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Champagne Ardenne SEMAINE 4 / JOUR 2 : Vous croyiez connaître la Transfo ?

Mise en place

En semaine 3 – du 2 au 6 avril dernier – nous avions pu mener l’ensemble de notre planning d’expérimentation quasiment au pied de la lettre. Il soufflait comme un air d’évidence, un constat de réussite partagé par tous les participants comme en témoignait notre dernier post. Nous comprenons aujourd’hui que ce qui semblait naturel était dû à quelques facteurs que nous analysons a posteriori :

  • Nous avions particulièrement planifié cette semaine,
  • La plupart des participants de la Région avaient fait l’expérience des deux premières semaines en septembre et janvier : pour eux, la démarche de la Transfo n’est pas une découverte,
  • L’objet de travail émanait d’une commande politique claire et motivée par un objectif à court terme : la rentrée scolaire 2012,
  • Le sujet d’expérimentation, LycéO, était très concret,
  • Le dispositif se prêtait particulièrement bien à l’exercice car l’enjeu d’amélioration de ce dispositif était relatif, Lycéo fonctionnant déjà plutôt bien.
    > La voie vers le laboratoire d’innovation nous semblait presque tracée !

Mais si nous revenons sur les conditions de notre satisfaction en semaine 3, c’est bien parce qu’elles ne sont pas toutes au rendez-vous en ce début de semaine 4. Dans le planning initial (pourtant tout aussi travaillé qu’en semaine 3), nous avions prévu de profiter des deux premiers jours pour aboutir le travail mené sur Lycéo. Les participants nous avaient en effet indiqué leur besoin d’expérimenter la démarche “jusqu’au bout”, de passer des idées aux actes. Nous souhaitions ensuite , durant les trois derniers jours, nous attacher à la préparation des prochains mois nous séparant de la prochaine semaine de Transfo (début octobre !) : outiller les participants, leur donner les moyens de fonctionner en autonomie.

Sauf que, surprise, nous mettons un certain temps à comprendre qu’ils ont si bien travaillé à passer des idées aux actes pendant notre absence… que notre planning si léché est déjà obsolète !
Une surprise qui transfo-rme !
Nous sommes l’après-midi du premier jour. Nous avons un train de retard. Qu’à cela ne tienne, rattrapons et… devançons ? Non. Et c’est précisément là que tout devient très intéressant.
En effet, ce qui nous est apparu comme un revirement de situation délicat à surmonter instantanément pendant la première journée, s’avère en réalité bien plus « esprit Transfo » que nos prévisions !

Nous atteignons manifestement le moment charnière. Alors que nous étions encore jusque là des « coordinateurs-référents-résidents-animateurs », voilà que nous touchons au “co”  que nous souhaitons si familier de « conception », « création », etc. Soudain, ce préfixe (parfois victime de la mode) prend tout son sens. Soyez prévenus, s’en suivent “émancipation” ou “autonomisation” ou encore “encapacitation” !
Il ne s’agit plus du tout de devancer, mais bien d’avancer « co »njointement.

Cartes sur table

LIVRER LE CODE SOURCE

“Comment sait-on si on doit travailler en petits groupes ou en grand groupe ?”
Au cours du déjeuner de vendredi, nous souhaitons tirer les enseignements de la veille et proposons de mettre cartes sur table (littéralement !). L’échange informel nous permet de comprendre combien le groupe a mûri et nous découvrons leur désir d’autonomie. Nous leur racontons les coulisses de la préparation : nos interrogations de la veille, notre (très) longue soirée de brainstorming pour élaborer le mode opératoire de la journée… “Avant aujourd’hui, nous ne pouvions pas vous livrer toutes les astuces au péril de votre confiance et votre implication : on devait créer de la surprise pour vous donner envie d’aller plus loin”. Aujourd’hui, ”…c’est le moment, nous sommes tous prêts à passer ce cap”.

Comment livre-t-on les ficelles de l’innovation ? Nous réalisons dans le train qui nous ramène vers Paris pour un week-end de break mi-Transfo que nous ne sommes pas réellement détenteurs de ce savoir si évolutif. Décidément le « co » revient à nouveau : dans ce travail de « co »élaboration de plus en plus égalitaire, quel est notre nouveau rôle ? Du travail en perspective mais le meilleur qui soit : l’invention.

Prise de recul sur quatre mois

LA POSTURE D’INDÉPENDANCE QUI PERMET LA FORCE D’INITIATIVE

Parallèlement, nous nous heurtons aussi à des différences fortes dues à nos cultures professionnelles parfois éloignées. De même que nous mettrons plusieurs heures à comprendre ce qu’une « note » signifie en langage administratif, nous nous interrogeons sur le rôle des agents par rapport à celui des élus.
« Proposer » est-il un acte qui ne revient pas aux agents car, intrinsèquement politique, il relèverait du pouvoir et de la légitimité des élus uniquement ?
Au fil de nos échanges, nous dressons des modes de fonctionnement possibles pour le futur labo :

  • répondre à une commande politique formulée par l’exécutif,
  • profiter du cadre de la commande pour investiguer librement le sujet et pouvoir proposer des réponses alternatives aux solutions préconisées par l’exécutif,
  • aller en immersion au contact des compétences régionales et proposer des sujets de travail, en auto-saisine.

Cette dernière proposition est très vite fortement controversée. Nous comprenons que le labo n’a – pour l’instant – aucune légitimité à “proposer”, il doit d’abord “résoudre” de manière innovante, c’est-à-dire en tenant compte du point de vue des usagers. “Les élus doivent valider, c’est leur rôle”. Les propos du Président de Région nous apparaissent sous un nouveau jour.

TRANSFO Champagne-Ardenne SEMAINE 4 / JOUR 1

Cette semaine, de nouveaux résidents arrivent. Un référent jeunesse d’une direction pas encore représentée dans la Transfo, un jeune stagiaire au cabinet du Président, un curieux sous l’effet produit par l’exposition de clôture de la semaine 3 et enfin un dernier qui…je ne sais pas.

Il est à noter que les semaines 3 et 4 sont très rapprochées. Et c’est tant mieux car les implémentations en vue d’améliorer le dispositif Lycéo connaissent un sort différent selon qu’elles soient plus ou moins techniques ou plus ou moins politiques. Et cela tombe bien, nous voulons connaître ce qu’il s’est passé depuis notre départ. Où en sommes-nous des améliorations jugées « faciles » pouvant être implémentées pour le mois de septembre ? Quel a été le fonctionnement des personnes concernées ? Est-ce que tous les résidents ont été sollicités ? Qu’est-ce qui a été décidé ?

Grille, outils et planning de la semaine 4

Réunion à la DLA avec les résidents

C’est donc naturellement à la Direction des Lycées et de l’Apprentissage, la fameuse DLA, que le storytelling de chaque fiche produites en semaine 3 s’écrit selon une grille de lecture que nous avions préparée. Les deux groupes formés se retrouvent à la fin de la matinée pour une mise en commun des travaux effectués.

Le déjeuner vite avalé, nous abordons la seconde phase de la journée : rédiger les “fiches actions” qui ne l’ont pas encore été.

Mais d’abord, les 9 premières fiches ayant connu un sort différent, nous tentons de définir les points d’étape incontournables pour que ces dernières puissent être validées le plus rapidement possible. Nous voulons faire un saut qualitatif, c’est un saut en arrière que nous faisons.

En effet, à la question, Qu’y a-t-il lieu de ne pas oublier de penser pour ne pas entraver la bonne marche en avant de telle ou telle action ?, quasi unanimement, la question de définir le processus de validation de chaque fiche se pose. Qui valide quoi ?, qui décide de quoi ?

Plusieurs discussions s’amorcent. Un flottement s’installe car nous finissons par identifier que nous sommes dans une phase de transition de la Transfo. La question de la gouvernance de la Transfo et donc du futur laboratoire d’innovation régional se pose de nouveau avec acuité . L’expérience menée jusqu’à maintenant ne permet pas encore au groupe de se sentir légitime pour faire des propositions directement aux échelons supérieurs de la hiérarchie régionale et aux élus alors même qu’ils en ont le mandat.

Qu’à cela ne tienne, l’écriture des fiches reprend. Et même si ce travail n’est pas terminé, nous avons suffisamment de matériau pour aller demain en immersion dans les directions qui sont impactées par les améliorations à apporter au dispositif.

Demain sera un autre jour pour faire un point et observer, représenter et critiquer le chemin parcouru ensemble jusque là. Un pas de côté nécessaire dans notre cheminement.

TRANSFO Champagne Ardenne SEMAINE 3 / JOUR 5 : Expo et perspectives

Préparation de l'expsitionAlors qu’il nous semble que cette semaine de Transfo vient à peine de commencer… voici qu’elle touche déjà à sa fin ! Cependant, ce dernier jour ne sera pas des moindres et le défi à relever reste de taille : à partir des quelques croquis élaborés la veille, il faut réfléchir et monter toute l’exposition retraçant travaux et démarche.

Exposition des travaux de la semaine 3 autour d'un buffet convivial

L’enjeu de diffusion est important. Ouverte à tous les agents de la Région, l’événement a pour ambition de “donner à voir”, mais aussi “donner envie”, au sujet des nouvelles méthodes de travail testées tout au long de la semaine. Les participants se mobilisent pour penser la lisibilité, retracer le programme, expliciter les questionnements.

Jean-Christophe Coulon et les particpants à la Transfo exposent leurs travaux aux visiteurs

Une occasion pour la Région de réaffirmer son engagement dans une dynamique d’innovation. À peine la dernière fiche opérationnelle contre-collée, François Charlier, Directeur général adjoint à la Formation, inaugure la visite. Il souligne l’importance de ces derniers jours pour la Région, mais aussi pour ses agents : le chemin de l’innovation se découvre et se construit peu à peu, avec tous.

Nous terminons ainsi la troisième semaine d’un programme qui en comptera dix. Nous réalisons que l’exposition seule ne suffira pas à faire rayonner tout ce qui a été exploré ces derniers jours. Comment cela va-t-il vivre d’ici le mois de mai, moment où nous reviendrons en résidence à Châlons ? Cela fait partie des interrogations des participants de cette semaine. Ils semblent ravis et galvanisés. Un voeu pour la prochaine semaine de Transfo ?

- Une exposition qui viendrait au visiteur
- Une plus grande participation des directions
- Une semaine qui aboutirait plus encore à du matériau concret
- Aborder un sujet transversal qui amènerait à une participation des élus
- Une Transfo à destination des directeurs
- Un point d’évaluation dans un an qui rappellerait les méthodes d’élaboration
- Travailler en amont à la création d’un dispositif
- Retracer les différents axes de travail défrichés tout au long de la semaine
- Adapter les impératifs de présence des agents pour améliorer l’assiduité de tous

Le rendez-vous est pris pour la prochaine semaine, du 10 au 16 mai !

Qui a dit que nous allions nous reposer ?

TRANSFO Champagne Ardenne SEMAINE 3 / JOUR 1

Les présentations effectuées et les nouveaux résidents intégrés, nous faisons connaissance avec l’équipe de participants : quelques uns découvrent la Transfo avec cette semaine. L’occasion de demander aux « anciens » de mettre en mots leur vécu des deux précédentes semaines : « bouleversement », « interrogations », « déstabilisation », « nouvelles méthodes de travail », … Il semblerait même que l’expérience passée ait déjà permis quelques changements sur le terrain. Un fort sentiment d’attente se fait sentir. N’attendons plus, commençons !

Les tirages des photos de la filature sont enfin dévoilés à leurs auteurs, puis légendés. Quelle est la partie visible de Lycéo ? Et que révèle-t-elle de l’invisible ? Nous prenons bientôt le dispositif à bras le corps et en apprenons un peu plus sur la relation entre les jeunes et la région : le lien se fait-il plus par le dispositif ou par les agents ? Et quelle est, pour les agents, la place de ces jeunes usagers que l’on rencontre si peu ?

Au fur et à mesure des échanges, Lycéo devient plus concret dans nos esprits : acteurs, conditions d’accès, cheminements, … constituent une matière de travail désormais palpable. Les résidents n’en perdent pas une miette et captent les idées au vol. Le mur d’idées se remplit de Post-it : « Et s’il y avait des référents Lycéo dans tous les lycées ? ». Et de réinterroger jusqu’aux commandes politiques initiales, une dizaine d’années plus tôt.

ET AU-DELÀ DE LYCÉO, LA TRANSFO ?
Au fil de la journée, alors que nous prenons conscience de la complexité du dispositif, nous restons attentif au travail en interactions. À partir d’éléments concrets, les discussions évoluent, prennent de la distance avec les problématiques d’origine : cette semaine de Transfo est aussi, au fond, une occasion de mettre des visages sur des noms, de rencontrer enfin ses collègues.

La question de la transversalité devient centrale : serait-ce celle qui permettrait de penser et faire fonctionner un dispositif plus cohérent ? La vision du dispositif devient de plus en plus claire, les nœuds se font jour. Il se murmure même que le regard du futur labo d’innovation pourrait intervenir plus tôt dans la chaîne de conception du dispositif… Finalement, c’est bien dans la pratique que l’explication de notre démarche est la plus lisible !

TRANSFO Champagne Ardenne SEMAINE 3 – Présentation des résidents

Asma Bennani

Parcours : Stagiaire designer à l’agence User Studio / Diplôme national de designer, l’ESSTD, Tunis / Spécialité design produit.

Motivation à participer à ce programme : Découvrir d’autres aspects du métier de designer, comprendre le design de services.

Ce que vous aimez et savez faire : Dessiner, prendre des photos et voyager…

Axel Félicité

Parcours : Chargé de mission auprès de la Direction de la prévention et de la protection de l’enfance – Conseil général de l’Essonne, Evry. Militant de l’éducation populaire, animateur de métier et de formation (DESJEPS). Mes fonctions de cadre et de technicien de l’intervention sociale m’ont amené à diriger différents services et structures : Enfance, Jeunesse, Centre social, Prévention et sécurité.

Motivation à participer à ce programme : Mon intérêt pour ce programme est qu’il représente un dispositif de capacitation (empowerment) expérimental et pluridisciplinaire. Or, je trouve que l’expérimentation n’a pas assez sa place dans les politiques publiques, le droit à l’échec étant rarement admis.

Un vœu : Je souhaite voir se réaliser une rencontre, des rencontres. Humaines tout d’abord, mais aussi par l’émergence d’une prise de conscience collective que les solutions se construiront avec les publics visés.

Ce que vous aimez et savez faire : J’aime travailler, mais pas trop, apprendre, beaucoup, faire des rencontres, élaborer des projets collectifs, vivre des expériences collectives. Gérer des groupes, des dispositifs partenariaux, un service.

Léonie Ferry

Parcours : Designer, stagiaire à la 27e Région, étudiante à l’Ensci-Les Ateliers depuis 2008.

Motivation à participer à ce programme : Intéressée par la Transfo pour apprendre à appliquer des méthodes de co-conception, pour découvrir comment des personnes peuvent s’emparer des outils du design.

Un vœu : J’ai découvert ça cette semaine : j’aimerai mettre en place des ateliers d’échanges réciproques de savoirs (RERS).

Ce que vous aimez et savez faire : Concevoir des outils, les mettre en forme.

Florence Massin

Parcours : Florence Massin est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle. Son travail s’articule autour des pratiques ordinaires à l’échelle collective et individuelle comme le camping et la marche à pied. Elle a collaboré avec le Groupe Chronos, cabinet d’études sociologiques qui analyse l’évolution et les enjeux des mobilités. En tant que designer elle intègre en 2012 l’agence User Studio, agence d’innovation par le design de services.

Motivation à participer à ce programme : Confronter des méthodes de travail (celle des agents de la région et celle des différents membres de l’équipe d’intervenants) pour produire des politiques publiques différemment, plus en adéquation avec la pratique des usagers.

Un vœu : Avec l’équipe je souhaiterais amorcer un changement dans les méthodes de conception et contribuer à la réalisation de réponses concrètes.

Ce que vous aimez et savez faire : Interroger les usages, construire ensemble par itération, traduire des données textuelles complexes en éléments visuels accessibles, rendre tangible des idées : maqueter rapidement avec des moyens économes, tester, expérimenter.

Denis Pellerin

Denis Pellerin

Parcours : Designer diplômé de l’Ensci les Ateliers, je suis co-fondateur associé de l’agence User Studio à Paris. Je suis résident référent sur la Transfo «Région 15-25» en Champagne-Ardenne.

Motivation à participer à ce programme : Après deux résidences au lycée de Revin et sur les Hauts-de-Garonne lors du précédent programme de la 27e Région (Territoires en Résidences), je souhaite mener cette Transfo pour continuer d’explorer la conception de politiques publiques, grâce aux outils et démarche de design de services.

Un vœu : que chaque dispositif soit prototypé à moindre échelle pour être mis entre les mains des futurs usagers. Bien plus qu’un test, cette démarche représente une réelle source d’inspiration pour des dispositifs plus intelligents, plus simples, plus durables et plus désirables.

Ce que vous aimez faire : j’aime dessiner pour mettre en forme les idées, et concevoir les outils qui facilitent la création.

Eva Ruaut

Parcours : Étudiante en Master Éducation et enseignement , j’ai amorcé mon parcours universitaire par des études en communication des organisations. J’ai rapidement fait le choix de mettre mes compétences au service d’entreprises issues de l’Économie Sociale et Solidaire. En effet, les valeurs d’égalité, de solidarité et de cohésion sociale sont celles qui me portent. J’ai ensuite fait le choix de me spécialiser dans le domaine éducatif, et plus particulièrement d’approcher la question du changement en éducation.

Motivation à participer à ce programme : Adopter une vision compréhensive et analytique au sein d’un collectif pour mettre au travail le dispositif LycéO, qui met en lien la thématique de la jeunesse et celle du rapport à la politique publique.

Un vœu : contribuer à faire émerger du terrain d’action des outils nouveaux, élaborés en co-conception avec tous ses acteurs.

Jour 1- Raconter

1ère étape de cette semaine créative: acquisition des outils ressources pour la documentation d’une expérience.

Après une présentation rapide des différentes méthodes que sollicite la 27e Région pour documenter ses expériences, 4 ateliers pratiques sont organisés afin de permettre aux participants de tester ces outils :
1/ atelier photo/vidéo : documenter par l’image
2/ atelier blog : écrire un billet
3/ atelier twitter : utiliser le microblogging
4/ atelier veille : capitaliser et s’inspirer.

Chaque participant peut prendre part à 2 de ces ateliers. L’idée est que les participants mettent en pratique ces méthodes tout au long de la semaine afin de raconter et partager ces journées créatives.

Atelier veille (delicious, netvibes)

Atelier twitter #latransfo

Atelier photo/vidéo

Atelier blog

Jeudi 7, debriefing général

Priorisation des projets

Une bonne partie de la journée a été consacrée aujourd’hui à la priorisation des douze projets présentés mardi soir. Tous n’ont pas le même potentiel, et surtout ne demandent pas la même implication. Nous avons donc préparé une carte-image par projet de façon à pouvoir les organiser facilement.Nous avons choisi, entre nous d’abord, puis avec le proviseur les projets les plus faciles et les plus rapides à mettre en œuvre après notre départ. priorisation des projets

Les projets évidents

Deux projets sortent du lot et devraient continuer à se développer. Le Campus Wall d’abord pour le quel nous avons construit une sorte de mini programme d’évolution. Ce projet que nous avons bien amorcé devrait continuer à mobiliser des énergies. Les rencontres avec l’architecte ensuite, dont la prochaine séance est prévue fin septembre. Mr Bruley, le proviseur, nous a proposé d’en profiter pour venir présenter la résidence. La rencontre aurait lieu à la salle Jean Villar et serait ouverte à tous les habitants de la vallée pour communiquer plus généralement les plans du futur lycée. “Beaucoup pensent encore que le projet n’aura pas lieu – nous confie Mr Bruley – et cette présentation pourra permettre de faire comprendre le projet aux habitants”.

Les projets à adapter

D’autres projets peuvent se mettre en place, mais demandent un peu d’accompagnement de notre part, et l’adaptation de notre idée de départ. Cette journée de mercredi et celle de demain nous permettent de rencontrer certains acteurs qui ne pouvaient pas être là mardi et d’adapter les projets en fonction de leurs avis.

Les projets qui se feront d’eux même

Parmi les projets certains devraient exister par eux mêmes, sans que nous ayons besoin de les pousser outre mesure. Le Jardin Aromatique par exemple ou le J-1000, décompteur des jours du chantier ont été spontanément récupérés par des professeurs ou personnels du lycée. L’objectif est rempli, nous avons proposé l’idée, les acteurs se les sont appropriés.

Enfin, les projets trop ambitieux

Les derniers projets sont ceux qui paraissent trop ambitieux ou qui demanderaient qu’un porteur se manifeste pour vraiment développer le projet. Pour cela nous les laisserons entre les mains du proviseur, comme de bonnes idées à envisager pour plus tard.

Adaptation de l’exposition en feuille de routes

Feuilles de route

Nous avons convenu avec le proviseur que l’exposition devraient être démontée à la fin de la semaine prochaine, pour qu’elle ne puisse pas se dégrader en vieillissant. Nous avons donc décidé de nous consacrer désormais à la production de “feuilles de routes” qui reprennent au minimum ce que nous avons afficher dans l’exposition: la présentation d’une idée et les questions que le projet soulèvent. Pour les projets qui sont les plus avancés, nous travaillons à l’amélioration et la précisions de la façon dont le projet peut se développer.

Visite de l’espace d’exposition

visite de l'expo

Nous profitons également de cette journée, pour faire visiter l’espace d’exposition. Nous avons installé notre bureau dans le couloir, avec un panneau “dérangez-moi” afin de provoquer le dialogue avec les passants, professeurs ou élèves et discuter autour des panneaux affichés. Les réactions sont diverses . “ça pète” disent les élèves, “c’est intéressant ça donne des idées” racontent les professeurs. “Le problème c’est cette supposition” disent certains, en émettant des doutes sur le ton donné aux textes qui selon eux, n’aident pas à s’approprier le projet. Cette question de l’appropriation des projets et primordiale et nous allons continuer durant la journée de vendredi à proposer les feuilles de routes aux différents porteurs de projets pour leur permettre de continuer la dynamique sans nous.

Début de la troisième et dernière semaine de résidence

François Jégou présente les idées des élèves

Voilà la dernière semaine qui se profile. Il est le temps de faire le bilan sur nos deux semaines de résidence passées au Lycée Jean Moulin de Revin.
Aussitôt nos quartiers repris, nous consacrons notre première journée à construire la présentation des projets les plus prometteurs que nous avons imaginés avec le soutien des acteurs de terrain (élèves, professeurs, personnel, associations locales,…). Il s’agit d’une exposition de douze propositions détaillées, invitant les protagonistes potentiels à se rencontrer autour de projets pour leur futur lycée : le jardin aromatique, le pic-nic autour du carnet de correspondance, papi dans la classe, electrotech’artistique, le J-1000/buvette mobile, le club HQE, les parcours sportifs thématiques, la grande médiathèque de Revin, le salon des associations du lycée, le parrainage par une entreprise, le cours de com’ en vidéo et, l’incontournable club Campus Wall.
Nous nous sommes également attachés à préparer la venue de l’équipe d’architectes en charge du projet de reconstruction du nouveau lycée de Revin. Celle-ci a été conviée le mardi à venir rencontrer un groupe d’élèves du lycée pour que ces derniers présente les résultats de leur travail de réflexion sur l’agora centrale du projet et donc leurs idées et questionnements quant à l’aménagement du projet de lycée.

Tanguy Vermey et Duncan Lewis au lycée de RevinMardi 6 mai, lors de cette rencontre, nous expliquons la démarche de la résidence puis nous gagnons le couloir où sont affichées les pistes d’aménagement intérieur esquissées par les élèves. Duncan Lewis et Tanguy Vermet, les architectes accompagnés des responsables du projet à la Région engagent une séance informelle de questions-réponses avec les élèves et les résidents. Les architectes constatent avec surprise qu’ils partagent de nombreuses préoccupations des élèves. À leur tour de présenter leur projet, de l’esquisse globale aux vues détaillées du préau central. Un projet “conviviale”, “sexy” et “modulable”, tel que le décrit Duncan Lewis.

“Quand je livre un projet d’architecture, il n’est jamais terminé”
, ajoute-t-il.
Les élèves saisissent cette opportunité et redoublent de questions, maintenant qu’ils parviennent à mieux se projeter dans l’espace du bâtiment. Les interrogations traitent par exemple des équipements sportifs, de l’utilisation d’énergies renouvelables, de la superficie des espaces, de la place de l’informatique et des nouvelles technologies ou de l’accès pour les personnes à mobilité réduite. Comment poursuivre cette discussion au-delà de la présente rencontre? Etant donné que l’architecture intérieure n’est pas encore attribuée, n’y a-t-il pas là une occasion de collaboration entre l’équipe d’architecture et les lycéens? Mme Tombeur, professeur de communication au lycée professionnel lance alors qu’elle aimerait filmer le chantier du futur bâtiment. Quelle forme de participation des lycéen à cette grande entreprise : un dialogue à propos du chantier sur un blog? Des réunions mensuelles? Un emploi sur le chantier, comme le suggère un élève de BTS

Duncan Lewis présente son projet architectural aux élèves
A l’issue de cette première réunion, les élèves temoignent d’une envie de “laisser leur trace” dans le nouveau bâtiment. Tandis que l’équipe du projet architectural se réjouit du programme.
Même si Duncan Lewis raconte qu’il a récemment mené un projet d’architecture en Norvège où il engageait un dialogue avec les habitants du futur lieu, Denis Marshal, responsable du projet à la région nous confie que cette tournure reste exceptionnelle dans le paysage des constructions publiques.

Matthew Marino présente "parcours sportifs thématiques"
Aménageons ensemble le nouveau lycée est l’une des pistes faisant partie des treize propositions affichées dans le long couloir du lycée. Nous avons investi ce lieu et disposé les présentations des projets comme des points de rencontre, des “feux de camp”. Un large titre précède la description du projet, suivi de cinq questions que nous nous posons pour parfaire sa mise en place. Le soir, nous retrouvons une cinquantaine de curieux (élèves internes, conseillers municipaux, associations, professeurs, administration et personnel du lycée) venus arpenter l’espace d’exposition. Nous dressons en quelques mots les grandes lignes de chaque thème. Au fur et à mesure du parcours, les groupes d’intérêts se forment et commencent à échaffauder la mise en place des projets. Les projets remplissent une double vocation qui concerne d’abord le dynamisme du lycée actuel et futur, mais aussi la synergie des acteurs locaux qui n’ont que de rares occasions de se rencontrer. Déjà, plusieurs groupes se sont créés autour des thématiques du jardin d’aromates, de la vidéo du chantier, du Campus Wall…

Territoires en Résidences : deux lycées candidats en Champagne-Ardennes

Cette semaine, visite de deux lycées candidats à l’accueil d’une résidence d’innovateurs, en compagnie de Matthew Marino, designer (et auteur des photos qui illustrent ce billet), Bertrand Rigal et de Sylvain Petit de la Région Champagne-Ardennes, et moi-même. Nous étudions la possibilité d’y mettre en oeuvre une résidence durant le premier trimestre 2009.

Le lycée viticole d’Avize près d’Epernay, tout d’abord. Près de 400 lycéens et apprentis y apprennent les pratiques viticoles les plus récentes pour produire un fabuleux nectar : le champagne ! Les affaires tournent plutôt bien : pour un diplômé, trois offres d’emploi en moyenne.

Mais le proviseur du lycée regrette un déficit de vie social au sein de l’établissement. La configuration de l’établissement actuel, il est vrai, y concourt largement : De nouvelles salles de classes, des étages d’internat, un parking et de nouvelles annexes ont été ajoutés dans le périmètre du bâtiment d’origine (aujourd’hui consacré à l’équipe de direction) sans réflexion ni souci d’améliorer le confort des lycéens et du personnel. Le foyer des lycéens est situé de l’autre côté de la route. Et se repérer dans l’établissement constitue un défi pour le nouvel arrivant… Le proviseur cherche également à promouvoir une culture participative et expérimentale, mobilisant davantage les lycéens. Une autre grande question réside dans l’intégration de l’informatique dans la vie de l’établissement ; chacun sent bien qu’un nouveau cap doit être franchi, mais l’hésitation est grande, entre libérer l’utilisation de l’informatique, et en encadrer massivement les usages : l’établissement promeut l’usage d’un extranet, mais il n’existe que 4 ordinateurs en libre accès ; les élèves pourraient apporter leurs ordinateurs lorsqu’ils en ont, mais la réticence à l’installation du Wifi est forte ; ou encore, beaucoup de professeurs mobilisent l’informatique dans leurs cours, mais l’unique salle est fermée à clé.

A Revin, au nord des Ardennes, c’est un lycée flambant neuf qui verra le jour en 2013, en lieu et place des bâtiments actuels du lycée Jean Moulin devenus vétustes et inadaptés. Mais le proviseur du lycée et son équipe n’ont pas l’intention d’attendre le premier coup de pioche pour amorcer le travail de transformation des mentalités qui devra accompagner ce grand chantier.

Car les interrogations sont nombreuses, et comme au lycée d’Avize, elles n’appellent pas seulement des réponses d’ordre architectural, mais aussi d’ordre culturel, social, organisationnel, serviciel -toutes interdépendantes. L’accès au lycée et l’ouverture vers l’extérieur sont des enjeux prioritaires : Les lycéens doivent souvent se lever dès 6h pour rejoindre l’établissement… Comment traiter ce problème de transport ? Comment mieux articuler l’établissement avec le centre-ville, distant de plusieurs kilomètres et en contrebas ? Comment améliorer l’accès au lycée et l’organisation des transports ? Comment ouvrir davantage le lycée vers le tissu associatif, économique, vers les parents et vers toute la communauté locale ?

La mobilisation des lycéens, le réechantement de la vie collective au lycée sont d’autres préoccupations majeures, dans un territoire aussi fragile : Comment redonner aux adolescents l’envie de venir au lycée et d’apprendre ? Comment mieux prendre en compte les nouvelles pratiques éducatives et l’irruption du numérique dans la vie des adolescents (voir par exemple ce blog créé par les élèves) ? Comment donner la parole aux élèves, les responsabiliser et les associer à la vie du lycée ? Comment changer les regards ?

La question du temps est apparue essentielle : Où trouver le temps pour recréer du collectif, partager des expériences communes, transcender les disciplines ? Le besoin de décloisonnement transcende toutes les problématiques du lycée : Comment faire tomber les silos de la vie administrative ou éducative ? Les enjeux environnementaux se font également plus pressants : comment réussir la mise en œuvre d’une démarche environnemental, alors que l’application du programme Eco-Ecole n’a pas soulevé l’enthousiasme pour l’instant ?

A Revin comme à Avize, le principe de résidence est perçu comme une occasion, même modeste, d’amorcer progressivement un travail de transformation, de repartir de l’expérience du lycéen pour imaginer de nouvelles façons de vivre le lycée, d’inventer des méthodes nouvelles avec la communauté locale, et d’en tirer des solutions créatives pour répondre aux besoins des lycéens et de la population locale.