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Une journée de Transfo avec les directrices et directeurs de la Région Champagne-Ardenne

Le 12 février se tenait au lycée Léon Bourgeois d’Epernay une séance de travail inédite : une journée «Transfo-directeurs». A l’occasion du séminaire annuel de direction, l’équipe de résidents a proposé à l’ensemble des membres de la direction du Conseil Régional de se prêter à une séance de travail sur l’hypothèse d’un Labo d’innovation à la Région. Ce sont les Lycées Léon Bourgeois et Godart Roger (établissement public récemment rénové) qui ont étés le cadre de cette rencontre avec le «top-management» régional. Revenons sur cette expérience. Lire la suite

Transfo Pays de la Loire / Semaine 5 / Jour 4 : Objectif "note"

Jeudi 14 novembre

Avant dernier jour, et, comme toujours, les choses s’accélèrent. Nous avons préparé la veille au soir un dernier temps d’atelier avec les agents. Nos objectifs ? Avant tout, il s’agit bien sûr de finaliser la démarche de prototypage entamée. Mais nous nous en fixons un autre : s’assurer de l’utilisation extérieure des productions de la semaine. Et nous imaginons qu’il faudrait pour cela permettre aux agents de trouver une passerelle entre ces travaux un peu éloignés de leur quotidien et leurs pratiques habituelles. Mais lesquelles ? La rédaction de notes de validation de projet, pardi !

L’atelier va donc consister, une fois faits les retours des tests en ENR, en 2 ateliers, avec 2 groupes de travail sur 2 des formes réalisées mardi. Le choix, fait collectivement, aura bien sûr permis une précision des termes utilisés et de ce que chacun met derrière les "mots". La question à traiter,  in fine : dégager ce qu’il faut pour rédiger une note proposant le développement de l’objet choisi et sa mise en oeuvre concrète.

Pendant que le premier groupe se penche sur le couple réseau des passeurs/cartographie des acteurs de l’orientation, le second s’intéresse au développement d’une "bande-annonce" de présentation d’outils généralistes comme meformer.org. Résultat en images ci-dessous:

Au moment du partage des travaux réalisés en sous-groupes, nous nous attachons surtout à ne pas perdre de vue notre objectif opérationnel : s’assurer qu’il y aura des suites au travail de la semaine "dans la réalité", sous forme de note (et qui sait, si elle est validée, ce que cela pourra devenir ensuite).

Pari gagné ? Nous n’en savons rien pour le moment, mais au moins nous avons fixé quelques éléments clés :

  • qui ? Les 2 agents du CR présents depuis lundi se chargent de coordonner les travaux et d’initier la rédaction de la note
  • quoi ? Entamer la rédaction de deux notes (une par objet travaillé), contenant des éléments classiques (=rédigés) mais intégrant également des éléments visuels issus des travaux du jour (et proposés à l’exposition de demain) ;
  • pour quoi faire ? Pour proposer la mise en œuvre des prototypes.
  • avec qui ? L’appui, sur leur demande, des résidents et des participants des autres directions ou encore les partenaires des CIO et de l’ONISEP (voire même d’autres). A voir si des co-signatures de directions internes pourront être tentées…
  • quand ? D’ici mi-décembre.

Rdv est donc donné pour mesurer l’implantation et l’appropriation des méthodes d’innovation proposées par la Transfo et donc leur durabilité.

Après-midi

Rejoints par Romain, de la 27e Région, nous entamons l’après-midi avec une bonne liste de choses à faire, que nous nous répartissons. Deux agents passeront prendre le pouls et mettre, un peu, la main à la pâte dans l’après-midi. Les uns partent donc commencer la conception et la mise en place de l’exposition du lendemain, les autres avancent sur les productions à y ajouter, d’autres encore relancent une invitation aux membres du CR pour venir la visiter…

Et dans tout cela, nous gardons aussi le cap sur notre second objectif de la semaine : préparer très en amont la prochaine semaine, en février, qui sera dédiées à faire le point : "qu’avons nous réalisé jusque là (avec les différentes expérimentations) et qu’en faisons nous pour la suite (du prototypage d’une fonction innovation ?)". Pour préparer plus intelligemment cette future semaine, nous mobilisons dans l’après-midi la DPSDD pour échanger autour de nos premières intuitions et imaginer notre travail commun d’ici là.

En ressortent des idées riches et enthousiasmantes : en février, nous aurons vraisemblablement à construire quelque chose comme un "carrefour des réflexions" : nous pourrions proposer de travailler de manière collaborative sur les chantiers respectifs du "labo des mutations", de la Mission Méthodes et de la DPSDD pour que chacun progresse en profitant de l’intelligence collective – et au même moment mettre cette dernière au service d’un premier protypage de la future fonction innovation. Ceci permettrait à chacun d’être partie prenante de scénarios ainsi élaborés tout en avançant sur ses propres missions.

Est-ce que nous sommes plus organisés, à force? En tout cas, si elle n’a pas toujours été facile (se répartir les tâches impose aussi de réserver des temps de mis en commun), cette répartition des tâches fut productive!

Transfo Pays de la Loire / Semaine 5 / Jour 1 : Lancement

Lundi 12 novembre 2012

L’équipe Transfo est de retour à l’Hôtel de Région pour une 5ème semaine un peu particulière. D’une part parce que nous sommes (déjà !) à mi-parcours, et d’autre part parce que, si pour l’heure l’équipe retrouve sa composition habituelle (Jacky, Shah-Dia, Léonie, Magali), c’est aussi la dernière semaine de Léonie et Magali en tant que résidentes.

D’abord, quelques mots sur le contexte général. En Pays de la Loire, le but de la Transfo est de faire l’interface entre la prospective et les politiques régionales. Au cours de cette 5ème semaine, nous souhaitons donc mettre en avant la porosité entre ces deux éléments trop souvent dissociés. Comment ? En s’attaquant à l’amélioration d’un dispositif régional à l’aide des tendances prospectives construites par la DPSA21 (devenue Direction de la Prospective, des Schémas et du Développement Durable, DPSDD) et le Labo des mutations.

Pour cela, nous avons choisi de nous saisir d’un dispositif qui, s’il n’est pas spécifiquement dédié à l’orientation, se retrouve souvent à accompagner les usagers dans ce processus, sans forcément être outillé pour : les espaces régionaux numériques (ERN). Objet à la fois physique, technique et humain, les ERN reflètent bien l’enjeu de l’adaptation constante des services publics aux évolutions des pratiques sociétales.

Finalisation de l’architecture de la semaine

Au bout de cinq semaines, des processus de travail commencent à se stabiliser. Comme à l’accoutumée, la journée démarre par un premier temps de travail interne à l’équipe.

A l’ordre du jour de cette matinée:

  • re-définir collectivement les objectifs de la semaine IN (mettre en œuvre et transmettre la méthode du prototypage appliquée aux questions d’information et d’orientation tout au long de la vie)
  • finaliser le déroulé de la semaine IN (moyens de réalisation, répartition des rôles)
  • re-définir  collectivement les objectifs de la semaine OFF (préparer la semaine 6) et organiser son déroulé (moyens de réalisation, répartition des rôles, prises de RDV)
  • finaliser le déroulé de l’atelier de lancement et les outils d’animation ad’hoc (un déroulé formalisé et mis à l’écrit, une première d’organisation pour nous!)

Travaux pratiques

Avec un tel programme, l’heure de l’atelier est vite arrivée. Nous nous dirigeons vers un espace du campus régional encore inexploré (oui, s’immerger dans la Région c’est aussi explorer de nouveaux lieux au gré des salles de réunions réservées). Peu à peu, c’est finalement 12 personnes qui viennent nous rejoindre, avec des profils très divers : des agents issus de directions différentes (Labo des mutations, Prospective, Lycées, Apprentissage) mais aussi des "extérieurs" (Rectorat, Carif-Oref, Fongécif, CIO, PING).

Le temps que tout le monde s’installe, notre atelier commence finalement à 16h au lieu de 15h30.  30 minutes de moins, auxquelles s’ajoute un tour de table qui prend finalement un peu plus de temps que prévu. Eh oui, créer de l’interconnaissance et de la transversalité prends du temps, et nous ne l’avons pas forcément assez anticipé en se fixant des objectifs plutôt ambitieux pour 2h de réunion…

Avant d’entrer dans le détail, un petit retour en arrière s’impose pour mieux comprendre le déroulé de cet atelier : lors de l’élaboration du programme, nous avons pensé qu’une contribution des agents en amont permettrait d’enrichir notre séance de lancement. Ce "passage de relai" nous a semblé très important car il répond à l’un des objectifs de long terme de la Transfo : la mise en œuvre autonome des méthodes utilisées dans le programme. Nous avons donc "passé commande" aux agents, en leur demandant des contributions de deux ordres: des "paroles d’experts" sur l’orientation, la prospective et les ERN; et les retours d’une petite enquête de terrain réalisée en amont. Conscients des plans de charges de chacun, nous avons cependant pris le soin de tenter de réduire au maximum le temps de travail demandé en le facilitant par l’envoi de consignes précises.  Après un temps de présentation de la démarche par l’équipe puis un tour de table, nous leur passons donc le relai pour ces présentations introductives.

Nous commençons par une présentation rapide et à plusieurs voix des objectifs de l’orientation, complétée par un panorama des dispositifs existants en la matière à l’aide d’un support graphique proposé par Olivier Ryckewaert, du Laboratoire des mutations.

En images, cela donne ça:

Chartlotte Rautureau, chargée de mission chez PING qui accompagne la Région dans sa réflexion sur l’avenir des ERN, nous présente ensuite cet objet un peu particulier.  Elle confirme rapidement notre intuition. Si les ERN ont bien été conçus comme outils de lutte contre la fracture numérique, aujourd’hui, l’augmentation du niveau d’équipement numérique des ménages – entre autres –transforme leurs missions. Ils sont, de fait et comme beaucoup d’autres structures, amenés à faire de l’aide à l’orientation. Les ERN, qui regroupent usagers et praticiens parfois démunis sur le sujet, constituent donc un espace pertinent pour tester nos prototypes. Ce premier diagnostic est rapidement complété par les apports du terrain, grâce à un reportage photo réalisé par deux agents et qui rend compte de leur visite de l’ERN du BreilEnfin, diaporama à l’appui, 2 agents (DPSDD et Labo des mutations) nous présentent les 4 (devenus 5) signaux faibles pouvant impacter les dispositifs d’aide à l’orientation qu’ils ont pu identifier grâce à leur travail prospectif :

  • ludification (développer des formes appropriables pour faire passer des contenus informatifs et répondre au déclin de l’écrit)
  • individuation (développement de l’offre personnalisée grâce à l’utilisation de données sur la personne)
  • robotisation (systématisation de la gestion des tâches répétitives par des systèmes informatiques ou mécaniques)
  • humain (développement des métiers à caractère « social », rôle du sensible, de l’empathie, des rapports humains…)
  • proximité (relocalisation et économie du partage)

Maintenant que chacun a bien en tête ces éléments, les participants sont répartis en 2 groupes pour réaliser, armés de post-it et à partir des présentations et des discussions, un travail collectif de synthèse. Pour identifier des nœuds solides pour penser l’évolution de la fonction orientation, nous tentons de répertorier les usages des ERN et des dispositifs institutionnels d’aide à l’orientation, tout en essayant d’y injecter les points de vigilances qui découlent des signaux faibles présentés auparavant.

Chaque groupe avance à son rythme, mais la petite demi-heure qui nous reste à disposition semble un peu courte. Un des groupes prend pourtant le temps d’ébaucher un classement qui permet de problématiser la réflexion et d’identifier des « pôles » d’usages et de compétences, qui ne sont pas forcément les mêmes pour les deux « morceaux » étudiés. Nous récoltons une matière première dense, qu’il va falloir « détricoter » pour qu’elle puisse servir de base à la réflexion en vue du prototypage…

A l’issue de l’atelier, nous prenons aussi le temps d’échanger en off sur la stratégique générale de la Transfo avec Olivier Ryckewaert, notre principal allié au sein de la structure. Nous en tirons des questionnements partagés, des débuts de réponses, en tout cas des éléments qui permettent de nous projeter sur les semaines suivantes en tenant compte des objectifs généraux du programme (vus de la Région et vus de l’équipe) et du contexte politico-administratif.

Malgré la fatigue de fin de journée, nous regagnons enfin nos pénates pour une dernière séance de travail d’équipe. Comment retravailler la matière récoltée durant l’atelier pour préparer l’atelier du lendemain en fonction des objectifs fixés le matin ? RDV demain pour voir le résultat !

Champagne Ardenne SEMAINE 5 / JOUR 1

La cinquième semaine de programme… sur dix
Initiée en septembre 2011, nous fêtons à la fois les "un an" de la Transfo Champagne-Ardenne et la moitié du programme !

Globalement, nous sommes plutôt satisfaits de son déroulement actuel, comme en témoignent les précédents billets du blog : référents mobilisés, dynamisme du questionnement sur l’implantation d’un laboratoire, résultats visibles sur des dispositifs, appropriation des démarches.
Par conséquent, les ambitions progressent… et les objectifs des semaines d’accumulent !

Dans le planning de la semaine 5, pas moins que :
- l’organisation des prochaines rencontres Région-jeunes,
- questionner le processus de création d’un dispositif régional par la Transfo
- deux journées de travail avec des jeunes,
- la présence d’élus sur toute la semaine,
- une invitation lancée à la participation de partenaires de l’éducation populaire,
- la venue d’une ministre.

Et bien entendu, nous gardons en tête notre objectif d’implémentation d’un laboratoire d’innovation en région !

Fatigués avant de commencer ? Au contraire, hâte de s’y confronter, c’est l’esprit de la Transfo !

Du connu… et du neuf !
C’est sous la pluie que nous arrivons à l’hôtel de Région. Dès notre passage de la porte de la Chapelle, où la journée doit se dérouler, nous comprenons que nous sommes attendus.
Durant la longue période d’été, une "Transfo autonome", telle qu’elle a été baptisée par les référents, s’est mise en place : amorcer le travail de création d’un dispositif envers les jeunes sur le thème de la mobilité. Et en fin de 4e semaine les référents de la Région s’étaient engagés à présenter aux résidents le fruit de leur travail.
L’enjeu est de taille pour eux : il faut à la fois rendre compte de leur travail, montrer qu’ils ont su réutiliser des outils construits lors des précédentes semaines, et organiser le tout sous la forme d’une exposition ! En effet, les panneaux sont en place.

Cependant, la Transfo ne serait pas elle-même sans les petites surprises qu’elle sait ménager à ses participants… N’en doutez pas, elles sont bien au rendez-vous !
Alors que nous retrouvons avec plaisir quelques têtes connues… Nous sommes également surpris du nombre conséquent de nouveaux : au-delà des quelques référents qui ont rejoint les rangs de l’équipe, beaucoup de partenaires nous accompagneront cette semaine. Certes nous savions qu’ils avaient été invités… mais nous ne nous attendions pas à ce ratio : quatre référents sur quinze attendus… et pas moins d’une quinzaine de partenaires (pour la plupart représentants d’associations membres du CRAJEP).

Qu’à cela ne tienne, nous conservons nos objectifs. L’esprit de la Transfo, c’est aussi d’improviser.


Faire des contraintes des opportunités pour avancer
Alors que nous rentrons peu à peu dans le sujet, les dispositifs existants en terme de mobilité et les besoins/difficultés des jeunes, nous réalisons l’ampleur du sujet : questionne-t-on la mobilité physique ou psychologique ? Bouger pour bouger ? Quel lien avec l’ouverture culturelle ? Mobilité moyen ou fin ? Sur quelles opportunités s’appuyer ?
Et n’oublions pas : quelle place de la réflexion sur le futur labo à travers cela ? Les questions sont multiples dans l’équipe de résidents.

Nous apprenons aussi à mener cette Transfo en l’animant. Dans la trajectoire que l’aventure prend depuis la semaine 3, nous tentons d’aider les agents à devenir de plus en plus autonomes dans le processus. Mais entre zone de confort aménagée pour eux et encapacitation, où doit-on placer la subtile limite ?

Nous n’avons pas à nous confronter seuls à ce questionnement. Cette clarification doit arriver par les agents-référents eux-mêmes.
D’autre part, les membres du CRAJEP pourront dresser un premier bilan des Rencontres de l’an dernier, afin d’en tirer les points positifs, nécessités d’attention, enjeux et objectifs.

Pas de doute, la cinquième semaine de Transfo est en route !

Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 5

Qui dit 5ème jour dit, en langue "Transfo", jour de bilan…

Après avoir travaillé toute la semaine sur un objet comprenant à la fois les dispositifs de rencontre de la Région avec ses citoyens et la production issue de ces rencontres, que pouvons-nous répondre aux questions de départ ? Alors que nous arrivons bientôt au milieu du programme Transfo en Pays de la Loire, tentons ici de les reprendre une par une (ainsi que quelques nouvelles qui ont surgi entre temps) et de voir ce qui se dégage de nos expériences…

- Pourquoi aller à la rencontre de l’usager/habitant (y compris sur des sujets aussi complexes que la prospective) ?

En semaine 3, nous étions arrivés à illustrer la situation en concluant que nous étions, par de nombreux aspects, à la recherche d’un insaisissable équilibre. Entre la technicité de l’action régionale et les aspects pratiques du terrain, entre les connaissances techniques des agents et l’expérience du quotidien des habitants, entre le temps long de la prospective et le besoin de réponses concrètes et rapides ressenti par les usagers, nous dessinions points par points les contours d’une Région idéale capable de produire des politiques publiques adaptées et comprises par ses habitants. Parmi ce flot d’entre-deux quelque peu théoriques, deux figures "pures" ressortaient, au sens où elles étaient positionnées exactement à l’équilibre : le citoyen et l’élu. La figure du citoyen en particulier retenait notre attention et était finalement différenciée de l’habitant ou de l’usager. Au fur et à mesure des discussions, le citoyen apparaissait tout simplement redéfini comme une personne informée, à même de comprendre les enjeux et le sens de l’action, qu’elle soit usager ou non, habitant ou non.

Aller à la rencontre de l’habitant reviendrait donc d’abord à faire une action de communication, au sens noble du terme, d’explication de l’action, de présentation et d’échange autour des questionnements régionaux avant même de proposer des réponses. Cet aspect pédagogique s’est en effet révélé particulièrement important cette semaine. Il prenait même régulièrement des accents inattendus de désacralisation de l’institution et de ceux qui la compose (à l’image des agents "presque redevenus humains" le temps d’un soir parce qu’ils avaient mis de côté la veste et avaient joué quelques scénettes ! ). Le besoin de "cassage du mythe régional" s’est donc avéré criant et a montré le fossé qui nous séparait de l’état actuel à celui de connaissance mutuelle. Cette dernière notion mérite d’ailleurs d’être ré-affirmée : il ne s’agit pas uniquement de faire faire à l’habitant le chemin le séparant de l’institution mais bel et bien de faire se rapprocher dans un effort commun et permanent l’institution et l’habitant.

Ce faisant, les productions issues de la semaine passée font aussi la preuve qu’au-delà d’un "simple" rapprochement, des rencontres Région-citoyens peuvent aussi permettre de s’assurer de l’absence d’a priori et de repréciser quelques notions dans ce qu’elles ont de plus sensible et subjectif.

- Quelle matière peut-on retirer de la consultation citoyenne ?

L’immersion fléchoise a confirmé ce que nous pressentions : même après un temps de présentation non négligeable, comme dans le cas de la soirée du jeudi, tout sujet (encore plus lorsqu’il est aussi complexe que la prospective) amène avant tout à parler de qui l’on est, de ce que l’on connaît avant d’éventuellement aller plus loin et toucher du doigt la complexité régionale. Pour autant cela n’a pas vraiment semblé problématique. Au contraire, ce contenu vivant et imparfait, après avoir généré quelques questions sur son utilité, est vite devenu une matière appréciée pour sa capacité à être parlante, à résumer parfois en quelques mots emplis de vécu une idée qui, énoncée par la Région, semble souvent bien plus abstraite. Si une compilation exhaustive de toutes les phrases prononcées et les images collectées n’aurait vraisemblablement qu’un intérêt restreint, chaque participant à cette semaine est sans nul doute reparti avec en tête son florilège de réflexions spontanées lui permettant ainsi de re-concrétiser la démarche, de la tangibiliser. Ce faisant, chacun d’entre nous aura intimement ressenti ce qui est peut-être l’intérêt premier de la production d’une démarche de consultation : une re-connection avec l’humain, un apport de chair et d’os dont l’expression, très rapidement clichée et facile à moquer, ne doit pas masquer la satisfaction qui ressortait largement dans l’équipe en cette fin de semaine d’avoir un tout petit peu répondu à la quête de sens précédemment exprimée.

Personne n’est donc revenu avec des réponses précises aux grandes questions posées et il faut bien rappeler que ça n’est pas ce qu’il faut aller chercher ! Au contraire, nous avons récolté tout au long de la semaine des avis subjectifs, des visions parcellaires et des phrases "qui résument tout", de l’affect, des envies, des peurs, de la complexité, du re-questionnement… Et cela nous apparaît aujourd’hui comme un complément intéressant à l’exercice de prospective préalablement mené par la Région. Là où le travail des experts consiste à faire émerger des tendances, à raisonner en systèmes et à rationaliser, la consultation répond de façon impressionniste et expressionniste. Ce qui nous a dès lors préoccupé a été de ne pas simplifier artificiellement ce contenu, de ne pas l’orienter par nos réactions, le sur-interpréter, d’assumer notre besoin de synthèse sans produire des comptes-rendus vides de sens, de sensibilité, de contradictions. C’est pourquoi nous avions consacré une bonne partie des ateliers de la semaine 3 ainsi que le temps jusqu’à la semaine 4 à imaginer des formes originales à même de recueillir tout ce matériau subjectif et de le rendre le plus ré-appropriable possible. La difficulté de l’exercice auquel nous nous attelons dès aujourd’hui est de récupérer toutes ces formes et d’en faire un document compréhensible et partageable… Y compris dans d’autres temps de consultation !

En effet, l’un de nos tests de la semaine (les "Questions à Réactions", posées sans préalables au sein d’un marché et qui ont montré certaines limites) a aussi mis au jour un intérêt important : aller au devant des gens avec des questions et un intérêt pour leurs réponses est sans doute l’un des meilleurs moyens pour faire preuve de l’ouverture de la démarche et donner envie de participer à des formats plus longs… En quelque sorte, la consultation se nourrie d’elle-même : des formes de consultations légères permettent de mener d’autres consultations plus approfondies et d’accentuer ainsi le partage et le rapprochement de la Région et de ses citoyens.

- Comment faire un pas vers la stratégie (sans prendre le pas sur le travail des élus, sans effacer la complexité) ? Comment passer de la consultation à l’objet de politique publique ?

Notre expérimentation autour de l’exercice de "prospective participative" touchant à sa fin, nous arrivons maintenant au moment où les études se transforment en décisions et en dispositifs. C’est alors aux élus de se saisir du travail mené et de proposer les projets qui y répondront. Le rôle des agents est de faciliter le passage de l’un à l’autre et pour cela, généralement, de synthétiser. Cependant, dans le cas de la prospective, comme dans d’autres, la somme d’informations récoltée est énorme et les questions bien plus nombreuses que les réponses. Synthétiser ne reviendrait-il pas dès lors à faire état de cette complexité, à la mettre en avant plutôt que de chercher à la réduire artificiellement ?

Puisqu’il ne s’agit pas ici d’anticiper sur le travail des élus, qui seuls ont la légitimité politique, et puisque les agents ont bien montré leur souci de ne pas mal interpréter le contenu qu’ils ont récolté, il nous faut penser des formes intermédiaires entre le retour de paroles brutes et la synthèse simpliste. Il nous faut affirmer la notion de flou: se garder de faire passer ce qui a été fait pour un travail scientifique et bien montrer grâce aux formes employées que tout cela ne sont que des tendances pouvant même être contradictoires les unes par rapport aux autres, un ressenti exprimé par le territoire à un moment T. Depuis le début, toute la difficulté de l’exercice semble se cristalliser dans ce moment de passage de relais, d’un travail fait d’expertises et de sensible vers le politique, "définisseur" de projets. Forts de tout le travail mené depuis le début de la Transfo, nous avons maintenant la possibilité de tester des formes nouvelles et d’avancer encore un peu notre réflexion de fond sur l’innovation au sein de l’institution régionale. Nous entrons dans une phase où le travail sur les formes de restitution va être prépondérant et notre vendredi après-midi est d’ailleurs en grande partie consacré à la réflexion en groupe sur ce sujet. Rendez-vous est donné dans quelques semaines…

- Quel(s) retour(s) pour les citoyens ?

Notre semaine a aussi été l’occasion de se rendre compte parfois de notre manque de politesse ! Nous saluions bien les personnes rencontrées et les remerciions chaleureusement mais pris dans l’élan et concentrés sur nos premiers objectifs, nous nous sommes assez vite rendus compte que nous avions délaissé les questions de présentation (qui sommes-nous, pourquoi sommes-nous là) et que nos remerciements, même appuyés, semblaient finalement bien maigres au regard de l’attention que nous portaient les fléchois et du travail qu’ils fournissaient dans les ateliers. Ainsi, nous nous sommes vite considérés comme redevables si ce n’est d’une réponse, au moins d’un retour envers tout ceux qui avaient bien voulu nous répondre. C’est en fait ce vendredi que l’expression idoine est clairement ressortie ; ce qui nous avait marqué à l’issue de cette semaine et ce qu’il fallait que nous gardions absolument a été ainsi résumé : faire preuve d’empathie.

Lors des ateliers, un premier retour consistant à afficher aux murs les productions tout juste réalisées donnait l’occasion d’une première prise de recul et d’une première affirmation que ce qui avait été dit n’était pas parti dans le vide. Mais il nous faut maintenant aller plus loin. Après nous être rendus compte de notre erreur, nous avons essayé de collecter les adresses e-mails de tous les participants intéressés et devons maintenant leur faire un retour plus complet et plus travaillé, montrer que nous avons entendu et retenu ce qui a été exprimé sous une forme synthétique mais pas simpliste. Les participants sont bien placés pour savoir ce qu’ils ont dit et ne s’y retrouverait pas ! Finalement, le besoin auquel nous devons répondre ne semble pas très éloigné de celui de restitution aux élus… Cela peut même apparaître comme une qualité que d’être en mesure de faire d’abord un retour ne prenant pas parti, faisant le plus honnêtement possible état de ce qui a été dit, avant de donner la parole aux élus qui expliqueront ce qu’ils en ont retenu et les réponses qu’ils y apportent. Dans l’idée de pédagogie, c’est aussi l’occasion d’affirmer, si ce n’est de faire connaître, la différence entre l’aspect administratif de la collectivité et le rôle stratégique et décisionnaire des élus. Le travail sur des formes intermédiaires évoqué plus haut apparaît donc à la fois plus important et plus efficace.

- Quelle(s) forme(s) pour une fonction d’innovation régionale ?

La fin de la Transfo est encore un peu lointaine mais les semaines défilent vite et à l’aune de notre premier sujet d’expérimentation, quelques hypothèses se dessinent déjà. De part le temps passé en immersion avec 7 agents régionaux, la semaine 4 a notamment été l’occasion de nous confronter à des questions de management dont nous sommes peu familiers. Les temps de réflexion internes au sein de l’équipe 27e Région et les temps de réflexion ouverte avec les agents, tout comme les temps de réflexion avec les citoyens se sont parfois mélangés avec des résultats plutôt négatifs, voire contre-productifs : pertes de repère, sentiments de flottements, fréquentes remises en cause et possible perte de temps. En cela, la 27e Région (bien que toute petite comparée aux 26 autres) et à travers notre équipe, la préfiguration d’une fonction d’innovation régionale, n’apparaissent pas différente d’une autre organisation puisqu’elles ne peuvent s’exonérer de ces questions de management et doivent réussir à mieux formaliser le processus de co-création, sans doute en dissociant mieux les temps de travail et en formalisant des niveaux de responsabilité laissant libre cours à la discussion et aux propositions mais permettant de décider d’une orientation à suivre lorsque cela est nécessaire. En somme, le difficile équilibre évoqué pour l’action régionale se retrouve assez logiquement ici dans le fonctionnement même de la fonction innovation.

Cela amène d’ailleurs à penser l’autonomie de cette fonction. Comment en effet tenir son rang de "poil à gratter", de "re-questionneur" ou encore de "pirate bienveillant" sur la longueur (très importante pour pouvoir capitaliser et construire comme l’expliquait par expérience Jean-Lou Molin) au sein de l’institution ? Sur cette question l’utilisation du design aujourd’hui donne une bonne possibilité de comparaison. Avec un rôle identique sur de nombreux aspects, la fonction design est partagée entre des équipes intégrées au sein des organisations et des équipes externes. Si la base du métier est la même, le contexte dans lequel s’exerce la fonction amène selon le cas (et en généralisant quelque peu) à plus de facilités pour l’intégration des contraintes de l’organisation ou à une prise de recul plus évidente. De ce fait, certaines organisations ont recours au deux modes de production simultanément, faisant travailler des équipes externes et internes sur des sujets communs. Cependant il nous faut aussi penser en terme d’efficacité or l’action publique a la particularité de dissocier le travail de réflexion, d’analyse et de mise en place effectué par l’administratif de celui de priorisation, de stratégie et de décision mené par le politique. En cela une fonction d’innovation régionale pourrait sur le papier déjà bénéficier d’une bonne part de l’indépendance nécessaire à son bon fonctionnement. Mais, de la même façon qu’une Région proche de ses citoyens ne peut se construire que sur le long terme, l’acculturation des agents régionaux, et à travers eux de l’ensemble de l’institution, à des méthodes innovantes incluant par exemple le recours à la prospective pour re-problématiser les sujets d’étude, ne peut se faire qu’avec une certaine pérennité, qui doit donc être garantie. A voir le malheureux exemple de l’abandon soudain du travail mené en Espagne en région Estremadur, on peut justement se demander : une fonction innovation externalisée ne constituerait-elle pas une alternative plus stable et donc plus à même de remplir son rôle ? Afin que cela soit viable, mais aussi pour garantir le recul de cette fonction innovation sur ses sujets de recherche, une telle entité pourrait-elle par exemple bénéficier d’un portage multi-acteurs ?

Nombre de questions sont encore posées et les réponses sont certainement multiples. Cependant, nous saisissons un peu mieux chaque semaine les tenants et les aboutissants du sujet. Généralement d’ailleurs l’enthousiasme l’emporte sur les difficultés rencontrées et à relire nos billets de blog, il pourrait apparaître comme une forme de positivisme démesuré. Qu’on se rassure donc, le travail mené soulève au moins autant de questions qu’il n’en résout, il montre en particulier l’extrême difficulté qu’il y a à mener une action mesurée assez innovante pour faire bouger les choses et faire preuve de son efficacité, tout en étant assez partagée pour pouvoir être diffusée et donc, là aussi, efficace… Nul doute que cela fera partie des questions abordées lors de l’événement organisé par la 27e Région "Design Public Local" à Tourcoing la semaine prochaine.

Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 4

L’immersion à la Flèche continue, pour son troisième et dernier jour. Au programme de la journée : deux ateliers de prospective, un le matin avec les résidents du foyer d’hébergement et un deuxième le soir au théâtre de la Flèche, ouvert au grand public et en présence d’élus.

L’atelier du matin se déroule comme prévu. On test à nouveau les outils. Malgré des craintes unanimes face à la complexité du radar du futur et sa difficile compréhension de la part de personnes âgées, nous sommes agréablement surpris de sa bonne réception. Le test sert aussi à ça finalement : à aller à l’encontre d’aprioris que l’on pourrait avoir sur nos productions. 

L’après-midi, nous nous rendons au théâtre de Halle aux blé où nous avons prévu de convier le grand public. C’est une course contre la montre qui commence : il faut régler les derniers détails, faire face aux imprévus. Une équipe scénographie s’occupe de trouver une solution au fait que nous n’aurons pas accès à la scène comme nous l’imaginions. Une équipe logistique s’occupe de mettre en place la salle, tandis qu’une équipe signalétique s’occupe de rendre les lieux facilement accessible. Les agents semble avoir retirés leur costume de fonctionnaires territoriaux à l’entrée… le cadre Transfo transforme !

18H00 : les premiers citoyens arrivent… le stress monte. Les journalistes réalisent des interviews dans des recoins du théâtre.


18h15 : Mr le maire franchît la porte, la lumière s’éteint, puis se rallume : le spectacle commence !

Car oui nous avons décidé de commencer cette soirée par un petit temps théâtral. 4 agents du Conseil Régional se sont prétés au jeu pour raconter trois récits de vie. Les spectateurs sont projetés en 2040, le mariage homosexuel semble avoir été accepté, le télétravail est une réalité, le littoral est une zone de villégiature pour les retraités anglais, l’excellence dans le domaine des algues marines est une réalité économique …
L’ambiance est posée : ce soir nous sommes tous réunis pour imaginer le futur, pour sonder les visions et les aspirations des citoyens.
Nous passons dans la salle annexe où nous nous répartissons en petit groupe. Radar du futur et photo-langage sont à nouveau expérimenté mais cette fois-ci dans leur version aboutie.


Le format atelier, bien qu’ayant déstabilisé quelque participant (qui s’attendait à un débat classique) semble avoir été apprécié :

  • Les discussions sont équilibrées. Contrairement à un débat classique où certains monopolisent la parole, les ateliers permettent à chacun de s’exprimer.
  • Les discussions portent sur les intérêts des participants. Un certains nombres de thèmes sont abordés en peu de temps sans pour autant être survolés.
  • Les échanges sont directs et permettent réellement la confrontation des points de vue.
  • L’animation fait preuve de "fraîcheur". On découvre l’institution régionale "sous un autre jour". Elle est désacralisée.
  • La parole est entendue : elle laisse trace. "On ne parle pas dans le vent, on peut espérer que les gommettes qu’on colle soit analysées"

22H30
La soirée se termine… premières discussions dans l’équipe. La satisfaction est unanime. On se lance des fleurs et ça fait du bien ! Mais une élue nous met en garde : "qu’allez vous faire de tout ça ?" Et effectivement (et pour utiliser une métaphore sportive), il reste à transformer l’essai !
Comme nous le disions lors du précédent post, nous avons désormais une dette envers les personnes qui nous ont consacré du temps et on se doit de leur retourner un document de synthèse.
Mais pour l’heure _ 00h30, nous arrivons à Nantes _  il est l’heure de se coucher : au dodo !

Transfo Pays de la Loire / Semaine 4 / Jour 2

Ca y’est ! Nous y sommes ! Après avoir longuement travaillé sur la question de l’immersion et sur les finalités de celle-ci en semaine 3, nous voici à La Flèche ! Agents, participants extérieurs et équipe 27e Région, nous sommes une douzaine sur place pour tester sur 3 jours différents outils.

Avant tout, nous rappelons l’objet de notre quête : questionner les modalités de rencontre entre la Région et ses citoyens. Comme à notre habitude, l’équipe recontextualise la démarche et lance un état des lieux de l’avancée des différents outils pensés pour la semaine. Depuis juin, les échanges de mails sont allés bon train mais rien ne vaut une bonne mise à jour en face à face ! A nouveau, la démarche se veut ouverte et nous mettons de suite en discussion les outils.

Les 2 propositions d’outils destinés à des temps d’atelier, bien qu’assez avancées dans leurs formes (sans savoir si celles-ci se révèleront appropriées ou non), sont encore à préciser, ne serait-ce que dans leurs modalités de mise en route. Entre le "photo-langage" et le "radar du futur", la matinée passe vite à préciser collectivement les étapes qui nous permettrons d’animer chaque outil. Nous prenons la logique d’animation/mini-formation à coeur et tâchons de faire en sorte que les citoyens que nous allons rencontrer puisse rentrer dans les outils aussi simplement et progressivement que possible, que leurs premières réflexions puissent leur permettre de rentrer dans la logique prospective, de rentrer dans la démarche, pour ensuite s’exprimer de la façon la plus ouverte qui soit, en connaissance de cause. Au fur et à mesure des discussions et des différentes modalités envisagées, nous nous rendons bien compte du lien direct entre les questions auxquelles nous cherchons à répondre et la façon dont il va nous falloir scénariser les outils. Cependant, imaginer tous ensemble les avantages et les inconvénients de telle ou telle mise en forme (relativement complexe compte-tenu du format des ateliers), la requestionner face aux objectifs s’avère parfois difficile et peut-être même quelque peu inefficace alors que les premiers tests grandeur nature sont prévus pour la fin de journée…

En début d’après-midi, nous lançons une réflexion sur un outil que nous avons moins précisé : des "questions à réactions" à même de susciter la discussion sur des lieux comme le marché ou dans la rue dans lesquels nous n’aurons pas le temps ni les moyens de s’appuyer sur des supports complexes. L’équipe explique son parti pris : tant qu’à questionner les personnes croisées dans la rue sur un thème plus resserré, pourquoi ne pas le faire sur cette fameuse question de la relation entre la Région et ses citoyens ? Sur cette base, nous imaginons collectivement, sur le mode brainstorming, une collection de modalités toutes aussi décalées par rapport à ce qui existe aujourd’hui que pertinentes compte tenu de ce que nous cherchons à obtenir. A force de regroupements, nous reprécisons nos attentes et identifions des sous-thèmes plus à mêmes de susciter la réaction. Nous arrivons finalement à un constat : plutôt que de questionner les citoyens dans un mode assez déconnecté de la réalité, tourné vers 2040, pourquoi ne pas jouer à fond la carte de l’étonnement ? Nous décidons de nous présenter demain au marché comme des personnes de la Région envisageant sérieusement différents modes de consultation aussi loufoques que susceptibles d’exister un jour. Nous écrivons les phrases sur lesquelles nous nous baserons demain : "Bonjour, nous sommes de la Région et nous réfléchissons aux relations entre les citoyens et la Région. C’est pourquoi nous envisageons de faire venir un élu chez vous pendant une semaine". Ou encore : "Bonjour, nous sommes de la Région et nous réfléchissons aux relations entre les citoyens et la Région. C’est pourquoi nous envisageons d’augmenter les impôts des personnes ne participant pas aux réunions publiques". Nous espérons bien que cette approche débridée amènera, au-delà des réactions d’étonnement, des discussions ouvertes et vivantes sur les buts, les limites, les intérêts, les possibilités d’échanges entre citoyens et Région…

Vient enfin le temps de notre premier test des outils destinés aux ateliers ! Nous arrivons à l’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) un peu avant 17h et nous installons rapidement. Nous découvrons que le public sera très restreint mais nous le prenons comme la possibilité de tester nous-mêmes les outils en se mêlant aux 4 personnes présentes. Compte-tenu de ces circonstances, sur le temps d’un atelier, nous nous répartissons en deux groupes et produisons un "radar du futur" et un "poster flou" issu du photo-langage. Ces premiers tests jouent pleinement leur rôle d’objets martyrs. En effet, à peine ces objets produits, nous demandons à nos participants de nous faire leurs retours… Des retours pleins de questions et même, de quelques débuts de remises en cause vraisemblablement accentués par le fait que nous avions pleinement – voire un peu trop – joué le jeu de l’expérimentation et affiché dès le départ nos questionnements… C’est là le jeu de l’ouverture !

Loins d’être parfaites, les formes et les méthodes proposées pour les ateliers sont logiquement re-questionnées après dîner, tout comme nos méthodes de co-production et notre organisation. Petit à petit, notre expérience de l’innovation publique ouverte se forge… Demain, dans quelques heures, nous irons à nouveau à la rencontre des citoyens, les "vrais"(!), un aller-retour entre réflexion et pratique, fondement de notre démarche, que le quotidien ne cesse de conforter !

Transfo Pays de la Loire / Semaine 3 / Jour 3 / Atelier 2 + Jean-Loup Molin

Une météo du jour pour prendre le pouls des participants, puis la machine est lancée : le deuxième atelier commence. La première partie de la matinée est consacrée à la présentation de notre proposition de mise en forme du matériau récupéré la veille et sa mise en débat. Où l’on met des mots – et des images ! – sur le paradoxe de l’échelle régionale et les apports de la prospective. Mais comme une image vaut parfois 1000 mots, allez plutôt jeter un coup d’œil ici.

Mise en forme des réflexions du premier atelier

Nous entamons ensuite le travail créatif avec les agents sur la base des scénarios de l’atelier de prospective. Ces 3 scénarios, issus d’un travail d’expert, sont autant de colonnes vertébrales, un peu branlantes peut-être, sur lesquelles tout le monde s’accorde à dire qu’il faut amener de la chair. Aujourd’hui, il s’agissait donc de tester, sur et avec les agents, un modèle de "bifurcations" qui permettrait de passer de scénarios écrits "en ligne droite" (très, voire trop cohérents pour que cela puisse vraiment arriver un jour) à une forme appréhendable par les fléchois lors de notre semaine sur place en septembre. Une après-midi de préparation ne fut pas de trop pour permettre à l’équipe de proposer un principe graphique approprié. En procédant, sur la base d’un premier travail de la DPSA21, à un découpage thématique des scénarios, nous avons proposé aux agents d’identifier et de matérialiser des passerelles (des compatibilités et incompatibilités) entre les différents "briques" issues du découpage. En bref, réduire la complexité du matériel de départ et commencer à tracer des cheminements possibles grâce à un outil, inabouti certes, mais dynamique et facilitateur de débat collectif.

Un outil bricolé avec des bouts de ficelles…

La mise en pratique – 2h tout de même ! – s’est révélée bien plus complexe que prévu. Tout le monde a pu constater, collectivement, que la forme ne faisait pas tout. Faire comprendre le matériau de départ que sont les scénarios, forcément complexe et relativement déconnecté du quotidien, semble impossible en un temps aussi court. Si c’est le cas auprès des agents, quid des citoyens "profanes" ? Un sentiment de perplexité se diffuse, mais c’est le jeu : on construit en marchant, donc on ne sait pas toujours où on va ! Nous verrons bien ce que nous faisons de ce que nous en faisons demain.

Contrairement à la veille, nous retrouvons les agents en début d’après-midi car nous avons le plaisir d’accueillir pour la journée Jean-Loup Molin, Directeur adjoint en charge de la veille et de la recherche au sein de la Direction de la prospective et du dialogue public (DPDP) de la communauté urbaine de Lyon. Après avoir participé aux travaux de la matinée, il est venu partager avec nous son expérience et présenter la manière dont se pratique la prospective au Grand Lyon.

Intervention de Jean-Loup Molin

"Aider à analyser les mutations", "Poser et partager les enjeux de sens afin de positionner au mieux la conduite de l’action publique" : voilà selon lui à quoi sert la prospective. Ce rôle, qui est aussi celui du décryptage des dimensions transversales de chaque politique publique, est essentiel : finalement, plus qu’une forme de communication, est ce que la prospective ne serait pas un "simplexificateur" de la fabrique des politiques publiques ?

Mais au fait, la DPDP, c’est qui ?

L’équipe (22 personnes) est constituée de 4 pôles :

  • le pôle Veille et Recherche, qui pilote le réseau de veille et conduit la politique Métropole des Savoirs ;
  • la Mission participation citoyenne ;
  • le pôle Marketing Public ;
  • le pôle Édition, parce que la prospective a vocation à être partagée (publication, revue M3, site Millénaire 3…)

Le chemin de la prospective au sein du Grand Lyon


Le réseau de veille, interdisciplinaire et multithématique, est un outil original et indispensable au bon fonctionnement de la DPDP. Il l’accompagne au quotidien dans la production d’une analyse sociétale en mesure d’enrichir les politiques publique. Placé à l’extérieur de l’institution, sa réussite est néanmoins le fruit d’un travail au long cours et du développement d’une connaissance du territoire et de l’institution qui est irremplaçable. Une mise en garde nécessaire qui questionne la tendance actuelle à l’externalisation permanente et révèle le potentiel de ce que Jean-Loup Molin a appelé le "compagnonnage". Un principe qui fait écho au mode de fonctionnement de la 27e région…

Et concrètement, au Grand Lyon, on la fait comment la prospective ? "On s’abime les yeux sur le présent" nous dit Jean-Loup Molin. Préalable indispensable, le travail sur les tendances assure une meilleure compréhension de la société. D’autre part, il est plus simple d’intéresser les gens et d’engager la réflexion à partir du présent, plus concret. Et finalement, on reste bien dans la prospective, puisqu’in fine c’est bien la question de "Qu’est-ce qu’on est en train de construire avec ça demain?"qui est posée.

La question de la porte d’entrée est également importante : chaque sujet dont s’empare la DPDP est toujours interrogé en partant d’un autre sujet, et c’est ce travail qui va permettre de réinjecter du politique, du sociétal et donc d’enrichir les problématiques de départ. Ainsi, le rôle de la prospective "à la sauce DPDP" n’est pas tant d’apporter des solutions que de redéfinir les questions posées, en bref, se faire "entreprise de politisation". C’est à dire ? C’est à dire faire inscrire à l’agenda politique des questions qui n’y étaient pas au départ. Cela renvoie également à la question des valeurs et des finalités : politiser c’est aussi décrypter les valeurs sous-jacentes derrière chaque projet. Ce rôle de la prospective semble indispensable, d’autant plus qu’il y a aujourd’hui, selon Jean-Loup Molin, un déni sur les futurs possibles : "on n’a pas vraiment envie de les voir".

Pour mener à bien ces missions, l’apport du collectif est essentiel: partant du constat que la sphère publique ne peut plus, à elle seule, conduire le changement, la construction d’une intelligence collective est plus que jamais nécessaire pour permettre l’action. Et c’est en ce sens qu’il faut continuer d’aller vers une prospective participative, qui ne se cantonne pas aux experts. Pour autant, Jean-Loup Molin reconnaît et souligne que ceux qui alimentent véritablement la prospective sont toujours les corps intermédiaires, les forces vives, rarement le grand public, d’ailleurs jamais consulté directement par la DPDP. Evoquant une « zone grise » autour de la participation, souvent utilisée à des fins électorales (appropriation ex-post du projet politique) il reste dubitatif sur la possibilité de développer une réelle expertise avec le grand public dans un temps court. En effet, il est nécessaire de se donner les moyens d’outiller les citoyens pour parvenir à dépasser l’avis "micro-trottoir", et ce préalable prend nécessairement du temps.

On pourrait continuer encore longtemps, tant cette présentation était riche. D’ailleurs, l’avis des participants est unanime : passionnant !

Mais alors, c’est quoi la recette ? La formule magique pour parvenir à cette prospective là ? Evidemment, il n’y en a pas et il ne peut pas y en avoir. Jean-Loup nous l’a rappelé dès le départ : il n’existe pas, en la matière, un modèle unique applicable partout. C’est le contexte qui permet et conditionne le développement d’un modèle spécifique. Et d’ajouter que la posture, si elle ne fait pas tout, reste essentielle.

Autant d’invitations à la modestie… Et de questionnements sur notre propre démarche. Que va t’on retirer d’une consultation citoyenne sur des scénarios prospectifs ? Est-ce faisable ? Ne faudrait-il pas repartir du présent, avant d’aller vers d’éventuels futur-ibles (futures possibles) ou futur-ables (futures désirables) ? Nous repartons avec un tas de questions, sans forcément avoir des réponses… Tiens, mais est-ce que l’on ne serait pas déjà en train de faire de la prospective alors?

PS : pour en savoir plus, rendez vous sur le site de Millénaire 3 ou pour un peu de lecture avec l’article de Jean-Loup Molin paru dans Futuribles ce mois-ci (« Prospective et action publique. Réflexions à partir de l’expérience du Grand Lyon », n° 386, juin 2012, pp. 5-21).

Transfo Pays de la Loire / Semaine 3 / Jour 2

En ce mardi, c’est notre premier "Atelier de coproduction de politiques publiques en Pays de la Loire – outils et méthodes pour rendre accessibles des informations complexes" qui nous attend. Nous l’avions intitulé en y invitant les agents non seulement de la DPSA21 mais aussi de plusieurs autres directions concernées par l’aménagement des territoires péri-urbains. Les 3 matinées de formation-action avaient été proposées sur plusieurs objectifs :

  • participer à des ateliers collaboratifs et se former à des méthodes d’animation/de participation innovantes ;
  • profiter d’un travail transversal avec des agents de différentes directions ;
  • représenter visuellement des problématiques complexes pour mieux y répondre et mieux les partager avec les usagers comme avec d’autres agents ;
  • utiliser les méthodes de créativité issues des arts appliqués (design, architecture…) ;
  • prendre du recul sur vos pratiques quotidiennes.

Là encore, nous étions ambitieux mais il fallait maintenant se jeter à l’eau avec les  16 personnes qui avaient répondu à notre proposition (dont 1 élue et 6 représentants de la DPSA21 ; les autres agents présents venaient de la Direction de Transports, de celle des territoires, mais aussi de la D4CAE, chargée en particulier de la mise en place du Bureau des méthodes ; un représentant de la mission Val de Loire s’est également joint à ce groupe).

Cliquez pour voir l'image en grand

Pour commencer la matinée, et après le tour de table et les remerciements d’usage, nous avons tout d’abord présenté la Transfo, en nous basant sur le visuel réalisé en inter-transfo, ainsi que les objectifs de ces ateliers et l’horizon de l’immersion de la Flèche en septembre. Mais pour ce matin, nous souhaitions avant tout repartir des questions cardinales : aller faire une immersion, pour quoi faire ?

Pour faire réfléchir les participants autour de cette base, nous leur avons d’abord proposé un temps "groupes d’interview mutuels" sur une question fondamentale : "Qu’est-ce que cela vous apporte (ou pourrait vous apporter) d’aller consulter les usagers des territoires pour concevoir des politiques publiques ?".

Outre le partage d’information (voir post de demain sur la restitution des contenus), ce moment avait aussi une vocation de brise-glace entre des agents qui ne se connaissaient pour la plupart pas du tout, afin d’installer au mieux le travail collaboratif à venir. Il a été suivi par un double temps de synthèse : dans les trinômes tout d’abord puis en demi-groupes, avec l’accompagnement d’un des designer de l’équipe. L’amorce de synthèse graphique produite par les deux demi-groupes a ensuite été discutée en plénière.

Mais nous ne nous sommes pas arrêté en si bon chemin dans les questions "poil à gratter" puisque dans la séquence suivante nous avons lancé celle de l’apport de la prospective elle-même ! Toutefois, pour détendre un peu les neurones et dégourdir les jambes, nous avions opté pour un débat mouvant autour de l’affirmation caricaturale : "La démarche prospective est une nouvelle forme d’action de communication". Comme c’est le but dans ce mode d’animation, les arguments ont fusé de part et d’autres et les neurones ont finalement été bien bousculés. Mais surtout, cet échange "ludique" nous a permis de mettre au jour l’importance de savoir ce que chacun met par exemple derrière le mot "communication", bien utile avant d’aller se confronter au terrain !

Pour finir plus paisiblement la matinée, nous sommes revenus en salle pour un brainstorming plus classique autour de la question : "Qu’est-ce que vous apporte /pourrait vous apporter la prospective ?"(voir restitution dans le post de demain). Enfin, nous avons pris un temps pour échanger et mettre en commun nos savoirs, ou nos ignorances, sur La Flèche, son territoire et ses dispositifs de politiques publiques régionaux. La présence de Carine Ménage, conseillère municipale de la Flèche et élue régionale, a été une belle richesse pour les agents qui l’ont quasiment passée à la question !

Puis nous nous sommes séparés sur un repas partagé… avant que l’équipe des résidents ne se penche tout cet après-midi sur l’épineuse question : et maintenant, on leur propose quoi ? Et pour commencer : on fait quoi de tout ce matériau récolté !? Et comment on raccroche cela à la prospective, à la Flèche et à l’immersion ?!?

Tentatives de mise en formes graphiques et préparation d’un atelier créatif demain… Tout est en cours et il vous faudra attendre notre billet de mercredi pour en savourer les fruits car les participants de l’atelier en auront la primeur. Mais nous savons d’ores et déjà que la matinée de demain sera principalement consacrée à un travail créatif avec les agents pour passer des documents présentant les scénarios prospective à une forme "appréhendable" par les fléchois, sur la base d’une proposition de principe graphique de nos designers. Ce sera ainsi l’atelier de jeudi qui sera consacré à la production concrète et opérationnelle de l’ensemble de l’outillage nécessaire pour septembre….mais nous n’en sommes pas encore là !

Car pour finir nous taraude une question cruciale : qu’ont pensé les agents de cet expérience inhabituelle ? Paroles dites, merci à eux de nous les avoir transmises :

"Une matinée pour prendre le temps de se poser et de chercher du sens ! Trop souvent, nous sommes accaparés dans notre quotidien à discuter « moyens de mise en œuvre » avant objectifs.

Et pourtant, ce n’est pas de la perte de temps de prendre le temps d’échanger, de mettre à niveau nos connaissances, de s’entendre sur la définition des mots et de définir ensemble ce que l’on veut.
Pourquoi sommes-nous là cette semaine? Qu’est-ce que cela peut nous apporter ? Que souhaitons-nous faire ?
 
Voilà quelques interrogations sur lesquelles nous avons pu discuter
  • à travers différentes questions ou  affirmations :
    • Que peut apporter la consultation des usagers à la conception de politiques publiques ?
    • La démarche de prospective est une nouvelle action de communication
    • Que peut apporter la prospective ?
  • Et à l’appui de plusieurs outils que nous testons à l’occasion (l’idée est bien aussi de découvrir de nouveaux outils !)
    • interview
    • remue-méninge
    • débat mouvant"

Gwenaëlle BODET, DPSA21

 

"Cette première séquence de transfo a permis de nous remettre le « pied à l’étrier » sur les nouvelles approches de démocratie participative et les outils portés par la 27e Région :- en faisant tout d’abord réaliser par des trinômes des interviews croisées sur ce que peut concrètement apporter le contact direct auprès, non seulement des usagers, mais aussi de l’ensemble des habitants ;

- en expérimentant des supports de discussion innovants, tels que « le débat mouvant.

La matinée s’est conclue par une réflexion croisée sur les principales caractéristiques du territoire de la ville et du pays de la Flèche, sorte de « Pays de la Loire en miniature ».

Antoine FOUCAULT, DPSA21

Transfo Pays de la Loire / Semaine 3 / Jour 1 / Retour sur l’Intertransfo

Juin est arrivé, et l’équipe (+1, car nous accueillons pour la semaine une jeune designer en renfort) fait son retour au sein de l’Hôtel de Région. Près de 3 mois se sont écoulés depuis la dernière semaine, sans pour autant que la machine ne s’arrête entre temps. Un petit bilan de ce qui s’est passé durant l’intertransfo s’impose, pour permettre à chacun de reprendre ses marques et de mesurer le chemin parcouru. Retour sur ces 3 mois de travail à distance.

Pour commencer, on peut noter l’entrée officielle des résidents permanents dans l’intranoo régional, qui sont maintenant joignables sur leurs nouvelles adresses mails dédiées (shah-dia.rayan@la-transfo.paysdelaloire.fr; jacky.foucher@la-transfo.paysdelaloire.fr).

Pendant que la DPSA21 continuait d’avancer sur la démarche prospective, nous avons essayé de l’accompagner au mieux sur le projet "Héritage 2040", en activant nos réseaux pour s’assurer d’une diversité de réponses à l’appel d’offres.

Parallèlement, il s’agissait, bien sûr, d’avancer sur la préparation des 2 prochaines semaines du programme, qui fonctionnent ensemble. Comme promis, l’équipe s’est attelée à la réalisation d’un visuel de présentation de la Transfo pour permettre à nos alliés locaux de mobiliser plus facilement des agents pas encore sensibilisés à notre démarche. Fruits de multiples aller-retours entre l’équipe Transfo, l’équipe 27e et les "locaux", cette représentation permet à chacun de mieux comprendre et faire comprendre notre posture et les objectifs du programme.

Pendant ce temps, l’architecture générale de la semaine 3 a pris forme peu à peu. Si nous avions déjà convenu du principe de 3 matinées d’ateliers avec les agents, vient s’ajouter l’idée d’une restitution publique, en présence des élus. Quoi de mieux en effet qu’une exposition à la Région pour mettre en visibilité les méthodes testées avec les quelques agents embarqués et s’assurer ainsi de leur diffusion? Par ailleurs, l’idée d’un apport extérieur sur le sujet complexe de la prospective nous semble opportune. Après quelques coups de fils, Jean-Loup Molin, directeur adjoint "Prospective et du Dialogue Public" au Grand Lyon, accepte, à notre grand plaisir, de venir nous faire part de son expérience en la matière. Mine de rien, le calendrier se remplit peu à peu…

Un texte d’invitation détaillé, accompagné du visuel de présentation de la Transfo ainsi que du calendrier prévisionnel de la prochaine semaine, est envoyé aux DGD en mai. Ce sont eux qui seront chargés de diffuser l’info dans leurs directions respectives et de sélectionner les personnes à inviter.

Si c’est l’organisation de la semaine 3 qui reste la priorité, il ne faut pas oublier que celle-ci va permettre de préparer les outils de l’immersion de septembre, prévue dans une gare d’une commune péri-urbaine. Après quelques échanges avec différentes directions, le choix de La Flèche (Sarthe) comme territoire d’immersion est arrêté. C’est l’occasion d’une petite visite de terrain pour l’équipe, accompagnée de 2 acolytes régionaux : repérage des lieux, visites et rencontres avec les acteurs locaux sont au programme, pour tenter de "sentir" et comprendre les spécificités et enjeux de ce territoire.

En parallèle, nous continuons de tisser des liens avec  les travaux menés par Acadie dans le cadre de l’atelier de prospective. La tenue d’une réunion de travail commune nous permet de réfléchir sur les connexions possibles entre les scénarios issus de l’atelier de prospective – alors en cours d’élaboration – et le travail de la Transfo. Il en ressort, notamment, la nécessité de développer la fonction "test/prototypage des politiques publiques" de la Transfo, pour essayer d’enrichir et de tangibiliser le travail développé dans les scénarios.

Forts de ces avancées durant un off finalement très actif, nous avons pu aborder sereinement cette nouvelle semaine. Après une mise au point interne, l’après-midi du lundi est consacrée à un temps de calage avec Olivier Ryckewaert (Labo des mutations) et Antoine Foucault (DPSA21).  Où il s’avère que la thématique du péri-urbain ne semble pas la plus adaptée aux enjeux propres à la Flèche, qui restera pourtant notre territoire d’immersion. Nous convenons d’abandonner cette piste pour plutôt partir de ce territoire et de ses spécificités.

Nous prenons également le temps de redéfinir les objectifs des deux prochaines semaines : il s’agit de faire de l’immersion de septembre le laboratoire d’une consultation citoyenne régionale renouvelée. Les contours de notre mission pour ces 3 prochains jours se dessinent : co-construire, à partir de l’expérience des agents et avec l’apport des méthodes de l’innovation sociale, les outils nécessaire à une prise de contact locale fructueuse et porteuse de sens. Sachant, prospective oblige, que ces outils doivent aussi permettre de tester les projections sur le futur de la Région auprès des citoyens. 3 matinées ne seront sans doute pas de trop pour relever, collectivement bien sûr, ce défi.