auberge Espagnole, nous proposons de gérer le foyer comme une colocation. Cette proposition est née du constat que le foyer doit répondre à des attentes parfois contradictoires de la part des étudiants et lycéens. Les élèves de BTS veulent un lieu où déjeuner. Les lycéens veulent un lieu confortable où se détendre. Les salles de musique étant adjacentes au foyer, il faut également tempérer entre le bruit que font les élèves en pause et le bruit des instruments de musique. La colocation implique l’idée de cohabitation mais aussi de responsabilité. Si je suis locataire d’un espace, j’ai certaines responsabilités : je l’aménage et je l’entretiens. Dans une colocation, personne ne décide de l’aménagement global de l’appartement, mais chacun apporte ses meubles et le tout s’organise dans un joyeux désordre.

Nous proposons un moyen concret d’initier la colocation : doter chaque classe d’un chèque cadeau de 20 euros destiné à l’achat d’un meuble ou d’un élément de décoration ou de n’importe quel objet destiné au foyer. Si une classe souhaite acheter un objet plus coûteux, elle doit s’organiser avec d’autres classes. Les délégués seraient responsables, avec le prof principal, d’organiser la délibération entre les élèves.

La prise de décision collective, une utopie ?

Première réaction d’une élève de Première L « Le collectif, c’est une utopie. C’est toujours un petit groupe de personnes qui prend les décisions. » Derrière notre proposition, il y a la volonté de faire participer même les élèves qui n’ont pas l’habitude de s’engager dans des projets. Investis de la responsabilité de décider quoi faire avec leur dotation, l’ensemble des élèves serait de fait confronté à la question de l’aménagement du foyer. Nous touchons ici à une question centrale : faut-il impliquer tous les lycéens ou seulement les élèves les plus motivés dans le processus de décision concernant l’aménagement du foyer ?

La professeure d’arts plastiques quant à elle insiste : « Il faut d’abord aménager ce lieu pour qu’on puisse y habiter » Mais ce point est discutable. Faut-il aménager le lieu pour faire venir les lycéens ou faire venir les lycéens puis aménager le lieu ? Notre proposition part du principe qu’il faut d’abord mobiliser les lycéens, et que les questions d’aménagement se règleront dans la foulée.

La professeure d'arts plastiques partage son point de vue

Selon le proviseur adjoint, « en hiver, le foyer est vide car il y fait très froid. On ne pourra jamais rien faire tant qu’il ne sera pas mieux isolé. C’est par là qu’il faut commencer. » Romain, designer de la 27e Région, intervient. « Il y a trois catégories : ce qui relève du gros œuvre (isolation), ce qui relève du matériel (meubles, lampes…) et ce qui relève de la décoration (peintures, cadres…). Toutes sont importantes mais il faut choisir par laquelle commencer ». Par exemple, si de plus nombreux élèves investissent le foyer, la demande pour engager des travaux d’isolation auprès de l’administration sera plus pressante.

Privilégier le mode opératoire plutôt que le résultat

Les élèves d'art plastique montrent leur projets d'aménagement du foyer

Cette discussion met en lumière les différentes façons comment la démarche de la 27e Région diffère de la façon dont les problèmes sont généralement abordés au lycée. Les élèves d’arts plastiques montrent leurs projets d’aménagement du foyer. L’un a conçu un projet sur le thème du western, l’autre a développé le thème du home sweet home…ce sont des projets qui s’attachent avant tout à définir des univers décoratifs cohérents. Les professeurs comme les élèves présents sont d’ailleurs tous préoccupés davantage par l’aménagement final que par la recherche du levier qui permettra de démarrer la mise en œuvre du projet. Des élèves de seconde proposent « Il faut des canapés. Il faut jouer sur les lumières. ». Mais ce ne sont pas les projets d’aménagement qui manquent. Ce qui fait défaut, c’est de comprendre comment passer à l’action.

C’est pourquoi notre proposition propose un mode opératoire et non un projet d’aménagement de l’espace. Il cherche à définir comment amener les lycéens vers une gestion autonome du foyer, sans se prononcer sur le choix des meubles ou le découpage de l’espace. Difficile de trouver un compromis entre les deux démarches qui pourtant ne sont pas incompatibles. Mais Miriam, la CPE, est décidée à guider les élèves vers un travail collectif.

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