Archives Journalières: février 21, 2012

L’après Transfo : premiers enseignements (3/3)

La journée du 16 février (racontée en deux épisodes, l’un sur les critères de succès, l’autre sur les scénarios d’avenir) aura permis à tous les participants de mesurer toute l’ambition du programme la Transfo. Le défi est de taille, tant pour les équipes de résidents, que pour leurs interlocuteurs en régions. Il était donc d’autant plus important jeudi de ré-ajuster collectivement les objectifs du programme, afin d’éviter les effets d’annonce et les attentes démesurées.

Cette première Inter-Transfo s’est distinguée des rencontres inter-résidences déjà organisées, qui réunissaient seulement les équipes de résidents. Cette fois, les agents et parfois les élus des régions concernées et des observateurs d’autres régions participaient également. La teneur des débats s’en est trouvée modifiée : de l’avis d’un designer présent, ils portaient désormais autant sur le fond que sur les méthodes.

Parmi les difficultés mises en avant par les participants, certaines peuvent être considérées comme des obstacles, ou au contraire comme des formes à inventer, à l’aide du design. Les équipes pourraient par exemple inventer :
- une forme de labo qui soit à l’abri des revirements politiques,
- une manière de documenter qui prenne en compte le devoir de réserve des fonctionnaires,
- des modes de pilotage nouveaux (au-delà des comités etc.)

La communication autour de la démarche Transfo mérite d’être améliorée. Outre la nécessaire explication pédagogique du projet et de ses objectifs, il s’agit de faire passer l’idée que oui, on peut travailler en s’amusant, en prenant plaisir. La Transfo c’est passionnant, pour les équipes de résidents comme pour les agents qui y participent, mais ce n’est pas une perte de temps. Il faut donc arriver à raconter le travail de la Transfo de telle sorte que les agents aient envie d’y participer mais puisse aussi l’assumer vis à vis de leurs collègues.
La participation d’agents, observateurs “embarqués” dans les travaux de la Transfo, paraît être le moyen le plus efficace d’expliquer le projet. Les “observateurs” de Rhône-Alpes, PACA, et Nord-Pas-de-Calais présent lors de l’Inter-transfo y ont probablement beaucoup appris sur ce qu’est la Transfo, entre autres.

Enfin, un mot était particulièrement présent dans les débats de cette première Inter-transfos : la confiance. Dans le contexte d’institutions encore très souvent marquées par les stratégies politiques/électorales ou des rivalités internes, son existence est indispensable entre les résidents et leurs interlocuteurs en région. Des réunions extérieures et collectives comme cette première Inter-transfos peuvent aider à construire cette complicité.
Des relations de confiances peuvent certainement aider à limiter ce qui devient un point de vigilance pour la suite des programmes : l’auto-censure des agents, et parfois des équipes de résidents, ces derniers craignant de mettre en difficulté leurs interlocuteurs, agents tenus au devoir de réserve, ou partenaires de la région.

L’après Transfo : les scénarios (2/3)

A quoi pourrait ressembler la Transfo dans chaque Région partenaire, au terme du programme ? Répartis en 6 groupes, les participants ont imaginé des scénarios tangibles autour d’un “bidule”, un laboratoire d’innovation embarqué à bord de la Région : comment ça fonctionne, qui décide, qu’y fait-on, qui finance… des visuels à retrouver ici.

Le triple CCC

On a perdu notre triple A, vive le triple C : Co-conception, Confiance, Créativité. Un projet à géométrie variable selon les projets étudiés. Les participants possibles sont élus, agents, habitants… le financement peut être variable aussi (possibilité de financement par acteurs du territoire lorsqu’ils sont concernés) Décision sur saisine, pour que le politique exerce son rôle. Implantation visible (affichage des travaux) pour irradier sur les autres politiques. Actions possibles : formation professionnelle aux outils de créativité, organisation de voyages d’études (dans d’autres CR..) Organisation d’un réseau des labos.

Aide à la décision
Les mots clés : “Curieux, simple, ouvert”. Le labo est une aide à la décision.
L’équipe initiale est organisé autour d’un noyau dur : designer + agent + entrepreneur, qui pourraient solliciter d’autres personnes suivant les projets. Pour les agents : équivalent de la 1/2 journée google. Financement : partie auto-financée, partie région, partie autres collectivités, partie privée. Le labo est “dans l’atmosphère” (par rapport à l’organigramme), et direction tournante. A tester dans la Transfo : immersion avec Elus, immersion avec DGS. Echanges inter-transfo. Lire la suite

L’après Transfo : critères de succès (1/3)

Le 16 février, les participants au programme La Transfo étaient réunis à Paris pour une première journée “Inter-transfo”. Rappelons que le programme La Transfo vise à aider 5 Régions à tester en 3 ans l’apport d’un laboratoire d’innovation “embarqué”, mobilisant sociologie de terrain, ethnologie, design de services, tests et “prototypage de politiques publiques”, etc.

L’objectif de ces rencontres est de construire l’après-Transfo, mais elles sont aussi bien sûr l’occasion d’échanger sur le déroulement des programmes en cours dans 3 Régions (Bourgogne, Champagne-Ardenne et Pays de la Loire). A terme, 5 régions devraient participer à la Transfo, et d’autres suivent aussi de près le travail qui y est mené.

Plusieurs “observateurs” de Provence Alpes Côte d’Azur, Rhône Alpes et Nord-Pas de Calais. étaient ainsi présents jeudi, aux côtés des représentants des Régions participantes, des équipes de résidents et de l’équipe permanente de la 27e Région.

L’échange d’expérience entre les parties prenantes aux trois programmes en cours s’est organisé autour de deux questions : quels seraient les indicateurs de succès du programme ? Quels sont les facteurs de réussite pour y parvenir, ou au contraire les principaux obstacles à lever ?

Le débat autour des indicateurs de succès du programme a donné l’occasion aux participants de s’exprimer sur les objectifs du projet. Des objectifs qui se précisent et s’harmonisent peu à peu, et sont exprimés d’une manière plus sensible désormais, ayant été mis à l’épreuve de la réalité.

Ainsi l’objectif d’appropriation et de diffusion en interne des méthodes proposées par la 27e Région prend une tournure concrète, des propositions émergent concernant l’évolution de la gouvernance interne et la pérennisation du changement : “embaucher des agents designers”, “instaurer une double appartenance des agents, fonctionnelle et transversale”, “intégrer les nouvelles méthodes à l’évaluation professionnelle des agents”.

Autrement formulé, le souhait qu”au terme de la Transfo, parler des choses à améliorer ne soit plus un problème” montre toute l’ambition du projet.

Une Transfo réussie, ce serait aussi, du point de vue des agents et des résidents, une notoriété qui dépasse les personnes directement impliquées dans le programme. Les participants soulignent qu’il est difficile d’expliquer la Transfo (une petite vidéo peut néanmoins vous y aider), surtout à des collègues enclins à penser que l’on s’y amuse. Et si c’était le cas ?

La discussion se déplace ensuite logiquement sur les conditions de la réussite, que l’on peut résumer ce qui pourrait être les points clés d’un “contrat de confiance” de la Transfo, visant à créer un climat de bienveillance vis-à-vis du projet :

- Portage politique par un groupe d’élus : faut-il par exemple qu’un élu porte une délégation à la Transfo ? ou bien qu’une commission d’élus ait en charge la Transfo ?

- Implication de la direction générale : le/la directeur/trice général(e) des services, en particulier, soutient-il la Transfo ? L’intègre t-il/elle dans la stratégie, le management ?

- Construction d’un discours pédagogique autour du programme : chacun au sein de l’organisation met-il le même sens derrière les expressions utilisées dans la Transfo ? A t-on pris soin d’expliquer les notions de design, innovation sociale, ethnologie, et les méthodes qui s’y rattachent ?

- Participation des agents (temps et espaces réservés) : du temps a t-il été libéré dans le quotidien des agents pour participer à la Transfo ? peuvent-ils y prendre part une semaine complète, ou plusieurs jours successifs ? comment rassurer l’encadrement sur ce temps “hybride”, entre formation, recherche, action, qui peut paraître accessoire mais est au coeur du travail des agents et des politiques dont ils ont la charge ?

- Création de conditions propices à l’expression libre des agents : les agents peuvent-ils s’exprimer sans l’autorisation préalable de la hiérarchie ? comment convaincre agents et encadrement qu’il est possible de trouver un ton pour parler des améliorations possibles, et ce sans contrevenir à l’obligation de réserve ?

- Complicité de tous les services : les équipes de la Transfo ont-elles la possibilité de travailler avec tous les services, opérationnels et fonctionnels, sans restriction ?

- Multidisciplinarité au sein de l’équipe de résidents et des agents participants : les professionnels, agents et élus qui participent à la Transfo ont-ils des profils suffisamment variés, permettant une multiplicité des points de vue, et une vision plus ouverte des projets ?

 

Prochain billet : L’après Transfo, les scénarios  (2/3)